‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 153 sur 197 · ACADEMIE DE SOISSONS · texte numérisé non relu

ACADEMIE DE SOISSONS

Dès Tannée 1 650 , la célébrité toujours croissante de r Acadénùa Française , avait donné l'idée à MM. Juliett d'Héricoirt, Berlbeinet, Hâ»ert, Gaérins Moraoïd et Bintrand de foraier^ aussi , à Soissons 9 une assodatiaB littéraire. Cette société se réumssait i)ne fois par senafaie. M. le maréchal 4l'£3trées, gouYerncnr de la province, de^ manda an roi de la • constihier en académie par dea kttres patentes. Loui^ XiV parut agréer cette 4«mand^ ; . nuus, le chancelier Séguier s'ét»rt formellement prononcé contre rétabKssement de ces

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sortes d'assead^lées d'hoomies de tous rangs, sans chef légal, parce qu'il les croyait nuisibles au bien de l'État, les lettres patentes ne furent point accordées. Malgré les instances du aiaréchal et les sollicitations de .plusieurs membres de l'Académie Française , le chancefier persista toujours dans son refus , et ce ne fut que phis de vingt ans après que le cardinal d'Estrées, fils du maréchal, put enfin obtenir du roi les lettres patentes tant désirées. Elles furent expédiées , au mois de juin 1674, du camp devant Dôle. Le ministre Colbert, en les transmettant à Soissons, y joignit la lettre suivante , qui retraçait l'objet de l'institution :

u Le roi ayant eu pour agréable que je lui propulsasse , eu votre nom , de constituer T Académie de Soissotts, laquelle agit de concert avec TAcademie de Paris , dont il a daigné se Ëiire le protecteur , il m'a enjoint de prendre soin de vous faire passer ces lettres patentes qui règlent votre institution, et de vous faire savoir en même temps que Sa Majesté attend, que par vos travaux et vos études , TOUS coopériez à l'excellent ouvrage que TAcadémie Française a entrepris pour accroître la gloire de son règne.

M Versailles, le %9 jaillet 1674. »

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Les lettres patentée . ayant été 'enreg;istrëes au parlement, le ^ juin 167S, la séance dlnstailation, de TAcadénie de ^dissous, eut lien le 9 août suitant dans la grande salle du présidial. M. Berthemet, avocat^ et l'un-des membres^ fit, dans un discours qui fut fort applaudi , l'histoire de cette société depuis son origine jusqu'à ce jour.

L'Académie Française avait appuyé de tout son crédit les démarches du cardinal d'Estrées , qai était aussi l'un de ses membres. Celle de Soissons ne crut pouvoir mieai faire que de s'affilier à elle et de se placer ainsi sous sa protection. EHe se choisissait un protecteur pairmi les membres de rA<?adémîe Française,' et elle hii enfVoyait-, tous les ans , par forme de tribut , une pièce de prose ou de vers, revue et corrigée partons ses membres réunis. Les académiciens de Soissons étaient admis dans les assemblées publiques et particulières de l'Académie Française , et ils donnaient leur avis sur les matières mises en délibération. Si quelque membre de l'Académie Française venait à Soissons, on ne manquait jamais de le priier de présider les séances de l'académie de cetle ville.

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Ce fut ausdi pour tëoioigiier de sou ciftiliaUpii à l'Académie . Française , que celle de Souspus prit pour devise uq aiglon qui s'élève Ters la soleil à la suite d'un aigLe, avec ce mot : Mate^nis au$ir biisaudax.

Les statuts et les usages de rAcadém&e de Soi^ sous étaient à peu près les mêmes que çem de r Académie Française. Le nombre de ses membres était de vingt. Elle teiiait ses : j^éancf^s pubU* ques daus la grande salle de Tévécbé , et ses seau* ces ordinaires ^ le mercredi de chaque semaine , dans une salle du château. Mais après la démolition, en i77â, de cet édifice, ces dernières se tenaient dans la grande salle du couvent des Feuillants , où se trouvait placée la bibliothèque que les académicienô étaient parvenus à foroner.

Cette Académie ne répandit pas aux espérances qu'on en avait conçues. Composée presque ex^ clusivement d'officiers du bailliage et du bureau des finances, de dignitaires de l'Église et de chanoines , elle fit peu parler d'elle , et aucun de ses membres ne se rendit célèbre par là production d'un ouvrage de mérite. L'Académie de Soiâsons ne compta jamais dans son sein ce qu on est con^ venu d'appeler un homme de lettres. Cependant ,

M. Lefebyre de Laobrièrc, ëv£que de Soissons, ▼int la tirer, pour quelque temps, de l'ëtat de monotonie dans lequel elle végétait , par la fondation d'un prix annuel , consistant en une médaille d'or, pour la mrîlleure dissertation sur un Eut d'histoire qui serait désigné par elle. Ce prix fut décerné, pour la première fois, en 1735. Le dernier concours de ce genre eut lieu en 1 7d1 , et fut le plus remarquable ; M. de Fitz-James qui venait de succéder à M. de Laubrière, ayant fait don, pour ce concours, d'une seconde médaille d'or de trois cents livres. M. l'abbé le Beuf, chanoine de la cathédrale d' Auxerre , eut la première ; il avait déjà obtenu celles de 1 735 et de 1737; la seconde fut partagée entre M. l'abbé Fenel et M. Gouye de Longuemarre. Depuis lors, l'Académie s'abstint de faire excursion dans le domaine de l'histoire , et ses prix ne furent plus donnés qu'à des ouvrages de poésie. Cette détermination (ut-elle l'effet de sa propre volonté , ou ne lui fîit-elle pas plutôt imposée par TAcadéniie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris , qui pouvait prétendre , avec raison , qu'on empiétait sur ses droits ?

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