EXTÉRIEUR DE L4 CATHÉDRALE DE SENS
Tours Extérieures
La tour du Nord, appelée tour de plomb, fut construite au Xn« siècle et fut remaniée au XVP. Cette tour présente aux étages supérieurs des arcatures qui sont taillées dans l'épaisseur du mur et ont pour sujet des cariatides foulant des lions à leurs pieds.
La tour du Sud, appelée « tour de pierres », est également de construction piimitive; elle fut refaite au XIV® siècle el son couronnement fut exécuté au XVP. Elle s'écroula en 1267 et elle fut reconstruite par Pierre de Ctiarny, 76^ archevêque de Sens, depuis S^-Savinien. Elle a 60 mètres de hauteur et 75 avec le companile gréco-romain qui fut bâti en 1535 par Godinet et qui surmonle l'un de ses angles. Dix statues, sculptées par Maindron, furent placéesen 1845 dans la galerie supérieure; elles ont chacune près de, quatre mètres de haut, Les cinq statues qui sont au Midi de la tour sont celles de : S^-Savinien (mort en 73). S^-Potentien (mort en 74), S'-Anastase (mort en 977), Atalde le vénérable et Sevin^ (mort en 999). Les cinq autres statues que l'on voit de la place de la Place de la République, sont celles de : Henri Sanglier (mort en; 1143), Guillaume de Champagne (mort en 1176), Guy de Noyers (mort en 1193J. Gauthier Cornut (mort en 1241) et Guillaume de Broce (mort en 1267). Celte tour du Sud a deux cents trois marches du pied jusqu'à l'étage des cloches, et cent trois marches de^ l'étage des cloches au sommet du Companile ; les deux cloches qui restent depuis la Révolution sont la Savinienne qui pèse 15.500i kilos, et la potentienne qui est de 13.800 kilos; ces deux cloches ont été fondues à Sens, en 1560 par Gaspard Mongin-Viard.
Le grand portail qui se présente à la vue du spectateur, lorsquei celui-ci fait face à l'éditîce, sur la Place de la Répubhque, fut constiuit au XJP siècle et remanié au XVP. Ce grand portail fut, ainsi que les deux plus petits qui sont à sa gauche et à sa droite, dévasté et criblé de pierres lancées parles Marseillais à leur passage à-
Sens, en 1792 el 1793. Ces dévaslalear> détruisirent en quelques heures ce qui était construit depuis des siècles, et n'ont laissé à ]'(eil étonné, que des ruines. Ainsi que le disait M. Violet-le-Duc. aucun département ne s'obstina plus que le département de l'Yonne k détruire les œuvres du génie des ancêtres.
Au milieu de ce portail central se trouve la statue deS'-Elienne qui tient dans les mains le livre des saintes écritures ; les marseillais la respectèrent, parce qu'ils crurent dans leur ignorance que ce livre représentait les tables de la loi.
La largeur du giand portail est de 13 mètres et son élévation est de 14 mètres : chacune des deux grosses tours mesure 17 mètres de large à sa base, ce qui donne à l'édifice une largeur totale de 47 mètres. Les sujets, qui ornaient ce portail au nombre de 48 médaillons et qui ont à peu près disparu aujourd'hui, étaient les mois de l'année et les arts libéraux. On y voyait aussi les vierges sages tenant leur lampes, et les vierges folles ayant leurs lampes renversées.
Au-dessus de ce portail se trouve une très grande fenêtre ogivale qui formait jadis une magnifique verrière peinte en 1579, par Jean Grillot. Cette verrière fut brisée en 1638, par le tir de pièces d'artillei ie, lors des fêtes célébrées à l'occasion de la naissance de Louis XIV. Elle fut remplacée en 1890, par des verres sans valeur, aux armes du cardinal Bernadou, 115® archevêque de Sens.
Au-dessus de cette fenêtre ogivale, on aperçoit un groupe représentant le christ bénissant, ayant à ses côtés deux anges, en adoration; ce groupe fut exécuté par Maindron en 1845. Il remplace un autre groupe du même genre, mais beaucoup plus grand, et laisse au-dessous de lui un étage au milieu duquel apparaît une immense horloge. Enfin une croix surmonte l'édifice du milieu.
