‹ Histoire de la ville de SensChapitre 27 sur 37 · BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIES

des cent-seize Prélats ayant été Archevêques de Sens

depuis Saint- Savinien, premier Evêque de Sens

(43 ans après Jésus- Christ),

jusqu'à Monseigneur Pierre-Maximilien ARDIN

nommé d l'archevêché de Sens le 5 Avril IS92

Dans rette longue biographie des évêques et archevêques de Sens, nous nous sommes inspirés d'un livre ac'tueliement assez rare qui nousparu extrêment intéressant et d'une exactitude aussi parfaite que possible. Ce livre a été écrit par M. l'abbe Cornât, l'architecte de l'église de i'Immaculée-Conception. Toutefois nous avons suivi aussi très scrupuleusement les faitsde l'histoire de France, en les adaptant dans la mesure du possible à ceux relatifs à chaque prélat.

Saint-^avinien

Premier Evêque de Sens (65-73)

Ce fut en 65 de l'ère chrétienne, selon la tradition la plus vraisemblable et la plus autorisée, c'est-à-dire un an après l'incendie de Rome par Néron (64) et une année avant la mort de St-Pierre (66), que St-Savinien et St-Poteniien, apôtres sénonais, introduisirent la religion chrétienne à Sens. Ces deux saints, qui étaient au nombre des 72 disciples que Jésus-Christ avait choisis, en plus des i2 apôtres, s'attachèrent à St-Pierre après l'ascension, et le suivirent d'abord à Antioche (Syrie), puis à Rome d'où ils furent envoyés dans les Gaules pour y prêcher l'évangile. St-Savinien, que St-Pierre avait sacré evêque, partit de la cité romaine et étant arrivé prés de Sens, il s'arrêta près d'un bourg que Ton appelait alors " Le Vif où il convertit un grand nombre d'idolâtres, et dont i^ chansfea le temple en éghse pour y assembler les fidèles qu'il avait baptisés.

Après ce succès, il resta dans la ville de Sens, y prêcha également la foi chrélienne. et y bâtit trois chapelles, Tune en l'honneur de Notre-Dame, Taiilre sous l'invocation de St-Jean-Bapiiste et la 3« sous celle de St-Elienne, P'" martyre. Queliiue temps après, Sl-Savinien, a^ant appiis le martyre de Sl-Pierre, dédia hors la ville, au village '- Le Vif" une autre église qui recul le nom de Saint-Pierre-le-Vif.

D'après le témoignage du moine Clarius, inventeur de l'aposlolicilé<">, la mission de St-Savinien se réduit à ces quelques lignes : « Le bienheureux Pierre envova prêcher dans les contrées (( de l'Occident les apôtres Savinien, Polentien et Altin, désignés « par le Seigneur Jésus pour être du nombre des 72 disciples. Ils {{ vinrent à Sens et soumirent à la foi du Christ cette métroptde, « Si'mA que les villes de Chartres, Troyes et Orléans. Ils soutîrirenl (( 1p martyre, avec beaucoup d'autres chrétiens, la veille des calen- « des de Janvier. » Ce fut donc vers Tan 65, c'f^st-à-dire avant la mort de St-Pierre que St-Savinien se rendit à Sens et mourut en 73 de l'ère chrétienne. Ses compagnons furent St-Viclorin, St-Altin, St-Eodal et Sl-Sérotin qui subiient ce même sort.

Le O Sévère, suinommé Gallus, administrateiii' romain du territoire sénonais. envoya ses licteurs pour s'emparer de Savinien ; il le questionna et après ses réponses fières et élevées, ce dernier fut condamné à mourir à coups de hache.

Savinien venait de célébrer les saints mystères, lorsque les habitants de Sens, furieux des progrès du christianisme, se jetèrent sur lui et le mirent eux-mêmes à mort, ainsi que son hôt^, St-Victorin. Les siècles ont conservé avec la plus grande vénération dans la crypte de l'église de Saint-Pierre-le-Vif, les trois pierres qui furent arrosées du sang du martyr.

M. le baron Thénard, savant chimiste, auquel on a élevé une statue à Sens, en i861 près de l'Hôtel de Ville. re«;ut un jour une parcelle de ce sang, et déclara, après examen, sans savoir d'où elle provenait, que c'était bien le sang humain d'une personne qui avait dû exister dans les siècles passés. Après avoir eu connaissance d'où

Nous avons établi la nomenclature dns différents prélat? de la ville de Sens, ronforméraent a la liste de M. l'abbé Blondel, chanoine, en commençant par St-Savmien qui fut le premier évèqae en finissant par Monseigneur Ardin qui en fut le IIO*.

Mgr Antoine DUPRAT

m'^ys

r^Ar-

Mgb davy du perron

Mgr Joseph LANGUET

Mgr Jean de MONTPEZAT

venait ce sang, le baron Thénard attesta, par l'apposition de son sceau, sur l'autel même où se trouvent les trois pierres dont i] s'agit, que ce sang devait être celui de St-Savinien et manifesta ainsi l'authenticité du fait.

l.e corps de Sl-Savinien et ceux des autres martyrs furent inhumés dans l'église St-Sauveur, puis ils furent levés de terre et portés dans l'emplacement où fut bâtie l'église de St-Pierre-le-Vif, en 847, pnr Wénilon, 48- aichevèque de Sens. Mais, lorsque les Normands envahirent la ville en 887; il fallut les cacher à la fureur de ces barbares; ils furent de nouveau mis à jour, puis scellés dans des cercueils de plomb, sous Léoihoric, ei»^ archevêque de Sens. Les leliques de ces saints furent retirées en 1029 par les soins de la leine Constance, lille de Guillaume, comte de Provence et femme de Robert, fils de Hugues-Capet, roi de France, et furent déposés dans une riche châsse ornée d'or et de pierreries.

Saînt-Potentien

Deuxième Evèque de Sens (73-74)

St-Potentien, associé à St-Savinien dont il était le collaborateur lut, dit-on, condamné d'abord au supplice du fouet, puis à avoir les ongles arrachés. Il eut ensuite la tête tranchée et ne survécut que d'une année à Sl-Savinien. Il fut immolé le 31 Décembre 74, après Jésus-Christ. Sa fête est célébrée le 31 Décembre.

Léoatious. Saîiit-Sév^erio P% Audatus^

Héraelius I, Lunanus, SîinpHcîus, Polycarpe

^^aint-Sé vérin

3^ à 10^ Evêques de Sens de 74 à 356

Le livre (\e> actes relatifs à ces prélats fut détruit par les Normands et les Vandales. Leurs corps furent inhumés dans le cimetière situé entie l'église d(^ St-Saviuienet celle de St-Sérolin. Ils furent, de 74 ans jusqu'à :j56 après l'èie chrétienne, les huii êvêques sénonais qui succédèrent à St-Savinien et à Sl-Potentien. Ils n'ont guère laissé de traces de leur [tassage à Tépiscopat de la ville de Sens. Toutefois l'on sait que St-Séverin assista au concile de Cologne dans lequel l'hérésie de l'évèque Euphi-ale fui condamnée. Ce fut à cette époque, l'an 274, lors du second voyage dWurélien dans les Gaules que fut marl\ risée à Sens lillustre vieriiê de Ste Coloinbe.

Saint-Urcisien

On/ième Evêque de Sens (356-357)

L'histoire dit que St-Urcisien dont la fête est célébrée le 24 Juillet de chaque année, assista au conciliabule de Réziers où il défendit la foi catholique contre le> Ariens; qu'il fut relégué en Phrygie avec Sl-Hilaire, par ordie de l'empereur Constance el qu'apiès trois ans d'exil, il visita la terre sainte, rapporta des reliques de St-Mammès. Il mourut en 380 et son corps fut inhumé càSt-Pierrele-Vif.

Saînl-Tliéodore Douzième Evêque de Sens (3S0-390)

St-Théodore fut le contemporain de Sl-M;nlin de Tours qui mourut en 397 ; sa fête est célébrée le 13 Janviei- de chaque année.

Sindinus

Treizième Evêque (390-421)

Sindinus fut inhumé dans le monastère de Sl-(~iei-vais. C'est à peu près tout l'on sait de lui.

Saint-Ambroise

Quatorzième Evêque de Sens (421-455)

Ce fut sous l'épiscopat de St-Ambroise, dont la fête est célébrée le 3 Septembre de chaque année, que les villes de Sens, de Paris et dOrléans tombèrent au pouvoii' des Francs. A sa mort qui ai riva le 3 Seplembie 455, ses restes furent déposés à Saint-Gervais et transportés par Sainl-Anségine, 50^ archevêque de Sens, en 876. à Téglise Saint-Pierre-le Vif.

Saînt-Agrice

Quinzième Evêque de Sens (455-457)

Une lettre de Sidoine Appolinaire invita St-Agrice à se porter au secours de l'Aquitaine en 472; il eut un épiscopat qui dura 32 ans et mourut en 487. Il fut enterré à St-Gervais d'oii il fut transporté à St-Pierre-le-Vif en 876 par Anségine, 50« archevêque de Sens. Les fêtes de ce Saint sont célébrées les 7, 13 et 17 Juin de chaque année.

Saînt-Héracle II (488-520), Saint-Paul 520-o2o) Seizième et dix-septième Evèques de Sens Saint-Héracle et Sainl-Paiil étaient frères et se succédèrent l'an i l'iuilre sur le trône épiscopal de Sens. Le premier prit part avec ^l-Rémi. en 496. au l)aptème de Clovis à Reims. Ce fut à celle époque que Théodochilde bàlil l'abljaye de Sl-Pierre-le-Vif à l'extrémilé du faubourg Sainl-Savinien. La fondatrice y fut enterrée. Il mourut sous la cendre et le silice les 8 el 9 Juillet 520. Sa fêle est célébrée les 8 et 9 Juillet de cbaque année. Il laissa le siège épiscopal à son frère St-Paul. Ce dernier mourut en 525.

Saint-Léon Dix-buitième Evêque de Sens 526-541 Sous répiscopaf de Si-Léon, Childebert voulut distraire la ville de Melun du diocèse de Sens; mais St-Léon s'y opposa : aussi il encourut la disgrâce de ce roi. Il mourut le 22 Avril 541 et fut inluimé à Sl-Gervais. Ses reliques furent ensuite transportées à Samt-

Pierre-le ViL el sa fête fut célébrée le 21 Avril de cbaque année. Conj^titutus ^541 573), Saint Arthènie (579 609) Dix-neuvième el vingtième Evèques de Sens Il ne nous reste que peu de chose du premier de ces deux evèques. Quand à St-Artbème, il fut d'abord marié et eut une fille, qui s'appelait Eulosie : celte jeune fille se fit religieuse. St-Arlhème fuL grâce a sa piété, élevé à la dignité d'évèqu-e de Sens vers 579. Lorsque Frèdèironde, femme de Cbilpèric P^, el de condition obscure, lit assassiner, en plein jour de Pâques, Prétextai, archevêque de Rouen, St-Arlhème fut chargé, par le roi Gontran, lils de Clotaire l^' et roi de Boui'gogne, de demander à Clolaire II que les auteurs d'un aussi criminel attentat fussent punis comme ils le méritaient. Ce fut sous lépiscopat de St-Arlhème que se convertit Bon qui devint un grand saint. Ce prélat mourut en 609 et fut inhumé à Sl-Pierre-le-Vit. La fêle de ce Saint est célébrée le 28 Avril de

chaiiue année.

Saint-Loup

2P Evêque de Sens 610-623 Saint-Loup naquit des comtes Paladins, de la race de Bourgogne. Placé jeune encore sur le siège de Féglise métropoUtaine de Sens, a la mort du roi Thierry, il se déclara pour les droits de

Sigebert, fils de ce prince. Clolaire ayant réussi à s'emparer du trône de Bourgogne, envova Farulphe dans le pays sénonais pour soutenir ses intérêls. Ce ministre se plaignit que Sl-Loup ne lui avait pas envoyé de présents. Clotaire exila par suile Sl-Loup en Xeuslrie et le fit conduire par un officier au village d'Ausène en Vineu. Toutefois les sénonais mécontents de l'absence dt» leur évoque, se soulevèrent contre l'abbé de Sl-Remi qm eu était lauleur elle massacrèrent dans son église ; enfin ils envoyèrent Tarchidiacr-e Ragnésile auprès de l'abbé Vinebaui qui passait pour avoir beaucoup de crédit auprès du roi. Cet abbé fit connaître à <:iolair"e l'innocence de St-Loup ; le loi le rappela, se jeta à ses pieds pour lui demandeipardon et le renvoya dans son diocèse comblé de bienfaits. 8t-Loup mourut le l^"" Septembre 623 à Brienon. patrimoine de ses ancêtres. La fête de ce saint est célébrée le 4" Septembre de chaque amiée.

