Scène de confirmation
10° Les meurtriers entrent dans le temple ;
il» Scène du martyr, à droite du spectateur;
130 La sépulture du Saint-Pontif, à gauche du spectateur ;
13° Jésus-Christ accepte le sacrifice du généreux martyr.
Ensuite un très beau tableau du martyre de St-Thomas peint par M. Camille Bouchet en 1846, so présente à la vue du visiteur.
Vers la fin de 1897, on a placé dans la calhédrile de Sens, au
dessous de cette verrière, une effigie sculptée en pierre de Saint- Thomas de Conlorbéry, providentiellement retrouvée au mois de mai de la même année dans la muraille d'une maison située Place Thénard. Cette sculpture a été otïerle à l'archevêque par M. Deligaud fils, avocat à Paris, propriétaire de la dite. maison où selon les IradilioTis sénonaises, Tarchevêque de Contorbery a habité pendant son exil en France (semaine j-eligieuse du 12 juin 1897, N» 24).
En poursuivant, à gauche, le tour de la cathédrale, et avant d'arriver au transept Nord, on trouve la chapelle de Saint-Jean- Bapiisle, ce saint est représenté dans la veri-iéie du fond. Le soubassement de cette chapelle porte neuf arcatures à plein ceintre soutenues par des colonnettes trapues et des chapitpaux d'une incomparable sculptuie : c'est la première manifestation de l'art du XIP siècle. L'abside de cette chapelle est la partie la plus ancienne de l'édifice ; les chapiteaux qui supportent les arcatures romanes sont ornées d animaux fantastiques (jiii prouvent l'antiquité de cette œuvre; c'est une des plus anciennes chapelles de la cathédrale. Deux statues, l'une de Notre-Dame de Lourdes, l'autre de Saint-Antoine de Padoue, ornent celle chapelle.
En se plaçant ensuite en face de la rosace, située au Nord, du côté de la porte d'Abraham, et en face de la porte d'entrée, on aperçoit :
1o A gauche, une immense fenêtre où se trouve huit personnages : en haut Saint-Savinien et Saint-Potentien, puis entre les deux, Saint-Etienne, patron de la cathédrale et Saint-Laurent, tous les quatre martyres ; en bas Sainte-Colombe, Sainte Béate et Sainte-Madeleine ;
2° A droite, une autre fenêtre de même dimension, représente les portraits des 16 évêques dont les noms suivent : Saint-Savinien, Saint-Potentien, Saint-Se vérin, Saint-Urcisin, Saint-Théodore, Saint-Ambroise. Saint- Agrice, Saint-Paul, Saint-Léon, Saint-Arthème, Saint-Loup, Saint-Emmon, Saint-Amé, Saint-Sulfran, Saint-Géric, Saint-Elbon, tous ces saints sont les successeui's sur le trône de l'archevêché de Sens, de Saint-Savinien.
Les deux verrières suivantes sont très remarquables.
I " Deuxième fenêtre à g-auehe
La deuxième fenêtre h gauche est l'histoire d'Abraham : 1^^ Tableau — Abraham l'eçoit l'ordre suivant de Dieu : « Sors
de la terre de ta parenté et de la maison de ton
père et viens en la terre que je te montrerai; 2^ Tableau. — Abraham apprend que son fds Lolh est fait prison-
niei- par quatre rois qui l'ont atlacjué ; 3^ — Abraham délivre Loth ;
4« — Suite du combat ;
5^ — Melchisedec, roi de Salem, vient à la rencontre
d'Abraham, le bénit et lui otîre des présents ; 6« — Un ange montre le ciel à Abraham et il lui dit :
c( compte les étoiles, si tu peux, telle sera la
multitudes de tes descendants ; 7^ et 8« Suite des combats pour délivrei- Lolh ;
9« — Sara se plaint à Abraham en présence d'Agar, de
ce que Ismaël persécute constamment Isaac, son
fils , 10^ — Abraham reçoit l'ordre de Dieu d'immoler son fils
Lsaac ; il se rend avec lui sur la montagne où
doit avoir lieu le sacrifice, Lsaac lui demande où
est la victime ; W^ — Immolation dlsaac ; un ange aîrêle le bras
d'Abraham, et un bélier parait aussitôt, emba-
rassé au milieu d'un buisson d'épines qui se
trouve près de la pierre où devait avoir lieu le
sacrilice ; 12^ — Mariage d'Isaac. Abraham bénit l'Union :
13^ et 14* Naissance d'Esaù et de Jacob ;
]5*î — Esaù vend à Jacob son droit d'ainesse, pour un
plat de lentilles qu'il lui donne ; i6« — Jacob pour obtenir la bénédiction d'Isaac lui
présente le ragoût de chevreau préparé par sa
mère, pendant qu'Esaù est à la l'hnsse ;
2o. Deuxième fenêtre à droite
La deuxième fenêtre à droite compoile la continuation de l'histoire de Jacob.
