CHAPITRE DE LU CATHÉDRALE
C'est encore à Charlemagne et à son fils, Louis I'', qu'où attribue l'organisation du chapitre de la cathédrale appelé aussi chapitre de St-Genrais, l'un des patrons de cette église. Oiarlemagne, voulant rétablir l'ancienne disciptine ecclésiastique, rendit une ordonnance qui eo/oignait à tous les prêtres attachés aux cathédrales de vivre en commun, ou de se retirer dans des monastères; et il laissa, par son testament, des sommes considérables pour la construction des bâtiments nécessaires à leur logement. Plusieurs conciles confirmèrent l'ordonnance de Charlemagne : celui assemblé, en 81 7, à Aix la Chapelle, par l'empereur Louis P% détermina la composition, les droits et les devoirs des commu-
Bautés de prêtres qui prirent le nom de chapitres.
Cette obligation imposée aux prêtres de vivre
eu commun, avait principalement pour objet de
les rendre plus assidus aux offices et à toutes les pratiques religieuses, fort multipliées alors, en les affranchissant de toute affaire mondaine. Il leur ëtait cependant permis de sortir et de fréquenter la société des laïques. Us pouvaient jouir de leurs biens personnels, et leur nourriture ne devait pas être aussi frugale que celle prescrite aux moines de ces temps-là. ï-a vie en commun du chapitre de Soissons ne dura que jusqu'en Tannée 948, époque à laquelle la maison commune de ce chapitre ayant été incendiée, ses membres furent obligés de se loger séparément ; mais chacun d^eux recevait quatre livres de pain et six livres de vin par jour. Celle distribution cessa vers le milieu du XP siècle. Elle fut remplacée par un revenu appelé prébende, d'après le partage que fit l'évéque Hedon, des biens de la cathédrale entre lui et le chapitre. La part de ce deniier, qui se composait des deux tiers de ces biens, fut divisée en soixante prébendes, ce qui prouverait que le chapitre de Soissons comptait déjà ce nombre de chanoines.
L'évéque était le chef spirituel du chapitre, et réconome, qui prit dans la suite le nom de pré-
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vôt, en administrait le temporel. Les autres dignitaires étaient le doyen, Técolâtre, les quatre archidiacres et le trésorier. L'ëvêque confërait, de plein droit, tous les canonicats, et nommait les archidiacres et le trésorier ; les autres dignités étaient à la nomination du chapitre.
Cette corporation devint dans la suite trèspuissante. Tous les évéques de Soissons lui donnèrent, pour augmenter sa dotation, des terres, des dîmes et surtout des cures de la campagne ; elle obtint, en 1191, une bulle du pape qui Teiemptait de la juridiction épiscopale , et cherchant toujours à étendre ses droits et ses inununités, elle eut, à diverses reprises, de vives contestations avec son évêque,avec les autres corporations religieuses, avec les seigneurs des environs, avec la commmie de Soissons, en un mot avec tous ceux dont les intérêts pouvaient lui être opposés.
Le chapitre de Soissons a fourni à l'Église de France un grand nombre d'évêques et d'archevêques. Il est aussi sorti de son sein plusieurs car- ^aux et trois chanceliers du royaume : Pierre de Latilly, élevé à cette dignité en 1313; son sut-
cesseur, Etienne de Mornay, et enfin Jean de Dormans, chancelier en 1 357 .