‹ Histoire de la ville de RoyeChapitre 18 sur 37 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

Les seigneurs de Roye habitaient le château ; le premier fait connu, qui se rattache à l'histoire de cette forteresse, date du règne de Pépin-le-Bref, Nous avons vu Begon de Belin livrer sous ses murs un combat acharné ; mais il fallut renoncer à prendre le château de vive force, dit Garin le Loherain. (752.)

Ce n'était alors qu'une simple forteresse, composée d'un donjon élevé sur la plate-forme de la colline et entouré de

palissades ; elle était située sur une espèce de promontoire s'avançant dans la vallée formée par les eaux des rivières d*Âvre et de Saint-Firmin ; son accès était défendu, de trois côtés, par des marais fangeux.

En 842, Charles P**, visitant la province de Vermandois, prescrivit les mesures nécessaires pour mettre le châteaufort en état de repousser les attaques des Normands qui faisaient de fréquentes incursions dans le pays.

Un diplôme du roi Charles-le-Chauve de 853, portant confirmation d'un don fait à Tabbaye de Corbie, par la reine Ermentrude, désigne le château de Roye sous le nom de : Baugio Casirum.

Les moyens de défense s'étaient perfectionnés; auxpalis* sades avaient succédé des murailles flanquées de tourelles, qui s'étendaient dans un périmètre plus grand que celui du château actuel, et qui pouvaient mieux résister à une attaque; c'est ce que l'on peut conjecturer de ce passage de Flodoard qui, en parlant de la prise de Roye, en 933, dit : Hugo munitionem nomine Raugam tradentibtis eam Heriberli custodibus^ sine difficultate cepit. Ces mots : Sine difficultate ne peuvent s'appliquer au peu d'importance des moyens de défense, car le terme : munitionem indique une forteresse d'une certaine valeur ; le petit nombre de défenseurs empêcha sans doute le château de mieux résister. C'est surtout le sort réservé par Hugues, à la garnison de Saint-Quentin, qui paralysa les efTorfs des assiégés ; ils avaient appris que le comte avait fait pendre ou hacher en pièces, les soldats qui avaient défendu la capitale du Yermandois.

Dans la relation des miracles de saint Angilbert, abbé de Centule, rédigée en 1110, Roye est désigné sous le nom de : Rogia castellum ; c'est à son château-fort que

s'adresse cette dénomination. Il constituait alors une véritable forteresse, un camp retranché.

Dans les siècles suivants, ses moyens de défenses furent augmentés ; le château s'étendait jusque sur la Place du Marché et comprenait l'emplacement occupé par les maisons de la rue des Minimes et de la rue des Prêtres. Il présentait sur la façade, du côté de la Place, un large fossé sur lequel s'abaissait un pont-levis conduisant à une porte basse, voûtée, flanquée de chaque c6té d'une tour crénelée et à donjon. Sous la voûte s'abaissait une herse ; de nombreuses meurtrières pratiquées dans l'épaisseur des mors servaient aux défenseurs.

L'enceinte du château , qui s'étendait à l'ouest jusqu'aux remparts de la ville, était défendue par une épaisse muraille en grés, percée de meurtrières et couronnée de créneaux; elle était flanquée de tourelles garnies de mâchicoulis, engagées dans l'enceinte fortifiée, placées à distance d'arbalète et se défendant l'une l'autre.

En dedans de l'enceinte régnait un chemin de ronde pour la garde du château. Au milieu de la cour, sur une motte, s'élevait un donjon, espèce de citadelle flanquée de tours, qui servait de refuge aux gens d'armes, alors que la première enceinte était forcée.

Sous le château serpentaient de vastes souterrains dont on a découvert l'existence, qui donnaient issue par une poterne, dans les fossés, au-delà des fortifications.

Du donjon de la forteresse la vue dominait au loin la campagne.

Il existait primitivement dans le château une chapelle desservie par des chapelains qui, plus tard, furent attachés à la collégiale de Saint-Florent.

