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Histoire de la ville de Sens

L'histoire romaine commence par une période de sept rois successifs de 753 à 509 avant Jésus-Christ; Romulus fut le premier de ces rois, et Tarquin-le-Superbe fut le septième. Tarquin (sextius), fils de Tarqiiin-le-Saperbe entraîna, à cause de ses outrages envers Lucrèce, dame Romaine, le renversement de la Royauté, et la RépubHque romaine fut proclamée en 509 avant le Christ.

De l'autre côté de l'Italie s'étendait au nord-ouest un pays très peuplé et habité par des guerriers qui furent nos ancêtres, appelés Galates ou Keltes par les Grecs, et Galli par les Romains. C'est de cette dernière dénomination qu'est venu le nom de Gaulois qui leur est resté. Les Gaulois étaient un peuple courageux, vaillant et brave à la Guerre: ils possédaient avant tout le dédain de la mort et de la vie, qui leur était donné par leur foi dans limmortalité de l'âme. Ils adoraient Jupiter dans l'immensité des forêts et leurs prêtres qui s'appelaient '' Druides ", cueillaient le guy sacré des chênes séculaires avec leurs faucilles d'or; ils élevaient aussi des autels à Apollon, à Mars, Minerve et Pluton.

Les Sénons font remonter leur origine à une époque bien plus éloignée encore et qui paraît quelque peu fantastique. Dans leurs prétentions, que nul ne saurait d'ailleurs contredire, ils seraient les descendants de Samothès, quatrième fils de Japhet, fils de Noë qui, après le déluge, s'était arrêté sur le mont Ararat en Arménie. D'après cette tradition qui paraît toutefois fictive, Samothès persuada à son grand-père de l'envoyer dans les Gaules, s'embarqua vers la Grèce, vint de \k en Italie, passa les monts fAlpes), serait venu ju&que sur les bords de l'Yonne, vers l'an 152 après le déluge, et y aurait fondé une ville appelée Zenone. Depuis Samothès, il y aurait eu jusqu'à Mérovée soixante-sept rois au nombre desquels étaient pour n'en citer que quelques-uns, Allobroge, Sigovèse, Bellovèse, Brennus, Clodomir, Pharamond, etc, etc.

Or, vers l'an 165 de Rome, c'est-à-dire en 587 avant le Christ (et ce n'est que de cette époque que l'on peut réellement fixer l'antiquité des Sénons), du temps de Tarquin-l'Ancien, cinquième roi de Rome, Ambigat, roi des Bituriges (Bourg), se trouvant trop à

rélroit dans ses états, envoya ses deux neveux Sigovèse et Bellovftse, à la tête d'une émigration de trois cent mille hommes avec leurs femmes et leurs enfants, le premier vers le Rhin et le Danube, le second vers l'Eridan (Po) et le Tibre. La tribu des Sénons qui faisait partie de l'émigration de Bellovèse, se dirigea vers ri'alie et traversa les Alpes. Mais ce ne fut qu'environ deux cents ans après que les Gaulois et les Romains se rencontrèrent les armes à la main. Ils se battirent entre le Tibre et la rivière d'Alliaoù 40.000 Romains furent tués ou noyés. Trente mille guerriers Sénons, à la tête desquels était Brennus tils d'Alabre. roi de Sens se dirigèrent vers Rome qui fut prise d'assaut et capitula le 1 3 Février 390 avant Jésus- Christ. L'armée victorieuse entra dans Rome qui n'était plus qu'une vaste solitude, où les sénateurs étaient assis devant leurs maisons sur des fauteuils d'ivoire et revêtus de l'appareil de leur dignité. Les Gaulois leur portèrent d'abord comme une sorte de respect, et l'un s'approchant du sénateur Papirius lui passa légèrement la main sur la barbe ; le sénateur frappa de son bâton d'ivoire le soldat gaulois, Papirius fut aussitôt appréhendé et tué. Les Gaulois, excités par cet exemple mirent à mort les autres sénateurs. Ce fut le signal du carnage et de l'embrasement de la ville. Il ne restait plus que le Capitole où s'étaient réfugiés les soldats romains.