l^"" Tableau. — Fuyant la colère d'Esaii. Jacob se rend cbez Laban ;
Pendant qu'il dort, ce derniei- voit une écbelle
mystérieuse sur laquelle des anges montent et
descendent, allant de la terre au ciel, et à l'extré-
milé de laquelle Dieu s'appuie ; 2* — Jacob demande à son oncle Laban la main de sa
tille, en récompense de ses services :
3e — Dieu ayant béni ses travaux, les richesses de Jacob
lui attirent Tenvie des autres fils de Laban : il
s'enfuit furtivement avec ses enfants, ses serviteurs et ses troupeaux ; 4«^ — Jacob, pour apaiser snn frère Esaii, lui envoie des
serviteurs avec des présents. 11 reçoit le nom
dlsmaël ; 0^ — Commencement de l'histoire de Joseph, ses frères
le retirent de la citerne; 6*^ — Un des enfants de Jacob reçoit d'un Ismaélite la
somme d'argent, comme prix, auquel ils ont
vendu leur frère Joseph ; 7« — Joseph est vendu de nouveau à Putiphar. ministre
du roi d'Egypte ; 8^ — Joseph s'enfuit, laissant son manteau eniie les
mains de la femme de Putiphar qui le calomnie
auprès de son mari :
9c — Joseph est mis en prison :
10« — Joseph dans son cachot explique aux serviteurs de
Pharaon, roi d'Egypte, le songe qu'il avait eu
pendant la nuit ; Me — Pharaon est endormi, et l'on voit devant lui sept
épis des plus gros, et de l'autre une vache d'une
maigreur extrême ; 12^ — Joseph, mis en présence de Pharaon, lui explique le
sens des songes qui l'ont troublé ; 13^^ — Les frères de Josepi^i viennent lui achetei' du blé,
sans le reconnaitre : Joseph met la main sur
l'épaule de Benjamin qu'il veut retenir. Siméon
se livre au désespoir.
U et lo** Banquet donné par Jospph à ses frères avant de se
faii'e connaître ; lô'^ — Joseph présente son père à Pharaon.
Rosace du IVord
(Porte dite d'Abraham, en face la porte d'entrée)
En regardant cette admirable rosace qui se présente en face de nous dan^ !e transept Nord, nos yeux sont en extase devant hi splendeur de cette verrière. L'image du sauveur du monde est environnée de rayons lumineux et éblouissants. Les vitraux en furent exécutés par Jehan Hympe et par son fils, verrier à Sens. Cette rosace repi'ésenle l'incarnation du verbe, la fondation et le triomphe de l'Eglise. La description des cinq soubassements que supporte ce beau travail est le suivant :
lo L'Archange Gabriel montre au prophète Daniel le paradis :
2« Le même archange prédit à Zacharie la naissance de Saint- Jean-Baptiste ;
3^ Il annonce à Marie qu'elle sera la mère de Dieu ;
40 II annonce également à Daniel que l'a i-eligion juive sera remplacée par la religion du Christ ;
5° Victoire de T Archange St-Michel sur l'esprit du mal (1).
Cette verrière a été donnée par Gabriel Gouflier, doyen du chapitre de Sens. Gouffier est lui-même représenté, au bas, à côté de l'An.k'e Gabriel, il est vêtu de l'aumuse, du surplis et de la lobe rouge, costume îles chanoines de Sens, à celle èpoipie.
En quittant le transept enchanteur, n-jus laissons à gauche la slalue de Jeanne d'Arc exécutée par M. Vigoureux et inaugurée le *2 octobre 1910.
Nous allons continuer noire pèlerinage autour de la caihédrale; nous passerons rapidement devant les chapelles du côté Nord, refaites d'après les plans de M. Violet-le-Duc. Ces chapelles d'un assez mauvais goût sont celles de Saint-Sulpice, Saint-Albin, Saint- Loup et de Saint-Fiacre, même mauvais slyle dont nous avons fait mention en longeant la première travée en face. En avançant dans celle travée, se trouve, à gauche, un rétable en pierres sculptées avec une remarquable finesse. Ce rétable faisait autrefois partie
(1; Semaine religieuse de Sens du h Avril 1899, n* 14. (Abbé Uharlraire).
d'un tombeaa élevé par Trislan de Salazar, 94*^ Archevêque de Sens, et qui fui délruii par les révolutionnaires de \1M\. Les statuettes de cp monument ont été brisées ; celles qui y figurent actuellement ont été rapportées plus tard.
Un tableau, faisant pendant à celui de la résurrection de Jaïre dont nous avons parlé au commencement de cet article, représente les anges adorant le Christ.
Il est bon de remarquer aussi à cini) ou six mètres environ du sol, u Jean du Cognot », autrement dit de Pierre duCugnières, mis en cet endroit pai- dérision, depuis 1329, époque à laquelle il perdit son procès contre les Archevêques de Sens.