Au mois de mai 1232, Mathieu de Chessoi et Helvide sa femme, donnent à l'abbaye d'Ourscamp toute une

maison d'habitation, située sur la Place de Roye, in foro Roie^ avec les logements, cuisine, étables en dépendant et tout un terrain vague. Ces habitations devaient tenir aux communs du château et le terrain vague était sans doute l'emplacement sur lequel fut élevé, plus tard, le couvent des Minimes.

En 1373, le château subit le sort de la ville et fut ars et détruit ; il fut ensuite rebâti. *

Dans une lettre adressée par Henri V, roi d'Angleterre, à son cousin Huntyngton, il est question du château de Roye : € Sachez, dit-il, que notre siège d'Aumale étant a tout-à-fait achevé, nous vous avons commandé, si vous <L êtes appelé par notre cousin le duc de Bourgogne et a Jean de Luxembourg, de partir avec tout ce que vous a. pourrez obtenir de nos garnisons voisines; vous les « conduirez au secours de ceux qui assiègent le château « de Roye. d (1419.) C'était Jean Carados pour les Dauphinois ; le château fut pris.

Il fut de nouveau détruit, lors des sièges de Roye, en 1533 et en 1552 ; c'est alors qu'il se renferma dans les limites que nous font voir encore deux tourelles restées debout.

Siœ l'emplacement des fossés qui furent comblés, s'élevèrent des constructions achetées en 1479, pour y établir les prisons du roi.

Jusqu'à cette époque, le château avait été habité par les comtes de Roye, par ceux surtout de la branche ainée ou par leurs baillis. Quand les seigneurs cessèrent d'habiter Roye, la garde du château fut confiée à des gouverneurscapitaines qui avaient alors le commandement militaire de la ville et qui se faisaient remplacer par des Ueutenants. Le premier gouverneur du château fut messire Quiéret, poui'vu du gouvernement de Roye en 1339.

Aussi dans le bail que font le 13 juin 1559, Léonor de Roye et le prince de Gondé à Adrien Lesquevin, contrôleur à Roye, n'est^il plus question du château, mais seulement de leur maison, chef-lieu et hôtel de la seigneurie, tenant d'une part à la collégiale de Saint-Florent et d'autre à la rue des Prêtres, à la charge de laisser une place honorable et convenable pour tenir les plaids et un ceps pour les prisons. C'était seulement le local où le bailli tenait ses audiences, le chef-lieu de la seigneurie.

La puissance des seigneurs de Roye était grande : elle s'étendait sur de nombreux vassaux ; le château lui-même était redoutable par ses moyens de défenses, et le dicton suivant nous prouve son importance :

Picquigny, Moreuil, Roie Ceints de même courroie Feroient la gueiTe au Roy.

La seigneurie de Roye resta dans la famille jusqu'en 1630; , à cette époque, le flfef et les terres de la seigneurie furent mis en vente et adjugés, comme on l'a vu plus haut^ à Maximilien de Belleforière de Soyecourt. Par suite de cette acquisition, le nouveau propriétaire prit le titre de : Seigneur de Roye ; il lui ftit défendu de prendre cette qualité, mais seulement de se qualifier: Seigneur d'un fief situé à Roye^ conformément au procès-verbal de la rédaction de la Coutume. Même défense fut faite aux officiers du marquis, de prendre le titre de Bailli et de Procureur fiscal de la seigneurie.

Le château de Roye passa ensuite dans les mains de messire Charles Pressant, chevalier, seigneur de Beaucourt, qui, par un acte du 18 août 1644, vendit, moyennant trois mille cent livres, à Florent Aube de Bracquemont, capi-

taine de cavalerie légère : € Une maison, grange, jardin, basse-cour et pigeonnier, tenant d'un côté à une ruelle conduisant de la Place du Marché aux remparts de la ville, d'autre à une ruelle allant de la maison du Chapeau rouge au rempart, par-devant sur la rue des Vieilles-Boucheries, derrière le vieil château^ et en arrière, aux murailles de la ville, en Êice le couvent des Cordeliers. i>

La famille de Bracquemont conserva le château jusqu'en 1713 ; le 23 février de cette année, il fut acquis par François Mignot de Maquigny, conseiller du roi, qui en mourant le laissa à sa fille Marie - Anne décédée en janvier 1757; c'est alors que le château échut à Jean- Baptiste GauUière, lieutenant-général du bailliage, connrae légataire de Marie-Anne Mignot.

