‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 145 sur 197 · SUPPRESSION DE LA RUE D ÉBROIN · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DE LA RUE D ÉBROIN

Louid XIII 5e trouvant à Soissons sur la fin du mois de mai 1 640 , y reçut la nouyelle que l'ar* mëe , sous les ordres du comte d'Harcourt , avait battu les Espagnols devant Casai. Un Te Deum fut chanté dans TëgKse' cathédrale; à laquelle ce prince donna les drapeaux enlevés à Tennemi , à Pexception de quatre qu'il envoya à Tabbesse de Notre-Dame , scrar du comte d'Harcourt , qui les fit suspendre dans son église.

Cette dame profita des bonnes cKsposiiions du roi pour lui demander Tautorisation de réunir à son abbaye la portion du vieux rempart, avec son fossé, comprise entre la rue St-Martin et la rue de Notre^)atte, en supprimant cell^ d'ÉbroYn, afin de se procurer un vaste jardin dont son mo* nastère manquait totalement. Ce prince accueillit favorablement la demande de fabbesse en lui disant : Qu'il était fuste d-étendre les bornes de

960 msToiRfi

la prison de la sœur, tandis que le frère étendait les limites du royaume et portait si loin la ^oire de rÉtat. Le cardinal de Richelieu alla luinnême, accompagne du secrétaire d'État et de trésoriers de France , sur les lieux , et donna Falignement, suivant lequel on conservait , entre le jardin et la rue St-Martin , un intervalle de 35 mètres pour les maisons particulières.

]\lais l'exécution de ce projet rencontra beaucoup d'obstacles : le corps de ville , le chaintre de la cathédrale et le public s'y montrèrent fort contraires , parce qu'ils voyaient avec peine la suppression de la rue d'Ébroun , qui offrait une communication commode et directe entre la partic méridionale de la ville et le faubourg St-Yaast : cette rue était la grande voirie de la porte de Rheims à celle de Laon. Les propriétaires des maisons et des terrains situés entre la rue d'Ébroïn et le vieux rempart, enhardis par le méconteidiement général, demandèrent des prix exhorbitauts, auxquels il fallut consentir , et ce ne fut qu'à force de sacrifices , qui endettèrent l'abbaye de plus de deux cent mille livres, et après seiK années de peines et de tracasseries ,

DE SOISSONS. 96f

1 que Tabbesse put parvenir :\. son but : encore lui

; fallut-il le concours et Tappui de la reine-mère,

i Anne d'Autriche, pour y mettre la dernière main...

i Cette princesse , afin de couper court à toute op-

I position , envoya Tordre au maréchal duc d*£s-

t: trëes, gouverneur de Soissons, de poser, en son

I) nom , la première pierre du mur qui devait fermer la rue d'Ébroïn. Ce qui eut lieu avec un

X grand appareil, le 7 septembre 1657. L'abbaye

^ obtint un jardin de 1 94 mètres de long sur 1 00

i' de large, et, pour remplacer la rue supprimée, on

i ouvrit celle des Quatre Sources ou des Feuillants.

Page 1