ROGUES DE ROYE
2f^ AuBERT ou Herbert, vivant en 1139.
3° RoGON ou RORiGON, qui figure avec son père dans une donation que fait Raoul de Vermandôis à l'abbaye d'Ourscamp,
Quelques historiens font de Rogon de Roye l'un des acteurs du roman de la Dame de FayeL « La majeure « partie des détails de ce drame, dit M. de Melleville, 0 s'accorde avec ce que l'on sait de Rogon, fils d' Albéric « de Roye, qui fut seigneur de Fayel de 1148 à 1190. » Nous pensons que c'est là une erreur ; Rogon de Roye et
Rorgon de Fayel sont deux personnages différents, ainsi que le prouve une charte de Raoul de Vermandois de 1156, à laquelle signent en même temps le fils d'Âlbéric Rogon et Rorgon de Fayel : c Sigillum Alberici de Roia Rorigonis filii sui. — S. Rorigoni de Fayel. S. Adami de Athœi.
Rogon de Roye donne, en 1190, du consentement de son fils Raoul, dix bonniers de terre située entre Guer'^ bigny et Andechy, aux frères de l'abbaye d'Ourscamp, pour le repos de son âme et pour celle de ses antécesseurs.
Le village de Guerbigny ou Garmeni doit son origine à une forteresse élevée sur la colline escarpée, au pied de laquelle coule la rivière d'Avre. Ce château-fort, construit sous le roi Louis IV, avait pour but d'arrêter les invasions des Normands qui, en 859, étaient venus asseoir leur camp sur le plateau de la montagne de Guerbigny.
La garde de ce château fut confiée, par les comtes de Vermandois, aux seigneurs de Roye, qui déléguèrent un des membres de leur famille, à titre de châtelain. Rogon de Roye parait être le premier sire de Guerbigny auquel succéda Jean de Roye.
Le château de Guerbigny avait une grande importance ; sa situation, ses moyens de défense, en faisaient une forteresse redoutable qui fut Tobjet d'attaques fréquentes de la part des Bourguignons et des Orléanais ; c'est de la forteresse de Guerbigny, qu'en 1430, Pothon de Xantrailles fondit sur les Bourguignons venant de Roye et en fit un grand massacre près de Bouchoir. En 1552, les Impériaux campent à Guerbigny; pendant les guerres de la Fronde, en août 1653. le prince de Condé occupe le château de Guerbigny et expédie des lettres de sauvegarde à l'abbaye de Saint-Martin-aux-Bois, qui appartenait a son cousin, révoque de Bourges.
Le château de Guerbigny resta la possession des seigneurs de Roye, qui furent les bienfaiteurs du pays ; ils fondèrent à Warsy, près de Guerbigny, une maladrerie dont les biens furent réunis, plus tard, à FHÔtel- Dieu de Montdidier. Lie château possédait une chapelle castrale, sous le vocable de Saint-Jean-du-Mont, dont l'Evêque d'Amiens était coUateur de plein droit.
Les Seigneurs de Guerbigny accordèrent quelques franchises aux habitants du village, qui purent élire un mayeur et des échevins. Au mois de mai 1226, Bernard est cité comme mayeur de Guerbigny dans une vente de terres qu'il fait à Jehan, seigneur de Nesle.
Les sires de Guerbigny obtinrent du roi l'établissement d'une foire le 28 octobre et d'un marché-franc qui avait lieu le premier lundi de chaque mois. Ce jour-là, les acheteurs et les vendeurs étaient affranchis des droits de péage et de pontenage qui se percevaient sur le pont de la rivière d'Avre.
Le village prenant du développement, de nombreuses habitations étant venues se grouper autour du château, une église fut édifiée sous le patronage 'de saint Pierre, et les Seigneurs contribuèrent à sa construction. L'abbaye de Saint-Amould de Crespy présentait un titulaire à la cure de Guerbigny, par concession de l'évêque Geoffroy de 1108.
Le Prieur de l'abbaye avait un tiers de la dime de Guerbigny, et l'abbesse de Monchy-sur-Aronde les deux autres tiers que lui avait donnés Mathieu de Roye, en 1238.
L'église avait plusieurs chapelles : une dédiée à Sainte- Madeleine, fondée, en 1475, par Pierre Noiret de Guerbigny ; la chapelle Saint-Nicolas, dont Pierre de Bosquillon abandonna la nomination du titulaire à l'échevinage de Guerbigny, et la chapelle de Sainte-Croix.
l,(îîi s(ûj^ncars de Guorbigny avaient aussi fondé, dans It'îgliho paroissiale, pour leur servir de sépulture, une chupiîlhi particulière sous le vocable de la Sainte-Vierge ; lu ttuignuur du lieu en était le patron. Plusieurs membres do la laniille de Roye furent inhumés dans cette cliapollo.
Lo domaine de Guerbigny fut longtemps la propriété de la nuiison de Roye ; en 4568, il fut saisi sur le prince de (Jondé, comme protestant, mais il lui fut restitué : cette fiolgnourio lui venait de sa femme, Eléonore de Roye. Vax 1020, son fds Henri II de Bourbon la vendit à Maxlmilien de Belleforière de Soyecourt, seigneur de Tilloloy.
4^ SiGEU, chevalier, seigneur de Villers-Cauchy, cède à Tabbaye de Saint-Aubert de Cambrai les dimes qu'il avait dans le village de Saint-Aubert, du consentement de sa femme Radegonde, fille du seigneur de Beaumetz.
5<^ Jehan fut présent, en 1176, à la confirmation de la donation faite par Conon, comte de Soissons, à l'abbaye d'Ourscamp, de la terre de Séfour, près de Roye, une des quatare mairies du marquisat de Neslc.
G^ Mathilde, mariée à Renaud de Mailly, vers 1119, fils de Anselme de Mailly. Renaud, du consentement de sa femme, dame de Roye, donne un vingtième de la dime de Liguières-les-Roye à l'abbaye d'Arrouaise, ce que ratifie Rogon, seigneur de Guerbigny, en 1194« Il cède à Fabbaye de Saint- Aubort tous les droits qu'il avait sur les terres do Rumstrv-
Mathilde eut pour enfants :
1"» Renaud : ^i* Guillaume : 3* Simon de Maillv.