Medernis 22« Evêque de Sens (623-631)

Medernis établit un monastère de religieux dédié à Si-Svfnidiorien où il fut inhumé en 631 : c'est tout ce que l'on connail de lui.

Xildegaîre

23« Evêque de Sens (631-640)

Cet évêque n'a laissé aucune trace de son passage n répisropai de Sens. Il mourut vers 640.

Aurîpertiis (640-647), St-Gondebert (647 648\

Arnoul (648-650), Armentarîus (650-659)

24% 25% 26« 27« Evêques de Sens

Le premier de ces évêques vécut du temps de Clovis II : ou ne sait absolument rien de ces évêques qui ne restèrent que très peu de temps sur le siège épiscopal de Sens. La fête de St-Goudebert est célébrée le 21 Février de chaque année.

Si-Emuion

28« Evêque de Sens (659-670)

En 658 St-Emmon concéda divers privilèges aux abba.\os de Sl-Pierre et de Ste-Colombe; il donna la plus large hospitalité à Adrien qui fut envoyé de Rome en An^^lelerre pour accompagner St-Théodore nommé archevêque de Conlorbéry. Ce fut de son temps

que se tint à Sens le 111^ concile , 30 évêques s'y trouvèrent réunis. St-Eloi falji'iqua et donna une ctiàsse ciselée de ses mains pour renfermer les restes de Ste-Colombe. St-Emmon mourut en 670. Sa fête est célébiée le 2(3 Avril de cliaque année.

St-Amé(^670-675\ Landebertus (675-690) 29* et 30^ Evèques de Sens

Le premier de ces évêques fut conservé sous le martyrologe romain; c'est à peu près tout ce que l'on sait de lui, ainsi que de son successeur Landebertus. La fête de St-Amé est célébrée le 29 Avril de chaque année.

Saînt-AVulfran

31 « Evêque de Sens (690-698)

Sl-Wulfran était fils de Xuthert, officier de la cour du roi Clotaire IlL II se démit de son siège d'évéque de Sens pour allfr vivre en Cibai-ite et mourut le 20 Mars 720. Sa fête est célébrée le 20 Mars de chaque année.

Saînt-Gérie 32'^ Archevêque de Sens (698-710)

Saint-Géric était de l'illustre famille des comtes de Tonnerre ; il quitta la vie mondaine pour se diriger vers la vie religieuse. Il fut désigné par St-Wulfran lui-même pour le remplacer lorsque ce dernier se retira. St-Géi'ic fut le premier à prendre le litre d'archevêque de Sens. Son épiscopat dura douze années, de 698 à 710.

Saini-Ebbon

33« Archevêque de Sens (710-744)

Saint-Ebbon étart neveu de St-Géric ; il devint comte de Tonnerre à la mort de ses parents, mais fuyant les plaisirs de ce monde, il se retira vers l'abbaye de St-Pierre-le-Vif. Le clergé et le peuple sénonais le demandèrent à grands ciis pour être leur archevêque, et il fut sacré en 710. St-Ebbon donna lui-même la sépiiltiire au moine St-Paterne qui fut martyrisé près deSergines. Le fait le plus saillant del'êpiscopat de St-Ebbon, fut la victoire remportée sur les Sarrasins qui avaient envahi le midi de la France. Les villes de Lyon Chalon, Dijon et Auxerre avaient déjà succombé sous leurs armes lorsqu'ils se piésentèrent sous les murs de Sens. St-Ebbon se mit courageusement à la tête des sénonais et repoussa l'ennemi.

Il les poursuivi et acheva leur défaite près de Seignelay. Celle victoire qui eut lieu en 732, prépara leur complète défaite qui fut opérée par Charles-le-Marlel. Il se relira ensuite à Arces, dans la forèl I où une grotte lui servit de cellule. Il moui'ut en 74i. Son corps fut i transporté d' Arces à Sl-Pierre-le-Vif. Sevin, 60*' archevé(|ue de Sens, lui fit faire deux cents ans après sa mort, une cluis<e en argent où fut déposé une partie de ses restes. Ingoare et Léothéric. ses deux sœurs furent inhumées à côté de lui.

Arllibcrihus

34^ Archevêque de Sens (744-761)

L'histoire ne nous a fait connaître rien de précis concernant ce I

prélat.

Saint-Honobert

35\ Archevêque de Sens (750-755)

Honobert fut envoyé en 743 à Rome, de la port de Carloman et | de Pépin, où il reçut le pallium. Il apparlennit à la famille des comtes de Tonnerre. Il mouiut en 755 et fut inhumé à St-Pierre-le-Vif. La fêle de ce saint est célébrée le 5 Janvier de chaque année.

Saint-Ilonulphe

36« Archevêque de Sens (755-761)

Honulphe était le père de St-Honobert et chose étrange, succéda à son fils à l'épiscopat de Sens. En elTet, après la morl de sa femme, il reçut les ordies de son propre fils et les sénonais le proposèrent comme archevêque de leur ville. La fêle de ce saint est célébrée le 19 Décembre de chaque année.

Saint-Loup II

Loup assista au concile d'Altigny qui était composé de 27 évoques et 17 abbés au nombre desquels se trouvait Wildrade. abbé de

Sainte-Colombe.

Vîllîeaire

38« Archevêque de Sens (769-772)

Villicaire fut un des douzes archevêques ou évêques envoyés par Charles et Carloman au concile de Rome en 769, à la sollicitalion de Sergius, légal du pape Etienne III. L'anti-pape Constantin y

fut C(/ndamné et on y approuva le culle des images et des reliques. Le pape le gratifia du nom d'Archevêijiie de toute la Gaule. Villicaire fut inhumé à Sl-Pierre-le-Vif

Godescale

39« Archevêque de Sens (772 773)

Cet archevêque qui ne tint le siège épiscopal que pendant une année, n'a laissé aucun souvenir.

Saint-Goiuhert

40*^ Archevêque de Sens (773-778)

Saint-Gombert assista à l'assemblée convoquée par Charlemagne pour réprimer les violences exercées contre le Saint-Siège par Didier, roi des Lombards. Il mourut en 778 dans la septième année de son épiscopat et fut inhumé à St-Pierre-le-Vif.

Pierre 1^' (780-787), Villebaud (787-792)

Hérard (792-795) 4i^, 42<^ et i'S^ Archevêque de Sens

Les actions de ces trois prélats sont peu connues. Pierre P"" fut un contemploralif; Villebaud fut sacré par le pape Adrien à la demande de Charlemagne et mourut en 792. Ces deux prélats furent inhumés à St-Piecre-te-Vif. Quand à Bérard, dont l'épiscopat fut de courte durée, il mourut au mois de Mai 795.

Riinbert

44« Archevêque de Sens (796-801)

Rimbert qui monta sur le siège épiscopal de Sens quelque temps après la mort de son prédécesseur ny demeura relativement que peu de temps et mourat en 801 . L'histoire n'a rien laissé de lui. Il fut inhumé à Si-Pierre-le-Vif.

M ag^nus

45^ Archevêque de Sens (801-818)

Magnus fut choisi pour faire partie du cortège de Charlemagne lorsque ce dernier se rendit en 800 à Rome pour y être sacré Empereur d'Occident par le pape Léon III. Lorsqu'il revint d'Italie, il fut porté en triomphe à la cathédrale par le clergé et le peuple. Il consacra à Charlemagne ses savantes notes sur le droit qui servirent à établir ses capitulaires et en reçut en retour des terres ainsi

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que des ornements d'une gi-ande valeur. Louis-le-Débonnaire, (ils de Chai-lemagne, lui adressa des lettres liés honorables. Magnus mourut en 818.

Jéréinîe

46« Archevêque de Sens (819-828)

Jérémie était moine et trésorier de l'abbaye de Sainl-Uiquier dans le Ponthieu. Lois de l'invasion des Normands, il enleva à la fureur des Normands les nombreuses reliques qui avaient été données par Charlemagne, et les lit liansporter à Ste-Colombe où il avait fait sa résidence, qui s'y prolongea jusqu'à la mort de Mîignus. Il lui succéda et mourut le 7 Juin 828. Il lut inhumé à Ste-Colombe.

Saînt-Aldrie

47* Archevêque de Sens (828-840)

Aldric avait été élevé à la dignité d'abbé de Ferriéres et fut appelé à rarchevcché de Sens. Il lit transférer à Vareilles l'ancien monastère de Sl-Remi et fit approuver celle oi)éralion par Louis-le- Débonnaire. Il mourut à l'âge de 61 atis le 10 Oclobie 840.

AVenilon

■ 48« Archevêque de Sens (841-865)

Wenilon fut d'abord clerc de la chapelle de Charles-le-Chauve et fut choisi en qualité d'archevêque par ce roi, puis accepté par la ville de Sens. Ce fut en 841 qu'eut heu la bataille de Fontenay en Bourgogne, dans laquelle Charles-le-Chauve et Louis de Bavière furent vainqueurs de Lothenic el du jeune Pépin. Deu\ ans après Wenilon sacra Charles-le-Chauve à Orléans, le siège de Reims étant vacant. Il assista à diiïérents conciles, à celui de (iermigny en 843, de Verneuil en «44, à ceux de Beauvais et de Meaux en 845, d'Epernay et de Paris en 847, de Quiercy, de Tours et de Paris en 849, etc. Il transféra le 25 Août 847, avec une grande pompe de Téglise St-Savinien à l'église de St-Pieire-le-Vif, les restes de Sl-Savinien, de St-Polentien et de leurs compagnons martyrs. Il tint trois conciles à Sens, le premier, le 1^'^ Mai 852, le second en 853, dans lequel il conféra la consécration épiscopale à son parent Bouchard, évêque de Cluulres, et le troisième en 862. L'égiise de Sl-Colombe fut rebâtie pendant son épiscopal. L'église primitive de Sl-E;ienne, étant tombée en ruines, Wenilon la fit rebâtir. IlmouruL le 3 Mai 855.

St E^ile

49« Archevêque de Sens. 865-870

Egile fut d'abord moine de Saint-Pierre-le-Vif, puis abbé de Flavigny en Roui'gogne : il fui nommé archevêque de Sens en 865. Le pape Nicolas \^^ lui eavoya le pallium et lui écrivit pour l'exhorter à conserver sur le trône épiscopal les pratiques de la vie monastique. Il se distingua dans plusieurs conciles, notamment dans celui de Verberi-es en 866, dont il fut chargé de porter les actes à Rome et d'où il revint pour pouvoir assister au concile de Troyes le 25 octobre 867. L'année suivante fut une année de famine pour toute la France. IL y eut à Sens jusqu'à 56 décès en un seul jour. Egile ordonna des pièces publiques, fil une procession générale des restes de S'-Savinien et le fléau cessa. S^-Egile mourut en 1870. Il fut inhumé k S'-Pierre-le-Vif.

Anség-ise

50« archevêque de Sens. 871-883.

Anségise était fils d'Astrad et de Wilelase. D'abord abbé de S^-Michel de Beauvais, il fut envoyé en erabassade à Rome par Charles le Chauve en 870. Le siège de Sens étant vacant depuis un an, Anségise fut choisi poui' le remplir. Il fut de nouveau expédié à Rome par Charles-le-Chauve pour solliciter du pape Jean VIII la couronne impériale vacante par Louis le Germanique. Il donna l'onction royale à Louis et Carloman, fils de Louis-le-Bégue et neveux de Charles le Chauve en 879.11 déposa dans l'église de Saint- Pierre-le-Vif le chef de S^-Grégoire-le-Grand ainsi que le bras de St-Léon P"" qui lui avaient été donnés par le pape Jean VIII. Anségise mourut le 25 novembre 883 et fut enterré à S^-Pierre-le-Vif.

Evrard

51 « Archevêque de Sens, 884-887.

Evrard fut d'abord moine et prévôt de S'^-Colombe. Il succéda à Anségise le 28 Avril 884. Les Normands ayant remonté la Seine et l'Yonne, vers la fin de novembre 886, se montrèrent devant Sens. Ils y restèrent six mois sans pouvoir s'emparer de la ville, mais ils ravagèrent tous les alentours. Evrard en conçut une maladie qui l'emporta le 1®^ février 887 ; il fut inhumé à S'^-Colombe.

