II. — EVRARD
Evrard, par une charte de 1195, affranchit les églises do Cambrai des droits de péage qu'il percevait sur les denrées passant par cette ville. Il fut père de :
1^ Aldèric de Roye.
2<* Raovl, qui confirme, en 1112, Taffranchissement fuit par son pore aux églises do Cambrai.
3^ CîÊRARD, qui fut abbé do Saint-Aubert de Cambrai.
4* RiGORD, avec sa femme Elisabeth, et du consentement de son fils Vermond et d! Agnès sa {illci fondent, à Saint- Taurin, un monastère pour les Bénédictins de l'ordre de Cluny ; des religieux de l'abbaye de Corbie le desservaient. Ils donnent, à cet effet, le terrain nécessaire pour élever des constructions, puis des dimes et une terre à Verpillières ; ils donnent, en outre, la moitié du moulin de Falvert et cinq muids de froment à prendre sur le même moulin le jour de la Nativité du Seigneur et à la Saint- Jean-Baptiste ; puis, quatre autres muids sur le moulin des Truyots, à Saint-Mard. On voit, par un document, que d'autres libéralités étaient venues se joindre à celles de Rigord de Roye et de sa famille ; Albéric de Roye^ fils d'Agnès, donne une terre qu'il avait près de Tilloloy, qu'il tenait de Vermond du Chessoy ; Manassès de Diencourt donne le vivier de la Celle (Léchelle), du consentement de Nicolas, abbé de Corbie. Les religieux pouvaient prendre dans dix bouviers de bois de la forêt de Castel, près d'Hattencourt, le bois nécessaire pour le chauffage et la clôture du monastère. Parmi les autres donateurs, on remarque : Fulcon Chevalier, Robert Barbe de Lau court, Evrard son fils, Guillaume de Roye, Eustache de Saint- Médard, Nicolas de Chilly, Yosbert de Rosières, Angilbert de Parvillers.
Toutes ces donations furent confirmées au monastère par une bulle du pape Alexandre III, adressée, en 1179, à Robert, Prieur de Saint-Taurin. (Pièce justificative n"* 4.)
Avant la fondation du couvent, il existait une Celle, Cella^ dans laquelle résidait un pieux ermite ; elle fut convertie en chapelle sous le vocable de Saint-Taurin, évêque d'Evreux, de là,. le nom de : La Celle Saint-Taurin {Cella sancli Taurini)^ et par corruption : Léchelle Saint- Aurin.
Le moulin de Saint-Quentin, dont il est question dans la Ijiille, avait été donné, en 1164, par Jean, abbé de Crïrbie,*pour la construction de .l'église, à la cbarge de payer annuellement, à l'abbaye, xx muids de froment, mesure de Iloye. De cette église, il ne reste qu'une partie (lu portail ; l'archivolte de la porte centrale offre des ornements d'architecture de l'époque romane.
Ce monastère fut érigé, plus tard, en Prieuré-Curat, dont le prieur de Lihons était le présentateur.
Vermond, fils de Rigord, par une charte de 1169, fait avec son parent Hugues, abbé du Mont-Saint-Quentin, un échange d'une pièce de terre, sise à Fransard, contre un tiers do la dime du village de Driencourt qui lui appartenait.
Dans une charte de 1160, Vermond de Roye est désigné comme l'un des barons du Yermandois ; il assiste, avec son fils Hugues, à un jugement rendu par Philippe de Flandre, en 1170.
ni. — ALBÉRIC DE ROYE
At.nÉRic, sire de Roye, signe, en 1143, une charte de Raoul do Yermandois, par laquelle le comte confirme l'église d'xVthies dans la possession des biens que lui ont donné SCS ancêtres. Il parait aussi dans le contrat d'acquisition du comté de Soissons, par Ives de Nesle. (1141.)
Pur une charte de 1148, Raoul de Termandois mit fin A tme contestation qui existait entre l'abbaye de SaintnarthêUniiy de Noyon et Raoul de Hardicourt, au sujet du di)muiue de Curlu ; Albéric signe comme témoin à cette oharto; il est désigné dans l'acte sous le titre de dapifer {\\\i\\\\x^ dMuMel) de Raoul de Yermandois.
Albéric signe encore une charte du comte de Vermandois portant donation aux frères hospitaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem, de la maison, ^u jardin et des terres qu'il possédait à Eterpigny, près de Péronne.
