ETABLISSEMENT D'UN AIAIRE ÉLECTIF
Le prëvôt royal de Soissons, M. de Tourna j, étant «tort , en 1 663 , sans laisser d'enfants mâles, le corps de ville en profita pour obtenir un arrêt du conseil du roi qui ordonnait que cette charge, devenue Tënale, resterait réunie au prësidial pour ce qui concernait les attributions judiciaires: mais que la présidence de l'administration mooicipale et la police chiie seraient confiées à on nouveau magistrat qui prendrait le titre de maire. Voici la teneur de cet arrêt :
t< Le roi s*étant fidt informer de l'état auquel se trouve préseUtemrat la ville de Soissons , par la réunion qui a été feite au corps du présidial de ladite ville de l'office de prévôt , qui avait été ci-
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devant crée et établi ; sur ce que celui qui eh ëtait pourvu tenait lieu de maire, y exerçait, avec les ëchevins, la police et avait les antres soins qui sont conunis aux maires èts autres villes du royaume ; et considérant combien il importe au maintien du peuple et à la sëcuritë de ladite ville de Soissons de pourvoir à ce qu'en la place dudit prév6t il y ait une' autre personne qm s'applique entièrement aux choses dont il est charge. Sa Majesté , ëtant en son conseil , a ordonne et ordonne que dorénavant il sera fait élection en ladite ville de Soissons; que ladite élection sera renouvelée, de trob ans en trois ans, avec cdle des quatre échevins ; lequel , avec lesdits échevins , prêtera le serment par-devant le bailli ou $oa lieutenant général en la manière accoutumée. Qu'à l'égard de ladite charge de maire, tes trois personnes
qui se Couveront avoir le plus de voix , pour y entrer, seront nommés à Sa Majesté ^par le gouverneur de ladite ville , ou en son absence s par les maire et échevins^ qui sortirt>nt de charge pour choisir celui des trois qu'il estiiÉera à propos. Que le maire et les éibevins aivont la police de la ville , pour l'exercer en la même manière et
aiuLinéiMs pouvoirs et frâtigatifw que le faisait ledit prëvât duis ThÀtel ofunnnin de ladite TiHe, à rexcitptioii de ee qui regarde les métiers, réceptiom de maîtres et fnrés d'icen, et 4e tous les difiEérends qui les oonceraeet^ lescpiels deneii' refont aux officiers du présidial aver le surplus df laditA duirge de prérôt, dont lunioii , ci-de- Taut &ite au présidial, demeurera en sa force et vertu : le to«t après que leadits officiers au^out été dédommagés et indemnisés do ce qak Irar est démeodiré de ladite charge de prévôt. En ëgard au prix d'iceUe , voulant que jusqu'à l'actael rembourseme^ lesdits. officiers du présidial continuent toutes les fonctions dépendantes de la^ prévèté.
¥ Que le&jéchevios eu doffge auront voix délilH^atift et omdbaive daus les assemUées qui se feront au^t hètel de nlle ; que lesdits éclieiôfls auront et prendront entre eux ramg et séance , selon la phmiUlé des voix ipii leur sont données , et que cdkii qui sera le qnatrfême , pour «voir en le moins de voix , fera et exercera la chaiig^ d'argentier de ladite vilfie freeeviêur munkipal) > et qu'en cette qualité, il aura le maniement des
deniers de 4a durits i te tmit noiiAbstaTit tous statuts, privilèges , coutumes, arrêts et autres choses à ce contraires, auxquels Sa Majesté veut qu'il soit déroge en ce qui regarde Teffet du présent arrêt , et qu'en vertu d'ieehii , toutes lettres qui pourraient être nécessaires soient expédiées, Sa IHajesté se rësenrant à soi et à son conseil la connaissance des différends qm pourrnent sunrewit à l'occasion de l'étabMssemenf duêat maire , et icelle interdit à toutes autres cours et juges quelconques.