Waltérîus

52^ Archevêque de Sens, 887-923.

Waltériiis P"" é(ail le neveu de Wallérius. évoque d'Orléans ; il fui nommé ai'chevêque de Sens à la morl d'Evrard. Les Normands continuèrenl leurs excursions et furent chassés par Richard le justicier qui. après leur avoir fait essuyer une défaite prés d'Argenteuil en purgea le pays jiisqu'à Sens. Toutefois, comme Richard ne chercha qu'à se rendre indépendant et à augmenter ses domaines, Wallérius P"" et le comte Garnier résistèrent à ses prétentions sur la ville de Sens. Mais Richard mit le siège devant cette cité, s'en empara et fit prisonnier Wallérius P»" et le garda pendant plusieurs mois.

Le pape Formose lança l'excommunication contre Richard qui mourut en 920 et fut inhumé à S^^-Colombe. Quant à Wallérius P"", il mourut le 19 novembre 923 et son corps fut inhumé à S^-Pierrele-Vif.

53^ 54% 56« et 57e archevêque de Sens. Wallérius II, 923-927. Ataldus (le vénérable), 927-932. Guillaume I, 932-938. Gerlanus, 938-954. Hildemannus, 934-959.

L'histoire ne lapporte que très peu de choses de ces cinq évéques. L'épiscopal du l^f fut assez court et ne dura que 4 ans. Le 2e mourut le 25 septembre 932. Le 3^ fut envoyé en Angleterre par Hugues le Blanc ou le (Jrand. comte de Paris, pour reclamer le fils de Charles III dit le simple, Louis d'Outremer, héritier légilime de la couronne, que sa mère nommée Etvige avait amené près son frère Adeltan, et qui pour celte raison fut surnommé d'Outre-Mer. Le 4e archevêque mourut le 5 août 934, et enfin le 4® n'occupa le siège de Sens que 4 ans, mourut en 959 et fut enterré à S^-Pierrele-Vif.

Arehambaud

58e Archevêque de Sens, 959-968.

.Archambaud, lils de Robert, comte de Troyes et parent de Raymond-le-Vieux. comte de Sens ; il fut imposé par Lolhaire et sacié vers la fin de 959 par le pape Jean XII du nom d'Octavin

nommé à la papauté en 955 à l'âge de 68 ans dont la bonne foi fut surpiise en cette circonstance. Archambaiid fut considéré comme indigne dans l'histoire ; il remporta une victoire éclatante sur l'armée saxonne qui était accourue au secours de l'évoque de Troyes. qui avait été chassé de son siège par le comte Raynard. Archambaud rempli d'orgueil <à la suite de cette victoire, ne mit aucun frein à ses exigences et à ses caprices ; ses revenus ne sulfisant plus à ses dépenses, il alla s'mstaller avec sa meute et ses faucons dans le cloître de St-Pierie-le-Vif dont il fit périr les religieux, et qui devint le théâtre d'orgies de toutes sortes. La cathédrale devint la proie des flammes, et son cadavre fut retrouvé frappé par la foudre dans le réfectoire de Saint-Pierre; il mourut le 9 août 958. Archambaud fut une honte pour l'Eglise.

St- Aoastase

59e Archevêque de Sens, 968-977.

Il est heureux pour l'histoire des Archevêques de Sens, de savoir, après l'ignominie d' Archambaud. que son successeur devait devenir un saint. Anastase fut sacré archevêque le 7 janvier 968; il s'efforça de réparer le mal commis par son prédécesseur et mourut le 7 janvier 977. Il fut inhumé à Saint-Pierre-le-Vif qu'il avait fait restaurer. La fête de ce saint est célébrée le 7 janvier de chaque année. Saint-Anastase fut le 25^ archevêque depuis Saint-Savinien, qui fut béatifié et fut le dernier saint.

Sévin

60« Archevêque de Sens, 978-999.

Il y eut un certain laps de temps entre Saint-Anastase et son successeur ; aussi les habitants de Sens, contrariés de voir que leur archevêque défunt , n'était pas encore remplacé , résolurent de nommer à ce titre Sévin, neveu de Rainard-le- Vieux et petit-fils du vicomte Froment. Il excommunia le comte au nom du souverain pontife et mit sa province en interdit, lorsqu'une maladie se répandit dans la ville et y causa de véritables désastres. Le comte effiayé de tant de souffrances céda enfin et l'archevêque fut installé le mercredi des cendres de l'année 978. 11 acheva la

consh'uclion de la calliétlrale et la consacra le 5 octobre 982. Sévin considéra longtemps que Charles, duc de Lorraine, (ils de Louis d'Oulremer avait seul par sa naissance, droit à la couronne ; aussi quand Hugues Capet fut nommé roi de France, il hésita à lui prêter serment ; néanmoins il céda et présida le concile de Saint-Denis en 997. Une sédition s'éleva pendant le concile ; les évéques s'enfuirent et l'archevêque faillit être massacré. Il guérit cependant de ses blessures et mourut le 17 octobre 999.

Léothérie

61e Archevêque de Sens, 1000-1032.

Léolhéric se rendit à Rome l'an 1000, pour faire confirmer son élection au trône épiscopal de Sens, par Gerbert devenu pape sous le nom de Silveslrell. Dès son arrivée îi Sens, le comte Fromonl II, fds de Rainard, le traita comme son père avait traité son prédcces-seur. Fromont prélendit placer son propre fils à sa place et lui interdit i'entrée de son diocèse. Léothéric s'en retourna à Rome en 1001 et levint prendre possession de son siège. En 1012 le comte Fromont II mourut, et son liLs Ramard II se montra aussi défavorable que son père et son grand père envers l'autorité archiépi>copale. Il lui lit subir toutes les exactions possibles, et Léolhéric se vit dans la nécessité d'en appeler au Roi Robert et d'imploier son soutien. Robert vint aussitôt avec des troupes à Sens, et s'empara du comté qu'il réunit à la couronne. Léothéric assista comme piésident, au concile d'Orléans, où 13 manichéens furent condamnés aux flammes.

La translation des restes de S^-Savinien eut lieu avec pompe, en la présence du roi Robert, de la reine Constance et des grands de la cour. Léolhéric mourut le 26 juin 1032 et fut inhumé à S'-Elienne.

•Gelduin

62e Archevêque de Sens, 1032-1050.

Ce ne fut qu'à force de présents que Gelduin fut nommé archevêque de Sens, giàce au roi Henri le"*, et fut sacré cî Paris. Mais les habiiants, encouragés par Eudes, comte de Champagne. qui se trouvait en ce moment dans les murs de leur ville, refusèj-ent

de le laisser entrer afin de prendre possession de son siège. A cette nouvelle, le roi Henri I^i* investit la cilé sénonaise à plusieurs reprises ; mais un traiié de paix fut signé en 1034 entre Henri l^f et le comte de (Champagne, et Gelduin put prendre enlin possession de son archevêché. Les moines de S'-Pierre, eurent à sonfïrir toutes les tracasseries possibles sous l'épiscopat de Oelduin. qui ne fit que jeter la défaveur sur eux et les habitants de la ville. Ayant eu conn.nssance de sa conduite^ le pape Léon IX^ léunit à Reims un concile où se trouvèrent réunis tous les évêques derarchidiocèse de Sens. Gelduin également convoqué, refusa de s'y rendre et fut excommunié par le pape qui mit à sa place Maynard en 1050.

Maynard

63e Archevêque de Sens, 1060-1062

Après aA^oir été évêque de Troyes. Maynard qui avait été reconnu digne d'être k la tête de l'ai-chevêché de Sens, en fut investi en 1050. Toute sa vie fut employée à faire le bien et à dédommager les moines des peines que son prédécesseur leur avait fait subir. Maynard mourut le 10 mars 1062, après un siège de 12 ans, 3 mois et 8 jours. H fut inhumé à S^-Pierre-le-Vif. l\ avait a«isislé en 1069 à Reims au sacie du roi Philippe I^f, f)lsd»^Henri 1er roi de France.

Rieher

64e Archevêque de Sens, 1062-1096.

Rieher, archidiacre, reçut, le jour de pâques 1062, le titre d'archevêque en présence de révôtjue de Paris, Geoffroy, du roi et de la cour assemblée. H sacra lui-même à Sens Richard, archevêque de Rourges. Il rei'ut en 1074 une lettre du pape, dans laquelle Grégoire VII exprima qu'il avait le droit de déposer TEmpeieur et de délier ses sujets du serment de fidcUté. Rieher fut interdit de ses fonctions par le légat Hugues de Dié, et se rendit à Rome où le pape le reçut avec honneur et le releva de la suspension de sa dignité d'archevêque de Sens par le concile de 1078. Ce fut sous cet archevêque que l'église de S'-Savinien, autrement dit, de S'-Pieire-le- Vif fut construite. Rieher mourut le 27 décembre 1096, après un épiscopat de 35 ans ; ses restes furent inhumés à la cathédrale.

Daimbert

65^ Archevêque de Sens, 1097-1152.

Daimbert d'ahoi'd tiésorier du chapitre de St-Elienne fut nommé archevêque de Sens et recul le palhiim aiimoisde janvier1097 des mains du pape Urbain II à Rome avec ce litre de prima!. Hugues, archevêque de Lyon, s'étant opposé à cette ordination, exigea de Daimbert qu'il le reconnul tout d'abord pour primata. (.ouis VI dit le Gros adressa des reproches à ce sujet à rarchevêque de Lyon et pi'otesla piès de Callixle II, contre cet abaissement de l'église de Sens. Louis VI parvenu .à la couronne l'an 1 108, à l'âge de 30 ans, fut sacré à Orléans par Daimbert, archevêque de Sens, parce qu'il y avait alors un schisme dans l'église de Reims, au sujet des deux prétendants à ce siège épiscopal. Il assista au concile de Paris où Philippe fils dp Louis VI qui s'était tué en lombant de cheval, promit avec serment de quitter Rerli-ade de Monifoit, femme du duc (FAnjou. et de se réconcilier avec l'Eglise. D<iimbert mourut le 28 novembre 1122. et fut enseveli dans le chapitre de S^-Pierre-le-Vif.

Henri Sang'lier

66« Archevêque de Sens, 1122-H42.

Henri Sanglier, issu de l'ancienne famille de Boisroques, fut élu archevêque de Sens en 1122; il subit la disgrâce de Louis VI pour avoir soutenu la cause de l'évèipie de Paris, et assista au concile de Pise en 1134. En revenant de ce concile, il l'ut niallrailé et pillé par les brigands (jui infestaient alors l'iialie. En 11.39, il assista au concile de Lati-an où furent présents un millier d'évêques. En 1140. la doctrine d'Abeilard fut condamnée au con<'ile de Sens. Abeilard, avait vu sa doctrine déjà l'ejelée au concile de Soisson tenu en 1121 : mais ce deinier en appela au (>ape (pii le condamna égiilement. Louis VII, dit le jeune, rendu 1res puissant par son mariage avec Eléonore, lille ei hérilière de Guillaume, ducM'A(;uilaine, se rendit à Sens, a l'occasion du procès d'Abeihird et y fut conduit par S^-Bernaid qui conseilla au loi de faire une croisade en personne, après le massacre de Vilry. Henii Sanglier favorisa les établissements religieux, ei commença en 1140 le vaisseau actuel de la calhédiale. Surfjris par- la mort en 1 142, il fut inhumé à Saint- Pierre-le-Vif.

