SURPRENNENT LA VILLE
Tandis que le prince dé Condé devait tenter de s'emparer, par un coup de main , de la personne du roi, qui habitait alors le château de Monceaux, près de Meaux , pour le soustraire à l'influence
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des GuiMS) plosiran cheik du parti CalvinisU de vaient m rendre maâtres de «pielqaes places importaetes , et plua parlietilièrement de Soissooi , qui, étant la j^ace d'armée de l'Ile de France , Wr rait devenue le centre de lews opérations contre la capitale , où les princes de la maison de Lorraine araient beanconp de partisans et possédaient tonte Tautoritë. La prise de Soiseons fiit confiée aux Calvinistes de la Picardie^ du Laonnois, de la Champagne et du Soissonnais , sous la conduite des sieurs de Genlis, de Bouchavannes et de Vendy.
Le premier fut chargé de surprendre la riUe avec ses Picards, tandis que les autres , arrivant
chacun de leur côté , devaient soutenir la tenta-
tive. Malgré toutes les précautions dont les Calvinistes entouraient leurs mouvements , les inagis* trats eurent avis de leur rassemblement sur les bords de l'Oise. La nouvelle leur en fut donnée le 96 septembre , au soir , pendant qu'ils étaient à table, par un aieur Moreau, receveur du taillon ; mais ils n'en prirent aucun ombrage, ne pouvant d'ailleurs se persuader qu'on en voulAt sérieusement à leur ville, que ses fortifications semblaient
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mettre à f abri d'uo coop de mtm ^ tente par uo peth corps de troupes dépoorru d'artIUerie.
Pendant qae les magistrats de Soissons néi^ geaient Tairis unportaat qn lemr était donné « les colonnes des CalTinislea se mettaient en niarcfae « et par nn moertement tnen combiné ^ elles arriyè* rent, avant le jow , seos les mors de la ville, )e 97 septend)rc 1 567 . La colonne de Genlis, partie des environs de Chaun j, arriva la première , tra* versa T Aisne à gnë , et, passant par Tlle du Mail , vint se présenter à la porte St-Qoentin» qui lui fiit ouverte par leurs partisans de l'intérieur de la viRe , au moyen de fausses elefii. Toute la troupe de Genlis défila par cette porte dans le plus grand silence, et tandis que des détachements prenaient poste sur les places et sur les remparts , d'autrea s'étaient portés aux portes de Rkeima et de Lamk^ s'en étaient emparé sans opposition et les avaient ouvertes aux colonnes de Vendy et de Bouchavannes. Tous ces mouvements avaient été exécutés avec tant d'ordre et de promptitude , que les CathoHques n'en furent pas éveillés et qu'ils ne connurent la prise de la rille qu'au jour , et lors- (]u'elle se trouvait occupée militairement sur tous.
lêS HISTOIBE
les pointe importante par des forces, in^osantes. Dans le premier moaMsnt, les boorgeas yodoreot s'armer pour se défendre ; mais îi étsflt trop terd, toote résistance était èeremie iofMisaibfe; il fallut se résigner. La surprise fit place à une consternation gésérale : les prêtres , las femmes et les enfimte se répandaient ea iamentràons et firémissaient de ee voir dans les mains de ces Ibigneiiots, dont le nom seal leur inspirait de Teffrdi. • Cependant les chefe cahinistes firent publier qu'ils prenairat possession de la Tille au nom du prince de Condé , comte de Soissons ; ^e les bourgeois n'avaient rien à apj^ébendçr «n demeunoit tranqiâUes, et que lears persomes et leurs biens seraient respectés. Cette assurance , jointe à la bonne conduite de& troopes, qui s'abstmiaient rigoureosement de toute insulte et de tout désordre , ramenèrent peu à peu le calme et la' confiance parmi la bourgeoisie. Il n'en fut pas de même chez les ecclésiastiques : prévoyant, avec raison , que cet événement aurait les suites les plus âcheuses pour l'Église de Soissons , ils ne voulurent point être spectateurs de la spoliation et de la profiination de leurs sanctuaires , et
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prirebt généralement le parti de fiiir , ce que leur conseBIaient d'affieurs la prudence et la frajeur qui lés dominait. Tôutefeis^ avant de quitter la TÎDe , Us Toulifirent pourvoir , autant que possible, à k sùretë des objets précieux qu'ils étaieot ch^ gés de laisser; car les Cahimstes, ms^tres des portes, ne pennettaient pas la s^lie de ce ifû appartenait à FÉglise et au clergé, le regardant comme étant de bonne prise. Les prêtres et les religieux profitèrent de ce que la garnison se tint toute la journée sous les armes, pour travailler avec une ardeur infinie à &îre des cachettes dans les caveaux, dans les combles, ^ns les cimetiè* res , partout , enfin , oà ib crurent pouvoir dépa* ser, en sAreté, les reliques, les vases sacrés , rargenteqe, etc. Ib sorârent ensuite de la ville sans éprouver le moindre empéchemeat de la part des Calvinistes. Les religieux de St^ean des Vignes qui avaient pour abbé , depuis deux ans , le cardinal dé Bourbon , frère du prince de Coudé , s'enfuirent tous , la nuit suivante , par un aqueduc qm cotnmuniqudt de l'intérieur de l'abbaye dans le fossé de la ville , et cette fiiite nocturne leur donna la facilité d'emporter quelques-uns des
obfete les plus prédeiR de Itnrëijfae. fies bonrgf ob s'âoignèreiit ptreilknieot de Iran iemmres sans y aToir été costnifits. Husbun d'entre eux , pairmi lesquels on dte Henri Lequeu:, écfaeviii , Quinquet , Remuait et Vitt^ firent emojés en dépntation auprèa da xoi pour aoffidter des setonrs. Ces ^Is Tolontaires , dont on ne pou- ▼sllt âCCMer les nâbmtfs^ les dâitràleat de gem qu'Os eossent été ol^^ de svmller de près , et tendaient à aseoper la traaqiéilité àum \^ morS'deSiiisions.