Les Senonais. après sept mois de siège, trouvèrent un petit sentier inconnu menant au Capitule ; ils essayèrent d'y monter, en s'élevanl les uns sur les autres, lorsque retentirent les cris des oies sacrées. Les Romains coururent aux armes. Enfin comme la famine régnait au Capitole et dans le camp des assiégeants Brennus accepta la paix.

Comme on pesait l'or de la rançon, les Romains se plaignirent en disant que l'on se servait de faux poids ; alors Brennus jeta son épée dans la balance en s'écriant " Malheur aux vaincus " ( Vœ ùctis).

César donna à la ville de Sens dans ses commentaires le nom ''- Agendicum *'; c'était à cette époque une ville considérable qui se trouvait encore plus au centre de la Gaule que Lutèce elle-même qui n'était alors qu'une petite bourgade située sur les bords de la Seine. '^ Senones quœ est civitas imprimis firma et mngnœ apud GaUo$ auctoritalis ". '' Les Senonais sont une nation des plus puissantes et des plus accréditées parmi les Gaules ".

Dés l'antiquité, la Gaule était divisé en dix-sept grandes provinces dont l'une s'appelait " Lugdunensis quarta vel senonia", '• La cité d'Agiedic (Agendicum) fut élevée sur les bords de l'Yonne; ce fut de cet endroit que partaient les anciennes voies gauloises. La nation sénonaise, lors de l'arrivée de César dans les Gaules, 58 ans avant Jésus-Christ, ou 699 de Rome, était gouvernée par un prince nommé Moritasgus; mais ce dernier fut presqu'aussitôt dépossédé par César qui le remplaça par Cavarinus son frère. Ce pro-consul Romain se hâta d'ouvrir la campagne, jurant de venger la défaite de l'Allia et marcha contre les habitants de Sens révoltés. Accon chef de la révolte, ordonna au peuple de se retirer dans la ville, mais les Romains apparurent et Accon fut condamné à mort et exécuté.

A la suite de ce fait une nouvelle révolte se répandit dans toute la Gaule ; Vercingétorix, jeune seigneur de l'Auvergne, se fit proclamer roi par ses partisans et fut choisi pour marcher contre les Romains. César instruit de ces mouvements repassa les Alpes l'an de Rome 706, et arriva à -'Agendicum" (Sens) y laissa deux légions, avec les bagages de toute son armée. Pressé de venger les Romains tués à Orléans, il se diiigea vers cette ville, la prit et la livra au pillage et aux flammes. Mais Vercingétorix ne désarma pas, César partagea son armée en deux corps ; il donna à Labienus quatre légions et la cavalerie, et il se rendit lui-même en Auvergne avec six autres légions, afin de combattre Vercingétorix. César lui livra la fameuse bataille d'Alésia: Vercingétorix avait 86.000 combattants parmi lesquels se trouvaient environ 72.000 sénonais. Les Gaulois soutinrent vigoureusement le choc des Légions romaines, mais ils durent se retirer, laissant environ cent mille romains sur le champ de bataille.

Malgré cette victoire remportée par les Romains, César apprit bientôt que les peuplades gauloises du Poitou n'étaient pas encore soumises, Leurs chefs révoltés étaient Dumuacus, Angevin et Drapés le Sénonais, Ce dernier alla rejoindre Luctérius. ennemi irréconciliable des Romains, ils se renfermèrent tous les deux dans Uxelladunum (Cahors). Caninius, général Romain vint camper devant cette ville. Drapés étant sorti de la place pour y introduire un convoi, les Romains tombèrent sur lui, mirent ses hommes en fuite

et le firent prisonnier. Drapés se laissa mourir de faim l'an de Rome 701 et 50 ans avant l'ère chi'olienne, plus tôt que de se laisser conduire à Rome, enchaîné au char du vainqueur.

Enfin la ville d'Agendicum (Sens), après de prodigieux etTorts pour conserver sa liberté, fut réduite à la domination Romaine l'an 52 avant Jésus-Christ.

Jules César, après avoir remporté une brillante victoire sur Pompée à Phaisale l'an 48 avant le Christ, mourut assassiné en plein sénat l'an 44. Il eut pour successeur Auguste, l^'" Empereur Romain, son neveu connu sous le nom d'Octave avant la bataille d'Actium, lequel mourut 14 ans après la naissance du Christ. Le Christ avait donc 14 ans lorsqu'Auguste décéda.