Hugfues de T<>ucy

67e Archevêque de Sens, 1143-1168 Hugues (le Toucy fut archevêque de Sens en 1 143 ; Louis VII le Jeune ayant autorisé la ville de Sens à s'ériger en commune, se vit dans la nécessité d'aboHr trois ans après la création de cette commune. La nouvplle de cette abolition provoqua dans la ville de Sens un mouvement révolutionnaire. L'abbé Herbeit abbé de Saint- Pierre-le-ViL revenant d'Italie, promoteur de la révocation prononcéée par Louis \7L fut tué dans son couvent, ainsi que son frère. Hugues de Toucy présida le concile de Beaugency où fut prononcé ila sentence de divorce entre Louis VII et Léonore qui épousa ensuite Henri, comte d'Anjou qui devint roi d'Angleterre. Louis VII épousa ensuite Constance tille d'Alphonse VIII. loi de Caslille. Hugues de Toucy assista en outre en 1162 au concile de Mon! pellier, et en 1163 à celui de Tours. Ce fut sous son épiscopat que le pape Alexandre III, exilé de Rome par plusieurs antipapes, se réfugia à Sens et y reçut une hospitalité généreuse. Le pape consacra pendant son séjour à Sens, l'Eglise de Sainte-Colombe et un autel a la cathédrale dédié à Saint-Pierre et à Saint-Paul. Hugues de Toucy accueillit également ;un autre exilé, Saint-Thomas de Contorbéry, qui habita 4 ans 1p monastère de Sainte-Colombe. Il mourut veit M 68, et fut inhumé à Saint-Pieire-le-Vif.

Cardinal Guillaume de Champag-ne

68e Archevêque de Sens 1 168-1176.

Guillaume de Champagne était le 4^ fils de Thibaud, comte de "hampagne et de Mathilde de Coiintbie ; il fut d'abord évoque de :hartres. Elève de Saint-Bernai-d et aussi de Saint-Thomas de Contorbéry, il provoqua au mois de Juillet 1170, sa réconciliation ivec Henri II roi d'Angleterre, et jeta l'interdit sur ses terres, usqu'à ce que ce prince eut racheté sa faute par une pénitence igoureuse. IL fut transféré au siège de Reims en 1176, et reçut le itre de duc et pair de France, avec le droit de sacrer les rois. H fut issocié à la régence de la reine mère lorsque Philippe-Auguste fil ^on testament avant de partir pour la croisade. Il fut enfin élu •rchevêque de Sens, titre qu'il conserva jusqu'en 1176. Guillaume le Champagne était le beau-frère de Louis le Jeune, par le mariage

de ce dernier avec Allix, fille de Thibniid comte de Champagne, el par cela même oncle de Philippe II dit Auguste. Il assista au quatrième concile de Latran convoqué et tenu par le pape Innocent III, el y fut sacré cardinal. Il devint premier ministre de Philippe-Auguste qui l'avait piis en estime. Il mouiut à Laon en revenant (rilalie le 7 Septembre 1202.

Guy de rVci^yers 69« Archevêque de Sens i 1 76-1 1 93

Guy de Noyei's, né de Milon et de Marie de Chàlillon ; d maria Philippe-Auguste avec Isabelle, fille de Reaudoin. conile de Hainaut. Il y eut sous son espiscopat un violent incendie à Sens qui détruisit presque la ville entière, et le nombre des victimes fut considérable, (juy de Xoyers mourut le 21 décembre 1193.

Miehel de Corbeil

70e Archevêque de Sens 1194-1199

Michel de Corbeil fut élu d'abord patriarche de Jéiusalem, fut élu io jours après Archevêque de Sens et fut sacré le 24 avril 1 194. Philippe-Auguste ayant répudié sa seconde femme, Ingerburge, fille j de Valderaerei sœur de Canut roi de Danemark, le pape Innocent III i éciivit à celle occasion à Michel de Corbeil. Il mourut en 1199 et le i pape éci'ivit de lui « L'Eglise de Sens a [tei'du un pastfur nol)!e par sa naissance, plu.> noble encore par sa sainteté.» Pierre de Corbeil 71« Aichevêque de Sens 1200-1221

Piei-rede Corbeil, docteur el professeur de théologie, dans les écoles de Paris, vécut sous Philipe-Auguste et fut successivement chanoine de la capitale, évêijue de Camhray. raiis archevêque de Sens. Il eut pour disciple le papeflnnocenl II! et joiiis«;ail près de ce pape d'une confian<"e illimitée. Il assisia au concile de Meaux, tenu en 1204, au sujet de la réconciliai ion de> rois de Fr:;nce el d'Angleterre. Il sacF'a Guillaume de Seignelay évê(pie d'Aiixerre en 1207 et prit part 2 ans après en 1209, à la premièreqiierelle des Albigeois. Il se rendit en 1209, au concile de Paris, où il condamne les erreiiis j d'Amaury qui sjulenait (jue le le christianisme consistait à se «'roire membie de .Jésus-Clirisl, et que le paradis, l'enfer et la résurrection des corps étaient des rêves. En 1218. il iransféia dans une châsse

d'argent, àSaint-Pierre-le-Vif, les reliques de Saint-Potentien et de Sainl-Altin. Il mourut le 3 Juin \î^\, son corps fut déposé au milieu du chœur de la cathédrale. On a de lui quelques fragments de ses oi'donnances synodales q'ii peuvent servir à la connaissance et à la discipline de son siècle ; sa science, sa vertu et ses ouvrages, qui ne sont point parvenus jusqu'à nous, lui firent un nom distingué. Ce fut sous l'épiscopat de cet archevêque, qui fut très pieux, que l'on célébra en 1222 la fêle des fous dont il reste encore un missel qui est en musique et qui c mtient 27 feuillets; ce livre se trouve au musée de Sens.

Gauthier Cornut

72e Archevêque de Sens 1222-1241

Gauthier Cornut était le fils de Simon Cornut, seigneur de Villeneuve-la-Cornue, prés de Monlereau. Il embrassa le parti du roi et ne fut pas d'abord agréé par le pape Honorius III ; mais il se rendit <à Rome pour défendre sa cause et obtint satisfaction. Il assista au concile tenu à Paris contre les Albigeois et aux obsèques de Philippe-Augnsie qui mourut le 14 Juillet 1223. Il présida au concile de Melun en 1225, assista aux obsèques de Louis VIII, à St-Denis. puis au concile de Sens en 1229. Gauthier Cornut fît bâtir le palais synodal en 1231 ; Il fut chargé avec Jean de Xesle d'aller faire la demande en mariage de Marguerite de Pi-ovence pour le roi Louis IX. La demande de cette princesse, fille ainée de Raimond Béranger, fut acceptée et le maiiage fut célébré le 27 mai 1234, dans la cathédrale de Sens. Gauthier Cornut établit à Sens les domicains et les Franciscains en 1231. Il alla au devant de Louis IX. lorsque celui-ci retira des mains des Vénitiens la couronne d'épines, jusqu'à Villeneuvel' Archevêque, et présida le 10 Août 1239 à la procession solennelle, dans laquelle Saint-Louis et son frère Robert, vêtus tous les deux d'une simple tunique, et les pieds nus portèrent la couronne d'épines sur leurs épaules, depuis l'entrée de la ville jusqu'à la cathédrale. Gauthier Cornut mourut le 20 Avril 1340, et fut enterré dans la cathédrale de Sens.

Giles CJornnt

73« Archevêque de Sens 1244-1254

Giles Cornut était frère de Gauthier Cornut et Archidiacre de Sens : il fut trois ans avant d'être sacré archevêque.

Le pape Innocent IV lui donne le pallium à l.yon au mois de décembre 1244. Il prit la croix contre les Sarrasins. Il assista à la dédicace de la Sainte-Chapelle cà Paris en 1248 et mourut en 1254. Il fut enterré à gauche de son frère dans la cathédrale de Sens.

Henri Gorinit

Henri Cornut était le neveu de Gauthier et de Giles Cornul. 11 fut nommé archevêque de Sens par le pape Alexandre IV. Il tint un concile à Paris en 1255 et un autre à Sens en 125fi. contre les meurtriers du chantre de Chartres. Il mourut empoisonné par un nommé Froment en 1258.

Guillaume de Broce i"

75« Archevêque de Sens. 1258; démissionnaire en 1267.

Guillaume de Broce l^"" était fils de Bernard IV, vicomte de

Broce ; il fut sacré archevêque de Sens par le pape Alexandre IV et

fil son entrée à Sens en 1258. Devenu à un âge très avancé, il donna

sa démission, se retira à Brienon où il mourut en 1 269 ; son corps fut

transporté à Sens et fut enterré dans le sanctuaire du côté de

l'Evangile.

Pierre de Charny

76« Archevêque de Sens 1267-1274

Pierre de Charny naquit de parents peu fortunés; il parvintaux plus grands honneurs éclésiastiques grâce son talent et à ses vertus. Il fut sacré archevêque de Sens à Rome, lorsque Guillaume de Broce P'" donna sa démission en 1267. Ce fut sous son épiscopat. également en 1267, qu'eut lieu le terrible accident occasionné par la chute de la tour sud de la cathédrale, appelée tour de Pierre qui s'écroula, entraînant avec elle deux travées de la nef et écrasant lofiicialité bâtie par Gauthier Cornut en 1231 ; il fit leslaurei le palais synodal à la suite de cet accident. Pierre de Charny moui ut en revenant du concile de Lyon en 1274 et fut enterré à l'entrée du chœur de la cathédrale.

Pierre d'Anisy 77® Archevêque de Sens, 1274-1274

Pierre d'Anisy, de basse naissance, fut d'abord trésorier de l'Eglise de Sens, puis à la mort de Pier re de Chamy. il fut désigné pour lui succéder en qualité d'archevêque de Sens. Il s'était rendu

à Rome où il reçut l'inslitiition canonique el la consécration. A son retour il fut pris d'un mal subit et put dépasser Auxerre. Il mourut en décembre 1274.

Giles Copnnt II 78« Archevêque de Sens 1275-1292

Gilles Cornut fut sacré et revêiu du pallium par Grégoire X, en 1275. Il était neveu des archevêques Gauthier et Giles Cornut. Ce fut lui qui écrivitau pape Innocent V pour la canonisation de S^-Louis, roi de France. Il reçut en outre du pape Martin IV, pour l'Eglise de Sens une côte de Sainle-Marie-Madeleine. Il mourut en 1292, fut inhumé le 21 juin de la même année.

Etienne Béquard

79« Archevêque de Sens 1292-1309

Elieime Réquard ne reçut que deux ans après son élection au siège (l'Archevêque de Sens, la consécration de son élection, à cause de la vacance du S^-Siège. Enfin le pape Cèlestin V lui conféra le pallium. et il revint à Sens en 1294. Il assista aux assemblées du clergé de France de 1296 el 1297, célébra solennellement à S^-Denis le jour où S^-Louis fui levé de (erre en 1298, et dédia l'église érigée pour les Chartieux. Il présida à Paris la réunion des ordres du Royaume au sujet du différent survenu entre le pape Boniface VIII et le roi Philippe IV, dit le Bel ; le premier mécontentement du pape venait de ce que le roi avaitdonné retraite aux colonnes, ses ennemis; mais le roi avait de son côté des sujets plus graves de se plaindra de lui. Ce pontife voulait partager avec lui les décimes levés sur le clergé (le Fiance ; la résistance de PhiHppe irrita le pape, qui créa le nouvel évé^;hé de Pamiers, sans le concours de la puissance royale, puis, pour braver le roi, nomma pour légat en France Bernard Sainetti. qui s'était fait ordonner évêque malgré ce prince. Philippe IV fit arrêter Bernard Sainetti et le pape lança une bulle foudroyante qui mit le royaume de France en interdit. Bertrand de Got autrement le pape Clément V. transporta le Saint-Siège à Avignon, où les papes restèrent jusqu'en 1376.

Etienne Béquard présida en 1306 à la translation du chef de Saint-Louis à la Sainte-Chapelle. Il légua à ses successeurs l'Hôtel de Sens à Paris appel •' l'Hôtel des Barrez" ; il mourut le

29 Mars 1309 el fut enlerrc devant le mailre autel delà cathédrale de Sens du côté droit.

Philippe rie JVIarig'Dy

80« Archevêque de Sens 1309-1316

Philippe de Marigny. d'abord secrétaire et conseiller du roi Philippe IV était le frôreda fameux Euguerrandde Marigny qui fit la guerre à Robeit corn le de Flandre et de Jean de Marigny, archevêque de Rouen. Il succéda à Etienne Béquard comme archevêque de Sens et fut préconisé le dimanche des Rameaux 1310. Il ouvrit k Paris le concile de sa province où furent condamnés les templiers ; ce fut un événement monstrueux, soit que leurs crimes fussent avérés, soit que l'avarice les eût inventés. On prétendit que les templiers, prolestant de leur innocence, ajournèrent le pape Clément V el le roi Pi'iilippe-le-Bel au tribunal de Dieu. Il mourui'ent en effet tous les deux, au temps prédit par les templiers. Philippe de Marigny décéda en 1316. Son corps fut enterré aux Chartreux.