Gaullière, étant mort en 1775, nomma pour sa légataire universelle, Madame Bameoud, qui prit possession du château.

A cette époque, il existait une tour dans laquelle avaient lieu les réunions de la loge maçonnique du Temple du Silence. On voit encore, attenant à un bâtiment portant la date de 1661, une tourelle en encorbellement renfermant un escalier.

L'ancien château a été depuis rasé, et sur son emplacement s'est élevée une jolie maison bourgeoise^ dont la situation est des plus agréables.

CHATELAINS

Après la dislocation de l'empire de Charlemagne, les grands vassaux de la Couronne, profitant de la faiblesse du • gouvernement, s'emparèrent des vastes domaines dont ils avaient la garde et les administrèrent pour eux-mêmes.

Mais ne pouvant exercer une surveillance suffisante sur toutes les parties de leurs possessions, ils confièrent la garde d'un château ou d'une ville à un comte qui exerçait le gouvernement militaire et qui rendait la justice en leurs noms.

C'est ce qui se passa pour Roye : Herbert de Vermandois confia la garde du château à un de ses filleuls. Celui-ci et ses successeurs obtinrent la gestion, puis la possession définitive du comté de Roye ou de la châtellenie.

Les seigneurs de Roye faisant de fréquentes absences du château, ne l'habitant pas toujours, confièrent à des officiers nomraés : Châtelains {Castellani)^ la garde et la défense du château-fort. Les châtelains étaient chargés de l'approvisionnement de la forteresse, en hommes, en munitions de guerre et de bouche ; ils étaient de plus chargés de l'administration des biens du seigneur, de faire les recettes et les dépenses, enfin de rendre la justice au nom du comte.

Le château de Roye eut ses châtelains ; ils connaissaient de tous les délits commis sur les terres du seigneur; leur juridiction s'étendait sur toute la châtellenie. Les limites de celle-ci ont dû être d'abord mal déterminées, le château étant un château bornier ; la châtellenie était^ en effet, située aux confins du Vermandois, limitée d'un cftté par le comté d'Amiens, de l'autre par celui de Montdidier. La châtellenie s'étendait jusqu'à la rivière d'Ingond, au Nord, aux portes de Nesle ; la rivière du Matz, à Ressens, formait sa délimitation au Sud ; à l'Ouest, elle allait jusqu'à Boiteaux, village détruit sur la route de Roye à Montdidier; à l'Est, jusqu'au cours d'eau de FArrivaux, jusqu'à Solentes, OgnoUes inclusivement.

Cet officier rendait la justice, jugeait les différents, les infractions, selon le droit commun, d'après la Coutume.

Il tenait ses assises sous le porche de la Collégiale ; cet usage de rendre la justice sur le parvis, était immémorial, il s'explique. Les églises primitives furent calquées sur les basiliques romaines, qui servaient de tribunal ; quand ces monuments furent consacrés au culte chrétien, on conserva rhabitude d'y rendre la justice sous le porche, inter leones. D'un autre côté, la Collégiale, comme nous le verrons, étant l'ancienne chapelle du château, avait été agrandie, convertie en église ; les chapelains qui desservaient l'oratoire du manoir féodal, furent attachés au service de la Collégiale. C'était donc sur un emplacement appartenant au seigneur, et dépendant du château, que les châtelains jugeaient les vassaux du sire de Roye.

Les châtelains ne paraissent comme juges que dans les premiers temps de la châtellenie , sous les premiers seigneurs de Roye ; la châtellenie semble avoir été un privilège, un titre qui appartenait au titulaire, et dont il pouvait disposer à sa guise, l'aliéner, le céder ou le vendre. Ainsi, en 1266, Louis IX achète la châtellenie de Péronne, à Guillaume de Longueval, au prix de quatre mille hvres parisis ; en 1383, Charles VI achète à Regnaud de Dargies, la châtellenie de Roye. La possession de ce titre, de cette ferme ou fief s'était conservée dans cette famille, mais alors la châtellenie n'était plus qu'une qualité, qu'un titre nominal, qui n'était pas seulement honorifique; nous voulons dire, qu'à cette époque, les châtelains n'exerçaient plus de fonctions judiciaires.