Par un acte de 1139, il donne à l'abbaye de Saint- Âubert de Cambrai, les héritages qu'il avait à Barastre, du consentement de sa femme Odette et de ses enfants. II est nommé en une confirmation que fit, en 1140, Jean, seigneur de Nesie, à l'abbaye d'Oiurscamp, et dans l'exemption du péage que Raoul de Vermandois accorde à cette abbaye. En 1148, il affirme de son scel une charte de Raoul IV, comte de Crespy, qui donne aux religieux de Vivien le droit de prendre le bois à leur usage, dans la forêt de Retz.
Albéric de Roye fit ériger la seigneurie de Becquigny, à laquelle il associa l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne ; il donna à cette abbaye beaucoup de franchises et de privilèges qu'il fit confirmer par le comte Raoul de Vermandois.
Par cet acte, daté de l'an 1163, on voit, qu'anciennement, il avait existé, sur l'emplacement de Becquigny, un village dont il ne restait plus alors aucun vestige. Les moines de l'abbaye songèrent à le rétablir et firent intervenir Albéric de Roye ; il fut convenu que ce seigneur bâtirait le village à ses frais, y amènerait des habitants, qu'il rétablirait la chaussée, le moulin sur la rivière d'Avre, et le vivier dont les produits seraient partagés entre lui et l'abbaye ; il s'engagea, en outre, à défendre le village contre toute agression. Les moines se réservèrent les dimes et le terrage, sans que les héritiers d' Albéric pussent rien prétendre.
Dans cette charte de confirmation, le comte Raoul appelle, Albéric scilicet de Roia amicum el fidelcm
nustrum. Parmi les témoins figurent : Vermond, frère d'Albéric, et Rognes, son fils.
Afin de pouvoir surveiller leur nouvelle .possession, les moines de Saint-Corneille firent élever un couvent pour quatre religieux, avec une chapelle dans laquelle les habitants pouvaient assister aux offices.
Plus tard, ce couvent fut converti en prieuré et relevait du Val-de-Grâce, lors de l'union de l'abbaye de Saint- Corneille à celle du Val-de-Grâce ; la nomination du Prieur appartenait à l'Abbesse de Paris, qui jouissait des bénéfices.
Ce prieuré existait près du moulin ; il fut détruit par les Espagnols, ainsi que le village, qui fut incendié vers 1616 ; on trouve encore à l'endroit qu'il occupait de vastes souterrains ; il y a des chemins qui ont conservé le nom de : Chemins des Moines.
C'est lors de la cession de Becquigny à l'abbaye de Saint-Corneille, par Albéric de Roye, qu'une église fut bâtie ; le portail et la nef qui subsistent encore sont du douzième siècle. L'église est située loin du village, sur une hauteur environnée d'arbres ; autrefois, les habitations étaient groupées autour de l'église ; mais après l'incendie des maisons, les habitants se rapprochèrent de la rivière d'Avre.
Il existe dans le tabernacle de la chapelle de la Sainto;;- Vierge, située dans le bas-côté de l'église, des professions de religieuses du Val-de-Grâce, de 1669 et de 1673. L'autel et le retable du chœur sont fort remarquables ; ils proviennent du collège des Jésuites d'Amiens.
Cette église fut convertie en temple protestant pendant la Réforme ; c'est là que se réunissaient les dissidents protégés par le seigneur du lieu, David de Brossart; une partie du cimetière, qui leur servait de sépulture, s'appelle encore : Chawp des Huguenots.
C'est sous Albéric de Roye qu'eut lieu, à Roye, la translation des reliques de saint Florent dans deux nouvelles châsses. Ces reliquaires, dûs à la libéralité des habitants, étaient d'une grande richesse ; ils étaient estimés quatre-vingts écus d'or ; l'un devait contenir le chef du bienheureux et l'autre son corps. La translation des reUques se fit solennellemet, avec un grand concours de peuple et de seigneurs : Raoul de Vermandôis, Albéric, ses fils et d'autres personnages assistèrent à cette cérémonie qui eut lieu le 23 septembre 1155. Le peuple, ivre de joie, criait : Noël !
Albéric de Roye signe, comme témoin, une donation faite par Raoul comte de Vermandôis, aux Templiers, des annates des prébendes dont il jouissait dans les collégiales de Roye, de Saint-Quentin et de Péronne.
Le 25 juin 1157, il assiste, à Noyon, à la translation du corps de saint Eloi dans l'abbaye de cette ville ; cette cérémonie était présidée par Thierry, évêque d'Amiens. Parmi les assistants étaient Raoul, châtelain de Nésle, et le doyen du Chapitre de Roye.
Albéric de Roye eut de sa femme Ode, six enfants, qui sont :