Les portails latéraux, plus petits que celui du milieu étaient ornés, avant le passage des bataillons marseillais, de statuettes d'une exquise finesse, représentant des personnages de l'ancien testament. Ces statuettes, dit M. Victor Petit, sont délicieuses et d'un fin précieux, leur incroyable délicatesse donne à l'ornementation de ces portails, une rare perfection d'exécution qui nulle part D'à été surpassée.
Dans une arcature située à droite du peiit portail de la tour de pierres, se trouvait jadis la statue équestre de Philippe VI dç
Valois. Elle fut placée en cet endroit par Guillaume de Bioce, 83* archevêque de Sens, en souvenir de l'attitude bienveillante (jue prit le roi. dans le piucès relatif aux droits du clergé, contre Pierre de Ciignières : celle statue fut également brisée par les marseillais en
Transept extérieur
La façade Sud du transept fut construite de 1490 à loOl par Martin Chambiges : elle a 19 mètres de large sur 41 mètres de haut ; ce portail s'appelle portail de Moïse.
La façade Nord du transept fut consiiuite par le même architecte de 1501 à 1504 : elle a 19 mètres de large sur 42 mètres de haut. Ce porlail se nomme le portail d'Abraham.
Les niches du portail extérieur Sud étaient décorées de 8 statues de grandeur naturelle et qui étaient dues au ciseau d'un homme jusqu'à ce jour reslé ignoré, appelé Pierre Gramain. statuaire à Auxerre 1491); ces statues furent brisées en 1792. Audessus du portail de celte façade apparaît la statue de Moïse avec les cornes lumineuses ; au sommet on aperçoit la statue de la vierge Marie.
Quant au porlail d'Abraham, on doit renoncer à faire la description des innombrables sculptures qui couvrent ce magnifique ouvrage. Des centaines de statuettes délicieuses et d'un fini achevé rempUssaient avant 1792 les niches déUcatement ciselées des grandes voussures.
En haut de ce portail intérieur, s'élève la statue d'Abraham, qui date de 1877, la précédente statue ayant été renversée par une tempête le 11 novembre 1875.
M. Roblot-Lefort, Inspecteur des travaux de restauration, de la cathédrale de Sens, s'exprime d'ailleurs ainsi qu'il suit, relativement au transept :
« Les façades extérieures du transept, ainsi que les baies et les a voûtes, accusent franchement la date de leur construction c( et de leur achèvement, c'est-à-dire de 1495 à 1513. Si, en « général, les édifices de ce temps présentent des lignes grêles, (( fuyantes, angulaires trop recherchées, si l'œuvre du tailleur de u pierres l'emporte souvent sur celle de l'architecte, il faut recon-
(( naître une exception en faveur de l'(euvre du transept; sa cons-
(( truction nouvelle est rattachée à l'ancienne avec un art infini
u l'ornementation répond à la construction, les rosaces, les ver- « rières, les portails comptant parmi les plus beaux spécimens de u l'art de la (in du XV'" et du commencemsnt du XVP siècle.
Du haut de la calhédrale se présente aux yeux du spectateur, une étendue de terrain considérable, on découvre de là un panorama grandiose ; d'un côté c'est l'abbaye de St«-Colombe, d'un autre c'est S^-Pretgs; ici c'est la rivière de l'Yonne qui étend ses flots sur une longueur qui se perd à l'infini, Kà c'est toute la ville de Sens que l'on a à ses pieds, y compris les halles, l'Hôtel de ville et la ceinture d'arbres qui l'entoure.
mTÉRIEUR W LA CATHÉDRALE DE SENS
Afin de bien comprendre l'explicalion des différents vitraux, ainsi que celle de l'intérieur de la Cathédrale de Sens et de se rendre un compte exact et fidèle de remplacement des verrières et des autels divers qu'elle contient, il est bon de se conformer strictement au mode suivant qui consiste à choisir un point de départ et à revenir ensuite à ce même point, après avoir fait le tour de cette magnifique basilique.