Le premier châtelain, dont le nom nous soit parvenu, est:

Verric, châtelain de Roye, castellanus roiensiSj de concert avec sa femme Odette, et du consentement de son fils Pierre, Verric donne, en 1102, à l'abbaye d'Ourscamp, tous les biens qu'il possédait à Sempigny et qu'il tenait

en fief de Simon^ évèque de Noyon ; puis une terre appelée Forestelle^ et un autre domaine, situé dans la vallée du marais, qui s'étendait entre la rivière d'Oise et l'ancienne voie gauloise-romanisée de Soissons à Noyon.

En 1114, Yerric, châtelain, assiste de ses conseils la comtesse Adèle de Vermandois, alors que tenant sa cour à Montdidier, la comtesse rend à l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne plusieurs serfs qu'elle retenait injustement.

Comme châtelain de Roye, Yerric signe la charte de fondation de l'abbaye d'Ourscamp, avec Hugues châtelain de Péronne, en 1130. C'est sa femme Odette ou Ode, qui fait construire, en 1134, l'église de la nouvelle abbaye, au moyen de ses nombreuses hbéralités.

Baudoin, évèque de Noyon, confirme, par une charte de 1157, une donation que Odette roiensU olim castellana fit à l'abbaye d'Ourscamp, de biens situés à Parvil* 1ers et à Sempigny.

Après Yerric, nous citerons :

Guillaume de Mello, seigneur de Bulles et de Mello, qui suivit Philippe-Auguste dans son voyage en Terre- Sainte; il avait épousé Ermentrude de Bulles, nièce de Manassès, seigneur de Balles, dont il eut plusieurs enfants. 11 octroie une charte de commune aux habitants de Bulles (1181), avec Robert de Conti.

En 1185, il donne, du consentement de sa femme Emientrude, de ses fils : Renaud, Pierre, Guillaume, et de ses filles : Agnès et Avitie, deux bouviers de terre à Tabbaye d'Ourscamp. Les témoins de cette donation furent: Raoul de Grandvilliers, Baudoin de Saint-Just, Nicolas de Compiègne, Gaulthier de Lassigny, les frères Nicolas et Robert, moines de l'abbaye.

Gaillaume assiste à Tentrevue qui a lieu en janvier 1188, près de Gisors, entre Philippe-Auguste et Henri d'Angleterre, afin d'arriver à un traité de paix, avant de se rendre en Palestine.

Le châtelain Guillaume de Mello figure, en 1197, dans un accord passé entre lui et l'abbé d'Ourscamp, au sujet de la terre de Lassigny qu'il avait donnée à l'abbaye, à la réserve de la moitié des firuits. Ses fils consentent alors à en faire l'abandon aux moines d*Ourscamp.

Ces actes de donation portent le sceau de Guillaume, qui représente un cavalier, casque en tète, armé de l'épée de la main droite et du bouclier de la main gauche^ avec cette légende : >b J^t|iUinn fS^ittatme à^ ^^\liiin.

D'après un acte de l'an 1201, Ermentrude conserve le titre de châtelaine de Roye, bien qu'elle ne fut plus que la veuve du châtelain, car elle était remariée à Jean de Crapeauraesnil, elle était dame de Lagny; en cette qualité, et du consentement de son mari, elle donne à l'abbaye d'Ourscamp, pour le repos de son âme, toute la terre labourable de son domaine de Lassigny.

Comme châtelaine de Roye, pour la rançon de son fils Guillaume de Mello, Ermentrude vend, en 1200, à Téglise de Roye, moyennant cent livres parisis, des terres situées à Villers-les-Roye. Parmi les témoins de cette charte figurent : Albéric de Beuvraignes, Jehan de Caix, Ténard lieutenant du maire, Ansculfus de Chessoy, Gilbert, maire de Villers ; à cette date, Bernard était doyen de la Collégiale, Robert curé de l'église de Saint-Pierre et Albéric curé de la paroisse de Saint-Georges. {Pièce juslifica-tivCi n^ G.)

