‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 59 sur 197 · L'ÉVÊQUE SEIGNEUR FÉODAL · texte numérisé non relu

L'ÉVÊQUE SEIGNEUR FÉODAL

Baoul mourut sur la fia de l'année 935 ; le duc de France, Hugues, fils du roi Robert, assez puissant pour prétendre à la couronne, aima mieux la poser sur la tête du fils de Charles m, qui régna MUS le nom de Louis lY, dit d'Outremer, parce que sa mère l'avait conduit en An^eterre durant la captivité de son père. Dans le même temps^ réyéché de Soissons vint à vaquer par la mort d'Abbon ; le duc de France fit usage de sa grande influence pour y faire nommer Gyi, fils du comte d'Anjou, son parent, qu'il savait être un de ses partisans.

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, l'évêque de Soissons avait obtenu du roi Govis le maintien de la haute magistrature civile, dont il jouissait sous les Gallo-Romains ; mais la juridiction de ce pouvoir s'était trouvée presque* circonscrite dans le petit rayop de la ville et de sa banlieue, jusqu'au

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temps où le siège &t occupe par des hommes d'origine franque. Ce fut alors que la magistrature civile des anciens ëréques et des comtes de la province purent être réunies dans les mêmes mains. Ce changement eut Heu, selon toute apparence, sous les rois Mérovingiens; ce dut être alors aussi, et dans le but de soutenir les prétentions de Tévêque à cette double dignité, qu'on argua de la donation du comté de Soissons que saint Prince aurait reçu de Clovis.

Quoiqu'il en soit, il pandt à peu près certain que l'évêque de Soissons réunissait, sous les premiers Carlovingiens, la puissance spirituelle et l'autorité civile ; mais que cette dernière se trouvait placée dans la dépendance et sous le contrôle immédiat de celle du monarque, dont la résidence ordinaire étant établie dans sa province, devait y conserver nécessairement les droits de sa souveraineté dans toute leur plénitude. Mais lorsque le roi Raoul, par reconnaissance du zèle que l'évêque Abbon avait déployé pour son élévation au trône, eut accordé à ce prélat la même indépendance d'autorité dont jouissaient tous les seigneurs, complices de sa rébellion, la province de

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SoisftODs fat soustraite à Tinfluence protectrice de l'autorité royale.

L'ëTéque Gui, d'une de ces familles puissantes qui gouTernaient en despotes des provinces entières du royaume, ne voulut pas renoncer aux privilèges des siens. Jeune, ambitieux et fort de Tappui de sa famille et de la faction du duc de France, il consomma l'œuvre que son prëdëcesseur avait commencée, et prit rang parmi les seigneurs de la couronne. Soit faiblesse de caractère, soit impuissance, Louis lY n'empêcha point 0 une usurpation qui lui arrachait, sans retour, la plus belle des trois seules provinces que son père avait possédées en propre. Il s'éloigna dès lors de la ville de Soissons, où l'autorité royale ne pouvait plus être reconnue qu'avec le bon plaisir du seigneur évéqiie. C'est ainsi que cette ville, déchue du rang de i^ille royale, qu'elle avait occupé pendant plusieurs siècles, tomba dans le domaine d'un vassal ; ce changement de maitre qui devait si malheureusement influer sur les destinées ultérieures de cette cité, fut signalé par une épouvantable catastrophe.

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