Entrons donc d'abord par la grande porte d'entrée de la façade du bâtiment du côté de la place de la République. Nous embrassons alors d'un seul coup d'œil l'immense vaisseau qui compte 1H m. 60 de longueur intérieure. 12 m. 75 de largeur, 8 m. delargeurdu côté latéral, 44 m. de largeur de transept et 24 m. 40 de hauteur, avec trente-deux piliers intérieurs formant la nef intérieure et un même nombre de piliers formant le pourtour des deux travées de droite et de gauche, en tout 64 piliers.
Ce qui frappe tout d'abord le visiteur, c'est le style aussi parfait que possible du roman, de l'ogival et du flamboyant. Admirons nous-mêmes un instant dans son ensemble la beauté de cet édifice et tournons à droite pour prendre la travée de droite de l'église qui, après avoir été écrasée par la chute de la grosse tour en 1267, fut reconstruite à la fin du XIIP siècle, par Pierre de Charny 76« archevêque de Sens.
A l'entrée de cette travée latérale se trouve un grand tableau représentant la résurrection du fils de la veuve de Jaïre. Un peu plus loin apparaît une vaste fenêtre située au midi. Celte verrière qui est l'œuvre de Jean Cousin, représente la légende de Saint- Eutrope, premier évêque de Saintes. Elle se découpe en deux belles ogives surmontées de trois roses. Dans celle qui est supérieure, on aperçoit le Sauveur du monde,, entouré des quatre évangélistes
Saint-Malhieii, Sainl-Liic, Sainl-Marc, Sainl-Jean) accompagnés des animaux, symboliques. Dans les deux autres se trouve l'ai'change Gabriel, annonçant à Marie qu'elle serait la mère de Dieu.
Les huit autres tableaux concernant la légende de Saint-Eutrope sont les suivants :
i" A gauche, le jeune Eutrope, fils d'un roi de Perse, ayant entendu parler d'Hérode. roi de Judée, résolut d'aller lui rendre visite à sa cour; son père lui fait des recommandations pour son voyage ;
2'* Le jeune prince à cheval se rend près d'Hérode ;
3'* Arrivé en Judée, Eutrope entend parler du grand prophète qui électrisait par sa parole les foules as:jemblées pcuir l'entendre, il s'étonne de sa doctrine et de ses miracles ; il assiste îx la mulliplication des pains dans le désert ;
40 II est converti et il suit le Christ à Jérusalem ;
50 Eutrope vient évangéliser dans les Gaules :
6» Il revient à Rome où il est sacré évoque ;
7<* Il retourne au milieu de son troupeau et annonce l'Evangile;
8« Il est environné de bourreaux qui se précipitent sur lui ; il meurt en martyr.
Cette œuvre esl une des plus considérables de Jean Cousin. En poursuivant son chemin dans cette travée qui compte huit piliers à gauche, dont trois doubles colonnes et 8 à droite jus(|u'au ti'ansept, on voit à gauche la grande chaire, à double volute, élevée en 1872, sous le cardinal Bernadou, 115*^ archevêque de Sens et adossée au 5« pilier. Aux quatre angles de cette chaire sont figurés les quatre évangélistes, et au milieu un bas relief représentant l'Agneau Rédempteur; sur le dossier se trouvent des crosses dorées; l'abat-voix est décoré de tourelles et de créneaux et au sommet un ange sonne de la trompette, comme pour attirer l'attention des auditeurs.
Sur la droite, au midi, apparaissent et font assez piteuse mine au milieu de la splendeur du reste de la cathédrale, quatre chapelles dédiées l'une à Sainte-Anne, l'autre à Saint-Eutrope, la 3« à Sainte-Marguerite et la 4« à Saint-Jacob le mineur, qui ont été reconstruites d'après des plans trop modernes. Ces chapelles ser-
vent aujourd'hui de confessionnaux au clergé. Les ogives au nombre de trois par chapelle (soil douze ogives en touO, soutiennent audessus d'elles quatre fenêtres, dépourvues de tous vitraux anciens, au moyen d'une épaisse maçonnerie ou soubassement trop visible, qui semble destiné plutôt à supporter un poids considérable. Ce travail semble être en contradiction avec le style superbe de la cathédrale.