i< Fait au conseil du roi , tenu à St-Germain en Laye , le 1 7* de juillet de Tan de grâce t665. n
Cette forme d'orgamsal»on confiait l'administration municipale toute entière aux élus de la bourgeoisie. Dès la même année, tétas les suffrages^ se portèrent sur M. I^iofiritore-Chailtereau , trésorier de France ; mais am termes de l'arrêt , il (allait poujnroir au payement de l'indemnité due aux officiers du prési^l , pour que le maire pût açr dans toute la plénitude de ses droits. Cette indemnité é^t de qurnse mille cinq cents Hvres. Le bureau des finances donna deux mille livres , et le reste de la somme ayant été réuni , le payement en fut efTectiié le 12 décembre 1667, et
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l'acte adressé au fm , qui le ratifia ^ et ordonna , par une lettre de cachet, du 39 janner 1 668 , à M. CSiantercau, de prendre possessicm de Tadministration de la poUce , ce qui eut lieu le 94
février suivant. Ce même M. Lefebure-Chanterean
fiit réélu maire' en 1668 et 1683.
M. Jacques Rousseau, conseiller au bailliage et trésorier de France, maire en 1671 .
M^ Nicolas Hébert, trésorier de France, lui succéda en 1674 et &t réélu en 1699.
M. Despinois de Charignon , trésorier de France, en 1677.
M. Jean Simon, idem, en 1680.
M. Jean Gagne, idem, en 1686.
M. Arthur Poussin, idem, en 1689.
Il est remarquer que ces maires , choisis par la bourgeoisie , appartenaient tous au bureau des finances , et qu'il n'eu Ait pris aucun dans le barreau , dans la classe des propriétaires ou dans celle des marchands. QuoiquHl en soit , cette forme d'administration municipale qui semblait la mieux appropriée aux intérêts et aux besoins de la ville, n'çut que vingt-sept ans de durée. Elle fut dévorée par le génie de la fiscalité.
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ïJi PESTE ENLÈVE 11 A 1900 PERSONNES.
Au mois de mars de Tannëe 1 668 , la peste parut à Soissons où , pendant cinq mois , elle fit de grands ravages. Cette cruelle maladie éclata, comme en 1 629 , dans une maison de la rue des Cordeliers et se répandit avec une effrayante rapidité dans tous les quartiers de la ville , malgré toutes les précautions ordonnée^ par les magistrats pour en arrêter les progrès. La violence de la contagion augmentait toujours et déjà plus de cinq cents personnes avaient péri. On eut recours au moyen disoler les malades , et Ton fit construire, à cet effet, douze baraques en bois au cimetière des pestiférés, près le rond du cours, ( ce Keu était ainsi appelé parce qu'on y avait enterré les victimes de la peste de 1 699 ) mais ces douze baraques remplies avant d'être achevées , on en éleva cinquante autres, le long du chemin du bac de Pasiy , puis quarante , enfin le nombre
des malades devenant chaque jour pkis (pranâ , 1« reli|;ieiix de St-<^rëpin en Chaye donnèrent Icor maison pour servir d'hôpital.
Dès Tapparition de la maladie , un grand nombre de personnes prirent la finte , mais on ne tarda pas à 7 mettre obstacle. U fut même dëfendu, sous les peine} les plas sévères, de sortir de la ville et de communiquer avec le dehors. La population soissonnaise fut donc se questrëe dans ses murs, au foyer de la contagion, qui , heureusement , n'étendit point ses tvnf^ aux committes voisines. A ces précautions , on ajouta celle de prévenir les réunions nombres ses ; pendant tout le temps que dura répidëmie, il n'y eut d'autres offices religieux que des basses messes^ Chacun restait enfermé cbes soi, les rues étaient désertes et l'herbe couvrait le pav^^ l'évéque , M« de Bonrlon , déploya « dans cette circonstance, un grand comrage et une charil^ inépuisable, portant partout, et à tout instant, des secours et des consolations^
Le fléau cessa dans le courant eu mois de juittet^ etie 30^ le feu fiit mis, par les magbtrato, aux baraques. Le nombre des morts s'éleva i
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onze ou douae cents. Perte énorme ! c'était à peu près le septième de la population. A U fia dit mois d'août, on fit, pendant trois jours, des processions en actions de grâces, et, le. 3 septembre, on publia l'ordonnance qui permettait aut babitants de sortir de Soissons, ainsi que le rétablissement des conununications avec les Beux cir^ conyoisins.