ABBAYE DE S^JEAN DES VIGNES
Au milieu de l'anéantissement de l'autorité royale , dans ces temps où les successeurs des
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Ptpin et des Otariemagne, oublia ou mécomiiift des seigneurs puissants, n'ëttioit pins respectés qtte dans quelques protinces^ la puissance ecicléaiastique avait grandi outre mesure, et les papes n'aspiraient à rien moins' qu'à la domination uniye^selle; ils s'ëtaient même déclarés les juges des rois et lés maîtres de lèitrs couronnes. Pour appuyer ces prétentions monstrueuses, ai contraires à Tes^t du christianisme, ils avaient une arme bien terrible alors: c'était l'excommunication. Les pontifes romains en frappaient sans hémtcr, quiconque s'opposait à leurs dessems ou à leurs décrets, et nulle institution ne préservait de leurs fimestes effets. L'anathéme dont le bon et pieux rot Robert fut frappé, restera toujours comme un témoignage mémorable de l'audace du sacerdoce, ainsi que de la faiblesse et de la superstititoo des peuples.
Les évéques qui secoBd«ent de tout 4eur pour voir l'ambition des papes, profitaient de la frayeiur inspirée par les foudres de Rome, pour revendiquer une foule de domaines qu'ils (prétendaient, à tort ou à ru son, avoir été enlevés à l'Église, par l'autorité séci^re, pendant les troubles èes IX*
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etX'^âiëdes. Hugues Capet, deivenu roi, s'ëtait empressé, pour se fendre le clêrgë firrorabte, de se démettre des abbayes de St-Genuain des Prés et de St-Denis, qo'il tenait en ccminiende' par héritage. Soit par entraînement on par dëvôlidn, beaucoup de seigneurs ayaient suivi cet 'exemple ; mais d'autres moins reUgiieux ou plus déterminés ne eédèrent qa-k la dernière extrémités De ce nombre était un seigneur de Ghàteau^/tli^erry^ nommé Ikigues. Poussé à bout par les menaces et les exhortations de Thâ>aud de Pierrefonds, éréque de Soissons, ce seigneur consentit enfin à se dépotttHer de cinq bifotiKces ecclésiastiqaes; mais^à la conditkm expresse que les hémtêota restitués senriraient à 'fonder, à Soissons^ une abbaye de chanoines, suivant la règle de saiDt Augustin : 0B donnant à ces dnnoines la. qualification de Réguliers y pour les distinguer de ceux des calhédrales et des collé^ales, qui avaioft remonçé à. la Tie commune.
La nouvelle communauté lut installée «n l'année 4076, dans Téglise de St-Jean du Moot, où s'étaient retirés plusieurs prêtres, pour y vivre dans la retraite. La cérémonie eut lieu en pré-
woct en clergë, des srignears vassaux de rëyèque et d'une grande foule de peuple. L'evéque, tenant par la main le seigneur de Château-Thierry, fit concession aux prêtres de St-Jean du Mont, pour en jouir à perpëtintë, des cinq bënëfices restitues, ainn que de deux moulins et de pinceurs biens*fonds donnes par le fondateur. Douze ans plus tard, Hugues fit encore don de terres situëes à Chcarly , et de trente arpents de vignes qu'il venait d'acheter, dans ce dessein, aux alentours de l'ëglise. C'est de là sans doute que la nouvelle aUiaye reçut le nom de St-Jean des Vignes.
Dans la même annëe, le roi Philippe I^ confirma cette fondation et donna aussi quelques biens. En 4089, le pape Urbain II, ne dans le diocèse de Soissons, et qm avait ëlë chapelain de l'ëvéque Thibaut de Pierrefonds, approuva les statuts, sanctionna toutes les donations et les privilëges accordes, et mit l'abbaye sous la protection du saint siëge.
L'exemple donne par Hugues de Château- Thierry , trouva des imitateurs : plusieurs grands propriëtaires s'empressèrent d'ajouter à la dotation des chanoines de St-Jean, soit en donnant