Nous arrivons enfin aux deux transepts de l'Eglise métropolitaine qui ont été construits de 1490 à 1504 et dont les voûtes atteignaient une hauteur de 27 mètres. En face ce sont les deux gi-illes qui ferment l'une la chapelle de la Vierge, l'autre laisse passage à la travée allant vers le chœur et par laquelle nous allons passer tout à l'heure.
Lii le visiteur reste stupéfait et ne peut s'empêcher d'admirer la somptuosité de l'Edifice qui se présente dans toute sa splendeur, En faisant face à la porte d'entrée du côté du raidi, dite porte de Moïse, il aperçoit en haut à gauche, deux immenses fenêtres, puis en face la rosace du Sud, puis enfin deux autres grandes verrières à sa droite ; voici leur description :
1» Première fenêtre de gauche.
Cette première verrière représente l'arbre de Jessé où se trouvent plusieurs prophètes : David avec la sibylle, le devin Balaam, la toison de Gédéon, le buisson Ardent, le prophète Xaïm, Abi^aham, Melchisedec, et un certain nombre d'autres prophètes.
Cette veirière d'un caractère très beau fut donnée par Messire Louis La Hure, archidiacre de Provins et coûta 120 livres.
2° Une autre fenêtre de même taille, toujours à gauche, rappelle l'histoire de S'-Nicolas :
La naissance d'un jeune enfant ;
Trait de S'-Nicolas, dotant, par charité, trois jeunes filles abandonnées par leur père ;
S^-Nicolas nommé évêque de Myre ;
Sacre de S^-Nicolas ;
Miracle de S*-Nicolas en faveur des mariniers ;
S'-Xicolas étendant le bras pour arrêter un bourreau ;
La mort de Sl-Xicolas.
Rosace du Sud
Celle rosace qui a été donnée par Trislan de Salazar,94« archevè(|iie de Sens ("de 1474 à 1519), représente Jésus-Christ, fils de Dieu, jugeant les vivants et les morts ; il est entouré des anges, de la Sainte-Vierge et des apôtres. D'un côté se trouvent les justes qui sortent de leur tombeaux, de l'autre les réprouvés recouverts de poussière, et frappés de crainte et d'horreur.
Au bas, se trouve l'enfer. Cette rosace est un splendide morceau qui ne vaut cependant pas la losace du Nord que nous décrirons en passant devant elle, et qui lui fait face.
Les soubassements de cette rosace du Sud ont trait à la vie de S*-Etienne, savoir :
1^ Election de S^-Etienne et des autres diacres ;
2<^ L'Imposition des mains ;
3*^ S'-Etienne prêche la parole de Dieu ;
4» S'-Elienne est accusé de blasphème ;
50 Condamnation de S^-Elienne ;
6" S'-Elienne est enchaîné et conduit au supplice ;
70 S'-Elienne est lapidé par les Juifs ;
80 Saul est assis près d'un panier rempli de pierres et les lui jette ;
90 Mort de S^-Etienne ;
IO0 Sépulture de S^-Etienne.
En outre, le visiteur voit en haut à sa droite, toujours faisant face à la même porte de Moïse, deux autres immenses fenêtres qui représentent, comme les deux décrites plus haut, 708 pieds carrés ou 236 mètres.
f ^^ Verrière
Continuation de l'histoire de S^-Etienne et translation de ce saint.