Simon de Dârgies, châtelain de Roye, avait, d'après Moréri, épousé Isabeau de Mello, fille de Regnaud seigneur de Mello et de dame Gertrude sa femme.

Cependant Gile dame de Tricot ^ est dite châtelaine de Roye, dans un acte du mois de janvier 1265, par lequel elle autorise l'abbé d'Ourscamp à vendre du vin sans payer le droit de forage, dans la maison que Tabbaye possédait à Roye et qui se trouvait située près de Jehan de Falvy, chevalier.

a Je Gile, dame de Tricoc ( Tricot ) et castelaine de « Roye, fas savoir à tous chiaus qui ces lettres verront, « que je, pour Dieu et pour rémission de mes péchés, et a de mes anchisseurs, et pour estre es biens faits de « réglise Notre*Dame-d^Oscams, de Tordre de Cisteaux ai « octroie à Pabbé et au couvent del église devant dite, « que il leur maison que ilz ont à Roye, qui sie de lez a la maison monseigneur Jehan de Falevi, chevalier, ainsi « comme elle se comporte devant et derrière, tant corne en « tient de moi et à ma partie en appartient tiegnent ce quitement et en pais 4es ore en avant, en morte main « à tous cens et ma justice qui me demeure, fors de leurs « moignes et de leurs convers. Apres je ai octroie à l'abbé f et au couvent devant dis, que il des ore en avant, leurs <c vins en la ville de Roie en leur maison puissent vendre « a leur volonté quitement et franchement^ sans rien rendre, « ne par raison de fuer ni en autre manière ne a moi ne r. a men remanant, tant come a ma partie en affert ne le «( puis défendre ne a aus ne à leurs acheteurs. Et à toutes « ces choses tenir fermement sans de rien aler encontre ne « par moi ne par autrui, taut come a ma partie en affert, « je oblige moi et mes hoirs a touz jours. Et pour chou a que che soit ferme chose et estaule , ai je ces présentes tf lettres scelèes de mon propre seel. Che fut fait en lan € del incamacion Jesu Crist mil deus cens et soissante « chuinc en mois de janvier. » {Cartulaire dCOurscamp.)

Au mois d'août de la même année, Simon de Dargies châtelain de Roye, confirme les moines dans les mêmes droits, sans que la charte fasse mention de Gile, comme épouse de Simon de Dargies.

Une autre charte du mois de septembre 1238, prouve qu'à cette époque, Simon était déjà châtelain de Roye.

Dargies figure dans le rôle des chevaliers de la châtellenio de Montdidier appelés à prêter serment devant le roi Philippe-Auguste, pour les fiefs qu'il possédait. Il était homme-lige du roi pour une partie du fief de Bulles et pour la moitié de la seigneurie de Villers-les-Roye ; il devait sept muids de blé sur le moulin de Roye, il devait en outre, le service militaire et fournir un cavalier armé.

Simon de Dargies fait au mois de mars 1290, une vente de cinquante livrer de rente à Charles comte de Valois. A cette vente est appendu le sceau de Simon portant un écu à rorle de neuf merlettes, avec la légende :

Regnâud de Dargies, fils de Simon, lui succède dans la châtellenie ; il est dit chevalier, seigneur de Dominois, Parvillers et Fresnoy; il était sire de Boulogne-les-Bus (la Grasse) : en 1334, il fait à l'abbaye de Corbie le dénom* brement de la seigneurie de Boulogne, qui se composait de quarante-sept bouviers de bois, quatre-vingts journaux de terre, huit journaux de prés et un moulin à vent. Cette seigneurie passa ensuite dans les mains de Jean de Dargies.

Regnaud vend au roi Charles YI, comme châtelain de Roye, sous certaines conditions, la châtellenie de Roye, du consentement de Jeanne de la Miesville sa femme ; Tàcte fut passé à Roye, au mois d'août 1383, et approuvé par son fils Jean.

AUX châtelains succédèrent les baillis qui étaient les intendants, les majordomes du seigneur; ils rendaient aussi la justice, mais alors uniquement pour les dissidents qui s'élevaient entre le propriétaire et les fermiers.

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