Afin de mieux faire comprendre le présent récit et d'adapter les faits aux dates correspondantes romaines, on a pensé qu'il était utile de donner ici les noms des Empereurs Romains qui se succédèrent depuis Auguste jusqu'à Vespasien, 9« Empereur Romain, ainsi que la date de leur avènement au trône.

/«'■ Empereur Romain. — Auguste, 30 ans avant l'ère chrétienne,

mort 14 ans après.

— Tibère, 1 4 ans après, 37 ans après.

— Caïus Cnliqula de 37 ans à 41 ans.

— Claude de 41 ans à 54 ans. Ce fut sous l'Empereur Claude que Saint-Savinien fut envoyé par Saint-Pierre, l'an 43 après Jésus-Christ pour èvangéliser la Gaule et spécialement la ville de Sens.

— Xéi-on, de 54 à 08 ans. Saint-Pierre et Sainl-Paul lurent martyrisés en 66.

— Galla, de 68 à 69 ans.

— Olhon, en 69.

— Vitellus, en 69, (moins d'un an),

— Vespasien, de 69 à 79 ans. Saint-Savinien, Sainl-Polentien el Saint-Victorin subirent le martyre en 73, sous Vespasien.

ancienne et moderne.

César, au paragraphe trois du septième livre de ses commentaires, s'exprime au sujet de la constructioQ des murailles établies dans les différentes villes de la Gaule, ainsi qu'il suil : '' à la distance régulière de S pieds, on pose sur leur longueur des poutres d'une seule pièce: on les assujettit intérieurement entre elles et on les revêtit de terre foulée. Sur le devant, on garnit de grosses pierres les intervalles, et ce rang étant ainsi formé, oi1*en construit un second, en conservant le même espace, de manière que les poutres ne se touchent pas, mais que dans la consiruclion elles se tiennent à une distance uniforme, un rang de pierres étant entre chacune. Tout l'ouvrage se continue ainsi, jusqu'à ce que le mur ait atteint la hauteur convenable. Non seulement une telle construction, formée de rangs alternatifs de poutres et de pierres n'est point, à cause de cette variété même désagréable à l'œil, mais elle est encore d'une grande utilité pour la défense et la sûreté des villes ; car la pierre protège le mur contre l'incendie, et le bois contre le bélier. On ne peut renverser, en effet, ni même entamer un enchaînement de poutres de 40 pieds de long, lorsqu'il est lié ensemble dans l'intérieur ".

Ce fut d'après ce système de construction que furent bâties les premières murailles de Sens. Lorsque les Romains devinrent les maîtres du monde, et que les Francs et les Vandales furent chassés plus tard, en 277 après Jésus- Christ, par l'Empereur Romain Probus, la plupart des villes s'étaient entourées de murs pour se mettre à l'abri de leurs attaques. En ce qui concerne là ville de Sens, une inscription relative aux murailles de cette cité date du règne de Septime Sévère, Empereur Romain de 193 à 211 ; mais les murs de cette eité ne furent achevés très probablement que du temps de Constance Chlore, Empereur Romain de 305 à 306.

Un grand amphithéâtre romain, qui est actuellement couvert de plantations et de maisons, s'élevait du côté du cimetière actuel ; il avait un grand axe intérieur de 72 mètres et un petit axe de

48 mèlres de longueur sur 33 mètres de largeur; les gradins pouvaient contenir plusieurs milliers de speclateurs. A côté des ar<^nes se trouvait le clos de Bellenave, situé dans la rue actuelle de ce nom, (Bella Navium). qui servait pour les représentations romaines de Naumachies. O

Il y avait à proximité de cet endroit, un temple dans lequel les Romains adoraient leurs divinités et à l'entrée du quel fut découvert le portique appelé Magilius dont les restes se trouvent au musée lapidaire de la ville.

Au conlluenl de la Vanne se trouvait aussi une vaste enceinte qui servait de camp retranché aux Romains et où le préteur (2) pendait la justice. Cet endroit qui s'appelle la *' Motte de Ciar", consiste en un amas delnines des plus remarquables, et est dominé au-delà de l'Yonne par l'Eglise de Saint-Bon et les monts environnants.