Guillaume de Melun fer

S]" Archevêque de Sens 13i6-13î!9

Guillaume de Melun était fils d'Adam, vicomte de Melim et de Jeanne de Sully ; il fut appelé à succéder à Philippe de Marigny, i au siège de l'archevêque de Sens, par sa piété. Il présida les conciles provinciaux à Paris en 1317. à Sens en 1320 et à Melun en 1323. 11 couronna la l'eine Mariede Luxembourg, fille de l'Empereur Henri VII, qui s'était marié à Charles le Bel en 1322 et mourut l'année suivante. Guillaume de Melun décéda en 1329 à Tabbaye du Jard et fut enterré à Sens, dans la cathédrale, du côté de l'Evangile.

Pierre Rog-er 82-^ Archevêque de Sens 1329-1330

Pierre Roger, né en 1291 au village de Rosières, près de Limoges, docteur de Paris, puis proviseur de Sorbonne, abbé de de Fécamp, d'abord évêque d'Arras, devint archevêque de Sens en décembre 1329. Il y resta un an et fut transféré au siège de Rouen, où il fut nommé cai-dinal en 13.38, et fut élu souverain- pontife en 1342 sous le nom de Clément VI, à la mort de Benoit SU. En sa qualité d'archevêque de Sens, il fit construire h la cathédrale

la chapelle de Sainl-Martial. Le commencement de son pontificat fut marqué parla publication d'une bulle par laquelle il promettait des grâces à tous les clercs qui se présenteraient dans les deux mois ; cette promesse en attira près de cent mille qui inondèrent le pays et fatiguèrent le pape. Clément VI mourut à Avignon le 7 décembre 1352. L'année avant sa mort, étant tombé malade, il donna une constitution où il disait : « Si aulrefoi:^, élant à un moindre rang, ou depuis que nous étant élevé à la chaire apostolique, il nous est échappé, en discutant ou en prêchant, quelque chose contre la foi catholique ou la morale chrétienne, nous le révoquons et le soumettons à la correction du S'-Siège. » Pétrarque qui vivait de son temps lui donne le titre de u très savant pontife. Clément VI n'oublia rien pour délivrer l'Italie de la lyrannie de Louis de Bavière, qui avait pris le titre d'Empereur. Il avait une érudition et des lumières supérieures, une extrême bienveillance, un fond d'humanité, de bonté et de douceur qui tit dire à Pétracque que jamais personne ne porta à plus juste litre le nom de Clément. Son frère, Guillaume Roger, comte de Beaufort fut le père du pape Grégoire XI qui s'assit sur le trône de S^-Pierre en 1370, à la mort de Urbain V.

Guillauuie de Broee II

83« Archevêque de Sens, 1330-1338.

Guillaume de Bioce II, était le petit neveu de Guillaume de Broce P% qui fut archevêque de Sens de 1258 à 1267, et q.ni démissionna en 1267 à cause de son grand âge. Il fut nommé archevêque de Sens lui-même en 1330. Il défendit la juridiction ecclésiastique contre Pierie de Cugnières, avocat général au parlement, et lorsque Philippe de Valois eut donné gain de cause au clergé, Guillaume de Broce II fit élever à ce roi une statue équestre, en relief a la porte de droite de la cathédrale, tandis qu'il représenta par décision dans un des derniers piliers intérieurs la tête grotesque de « Pierre du Coignot ». Cette statue équestre fut détruite à coups de pierres par les marseillais, à leur passage à Sens en 1 792. Guillaume de Broce II mourut au château de Nailly le 13 décembre 1 338, et fut enseveli devant le maître-autel de la cathédrale de Sens.

Philippe de Melun II

84^ Archevêque de Sens, 1338-1344.

Philippe de Melun, deuxième du nom, fut nommé archevêque de Sens en 1338. Il donna sa démission en 1344, en faveur de son neveu Guillaume de Melun, troisième du nom.

Guillaume de Melun III

85« Archevêque de Sens, 1344-1376.

Guillaume de Melun III, neveu du précédent archevêque était le fils de Jean de Melun et de Jeanne Crespin dame de Tancarville ; il fut confirmé par le pape Clément YI dans la dig-nité archiépiscopale que son oncle lui avait transmise. Il jouissait d'un g-rand crédit près du roi Jean, qui était parvenu à la couronne en 1350. La trêve conclue entre la France et TAng-leterre en 1347, tant de fois rompue et renouvelée, se chang-ea en une guerre cruelle en 1356. Edouard III, roi d'Angleterre envoie son fils Edouard prince de Galles, déjà célèbre par la bataille de Crécy (26 août 1346), à la tête d'une armée qui ravagea l'Auvergne, le Limousin et le Poitou. Jean rassembla ses troupes, atteignit le prince de Galles à Maupertuis, à deux lieues de Poitiers. Malgré les propositions du prince de Galles, Jean livre bataille à la tête de quatre-vingt-mille hommes contre ces huit mille hommes d'Edouard, et est battu à la bataille de Poitiers le lundi 19 septembre 1356. Le roi Jean reçut deux blessures au visage. Guillaume de Melun partagea les malheurs de son roi, fut fait prisonnier à la défaite de Poitiers, puis relâché, il s'occupa activement de la rançon du roi Jean. En 1358, le dauphin Charles ordonna d'entourer de fossés la ville de Sens, à cause des incursions des Anglais. En 1367, Guillaume de Melun reçut avec pompe le roi Charles V. Il mourut en 1 376 ; son corps fut déposé au côté gauche du maître-autel de la cathédrale.

Adhémap-Rohert

Adhémar-Robert, fils d'Aimar, seig-neur de Saint-Jal près de Limoges, fut d'abord évêque de Lisieux, puis d'Arras, et enfin archevêque de Sens en 1376. Il mourut en 1384, et fut inhumé au côté droit du grand-autel de la cathédrale.

Gauthiep^de Baig-ueaiix

87« Archevêque de Sens, 1384-1385

Gauthier de Baig-neaux fut élu archevêque de Sens par le pape Urbain VI, et prit possession de son siège archiépiscopal le 14 mai 1385. Il mourut le 20 juillet suivant, et ne conser\^a cette charg-e que trop peu de temps, pour y avoir laissé une trace.

Guy de Roye

88« Archevêque de Sens, 1385-1386.

Guy de Roye fut choisi par Urbain VI, pour succéder à Gauthier de Baig-neaux et reçut le pallium avec Tarchevèché de Sens. On était alors en plein schisme et Guy de Roye fut tué dans le villag-e de Voubré, près de Gênes, au moment où il se rendait au concile de Pise, en 1409, dans lequel Grég-oire XII et Benoit XIII furent déposés et Alexandre V fut proclamé pape. Ce concile n'ayant pas été reconnu, il y eut un antipape de plus et le schisme ne finit qu'avec le concile de Constance. Guy de Roye ne fut archevêque de Sens que pendant une année.

Guillaume de Dornians

89' Archevêque de Sens, 1387-1405.

Guillaume de Dormans était le neveu du cardinal de Dormans, chancelier de France ; il devait par sa naissance et ses brillantes qualités parvenir rapidement aux r^s places. Charles \l eut pour lui une affection toute particulière et en fit d'abord son secrétaire intime. Lorsque Tévèché de Meaux devint vacant, Charles VI nomma Guillaume de Dormans à ce sièg-e épiscopal, le désig-na pour archevêque de Sens, lorsque ce poste devint vacant et le fit agréer par le pape. Il assista au baptême du Dauphin Charles VII en 1392 et à la translation des reliques de Saint-Louis à Saint-Denis. Il prit part au concile de Paris en 1404 et mourut le 2 octobre 1405. Il fut enterré selon son désir, dans la chapelle de Tég-lise de Beauvais, à Paris, appelé aussi collège de Dormans.

«Jean de Montaig^u

90« Archevêque de Sens, 1407-1415.

Jean de Moniaigu était fils de Gérard, seigneur de Monlaigu et de Birta Cassinel; évèqiie de Cliartres il eut pour l'archevêché de Sens, comme compétiteur, Hugues Blanchet, mais étant présenté par le roi, il fut élu et prit possession de son siège le jour de Pâques 1407. Il piil une grande part aux guerres qui assombrissaient la France, prit le parti des Armagnacs et ayant pris Tépée, il fut tuA à la bataille d'Azincourt en 1415. Son corps fut retrouvé sous un monceau de cadavres, rapporté à Sens où il fut inhumé à la cathédrale.

Henri de Savoisy

9P Archevêque de Sens. 1418-1422.

Henri de Savoisy, malgré l'opposition du roi de France, fut nommé archevêque de Sens, sur la proposition du duc de Bourgogne le 26 janvier 1418, par le pape Martin V, et fit enfin son entrée solennelle le 11 juin 1420. en présence du roi Charles, du duc de Bourgogne et du roi d'Angleterre Henri V. Les Anglais continuèrent leurs ravages jusque dans les environs de Sens et H«nri de Savoisy fut obligé de se réfugier à Seignelay dans un château de sa famille et mourut en 1422. I\ célébra le mariage de Catherine de France avec le roi d'Angleterre le 21 mai 1420. et fut en partie la cause du honteux traité de Troyes.

Jean de IVanton 92« Archevêque de Sens, 1422-1432.

Jean de Nanton fut nommé archevêque de Sens grâce à l'intervention du roi d'Angleterre dont la puissance était grande en France, puisqu'il se faisait appeler roi de France et d'Angleterre; le pape Martin V donna toutefois son approbation à son élection. Jean de Nanton fut cependant maltraité par les Anglais qui se saisirent de sa personne. H mourut le 30 janvier 1432.

Ltouis de Melun IV

93« Archevêque de Sens, 1432-1474.

Louis de Melun IV, ayant été recommandé par Charles VII, fut confirmé dans la charge d'archevêque de Sens par le pape

Eugène IV le 16 janvier 1433. Il procéda à la translation des reliques de S'-Honoberl, de St-Honiilfe. de S'-Etienne et de S'- Victor en 1 i41, de S'-Polentien et de S^-Allin en 1449 et abolit de la fête des fous. Il donna sa démission après un épiscopai de 42 ans et mourut le 9 septembre 1476. Son corps repose près du maîtreautel de la cathédrale de Sens.

Tristan de Salazap

94e Archevêque de Sens, 1474-1519.

Tristan de Salazar est né à Saint-Maurice de Thizouaille ; il fut choisi par Louis XI. pour succéder à Louis de Melun IV du nom. sur le siège archiépiscopal de Sens. Il fut employé par Louis XI, Charles VIII et Louis XII, dans le traité d'alliance de la France et de la Suisse. En 1490, il sépara la tète de S'-Savinien du reste du corps et la plaça dans une splendide châsse d'argent. Il partit avec Louis XII pour l'Italie où il se fit remarquer par son courage. En 1511, il assista au concile de Pise. en 1513 il assista k S'-Denis aux obsèques d'Anne de Bretagne, el en 1514 à celles de Louis XII. Il construisit à Paris , où ses obligations t'appelaient souvent, l'Hôteldes archevêques de Sens , situé acluellemeiit en face du marché de l'Ave-Maria. Tristan de Salazar lit en outre cadeau à la cathédrale de Sens de la rosace du côté sud du transept de la cathédrale, et s'occupa de restaurer Tég-lise de Saint-Etienne. Il mourut le 1 1 février 1519.

Etienne Porcher

95^ Archevêque de Sens, 1519-1525.

Etienne Porcher succéda à Tristan de Salazar et fut nommé archevêque de Sens par le pape Léon X. 11 fit son entrée solennelle le 31 juillet 1519, et commença la construction de rarchevèché, il ne siéga que 5 ans et mourut le 24 février 1525 à râg-e de 78 ans.

Cardinal Antoine I>uprat 96^ Archevêque de Sens, 1525-1535.