Dès le lendennn^ les troupes hn^aenotes se logèrent dans les maisons des gms fd^^Êgliseet dies les bom^geois caliioltqnes ; nnis toujours en phis grand nombre ches les pu^ents des chaneiftes. Cette préfiktnre fiit la seule charge que les Caihofiqnes eurent à supporter en représaiUeft des mauvais tndtenents dont les Râbnnés aTaieat à se plaindre. Les vainqueurs semblaient oublier que , cinq ans auparavant , on les avait bntfalement chasses et dépouiH^s de lears biens* Le sieur de Yendy prit le commandement de la ville et se logea au cloître , dans la maison du doyen du chapitre. Un conseil de guerre fiit établi au-
près de ce gourencnr : il était compMë eu of« fiden npërieuiB de la gtniis^»^ de quelques gentilshonittes des eniîrons et de bourgeois de Is ville ; ceur des éduéTins qui étaient restés dans leurs foyers , coosenrèrcnt ieurs fonctions en ce qui concernait les affidres courantes , et ils étaient appelés au conseil toutes les fois qu'il y avait à délibérer sur les besoins des troupes de la garnison.
Le prince de Cmidé, aprèsr une tentatÎTe inutile sur Monceaux , rassemblait les forces du parti caltinlMe dans le voisinage de ia ca^tale , de laquelle il annonçait vouloir faire le si^. Les sieurs de Genlis et de BoochavaBnes qnttèrent Soissons et allèfent le rejoindre avec nue partie de leurs troupes. Voisine do tliâtre de la guerre, entre la Champagne et la I^cardle , où les Réformés étaient en grand nombre et envoyaient des secours de toute espèce , Soissons , avec ses bonnes murailles , devint naturaUement le principal dépttt de Tarmée protestante. Quoique Tenceinte e^t été construite ou réparée à neuf, depuis une quinzaine d*années seulement, les Réformés travaillèrent encore aux fortifierons. Et telle était
ée Ito» prindjpcs BtK^MODt M^'oe «Moièffènt point Im duuiÉdiw «t Ittte»^ n méiwk ^ilr 4e Noâ ; ce dont les Cathofiqnes ne numq^èfeot pas de fiire un reprodie d*trréfi|^on« Ces Ira- ?anx avaient sans doute pour objrt de tenmift^ quelques parties de Tencelnte restées inachei'ëes, et d'âeirer den demb-hines en terre sur le oAté nord de la place , que laissaient faible le peu de solidité de b neitte npraiHe restateée et la défectuosité de SOS 4mcé. Il est constont ipe ces deux daDH4i]nes eaôsiaient au eomoHUaèeineiit du sièele sumuit el qu'^ettes ftranft eoiMtstfltes posténeurei)mifcanK/gra»èstmrattxde 4551.
\9SFAim xagmràt'ùÊÊtffeiÊktt y TaiMée dn priuce de €endé, (Mt affséUie par la bataiUe de St- D^BS, Tint se reposer dam les rainNUs d€ Sois* sons , d'oè elle mrdia vers la Lonaine^ afin d'opérer sa jonction' arec un coi^ d^annltanres amenés par le prince Casimir. Seissoifi'se trouva dès lors abandmfnéeàeUiMftÉffte ; iMâ$ sa §Ênxh son ^aât nolabrense et son §ou¥tinmr , le «ienr de Vendy , loin de gasder ses trompes dans Tinactiofif levlr fidsait ftwre de* fitéqumlei exeursûms
DE Boisamis. t9i
à plusieurs lieues à la ronde , tenant ainsi tout le pays soissonnais dans la sujétion , et se iUsant payer les impôts et les reyenns des biens ecclé* siastiques*