1» Lucien, dans une vision de nuit, considère au pied de son lit Gamaliel vêtu d'un manteau resplendissant de blancheur et semé de croix d'or ; il tient en sa main une baguette d'or dont il le touche et lui montre trois vases d'or et un d'argent, remplis, l'un de Heurs rouges, les deux autres de fleurs blanches, et le quatrième de safran. « Ces Vases, dit-il, sont nos tombeaux et ces fleurs nos
reliques. Les fleurs rouges désignent: «Etienne»; Les fleurs blanches: « Nicodème et moi. » Le Safran : « Mon fils Abibas » qui a quitté ce monde avec la pureté virginale ;
2^ Le prêtre Lucien se décide à communiquer ses visions, en présence de Jean, paiiiarclie de Jérusalem et des personnages de sa suite ;
S^ On procède à la recherche de saintes reliques ; Lucien donne des indications et le patriarche assiste à l'invention du corps ;
40 On transporte le corps de S'-Etienne dans l'église bâtie à l'endroit même où il avait prêché l'évangile aux Juifs.
50 Alexandre, riche sénateur de Constaiitinople demande à être enterré près de S'-Etienne ;
60 Sépulture du sénateur Alexandre ;
70 Julienne, femme d'Alexandre, voulant retourner à Constantinople, se présente au Patriarche pour obtenir d'emporter le corps de son époux ;
80 Julienne indique lequel des cercueils est celui de son mari.
2® Verrière
1° Translation de S'-Etienne. Les Marins invoquant S'-Etienne et déclarant que Julienne, femme d'Alexandre, s'est trompée de cercueil ;
2° Eudoxie, fille de l'Empereur Théodore, demande que les saintes reliques soient transportées à Rome ;
S"" On veut en vain faire entrer le corps de S^-Etienne dans l'église de S^-Pierre-es-liens ; mais Eudoxie qui avait suivi les reliques du martyr, déclare que c'est à la basilique de S^-Laurent que doit-être fait ce précieux dépôt ;
40 Réception des reliques à S^-Laurent;
50 Plusieurs personnages sont punis pour avoir voulu se saisir des reliques de l'église de S'-Laurent ;
60 Enfin Eudoxie obtient sa déUvrance ;
7« Une pauvre mère obtient la guérison de son enfant;
8" Un possédé est guéri, en présence d'un grand nombre de personnes.
Continuons ensuite notre route, toujours dans la même travée de droite de l'édifice, nous voyons à droite;
l'^ L'élégante chapelle de la vierge qui occupe l'emplacement d'un ancien autel élevé dit-on par S'-Savinien; c'est actuellement un petit chef-d'œuvre d'ornementation ogivale, qui fut consacré par Monseigneur Ardin, 116'^ Archevêque de Sens, le 1*-^'" février 4901. La statue de la vierge placée sur l'Autel, avait été donnée au XIV« siècle, par le chanoine Manuel de Jaulnes, et est très remarquable. Sur la droite de cette chapelle se trouve en outre une autre statue de la Vierge de M. Jean-Fr.-Lorta sculptée en 1782.
Là on voit également deux plaques commémoratives, l'une à la mémoire du cardinal d'Albert de Luynes, 110® archevêque de Sens, dont le corps fut jeté en 1791 dans la fausse commune, élevée par M. de Cosnac en 1831, et l'autre à la mémoire d'un sénonais, M. de Formanoir, homme de bien, mort le 10 mars 1820.
2» Après cette chapelle, se présente celle de S^-Martial où se trouve le monument du Cardinal Monseigneur Bernadou, 115* archevêque de Sens, élevé par les fidèles en 1898 ; le sarcophage en marbre blanc est de grandes proportions. Le cardinal est à genoux, les mains jointes, revêtu de la Cappa débordante sur le sarcophage. C'est un splendide marbre très finement exécuté. Cette chapelle fut dédiée à S^-Martial, apôtre de Limoges et fut érigée par le pape Clément VI, 82^ archevêque de Sens sous le nom de Pierre Roger, en 1346. Il existe dans cette chapelle, un rétable très remarquable donné par les chanoines Nicolas Richer et Nicolas Fritard et exécuté en 1531 : il a 2 mètres 50 de large sur 2 mètre«^ de haut et représente les dix principales scènes de la passion ; le crucifiement est figuré dans la partie centrale plus élevée que les autres. Ce basrelief ornait jadis la chapelle S'-Eutrope, et fut placé dans celle de S^ Martial en 1898. Les vitraux de cette chapelle représentent S'-Philippe, S^-Martial, S'« Marie et S'-Jacob.