Antoine Duprat naquit à Issoire, en Auvergne, vers Tan 1463, reçut une très bonne éducation. La duchesse d'Ang-oulème, mère de François P' l'employa d'abord à Cogmac dans la

rég'ie de ses biens. Après son mariag-e avec Françoise Veny, fille d'un riche nég-ociant de Riom, il fut pourvu de la charg-e de lieutenant-g'énéral du baillag-e de Mont-Ferrand en 1490, puis ensuite de celle d'avocat-g-énéral du parlement de Toulouse en 1495. Appelé ensuite à Paris par Louis XII, il fut nommé maître de requête, puis président en 1506, et enfin premier président en 1507. Sa femme mourut à Tàg-e de 33 ans, et lui laissa deux fils et deux filles ; le plus jeune de ses enfants fut nommé évêque de Clermont. Antoine Duprat était Thomme le plus coté du royaume. Après la mort de sa femme, il entra dans les ordres et fut successivement évêque de Meaux, ensuite d'Alby ; François P^ le fit chancelier de France, puis de Milan. Pendant la captivité de François I^"*, Duprat se fit nommer archevêque de Sens, sièg-e devenu vacant par la mort d'Etienne Porcher ; mais le chapitre nomma en même temps Jean de Salazar. Le pape Clément VII lui donna le chapeau de cardinal en 1527 et le nomma légat en France par une bulle du 4 juin 1530. Il mourut dans son château de Nantouillet le 9 juillet 1 535, sans avoir vu la ville de Sens où son corps fut néanmoins transporté et où il fut enterré. Il existe à la cathédrale le mausolée d'Antoine Duprat qui se trouve actuellement dans la chapelle de Sainte-Colombe.

Louis de Doiirbon, Cardinal de Vendôme

97*" Archevêque de Sens, 1536-1557.

Louis de Bourbon fut sacré évêque le 3 mai 1517, nommé cardinal le 27 juin suivant et fut nommé archevêque de Sens en 1536. Il prit possession de son sièg-e le 23 janvier 1536. Il prit pour coadjuteur André Richer, évêque de Chalcédoine. Pendant son épiscopat, le saint-ciboire, avec les hosties consacrées qu'il contenait, fut enlevé dans la nuit du 19 juillet 1541, et une fête de réparation fut célébrée. L'auteur de cet acte, un nommé Pag-nard, fut condamné à périr par le feu, mais il obtint d'être étrang-lé au moment où le feu commençait à toucher son corps. L'exécution eut lieu le 24 septembre 1 541 . Louis de Bourbon donna à son clerg-é les statuts synodaux et mourut le 11 mars 1557.

Jean Bertrand, Cardinal

98« Archevêque de Sens. 1557-1560.

Jean Berlrand. d'une des plus anciennes maisons de Toulouse, iil nommé second président du parlement en 1535, puis premier ^résident en 1536. François I", à la prière du maréclial Anne de Montmorency, le nomma en 1538, troisième président du parlement ie Paris, entin premier président en 1550. I.ors de la disgrâce du

honcelier Olivier, on donna le 23 mai 1551, la commission de î-arde des sceaux à ce savant et vertueux magistrat qui conserva

ette charge jusqu'à la mort de Henri II, tué dans un tournoi par Viontgoméry le 10 juillet 1559. Bertrand devenu v^uf, avait îmbrassé la carrière ecclésiastique; il fut d'abord évêque de Comminges, et fut nommé archevêque de Sens le 5 juillet 1557 en rem- Dlacement du cardinal Louis de Bourbon. Il se trouva à Rome à 'élection de Pie IV en 1559 et mourut k Venise, à Tàge de 90 ans e 4 décembre 1557.

Louis de Lorraine, eardinal de Gui.^^e.

99« Archevêque de Sens. (1560-1563).

Louis de Lorraine, cardinal de Guise, naquit le 21 octobre 1527 i Joinville (Haute-Marne). Son père était Claude P"" duc de Guise, ^rand cbambellan de France, qui servit François P"" contre Charles- ;}uint ; sa mère était Antoinette de Bourbon, fille de François :omte de Vendôme. Louis de Loi laine s'adonna dès sa jeunesse à 'élude des belles-lettres et entra dans les ordres. Il posséda d'abord es abbayes de S'-Victor-les-Paris, de Bourgueil et de S'-Thomas j'Auxei-re ; nommé ensuite évêque de Ti oyes à l'âge de 18 ans, il issista, en cette qualité, aux funérailles de François P^ qui fut nhumé à S'-Denis le 24 mai 1 547. Le pape Jules III, sur la demande l'Henri III, le plaça au nombre des princes de l'Eglise à l'âge de ^6 ans. Enfin, il fut promu archevêque de Sens en 1560 et confirmé lans ce siège par le pape Pie IV : il ne resta que 2 ans sur le siège irchiépiscopal, et dut se retirer pour le laisser à Xicolas de Pellevé. Il mourut le 28 mars 1578. la veille Pâques, à l'âge de 51 ans.

IVieolas de Pellevé, Cardinal.

100« Archevêque de Sens, 156:3-1592.

Nicolas de Pellevé fut nommé archevêque de Sens en 1563 et prit possession de cette charge au mois de mars 1564 ; il accueillit Charles IX, ainsi que son père et la reine mère. 11 reçut la pourpre du pape Pie V le 17 juin 1570 et mourut à l'âge de 77 ;ms.

Reg^naud de Beaune.

101« Archevêque de Sens, (1597-1606).

Regnaud de Beaune, petit-fils de Jacques de Beaune, baron de Samblançay, sous-intendant des Finances sous Franrois I". naquit à Tours en 1527. Il entra d'abord dans la carrière de robe, puis ensuite dans l'état ecclésiastique ; il fut nommé évêque deMende, puis archevêque de Bourges, et ensuite archevêque de Sens en 1597. Il contribua à l'abjuration d'Henri IV à S'-Denis en 1593. Clément VIII. irrité de ce que ce prélat avait absous ce prince sans la participation du chef de l'église, et de ce qu'il avait proposé de créer la charge de l'alriaiche en France, lui lelusa ses bulles, et ne les lui accorda que 6 ans après. Regnaud de Beaune se distingua aux assemblées du clergé, aux états de Blois, où il présida en 1588 : il joignait à une mémoire prodigieuse, beaucoup de pénétration d'espiil et de fermeté de caractère. Le marquis de Paulmy d'Argenson rapporte une singularité de la vie de ce prélat digne d'être racontée. Il avait, dit-il. un appétit des plus extraordinaires; il était obligé i de faire six repas par jour, de 4 heui'es en 4 heures et avait été forcé de prendre des dispenses pour dire la messe, moins à jeu que la plupart des prêtres, Loin que cette (juantité d'aliments appesantit son esprit, il ne se trouvait jamais la tête pesante que lorsqu'il avait besoin de manger. Il craignait de faire des exercices de corps, parce qu'ils augmentaient son appétit et se livrait au travail de cabinet le plus assidu en sortant de table. Il fut créé grand aumônier de France et commandeur des ordres du roi, et mourut le 27 septembre 1606 à l'âge de 80 ans; on lui doit « le ; psautier » — Réformation de l'université de Paris ».

Jacques Davy du Perron, Cardinal.

102e Archevêque de Sens, (1606-1618)

Jacques Davy du Perron éliiil né en 1556 de parents calvinisles. Philippe Desporles. abbé de Tyron, le fit connaîlre à Henri III. comme étant un prodige d'ériidiiion. Il employa toute son intelligence à ramener les fau\ docteurs de l'hérésie et un grand nomlDre de protestants au nombre desquels fui Henri Sparde qui devint évêque de Pamiers. Il fut d'abord évêque d'Evieux, et fut envoyé à Rome pour etfacer les traces de la ligue et obtenir l'absolution du roi Henri IV'. Il se mesura avec Duplessis Mornay. une des plus fortes têies de la ligue. A la suite de ses controverses, il fut élu archevêque de Sens, puis ca?dinal ; il devint grand aumônier de France, et fut nommé commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

En 1607, le roi l'envoya k Rome pour la tioisième fois, avec mission d'accommoder le pape avec la République de Venise. Il i-éunit. après la mort d'Henri IV, ta Paiis, en 1612 le» évéques delà province de Sens et anathématisa le docteur Richer. auteur d'un ouvrage sur la puissance ecclésiastique et politique. Il établit en outre, dans l'assemblée des Etats tenue à Paris en 1614, la nature des rapports du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, et j-amena en 1617, tous les esprits à l'obéissance du roi, dans les assemblées de Rouen. En 1618, il se retira à Bagnt^let, atteint d'une maladie cruelle qui l'emporta le 7 Septembre de la même année. Son corps fut inhumé à Sens dans la partie supérieure du sanctuaire et son cœur fut placé dans un petit enfoncement sur l'autel de l'éghse des Jésuites à Paris avec cette inscription :

'• Tanti cor viri tantiilo in toco "

Jean Davy du Perron

lO.]*^ archevêque de Sens (;i6 18-1 621)

Jean Davy du Perron, frère du précédent et son émule en sciences, avait été sacré son coadjuteur avec future succession, sous le titre d'évêque d'Héraclée, en 1617. Il prit possession de son siège archiépiscopal, par procuration, en date du 13 Juillet 1618 et prêta seimenl de fidélité au roi le 6 Septembre suivant. Il était considéré à Sens comme le père des pauvres. Il mourut le 24 Octobre 1 621 devant

Monlauban où Louis XIII l'emmena avec sa suite. Deux statues en marbre blanc de Jacques et de Jean Davv du Perron, se trouvent dans la chapelle de Sainte-Colombe, dans la catliédrale de Sens.

Octave de Saint-Lary de Bellegarde

I04« archevêque de Sens (1621-1646) Octave de Saint-Lary de Bellegarde était le fils posthume de César de Saint-Lary, gouverneui* de Saintonge et de Jeanne Dulion : il naquit au mois de Février loST. Qiioiquil n'existât qu une promesse de mariage entre ses parents, il fut déclaré légitime par arrêt j du parlement de Roi'deaux; mais Roger de Bellegarde cousin de î sonpèi-e recueillit sa succession et le destina, dès son enfance, cà l'état ecclésiastique. Octave de Bellegarde fit ses premières études à Bordeaux et ses cours de philosophie et de théologie à Toulon. Il n'était encore que jeune clerc, lorsque, par la faveur de Heni'i IV, il fut pourvu ■ de plusieurs abbayes, notamment de celle de Saint-Germain et d'Auxerre: toutefois les bulles de la première ne lui furent accordées par le pape Paul V qu'à certaine condition ; il prit alors l'habit de bénédictin. Nommé évèque de Couserans au mois de Mai 1614, il fut dispensé de prononcer des vœux. Le siège archiépiscopal de Sens étant devenu vacant en 1621. Octave de Bellegarde y fut nommé. Ce fut entre son élection et sa prise de possession que. sur la proposition de Jean-François de Gondi, l'évéché de Paris fut soustrait à la juridiction métropolitaine de Sens, forma un archevêché libre et ne fut plus sulTraganl. Octave de Bellegarde fonda de nombreux ordres religieux : les Ursulines à Sens. h\< Bénédictins à Moret et les Frères Capucins à Saint-Florcnlin. Il assisia à Paris <à l'assemblée du clergé en 1625, présida c«^lie de 1627 à Ftjutenay-le- Comte ainsi que celle de Manies en 16 VI. il y soutint avec coui-age et éloquence les immunités dui'lergé et les droits de Tépiscopat : un exil fut la récompense et le prix de sa fei meté. Il avait souscrit, en 1639, avec plusieurs évèfjiies, à la condamnation de deux ouvrages intitulés, lun '• Traité des droits et dcslihertésde l'église ga'licane'' et l'autre '• Prennes des mêmes libertés ". Il partagea les sentiments du dui!teur Arnauld et appiouva son livre intitulé " De la fréquente communion ". Il en écrivit même au pape Cubain VIII. Il mourut le 2i Juillet 1646 ; son corps fat inhumé dans la cathédrale devant les marches du tiône pontifical. Il laissa par testament tout ce qu'il possédait aux pauvres.

Louis-Henri de Goiidrîn

105« archevêque de Sens (1646-1674)

Issu d'une illustre famille de l'Armagnac, Louis-Henri de Gondrin de Montespan, naquit en 1620, au chàleau de Gondrin, commune de Montréal, arrondissement de Condom (Gers). Il était le cinquième enfant d'Antoine- Armand de Pardaillan, maréchal de camp et chevalier des ordres du roi, et de Paule de Saint-Lary de Bellegarde. Celle-ci était sœur de Roger, duc de Bellegarde, grand écuyer de France et de César-Angu«^le, marquis de Termes. Son père était en outre, seigneur de Gondrin, marquis de Montespan et d'autres.

En sa qualité de cadet de famille, Louis-Henri de Gondrin, fut destiné à l'état ecclésiastique et fut envoyé au collège de La Flèche, sous la direction des Jésuites. Guidé par les conseils et les cours de M. Ollier. fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice, il termina ses études philosophiqueiS.