Julien l'Apostat, Empereur Romain (361 à 363) s'était enfermé dans la ville de Sens dont les murailles le mettaient lui et les siens à l'abri de l'ennemi. Cette cité était alors entourée d'une épaisse ceinture de murailles romaines, flanquées de nombreuses tours. Les promenades actuelles qui entourent la ville jusqu'à l'Yonne, en l'enveloppant d'un bout à l'autre, n'étaient que d'immenses fossés remplis de l'eau des rùs avoisinynts. Il reste encore de ces murailles un des spécimens les plus curieux à la tour du boulevard du 14 Juillet. La poterne du Midi, plus à l'ouest, avait été pratiquée au moyen âge dans les anciennes murailles, pour donner accès à un hôpital fondé près de la porte commune en 1208, par un riche sénonais appelé Garnier Dupré.

L'ancienne villede Sens était desservie par sept grandes voies Gallo-Romaines : ces voies étaient les suivantes :

1" Celle d'Orléans, par Saint- Valérien (canton de Chéroy);

2» Une .seconde voie d'Orléans, par Gron et Courtenay ;

3« Celle de Troyes, par Mâlay et Villeneuve-l'Archevéque;

4" Celle d'Alise, par Cerisiers et Tonnerre;

5^ Celle de Meaux, par Saint-Clément et Sergines ;

6° Celle de Paris, par Courtois et Pont-sur-Yonne ;

7« Celle d'Auxerre, par Paron et Saint-Julien.

<\) Spectacle d'un combat naval chez les Romains. {2) Magistrat qui rendait la justice k Rome.

Les anciennes portes de la ville étaient désignées ainsi qu'il suit :

10 Porte d Yonne, au nord-ouest de la ville ; 2o Porte Saint-Remy, au sud de la ville ; 3» Porte Commune, au sud de la ville ; i° Porte Saint-Hilaire, au sud de la ville ; 5° Porte Foimenu, à l'est de la ville ; 6o Porte Notre-Dame, au nord-est de la ville ; 7'^ Porte Saint-Antoine, au nord-est de la ville ; 8» Porte Saint-Didier, an nord de la ville.

Une du Tambour d'Argent. — Pendant la (fuerre de Cent ans entre la Fiance et l' Angleterre, qui dura de 1337 à U53, on raconïe qu'au malin d'un certain jour, le veilleur de la cité de Senones cria : Voilà l'ennemi ! les Anglais !!! — Savinienne, une jeune fille du peuple, entendit la première ce cri d'alarme. Elle courut à la Cathédrale, y chercher le mystérieux tambour d'argent et le prit d'une main en criant -' Aux armes '' / tandis (|ue de l'autre main, elle frappa si foit avec sa baguette que ce bruit argentin et étrange répété mille fois par les échos d'alentour parvint jusqu'aux oreilles des Anglais qui, efîiayés, s'enfuirent au loin. Charmante légende à la suite de laquelle on donna à une des rues de Sens, le nom de •' Tambour d'Argent ".

Au nombre des principales rue de Sens, se trouvent celles désignées ci-après :

Rue Dauphine (actuellement rue de la République). — Il y a dans cette rue une cour qui s'appelle Cour Baillet; un puits était situé au coin de la rue des trois-Rois et s'appelait puits de la Halle. Vis-à-vis de ce puits, on remarque une maison d angle présentant un ouvrage de charpenlerie des pki» remarquables. Le poteau qui est au coin est sculpté et représente la généalogie de Notre-Seigneur Jésus- Christ, depuis Abraham jusqu'à la Sainte Vierge. De là le nom de Maison d'Abraham donné à cette maison. Tous les personnages sont taillés en relief dans la même pièce de bois qui forme un arbre généalogique.

A l'extrémité de la rue Dauphine, s'élevait à la hauteui' de l'ancien Café du Square, la Porte Dauphine, en forme d'Arc de Triompiie. Elle fut construite en 4 777 sur l'emplacement d'une autre porte très ancienne, au-dessus de laquelle était le beffroy communal.