30 Enfin la chapelle de S^-Apolline suit celle de S'-Martial. Elle a été construite à peu près à la même époque que cette dernière, c'est-à-dire en 1346, et n'ofîre rien de remarquable. Les vitraux représentent S^-Mames, S'"-Marie, S'-Apolline et St-Ursin. Un tableau peint par Bocquet en 1699 se trouve sur l'Autel.
Nous arrivons ensuite à la partie qui forme l'entrée de la sacristie et où se trouve l'escalier qui monte au trésor de la cathédrale ; nous trouvons là une des partîmes les plus charmantes de l'église, où l'ogive la plus pure est développée avec un soin remar-
qnable. Admirons ce petil coin avec attention, car il en est digne. Au-dessus se trouve une belle assomption de la S'^- Vierge peinte en 1741 par Restou.
En commençant à contourner le chœur, nous rencontrons à notre di-oile une chapelle qui est dédiée au Sacré-cœur de Jésus ; elle était autrefois consacrée à Xotre-Dame de Loretie et est enfermée par une belle grille en fer forgé. Il n'y a de remarquable dans cette chapelle qui est de restauration récente (^1844) qu'une très belle verrière de Jean Cousin, où figure la Sybille de Tibur faisant voir à l'Empereur Auguste la Vierge. méi-e du Messie. Deux boulets tirés par l'armée de 1814, endommagèrent ce vitrail qui fut réparé en 1888.
La chapelle suivante qui forme l'abside de la cathédrale est actuellement consacrée à Saint-Savinien. Construite en 1206, elle fat restaurée en 1895. Conti-e la fenêtre du milieu se trouve un groupe saisissant en marbre blanc représentant le martyr de Saint- Savinien. La draperie de derrière, en stuc, cache malheureusement une grande partie de la verrière du milieu. Ce groupe est l'œuvre de M. Hermand, sculpteur du XVIIP siècle.
Les verrières de cette chapelle sont au nombre de trois et sont du XlVe siècle.
Les autres fenêtres de droite et de gauche sont complètement privées de vitraux antiques: les trois verrières sont les suivantes .
10 f.a fenêtre de droite représente l'image de Saint-Pierre et Saul galopant sur le chemin de Damas où l'emporte sa rage contre les chrétiens; il est renversé de son cheval et devient l'apôtre le plus fidèle. Anamie lui ouvre les yeux ; Saul est baptisé, puis c'est la prédication de l'apôtre, le miracle qu'il opère en guérissant le boiteux de Lystre en Lycaonie. Saint-Paul échappe à la fureur des Juifs de Damas ; on voit ses disciples qui descendent le long des murs de la ville dans un panier. Il parait ensuite devant Néron ; enfin il est décapité.
2o La fenêtre du milieu représente le Christ en croix : au-dessus se trouvent le soleil et la lune. EHe et Moise, plus bas la Sainte- Vierge et l'apôtre Saint-Jean. Une partie de cette verrière échappe à la vue du visiteur, comme nous l'avons dit plus haut, pour le groupe de Saint-Savinien.
3o l.a fenôlre de gauche représente Saint-Paul avec le glaive du martyre ; le Sauveur ressuscite la fille de Jaïre ; Saint-Jean est plongé dans l'eau bouillante parordrede Domilien. un peu plus loin le Seigneur apaise la tempête sur le lac de Génézareht, et enseigne le peuple.
Toutefois quelques scènes de ces verrières paraissent avoir été posées par des verriers qui ont compromis l'œuvre et sa signification peu précise.
Une autre chapelle faisant suite à celle décrite plus haut, se présente, toujours à droite à la vue du visiteur. C'est celle de Sainle-Colombe reconstruite en 1846. Cette chapelle n'a rien de particulier, si ce n'est toutefois les dépôts qu'elle possède.