Octave de Belle^L^arde, son cousin germain, 104® archevêque de Sens, le demanda pour coadjuleur ; il le sacrale 4 Mai 1645, comme archevêque d'Héraclée. A la mort d'Ociave de Bellegarde, le 26 Juillet 1646, Louis-Henri de Gondrin prit possession de son siège archiépiscopal de Sens, le 16 Août 1646. Son intronisation eut heu 18 Décembre de la même année, et il reçut le pailium cinq jours après.

Voici comment s'exprimait au sujet de Louis-Henri de Gondrin un de ses contemporains : " Sa noblesse était rehaussée par un esprit élevé, un air imposant, des manières distinguées et une extrême facilité pour s'exprimer en public ". Il fut appelé à l'épiscopat par Saint-Vincent de Paul qui ne proposait que des sujets absolument dignes. Toutefois les premières années de son épiscopat furent marquées par une sorte de dissipation passagère qui tenait à sa haute naissance; il possédait un train de maison, des équipages de luxe, des chevaux de prix et un grand nombre de domestiques qui portaient sa livrée; il donnait de fréquentes et somptueuses réceptions. Mais il ne larda pas à obéir aux prescriptiens de l'église formulées par le concile œcunémique de Trente de 1545 à 1563.

Louis-Henii de Gondrin fit le 4 Septembre 1658 une ordonnance dans laquelle il promulga l'établissement d'un séminaire dans la ville de Sens, lequel fut installé d'abord dans la cure de Saint-

Hilaire et fut ensuite transféré dans une des maisons situées en face de l'archevêché, sur l'emphicement occupé par des immeubles situés entre les rues des Coi'deliers et du Tambour-d'Argent. Très Hé avec les écrivains de Port-Royal, il partageait les opinions gallicanes de ceux qui furent appelés Jansénistes. En 1643, Antoine Arnaud, avocat au parlement de Pans et mort à l'tàge de 103 ans, leur grand chef, publia un livi-e intitulé '-'- De la fréquente communion " . Monseigneur de Gondi-in avait pour cet ouvrage une telle estime qu'il en fit faire un résumé. Il eut aussi des démêlés avec le marquis de Maulny, seigneur du Mont Saint-Sulpice qui voulut l'assassiner; l'alTaiie fut portée au Parlement et il ne lui pardonna qu'après lui avoir fait subir une réparation publique.

Bien qu'élevé par les Jésuites, Monseigneur de Gondrin eut ; avec eux des contestations fréquentes. Le 26 Janvier 1653, il parut j dans la chaire de sa cathédrale et s'écria : '^ La morale des frères | d3 l'ordre surnommé de Jésus, est plus digne du Coran que de' l'Evangile ; pour théologie, ils n'ont qu'une philosophie hérissée de subtilités plus païennes que chrétiennes". Puis, s'adressant aux habitants de Sens il leur dit : ''- Expulsez cel< ordre hérétique, schismatique et pernicieux ; je vous avertis que toutes confessions que vous leur aurez faites ou ferez, sont nulles et sacrilèges ". Alors, prenant une torche allumée, l'archevêque de Gondrin revêtu de ses habits sacerdotaux et entouré de son clergé, lut la formule d'excommunication qui était réclamée par les solitaires de Port-Royal. Son successeur, Jean de Montpezat de Cabon, 106'' arciievêque de Sens, fit cesser cet état de choses.

Le 27 mars 1647, il inhuma dans l'église de Vallery, Henri II prince de Condé. Il fit preuve d'une grande piélé et revint par la: suite sur ses démêlés avec les jésuites. Fidèle au programme qu'il : s'était imposé, il paraît qu'instruit de la conduite de la marquise de Montespan, sa nièce, qui passaitpourune des favorites de Louis XIV, il lui adressa des repioches sèvèies à ce sujet. On dit même qu'il; la soufiela, mais cela ne fut jamais prouvé ; toutelois Louis XIVJ s'abstint de venir désormais à Fontainebleau, et l'archevêque de! Gondrin d'allei'à la cour. Il est vrai que M""^ de Moniespan avait le P"" rang dans la maison de la reine, qu'elle commandait «à 64 gens de service et qu'elle jouissait du privilège très envié de servir la reine. Rien n'était pareil à sa splendeur, (St-Simon).

Saint-Louis portant la Couronne: D'Éfines

ENTRE A LA CaTHÉDRALE

Proclamation de la CoMMurr A Sens en 1189

Lr Premier Mariage Civil A Sens

Atteint d'une maladie de foie, Monseigneur de Gondrin mourut pieusement à l'âge de 54 ans, le trentième de son épiscopat. le 19 septembre 16:74, à Chaulmes, canton de Tournan (Seine-et- . Marne). Ses dépouilles moilelles furent transportées à Montereau, accompagnées d'un nombreux clergé et d'officiers ; elles furent transférées de là à Pont-sur-Yonne et de là a Sainte-Colombe. Il fut enfin inhumé prés de son parent Monseignenr de Bellegarde, son prédécesseur, dans la cathédrale de Sens.

«Jean de Montpezat de Carbon

106^ Archevêque de Sens, 1 674-1 685j.

Jean de Montpezat de Carbon fut nommé archevêque de Sens par Louis X[V ; il rendit au\ jésuites les pouvoirs enlevés par ses prédécesseurs et acheva l'œuvre des séminaires. Il prit part aux assemblées du clergé de i684 et de 1685. et mourut le 5 novembre de la même année. Il fut inhumé dans la cathédrale de Sens, prés du chancelier Duprat.

Hardouin de la Hoquette

1076 Archevêque de Sens. (1692-1715).

Hardouin de la Hoquette était tils de Philippe Hardouin de la Hoquette et de Louise de Péréfixe. sœur de l'archevêque de Paris 0 fut d'abord évéque de S^-Rrieuc, puis évêque de Poitiers : il convertit un grand nombre de calvinistes. Il fut nommé archevêque (le Sens le 20 août 1692. et fut.reçu avec une vive allégresse, après plusieurs années d'absence d^^ÂrcIvevêque dans cette cité. Il mourut le 28 novembre 1715 ei fut eulerré à la droite de Pierre de Corbeil, 7Ie archevêque de Sens.

Denis François te Bouthillier de Chavig"ny

1 08e Archevêque de Sens (1 71 6-1730).

Denis-François Le Bouthillier de Chavigny était fils d'Armand Léon Le Roulhillier, comte de Chavigny et d'Elisabeth Bonnet, il était le neveu d'Armand de Rancé, le célèbre abbé rétormateur de la Trape. Xommé d'abord évêque de Troyes, il fut élu archevêque de Sens le 23 août 1718. Il mourut le 9 novembre 1730, à l'âge de 65 ans et fut enterré à la gauche de Pierre de Corbeil, 71« archevêque de Sens.

Jt* an-Joseph Lianguet de Gersy

1G9e Archevêque de Sens, (1730-1753).

Joseph Lnngiiet de Gersy était le pôi-e du curé Languet de Gersy curé de S'-Sulpice à Paris. Il entra grâce à l'influence de Bossuet, son ami et compatriote, comme siippiieur à la mnison de Navarre. 11 fut nommé évêque de Soissons en 1715 el fut promu archevêque de Sens en 1730, et fut installé le 12 juin delà même année. La secte des jansénistes se remuait et l'on publia dans ce moment un missel contraire h la doctrine de l'église. Jean Languet de Gersy en interdit l'usage et fit paraître un ouvrage intitulé : « De l'esprit de l'Eglise dans ses cérémonies contie Claude de Vert. )) Joseph Languet de Gersy fut le propagaleur de hi dévotion au sacré-cœur de Jésus : il mourut le 1 1 mai 1763. Il était membre de l'Académie française.

Paul d'Albert de Ijuyneg!, Cardinal.

110*^ Archevêque de Sens, (1753-1788)

Paul d'Albert de Luynes naquit à Versailles le 3 janvier 1703, était fils d'Honorat Charles de Montfort et de Marie-Anne-Jeanne de Courtillon, et descendant du duc de Luynes, favori de Louis XIII. Nommé évêque de Bayeux le 25 décembre 1829, puis premier aumônier de Madame la Dauphine. il fut promu archevêque de Sens le 10 août 1753 et obtint, grâce à la faveur de Jacques III, roi d'Angleterre, le chapeau de cardinal du pap^^ Benoit XIV, le 5 avril 1756. Il fut un des prélats qui ont le plus honoré l'égiise de France par son zèle et ses lumières. Formé par les exemples et les leçons Le Fénélon. il lit éclater pendant toute sa vie les fruits d'une si avantageuse situation. Rien n'égalait le soin avec lequel il veillait sur la pureté de la doctrine et la pi'omptitude avec laquelle il repoussait les erreurs qui menaçaient d'infester le peuple. Assistant un jour à un sermon dans lequel le prédicateur avait laissé g!i<ser queUpies opinions dont il eut à rougir, il lui imposa silence, le lit descendre de la chaii-, y monta lui-même et réfuta l'erreur avec autant d'éloquence que d'exactitude théologique. Il mourut â Sens le 23 janviei" 1788 à l'âge de 85 ans ; il était membre de l'Académie française et commandeur de l'ordre du S'-Rspril. L'abbé Legris lit son oraison funèbre; ses armes élaienl : « poF-te d'or au lion couronné de gueules, bordé de même. »

Etienne-Charles de Lioniénie de Brienne, cardinal.

111e Archevêque de Sens, (1788-1794).

Comment pnt'ler ici du cardinal de Loménie de Brienne, 111® archevêque de Sens ? On voudrait pouvoir n'en dire que du bien, et c'est malheureusement le contraire que l'on va lire. Né en 1727, fils de Loménie, comte de Brienne. mort en 1768 et de Anne- Gabrielle Ctiamillard, le cardinal Etienne-Charles de Loménie de Brienne eut cinq frères dont Tainé, François de Loménie, comte de Brienne, colonel du Régiment d'Artois fut tué à l'ennemi en 1747 et dont le cadet Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne fut ministre de la guerre (1787-1788). Ce dernier fut décapité le 21 lloréal (10 mai 1794), le même jour où le fut elle-même Madame Elisabeth sœur du roi Louis XV, ainsi que ses autres frères dont les noms suivent, savoir : !« Alexandre Antoine-François, vicomte de Loménie né en 1758. époux de Mademoiselle de Vergés, colonel des chasseurs du régiment de Champagne; 2» Charles de Loménie, né en I76I, chevalier de Malte, époux de Cairron de Merville, lieutenant de vaisseau ; 3o Pierre-François-Marlial de Loménie. né le 18 juillet 1763. coadjuteur de Sens.

Après la chute honteuse du ministre Galonné, Loménie de Brienne fut appelé à V^ersailles prés de Louis XVI, sous l'impî'ession fâcheuse de la panique financiéi'e de l'époque. Bien que déjà brisé par la maladie, se comparant à un nouveau Richelieu, il accepta la surintendance des Finances (I).

Concla viste du cardinal de Luynes pour l'élection de Clément XIII. Loménie de Brienne fui d'ahord évoque de Condom et archevêque de Toulouse en 1763. Ami de d'Alemberl qui l'introduisit à l'Académie française en 1770. Loménie réussit, grâce à Choiseul, à placer en qualité de lecteur auprès de Marie-Antoinette, son ami l'abbé de Vermont;ce fut grâce à ce dernier que la Reine, s'intéressa à Loménie, qui ne tarda pas à être promu commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Nommé archevêque dé Sens en 1788, il prit possession de son nouveau siège le 9 avril de la même année. « Il faut en finir »,

(') M. Joseph Perrin, avocat, vice-président de la Société archéologique de Sens, Imprimerie de Paul Duchemin de Sens (1896).

disail-il lui-même, el il convoqua les états généraux farrêtés du conseil de.s 15 juillet et 18 août 1788): il fut renversé de la surintendance des finances et lemplacé par Xecker. Il s'échappa de Paris le 2 septembre ; et Marie-Antoinette lui offrit dans sa retraite le chapeau de cardinal que le pape Pie VI daigna lui confirmer le 15 décembre 1788. Il voyagea alors en Italie où il visita les bibliothèques, accompagné du P. Laiie et revint en France en 1789, époque de la Révolution.