Rue de VEcnvain. — Ce nom est venu de l'Ecrivain dramatique Marivaux, qui avait épousé une de ses parentes Mlle Martin, et qui avait habité au no 12. une maison de cette rue appartenant actuellement à Mme du Moutiers de Canchy. Celte maison est le domicile actuel de l'archevêque de Sens qui a été chassé de son palais archiépiscopal, à la suite de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

Dans le quartier anciennement appelé Saint-Benoît se trouvait la maison dite -' Hôtel des Tournetles ", qui avait été autrefois le logis des abbés de Saint-Pierre-le-Vif, Ce fut dans cette maison que s'établirent les Jésuiles jusqu'au jour où ils en furent chassés en 1762. par le Cardinal Albert de Luynes, 110« Archevêque de Sens. Charles V, dit le Sage fils de Jean le Bon y habita, lors de son voyage dans celte cité. Le Cardinal de la Fare, 112*= Archevêque de Sens lit acheter l'Hôtel des Tournetles pour y installer un grand séminaire.

Rue du Mauconsell (appelée aujourd'hui rue Charles Leclerc).— Dans celle rue se trouvait le couvent des Jacobins ou Dominicains^ Le moine Jacques Clément, assassin d'Henri III et natif de Serbonnes (canton de Sergines), fut élevé dans ce couvent. Gilles Charonnelles, fils d'un pêcheur, y fut également instruit, devint Général de son ordre et mourut à Sens en 1519.

Rue de la Parcheminerie (appelée aujourd'hui rue Thénard). — Cette rue est célèbre par l'aventure arrivée au duc de Mayenne, Charles de Lorraine, chef de la Ligue, sous Henri IV. Ce duc arrivant de Lyon passa par Sens où il dîna dans une maison située dans le cloître de Saint-Etienne et occupée par Jean de Flandres, chanoine et aumônier du Cardinal de Pellevé, 100® Archevêque de Sens. Le peuple, en joie, y courut de toute part. Or, pendant le repas, une partie du plancher de la salle môme où le prince était à lable s'écroula dans la cave avec les chaises, le buffet et plus de 40 personnes qui s'y trouvaienl. Le Président Hémard et le médecin Provenchères furent blessés. Le duc par un hasard miraculeux, tomba sur la poutre du milieu et ne se fit aucun mal; il fut tiré de cette position parle sieur Chanvallon. Prés de rHôte[ de Ville de Sens et sur la place qui porle son nom, la ville a élevé une très belle statue à M. le baron Thénard, qui a été inaugurée en 1861 et qui est due au ciseau de M. Droz.

Rue de la Synagogue, (appelée aujourd'hui rue Nonat-Filleminj, — En lUO, Louis VII permit aux Juifs de s'établir à Sens, car au IX« siècle Angésise, 50® Archevêque de Sens (871 à 883), les en avait chassés. En 1180. Guy des Noyers, 69« Archevêque de Sens, avait demandé au nouveau roi Philippe-Auguste l'autorisation de les expulser; mais le roi refusa et le prélat préféra quitter son siège et s'exiler. Mais l'Archevêque Guy des Noyers, très en crédit à la cour, alla couronner à Saint-Denis le roi Philippe-Auguste avec Isabelle, fille de Beaudoin, comte de Hénaut et obtint enfin leur expulsion. On prétendit que la tour qui s'élevait dans cette rue servait aux Juifs à célébrer leurs mystères et y mettre leur trésor.

Rue de la Vannerie, (aujourd'hui rue Jean-Cousin). L'Hôtel de la prévôté de Sens se trouvait autrefois dans cette rue. La charge de prévôt fut supprimée en 1749; le plus ancien de ces magistrats fut un nommé Guillaume. En 1483, un prévôt de Sens, nommé Jean Simon tint le siège de la police à Sens, un autre prévôt du nom de Louis Lemire fut tué le 8 Novembre 1649 par Pierre Angenoust, lieutenant général du baillage, qui fut condamné par arrêt du Parlement.