Le splendide Mausolée, en marbre blanc, que possède actuellement cette chapelle, était autrefois au milieu du chœur, au-dessus des restes du Dauphin Louis, fils de Loiiis XV, né le 4 Septembre 1729, mort à Fontainebleau le 20 Décembre 1765, à l'âge de 36 ans et de sa seconde femme Marie-Josèphe de Saxe, décédi'e le 13 Mars 1767. Ce prince exprima le désir d'être enterré dans le diocèse où il mourrait et fut inhumé à Sens, chef-lieu de ce diocèse. La Dauphine commanda le monument dont il s'agit à Félix Coustou, il fut terminé en 1777. Le Dauphin Louis était le père de Louis XVI, de Louis XVIII et de Charles X; il ne fui jamais roi de France et était cependant digne de l'être. Dès son plus bas âge, alors qu'il n'était âgé que de 16 ans, il accompagna son père, Louis XV, à la célèbre bataille de Fontenay et voyant que les Français, cependant victorieux, allaient Méchir, il voulut chaigei* conli'e les Anglais, à la tête des gardes du roi. Son père fort heureusement l'en empêcha à cause de sa jeunesse.
La description de ce monument est la suivante :
« Au milieu du monument sont deux urnes funéraires ; aux angles, quatre grandes statues. La religion tient une croix d'une main et de l'autre présente une couronne vers les urnes. L'Immortalité tient le cercle qui figure la durée sans fin ; à ses pieds un petit génie des sciences mesure une sphère. Derrièie les urnes, te Temps vieillard lobuste, armé d'une faulx a déjà recouvert l'uine du Dau-
phin et va couvrir bientôt celle de la Daupbine. Auprès de lui, l'Amour conjugal paraît pleurer les deux époux, et à ses pieds, un génie, l'Hymen, lui montre tristement sa guirlande brisée. » ^^>
Dans la même chapelle à gauche, en y entrant, se trouve le tombeau du cardinal Antoine Duprat, 96« archevêque de Sens (1525- 1535), qui était autrefois placé prés du maitre-autel et était le mausolée le plus beau des archevêques de Sens. Les quatre statues des vertus cardinales en ornaient les quatre angles. Au milieu était un soubassement décoré de bas-reliefs et ai*-dessus quatre colonnes en marljre noir portaient un entablement sur lequel était la statue agenouillée du cardinal. Il ne reste plus de ce tombeau que les quatre bas-reliefs du soubassement ; ils représentaient deux entrées solennelles de Duprat, l'une à Paris, comme légat, l'autre à Sens, comme archevêque, la troisième, une séance de la chancellerie, et la quatrième une séance de la session du concile tenu en 1528.
Deux autres statues des prélats Jacques et Jean Dav\ du Perron, le 1^^ cardinal, 102*^ archevêque de Sens, le -2°, I03« archevêque de Sens, qui se trouvaient toutes les deux également à l'entrée du chœur, sont dans cette chapelle de Sainte-Colombe:
Ces deux statues, en marbre blanc furent exécutées en 1636.
Dans cette même chapelle se trouve une statue très belle de la fuite en Egypte par Mme Léon Berleaux.
Les verrières de cette chapelle, au nombre de cinq, sont les suivantes :
10 Un grand Christ en croix, avec une Sainte-Madeleine comprenant toute la fenêtre du milieu, du côté gauche ;
2o Un saint entouré de 2 anges :
3» Un Christ en croix, avec Sainte-Marie et Saint- Jean; et du côté droit :
4° Un Saint entouré de 2 anges portant des cierges ;
50 Un autre Saint entouré de 2 anges.
Après avoir contourné complètement le chœur, on trouve deux magnifiques verrières qui figurent l'une, la parabole du Samaritain, l'autre celle de l'enfant prodigue.
('.) Cette description est de M. le Charioine Mérnain, dans scn livre intitulé " S'^ns — Histoire et description. "
f re Verrière. — Parabole du Samaritain.
Contraireinenl aux autres verrières, il faut d'ahord la considérer par le sommet. En haut, on aperçoit la ville de Jérusalem. Ce fat de cette cité que partit, pour se rendre à Jéiicho, l'homme dont on parle dans le parabole et qui se trouve dan's le médaillon suivant :