Quand l'assemblée nationale de 1790 prétendit rédiger une constitution civile pour l'église, les sages lui prédirent qu'elle faisait fausse roule et déclarèrent à cette assemblée qu'elle devrait recourir, en la matière, à l'autorité de l'église. Peu à peu et insensiblement cette constitution civile du clergé suppiime le pouvoir du pape en ce qui concerne la juridiction des Evêques.

Etienne de Loménie, revenu d'Italie, négocia alors avec l'autorité révolutionnaire puis il rentra àSens, sans bruit. Il se présenta îi l'Hôtel-de-Ville, près du conseil municipal, en séance, où il prononça le serment civique, ordonné par l'assemblée nalionale. On sait que sur les 140 évoques de France, il n'y en eu que quatre fort heureusement à prêter ce serment. Laissons leurs noms et oublions les comme ayant été néfastes, à la religion et au bien-public.

Loménie de Brienne se rendit alors à Sainte-Colombe avec son coadjuteur, son propre frère, reçut les compliments du maire et de la foule enthousiaste qui lui fit ovation. Le 30 janvier I79I, il parut dans la cathédrale de Sens et y prêta en outre devant le conseil général de la commune de l'Yonne, le serment d'occlésiasti(}ue fonctionnaire. Il renvoya le 26 mal I79I au pape Pie VI son chapeau de cardinal et écrivit le lendemain à Caron de Beaumarchais la lettre suivante :

Monsieur, je dois au particulier intérêt que vous me témoignez dans ce moment^ vous marquer que je viens de remettre au sourerain pontife la dignité de Cardinal^ j'espère que cette démarche ne laissera aucun doute sur ma franchise et ma loyauté. Soyez, Monsieur, persuadé.

Le pape Pie VI, en apprenant la conduite de cet archevêque, s'exprima, dans son consistoire du 26 septembre 1791 ainsi qu'il suit : « Jf ne (( tDOuve point de termes pour exprimer la duuleur dont j'ai été pénétré (( en voyant publier et écrire des sentiments si indignes d'un archevêque

(( et d'un cardinal ; je me contente de dire qu'il ne pouvait pas imprinaer « un plus grand déshonneur à la pourpre roniaine qu'en prêtant le ser- « ment civique et en l'exécutant. »

La lenear qui régnait en plein à Paris et dans toute la France se communiqua rapidement à Sens. La Convention décréta que la mort atteindrait désormais les prêtres réfractaires au serment de liberté e\igé d'eux, et que les " ci-devants " nobles seraient désarmés. Enfin les Marseillais traversèrent la France pour se rendre à Paris, brisant tout ce qu'ils rencontraient d'emblèmes religieux sur leur passage. C'est ainsi qu'en ari'ivant à Sens, ils détruisirent en quelques heures toutes les admirables statuettes de saints qui ornaient la cathédrale. Les habitants de Sens, ainsi que leur archevêque laissèrent ainsi détruire tout ce que la ville avait de plus beau et ce dont ils auraient dû conserver le souvenir.

Sur ces entrefaits la garnison de Mayence traversa Sens pour se rendre en Vendée. Le Conventionnel Barère soupçonna qu'elle avait été travaillée par les habitants à son passage dans cette ville. Il n'en fallut pas davantage pour que Couthon, Saint-Just et Robespierre donnassent des ordres aux comités dn Salut pubhc de cette Yille, afin de faire mettre en arrestation les contre-révolutionnaires et les personnes suspectes. On fit barrer les rues et on s'empara du grand séminaire pour y enfermer les détenus. ,

Loménie de Brienne laissa tout faire et fut contraint de déposer sa croix de l'ordre du Saint-Esprit avec son cordon bleu, pour se conformer à la loi du 30 Juillet 1791, abolissant les ordres de chevalerie.

Enfin, sur la dénonciation que la nièce de Loménie de Brienne Mme de Canisy, entretenait une correspondance avec son mari, conspirateur et émigré, et que Tarchevêque son oncle, devait y être intéressé, on les déclara tous deux suspects. Le prélat fut aussitôt saisi à Saint-Pierre-le-Vif le 9 Novembre 1793 et écroué à la maison d'arrêt.

Loménie de Brienne fat toutefois mis en liberté quelques jours après et attendit la fin de ses jours dans la paroisse de Saint-Pierrele-Vif où eut lieu le martyre de Saint-Savinien. Là, brisé de remords, il reçut la visite de ses deux frères, Alexandre de Loménie, ex-colo-

nel du régiment de Champagne, et de Charles de Loménie, lieutenant de vaisseau démissionnaire. Endn les terroristes firent irruption sur l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif où était l'ex-cardinal; ils arrivèrent le soir et forcèrent Loménie de Brienne à manger, lui un vieillard, sans santé, sans force et sans appétit et lui firent passer une nuit terrible. La peur s'empara de lui et on le trouva mort le lendemain 19 Février 1794 dans un râle attreux.

Ainsi se termina la mort de Loménie de Brienne.

A partir de 1794, il y eut une suppression du siège archiépiscopal de la ville de Sens; les événements qui succédèrent à la révolution de 1789 et de 1793, en furent la cause principale. Ce ne fut qu'en 1821 que les habitants de Sens eurent un archevêque après une période de 28 années, de 1694 à 1821.

Anne-Louis-Henri de la Fare (Cardinal)

112^ .archevêque de Sens (1821-1829)

Monseigneur Anne-Louis-Henri de la Fare naquit dans le diocèse de Luçon, département de la Vendée, le 8 Septembre 1752. Il fit ses études au collège Louis-le-Grand, obtint très jeune le prioré de Sedan, et en 1783 l'abbaye de Licques, ordre des prémonlrés, diocèse de Boulogne. Il fut ensuite vicaire général de Dijon en 1778 et doyen de la Sainte-Chapelle de celte ville. Ce fut à ce titre qu'il fut élu général du clergé des Etats de Bourgogne en 1784 et eut une grande part à l'administration de cette province. Il fut nommé le 13 Février 1788 évêque de Nancy en récompense de son zèle; ce siège lui donna les titres de primat, de chancelier de Nancy et de conseiller du parlement de Lorraine. Il fut élu député aux Etats généraux par son diocèse, et y prononça le discours d'ouverture. Anne-Louis-Ilenri de la Fare soutint avec feu le 12 Février 1790, la proposition qu'il avait faite^ dans cette séance, de déclarer la religion catholique comme religion d'Etat, s'opposa à ce que les biens possédés jusqu'alors par le clergé fussent compris au nombre des propriétés nationales, et combattit le projet de loi tendant à supprimer en France, les communautés religieuses. Ajoutant à l'autorité de ces discours, celle de ses écrits, il fut un des signataires de l'exposition des principes et publia un ouvrage intitulé : " Des considérations politiques sur les biens temporels du clergé. " Le triomphe (les doctrines nouvelles prenant de jour en jour une nouvelle consis-

tance, l'évèque de Nancy se retira à Trêves, dont l'archevêque était son métropolitain. Vers la fin de 1792, il se rendit en Autriche où il fut chargé de la correspondance des princes de la famille Bourhon. Il négocia le mariage de la fille de Louis XVI avec le duc d'Angoulême. Il revint en France avec la famille royale en Octobre 1814 et fut nonce de la duchesse d'Angoulême et reçut l'ordre du Saint- Esprit. Il fut chargé de recueillir les cendres de Louis XVI et de Marie-Antoinette et de les faire transporter du cimetière de la Madeleine k l'église de Saint-D.^nis Au commencement de 1816, le roi l'adjoignit pour l'administration des affaires ecclésiastiques, à Talleyrand-Périgord, alors archevêque de Reims. Nommé à l'archevêché de Sens, il en prit possession le 28 Novembre 1821, fut revêtu de la pourpre Romaine le 16 Mai 1823 par le pape Pie VIL avec le titre presbytéral de Sainte-Marie '• in transpontina ". Ce prélat qui se faisait recommander par son esprit de sagesse, son aptitude pour les alfaires, aimait les lettres. Homme très instruit, il était doué du caractère le plus liant et portait dans la société, une rare aménité de mœurs. Il mourut le 10 Décembre 1829 dans l'appartement qu'il occupait au Louvre à l'âge de 77 ans et son corps fut inhumé à Sens.

Jean-Joseph-Marie- Victoire de Cosnae

1 1 3« archevêque de Sens (I830-I843)

Monseigneur Jean-Joseph-Marie- Victoire de Cosnae était né le 24 Mars 1864 au château de Cosnae. Nommé évèque de Noyon, puis de Meaux au mois de Décembre 1829, il fut élu archevêque de Sens 13 Avril 1830 et prit possession de son siège le 4 Novembre de la même année. Il fonda k Sens en 1837 la maison du Bon Pasteur qui, après avoir occupé d'abord une maison de la rue de l'Epée. acheta en 1843 l'enclos de Saint-Pierre-le-Vif et celle des Pères de la doctrine Chrélienne. Il mourut le 24 Octobre 1843, au château de Cosnae où il était aller respirer l'air natal dans l'espérance de voir son état de santé s'améliorer. Sa dépouille mortelle fut transportée à Sens où elle fut inhumée dans la cathédrale.

Mellon Joly

114* archevêque de Sens (I844-I867) Monseigneur Mellon Joly est né à Sézanne, arrondissement d'Epernay (Marne), le 20 Mai 1795. Il fut sacré évèque de Sées le 21

Août 1836 et fat élu archevè-iue de Sens le 25 Février I8ii. Il donna sa démission en 1867 el mourut le '22 A\ ril 187*2.

Viclor-Félix Bernadou ^Cardinal)

115^ archevêque de Sens (16 Mai 1867 au 15 Novembre I89I)

Monseigneur Viclor-Féli\ Bernadou, officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre d'Isabelle-la-Catholique. éiait né à Castres (Tarn) le 25 Juin I8I6. Ancien curé de la cathédrale d'Alger, il fut sacré évèque de Gap. département des Hautes-Alpes, le 29 Juin I%2 : nommé archevêque de Sen.» le 16 Mai 1867, il fut préconisé le 12 Juillet de la même année et fut nommé cardinal en 1886. Il mourut le 15 Décembre I89I. Il existe dans la cathédrale un très beau monument en marbre blanc de monseigneur Bernadou: ce monumenireprésente le cardinal revêtu de la cappe, à genoux. les mains jointes et se trouve dans la chapelle de Saint-Martial. Le sarcophage a des proportions grandioses : il de 2 m. 70 de long sur

1 m. 75 de large.

Monseigneur Pîerre-Marîe-Etîenne Ardîn

116^ Archevêque de Sens, (1892).

Monseigneur Ardin qui est actuellement archevêque de Sens, est né le 26 décembie 1840 à Clervaux, diocèse de S'-Claude (^JuraJ. Evêque d'Oran le 12 février 1880, il fut préconisé le 27 du même mois, sacré le I^"" mars suivant. Transféré à révêché de la Rochelle par décret du II janvier 1884. il fut préconisé le 27 mars suivant. Nommé Archevêque de Sens par décret du 2 avril 1892. il fut préconise le M juillet suivant et prit possession de son siège le 20 août 1892. Monseigneur Ardin, qui est chevalier de la légion d'honneur, eut ta supporter, comme tous les prélats de France^ les conséquences funestes aux catholiques des lois des 9 décembre 1905.

2 janvier 1907 el 1 \ avril 1908; concernnnt la séparation des églises el de l'Etat. Dans une lettre pastorale, ce piélat lit en outre connaître au clergé el aux fidèles de son diocèse que. sur la demande du conseil général de l'Yonne, les biens de la raense archiépiscopale et des séminaires du diocèse de Sens, avaient été attribués au dépaitement par décret publié à l'oniciel du 5 août 1910. à l'excep-

tion d'un immeuble situé à Sens, rue d'Alsace-Lorraine, d'un autre immeuble dit Ermitage de S'-Bon, situé commune de Paron (Yonne), et d'une somme de 50.000 francs.

Ce fut ainsi que le sanctuaire vénérable du premier apôtre du diocèse de Sens, ainsi que la vieille Eglise de S^-Savinien, fut sauvé du naufrage grâce à l'intervention de l'honorable famille de Canchy qui obtint par un jugementde la cour, en date du 24 novembre 1910, que ce sanctuaire devait lui faire retour, sans aucune espèce d'indemnité.

Ce fut cette même famille de Canchy qui. lorsque ce digne archevêque de Sens, fut chassé de son palais archiépiscopal, lui donna un abri dans une maison qui lui appartenait et qui est située 12. rue de l'Ecrivain à Sens.

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