‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 116 sur 197 · REFORME DE L'HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

REFORME DE L'HOTEL-DIEU

Au milieu du désastre de 1414, THÔtel-Dieu île St-Gervais dut nécessairement se ressentir du malheur commun. Les dévastations des vainqueurs qui ne respectèrent rien, et l'absence des chanoines, ses patrons, qui s'étaient retirés, comme nous l'avons déjà dit , au Mont de Notre- Dame, où ils firent même un assez long séjour, autorisent à croire que cet hôpital fut fermé, au moins pendant quelque temps. Au retour de la paix il fallut songer à son rétablissement, rendu peut-être plus aécessaire encore qu'à l'époque où 11 avait été fondé, par l'état de pauvreté et de misère de la population soissonnaise. Mais les <*irconstahces n'étaient plus les mêmes : les cha-

noires ne pouvaient plus, avec leurs seules ressources, le relever et le soutenir. Comme toute la population, ils avaient éprouvé de grandes pertes: indépendamment du dommage causé à leur église, leurs maisons avaient été enveloppées dans le pillage général de 1^ ville, et le revenu de leurs prébendes, fondé en grande partie sur des biens^ fppds et des dîmes, se trouvait réduit à fort peu de. chose, par suite des ravages de vingt années de guerre. Les chanoines durent donc faire un appel aux habitants de la ville ; démarche à laquelle ils n'eussent jamais consenti dans un autre temps ; mais la vieille haine du chapitre pour la commune s'était éteinte dans la ruine de celle-ci, et surtout dans l'anéantissement de l'ancienne bourgeoisie. Cette corporation, si fière de ses privilèges, ne trouvait plus dans la population nouvelle cet esprit d'indépendance qui lui avait tant fait ombrage, était devenue plus traitable avec des hommes qui ne se refusaient pas à subûr son influence.

Dès lors les magistrats fiirent admis à prendre part à Tadunnistration temporelle de cet hôpital, dont la direction demeura cependant entre les mains du chapitre.

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En 1 533, les ëchevins ayant eu avis de qaelques désordres dans l'intérieur de THôtel-Dieu, où Ton avait danse au son des violons, présentèrent requête au parlement. Ils exposèrent que depuis plusieurs années les chanoines avaient usurpé Tadministralion toute entière, et qu'ils la confiaient à un délégué de leur corps, dont les scnns ne pouvaient pourvoir à tout ; ils demandaient ea conséquence, que THôtel-Dieu fût réformé. L'évéque de Soissons intervint et prétendit que le droit de réforme lui appartenait. Par suite de ce conflit, survint un procès qui fut terminé par deux arrêts du parlement. Par le premier, rendu en 1534, il fut ordonné que Tévêque et le chapitre donneraient des lettres de vicariat à deux chanoines de St- Victor, de Paris, pour faire cette réforme. Les deux commissiadres vinrent à Soissons, entendirent les parties intéressées et firent un règlement qui fut approuvé par un second arrêt, rendu en Tannée 1535.

D'après ce règlement, THÔtel-IMeu fiit administré par quatre personnes, dont deux étaient choisies par le corps de ville et les deux autres par le chapitre. Elles rendaient compte, tous les ans, de leur gestion à une commission composée du bailli

de Vermandois, oa de son Keutenant^-gënëral à Soissons, du vicaire gënëral de Tëvéque, et d'un dëputë da chapitre.

Quelque relâchement dans la conduite des sœurs hospitalières de l'Hôtel-Dieu , devint la cause d'une lutte violente entre Tëvéque Simon le Gras et le chapitre. Cette lutte commença en 1696 et dura dii ans. Le prëlat, après s'être assure de l'assentiment du corps de ville, fit venir de Pontoise huit religieuses de l'ordre de St- Augustin, qu'il installa de sa propre autoritë dans l'Hôtel-Dieu, à la place des sœurs qu'il en avait chassëes. Le chapitre, jaloux de ses droits, s'ëleva contre cette usurpation. On s'ëchaufTa de part et d'autre, et l'on recourut à des moyens extrêmes : rëvocations de pouvoirs et d'administrateurs, expulsions des sœurs et du chapehhi, interdits, excommunications, anathèmes, tout fut mis en usage, jusqu'à ce qu'un arrêt du parlement, rendu en 1636, vint enfin rëtablir la paix. Chaque partie put se glorifier d'un succès : le maintien des religieuses daus l'Hôtel-Dieu fiit accorde au prëlat, et le chapitre obtint la Confirmation de ses droits à la direction supërieure de cet ëtablissement ; mais

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des deux côté$, il fallut payer les fras qui a'ëlevaient à plus de trente mille livres.

Il fut stipule par ce nouvel arrêta qui mainte* nait le règlement approuve par celui de i 535, que la commission chargée de recevoir les comptes des administrateurs, se composerait du lieute-. uant-génëral, ayant à sa droite le grand vicaire et le député du chapitre, et à sa gauche, le procureur du roi et un échevin de la ville.

En 1 695, tous les biens-fonds et revenus que Tordre de St-Lazare possédait dans l'étendue du diocèse de Soissons, forent donn^ à rHAteWDîeu, ce qui accrut beaucoup sa dotation ; et par la décbratîon royale du 1 3 décembre 1 698, il fiit soumis aux lois et règlements qui régisssdent l'administration de tous les hôpitaux du royaume.

Les bâtiments qui composent aujourd'hui cet hôpital, ayant été construis à diverses époques, n'ont pas entre eux cette symétrie qu'on aime à trouver dans les grands établissements. Le plus ancien de ces bâtiments est la grande salle des hommes; l'église et la vieille salle des femmes fin rent bâties en 1 689, et c'est à cette occasion que fut supprimée la rue qui allait de celle du Chape-

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ron^Rouge à la Graad^nie, où eUe aboutissait derant le portail de l'église de Tabbaye de Notre- Dame. Un impasse, qy'on Toyait encore il y a

quelques années, était un reste de Tancienne me supprimée. Le bâtiment serrant au logement des sœurs fut construit en 1730, et celui faisant façade sur la rue, en 1770. Quatre ans après, on établit le jardin pour la promenade des malades.

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