Après avoir admiré dans le bas de l'Eglise les énormes piliers qui soutiennent les tours, il ne reste plus, en passant i^ous les orgues, qu'à remonter l'édifice par le milieu jusqu'au transept et jusqu'à la dalle en marbre blanc, située à terre, sur laquelle sont inscrits les mots suivants :
« LOUIS- NICOLAS-VICTOR de FÉLIX
COMTE DE ÎIUY. MARFCHAL DE FRANCE CHEVALIER DE l'oRDRE DU ROI MINISTRE ET SECr' TAIRE d'etAT
AU DÉPARTEMENT DE LA GUERRE, MEiNIN DE LOUIS, DAUPHIN, FILS DE LOUIS XV DÉCÈDE LE X OCTOBRE MDCCLXXV )).
(( Hue usque luctus meus »
Ce fut là où fut inhumé le corps du maréchal comte de Muy. Ce maréchal qui aimait beaucoup le Dauphin, avait exprimé le désir d'être inhumé aux pieds de son maître ; son désir fut accompli. Les corps du Dauphin et de la Dauphine sa femme, avaient été en effet, ainsi que nous l'avons dit, inhumés dans le chœur même de la cathédrale, et c'était au-dessus de leurs restes que se trouvait jadis le magnifique monument que nous avons admiré précédemment dans la chapelle de Sainte-Colombe, exposé en cet endroit, on ne sait trop pourquoi.
Voici à se sujet ce qui eut lieu en 1791 : les corps du Dauphin et de la Dauphine, ainsi que cekii du Maréchal du Muy, furent enlevés delà cathédrale, et jetés tous les trois parles révolutionnaires de l'époque dans la fosse commune du cimetière de la ville qui se trouvait alors situé à la place actuelle du théâtre ; mais ceux du
Daupliin et delà Daupliine en fiiienl pins laid retirés, puis iransportésavec les honneurs qui leur élaient dus dans le cim'ur de la calhédrale; le corps seul du maréchal de Miiy ne lui pas folroiivé el a disparu. Irisle destinée humaine !
En face de nous et pour terminer cette longue promenade, on aperçoit l'autel principal de l'église sur lequel se trouve le splendide baldaquin, exécuté en 1742 par Servandoni, architecte: il est soutenu par quatre colonnes d'ordre coriniliien (jiii jure quelque peu avec le style généial de la cathédrale, mais qui n'en est pas moins très beau. Ce baldaquin avait servi de pourtour à la jireiniéie statue de Louis XIV. sur la place des victoires à Paris.
Le chœur de l'Eglise métropolitaine de Sens est très bien éclairé au moyen de 15 fenêties ogivales surmontées d'une rose; au dessous de chaque fenêtie se trouvent au nombre de deux, de>i petits portiques à ogives, appelés « Iriforium ». au nombre total de tienle. allant de droite à gauche, au dessus des colonnes du pourtour du chœur. Toutefois trois verrières seulement i»iésenlenl les sujets historiques suivants, savoir :
1° Fenêtre du milieu
1o Jésus trahi par Judas ;
2» Jésus reçoit un soufflet devant le tribunal de Caïphe:
30 Jésus est condamné à mort par Pilate:
40 La flagellation;
50 Jésus porte sa croix :
60 Jésus est crucifié.
Dans le trèfle de la rose, le christ tient le monde d'une main, et bénit de l'autre.
2^ Fenêtre, à droite
1° L'annonciation ; 2o La Nativité ; 3<* L'arrivée des Beigers ; 40 Les Mages devant Hérode ; 50 Les Mages en route pour Bethléem ; 60 L'adoration des Mages ; 70 La sainte famille part en exil ; 80 L'entrée en Egypte et le renversement des Idoles. Dans le trèfle, on voit le triomphe de la vierge :
3^ Fenêtre à gauche
lo Saint-Elienne enlre dans la ville :
2" Qii^il'^e auditeurs: l'un d'eux monlre au prédicateur les poings
fermés el grince les dents, deux autres s'entretiennent et le
quatrième paraît s'en aller ; 30 Un juge, portant une couronne su)* la tète, écoute les paroles
d'un accusateur:
4^ Saint-Etienne qui est condamné par le juge, paialt sortir de la
ville, accompagné d'un gai'de. pour êli'e lapidé ; 0^ Paul reroit ses vêlement>î, de la main d'un de ses bourreaux : 60 Saint-Elienne lapidé par un juif.
Dans la rose, l'àme de Saint-Etienne, sous la figure d'un petit corps humain esi porté au ciel par deux anges. Dans un angle de la fenêtre, on aperçoit deux autres anges poitant des palmes.
Ces vitraux qui paiaissent èli-e du XIIP siècle, semblent être à l'enfcince de l'art, et ne sont pas comparables aux autres verrières qui ornent la cathédrale de Sens.