‹ Histoire de la ville de SensChapitre 32 sur 37 · ANCIENS SIÈGES DE SENS · texte numérisé non relu

ANCIENS SIÈGES DE SENS

Défense de iSens par Julien l'Apostat

Trois siècles environ s'étaient écoulés depuis que Labiénus, général romain était venu assiéger la ville de Sens (ju'il mit sous la domination romaine. Les allemands d'abord battus par Julien. Empereur romain de 361 à 363. cousin de Constance, Empereur d'Orient en 337 et auquel il succéda peu d'années après, vinrent se jeter sur Sens. Tout concourait à les rendre formidables aux Sénonais et il ne restait plus à Julien et aux Sénonais que leur courage. Trente jours se passèrent en assauts multipliés avec fureur de la part des barbares ; enfin, l'ennemi se retira. Julien, surnommé l'apostat, fut mortellement blessé dans une guerre contre Sapor en Perse, il lança en mourant, contre le ciel cette apostrophe : " Tu as vaincu Galliléen ".

Depuis ce siège, la ville de Sens resta néanmoins sous l'autorité romaine jusqu'à Clovis qui, après avoir vaincu les romains à Soissons en 486, les allemands à Tolbiac en 496, les Bourguignons près de Dijon en 500 et les Wisigoths dont il tua le chef Alaric à Vouillè en 507, fonda la monarchie française et se fît sacrer roi des Francs.

Après la conquête de Clovis, la ville de Sens était rentrée dans le partage des rois de Bourgogne et d'Orléans. Gontran l'avait laissée par testament à Childebert son neveu, et l'un des fils de Childebert en était le souverain. Ce fut vers l'an 600 que se livra, à quelques lieues de Sens, dans l'endroit aujourd'hui appelé Dormelles-sur- Orvannes, près de Moret, la sanglante bataille dans laquelle Clotaire II, dit le Grand, roi de Neustrie, laissa sur place plus de 30.000 braves de son armée.

Siège de Sens par Clotaire II

Quelques années plus tard, Thierri étant mort empoisonné par Brunehaut, son aïeule, Clotaire II, fîls de Chilpéric et de Frédégonde et roi de France en 613, envoya Blidebodes, l'un de ses généraux.

pour assiéger Sens. Il prétendait être seul héritier du loyaume de Bourgogne, à l'exclusion des fils de Thierri qui. étant illégitimes, ne pouvaient succéder à leur père. Blidebodes arriva inopinément sous les murs de Sens qui avait pour pasteur Saint-Loup, 21^ évoque <•) depuis Saint-Savinien. Plein d'une foi vive et ardente, il secondait les blessés sur les remparts ; de là il se rendit brusquement à l'église et sonna lui-même, à pleine volée, la cloche qui porla longtemps son nom. A ces sons mystérieux et encore inconnus des armées de Clolaire, Blidebodes leva subitement le siège et on supposa que ce fui grâce à ce siratagème que Sens fut délivré. Deux ou trois ans après, Sens ouvrit ses portes à Clolaire (].ui, par la mort cruelle de tous les descendants de Clovis, était devenu le souverain de toutes les parties de la monarchie française.

Siège de Sens par les Sarrasins

Le siège suivant fut le plus terrible de tous. Charles Martel régnait en France au commencement du VHP siècle. Eudes, duc d'Aquitaine, déjà mallrailé par Charles-Martel, attira en Franee une foule de barbares, au nombre desquels se trouvaient les Sarrasins qui arrivèrent à Sens après avoir dévasté tout ce qui se trouvait sur leur passage. A leur arrivée, ils brûlèrent les faubourgs, et les habitants de Sens se préparèrent avec courage à résister à l'ennemi. Toutefois ils hésiiaient à se rendre, espérant obtenir une capitulation honorable. Saint-Ebbon, 33« archevêque de Sens, informé de ce projet, proposa au peuple une sortie contre les assiégeants et s'offrit lui-même de se mettre dans leuis rangs et de comballie à leur tête, Alors, comme des lions, sous les ordres de Saint-Ebbon, les Sénonais s'élancèrent contre Tennemi, forcèrent le camp des Sarrasins et remportèrent un biillant succès. Ce siège eut lieu vers 738.

Siège de Sens par les IVormands

Vers l\'in 886, sous le pontificat d'Evrard, 51« archevê(jue de Sens, Charles-le-Gros fil, après le siège de Paris qui dura deux ans, avec les Normands un honteux tiaité par lequel ce monarque leur

(1; Le titre d'archevêque ne fut donné aux prélats de Sens que vers la fin «iu VII* siècle. Géric qui rivait sous Glovis UI fut le premier prélat déclaré de ce titre.

promit de leur payer 700 livres pesant d'argent et les autorisa à hiverner aux alentours de Sens. Les Normands s'approchèrent en conséquence de cette ville. Les religieux de l'abbave de Saint-Remi se retirèrent dans rintérieur de la ville à leur approche et y déposèrent les reliques de leur trésor. A. peme élaient-ils sortis de leur monastère que ce dernier fut la proie des flammes. Les Normands entourèrent la ville et se retirèrent dans une tour élevée du monastère de Saint- Gervais, située prés la porte de Notre-Dame. Delà, ils lançaient des flèches et des pierres sur la ville. Après un siège de six mois, les Normands découragés se retirèrent après avoir rasé les monastères de Notre-Dame et de Sainl-Gervais^*).

(1) Tiré des Almanachs de 1765, de 1766 et de^lTTO.

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