Rue Jean Cousin. — Dans la rue Jean Cousin se trouve la maison dite de Jean Cousin; cette habitation date du XVP siècle et n'a rien de remarquable. Elle abrite actuellement une sorte de petit musée où sont exposés divers objets ayant appartenu à Jean Cousin ou ayant un caractère local et qui n'ont rien de bien remarquable.

Le Marché couvert inauguré en 1882, et élevé d'après les plans de MM. Lefor't et Roblot, est un édifice, bâti tout en fer qui est approprié à sa destination. Au premier é'age, se trouve une galerie qui augmente d'un tiers la surface de l'édifice.

L'ancien hôpital qui se trouvait sur l'emplacement même du marché, fut démoli pour faire place au nouvel édifice.

Les noms des promenades qui entourent la ville de Sens, comme dans un fer à cheval, sont actuellement les suivantes :

r Cours Tarbé;

2° Square Jean Cousin ;

3'' Boulevard du 14 Juillet;

40 Promenade du Jeu de Paume ;

50 Promenade du Mail ;

6° Esplanade;

7« Tapis Verl ;

80 Boulevard de Maupeou.

Un monument a été élevé en souvenir des enfants du département de r Yonne, morts pour la défense de la Patrie, à l'intersection du Jeu de Paume et de la rue d'Alsace-Lorraine ; il fut inauguré le 27 Mars 1904. Ce monument, dont l'auteur est M. Peynol, doit être prochainement entouré d'une grille et présente sous les rameaux d'arbres presque séculaires un aspect des plus heureux.

La Caisse d'Epargne, inaugurée le 12 Octobre 1902 par M. Georges Paulet, délégué du Ministre du Commerce, a été bâtie par M. Dapoigny, architecte; elle est située à la gauche de la rue de Lyon, sur le boulevard du 14 Juillet.

L'ancien cimetière qui existait à Sens avant 1789 était situé à la place occupée par le théâtre actuel. Ce tut à ce cimetière que furent transportés les restes du Dauphin et de la Dauphine, ainsi que ceux du Maréchal de Mouy.

La Sous-Préfecture, le Palais de Justice et le Théâtre ne présentent rien de curieux.

Les armes de la ville de Sens remontent ta Tannée 1371, époque à laquelle Chailes V lui accorda cette faveur ; sa composition est : Sur un champ dazur, une tour d'argent entourée de six fleurs de lys, trois, deux, une. La tour d'argent figurée dans les armes représente la grosse tour qui fut commencée par le comte Raymond l*"", comte de Sens, puis continuée par Fromond II, et qui fut détruite, après la réunion du comté à la couronne, en 1015. La couronne fermée surmontant l'écusson à la légende '' Urhs antiqua Senonum " figure poui- la première fois sur la médaille dite le jeton de la ligue de 1579.

Le pont jeté sur l'Yonne entre les rues du Faubourg de l'Yonne et la Grand-Rue fut construit en 1737 par Germain de Bofïrand, neveu du célèbre poëte QuinauU, et fut terminé trois ans après en 1742. Il lemplaçait lui-môme un ancien pont composé de six arches. Très solidement bâti, le pont de de Botîrand, avec ses deux piles d'une résistance à toute épreuve, n'avait qu'un défaut, c'était de

présenter un dos d'âne assez prononcé, que l'on aurait pu sans doute alténiier sans le démolir entièrement, ce qui aurait évité une dépense assez considérable. Cependant sa démolition fut décidée, et après une attente de trois ans, sa reconstruction (Juin 1911) fut enfin confiée à un entrepreneur Marseillais.

Le pont du Diable, jeté sur le petit bras de l'Yonne fut démoli puis rebâti en 1841. Son nom lui vient de sa construction primitive qui fut attribuée au Diable.

Il existait, il y a quelques années deux croix, l'une élevée sur le pont de Boffrand, l'autre au cimetière. La première avait été érigée par la famille de M. Tarbé, historien de la ville de Sens, en souvenir des noces d'or de deux parents célébrées le 9 Juillet 1770. Cette croix, en fer forgé servait à indiquer en outre aux marins le milieu de la grande arclie du pont, mais la démolition de ce dernier a nécessité l'enlèvement de cette croix. La seconde a été ôtée du cimetière à la date du 3 Janvier 1901, à la suite d'une délibération du Conseil Municipal.

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