‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 69 sur 197 · w»ûiBB · texte numérisé non relu

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d^ea biens, âoit en restituant des liédëfices dont ils étaient dëtentears. La plupart tremblaient de la ^gœur avec laquelle le dergë poursuivait adors la restitution des domaines et des bënëfices qu'il croyait avoir appartenus prëcëdemment à l'Église; et malheur à qui osait rësister! La chaore de saint Herre ëtait alors occupëe par le famiaiK Qvé^ goire Vn, l'adversaire le plus iniexible et le plu nedoutabie des têtes couromiëes, et de quiconque voulait s'opposer à l'ëtablissement du despotisme Ihëocratique.

Les ëvêques s'empretôèrent aussi de iaioriser et d'enrichir la nouvelle abbaye. Thibaut de Plerre£6nds lui fit don de la première prëbende de la cathëdrale, et lui accorda même tme juri^ diction seigneuriale, formëe d'ua dëmenbrement de la sienne. Cette juridiction comprcinait le faubpurg de St-Remy, le quartier de Paoleu et les pientes de la colline d^ St^Jean. £lle avait pour limites au nord les murs de la ville, le canal et la riyière de Crise à Tei^t, b plaine de Manpas à 1 ouest, et elle s'ëtendait* au sud, jusque vers le château dç iChevreux.

J^^e autre» privilèges obtenus du pape Uiv

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bain, par l'abbaye, était celui de pouvoir potôéder des bëuëfices, et de les faire tenir par des chœoiaes responsables envers la communautë de tous les revenus qm y étaient attachés, et ne se réservant, pour euiHfnémes, que la somme strie* tement nécessaire à un genre de vie simple et firugal. Ce privilège^ déclaré irrévocable, lut pour l'abbaye une source abondante de richesses; le nombre de ses bénéfices monta jusqu'à quarante, panai lesquels il s'en trouvait de très*produc* tifs.

La bonne renonunée dont jouissait, à juste titre, cette maison qui n'a jamais été dans le cas de

subir de réforme, et les biens considérables qu'elle possédait, la firent tellement rechercher, ^'il devint nécessaire de fixer le nombre de ses membres. Par une bulle du pape Calixte m, elle put contenir quatre-vingt-dix chanoines, indépendamment de ceux qui étaient chargés de desserrir les bénéfices, et des frères convcrs. St- Jean des Vignes était une pépinière féconde de prêtres, remarquables par l'austérité de leurs mosurs et par leur savoir ; aussi les évéques l'entouraient-ils de toute leur affection. Ils s'y ren-

daient assez souvent pour y faire des retraites et pour se faire saigner avet les reli^eux, andennement obliges de se soumettre à cette opération deux ou trois fois par an, pour conserrer leur santé , et atténuer Teifenrescence des sens.

A mesure que la communauté prit de l'accroissement, il fallut éleyer des bâtiments spacieux pour la loger conyenablement. Les édifices, con* formes au goût de l'époque, n'étaient pas sans élégance, mais le plus remarquable fut naturellement l'église dont l'architecture, imposante dans son ensemble et d'une grande recherche dans ses détails, la rendait tout à fait digne d'une si riche abbaye. La construction en fut entreprise, sur la fin du Xn^" siècle, par le soin d'un abbé nommé Raoul. Ce fiit le même qui fit aussi établir, en 1 SS9, les tuyaux en plomb qui amènent l'eau de la montagne de Ste-Geneviève.

La construction de l'église dura trois siècles et demi. On commença par bâtir le chœur, et on y employa 38 ans. On se mit ensuite à la nef; mais les travaux ayant été interrompus à plusieurs reprises, cette partie de l'édifice ne put être terminée qu'en 1480. Enfin le portail et les deux cIo-

chers , seuls restes aujourd'hui de ce beau monument, et qui paraissent devoir être conservés comme objets d'art, forent conunencés peu de temps après l'achèyement de la nef, et termines en 1 530 ; on peut donc les regarder comme des productions du XV siècle.

Les fondations de la nef avaient ëté portées jusqu'au niveau du sol, lorsqu'en 1 380 on en suspendit le travail, pour s'occuper sans relâche d'entourer l'abbaye, dont le pourtour était d'environ 630 mètres, d'une forte muraille, épaisse de 5 pieds, surmontée d'un chemin de rondes , et flanquée de tours. La porte de l'abbaye, placée sur le côté faisant face à l'ouest, fut protégée, comme la porte d'une forteresse, par deux tours, un pont-levis et des mâchicoulis. De puissantes raisons pouvaient seules déterminer les chanoines de St-Jean à suspendre ainsi, pour un temps assez long, l'achèvement de leur église, et à dépenser des sommes considérables pour fortifier leur mabon. Les Anglais, maîtres de Calais et de la Guyenne, faisaient alors des courses fréquentes dans le royaume, et la position de l'abbaye, sur une colline qui dominait les murs de la

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YUle, à une distance d'enTiron 360 mètres, Texposait à étve nécessairetmat occupée par toirt corps de tsoupes qui Tonlait attaquer ou seulement inquiéter la vMle. C'est ce qui eut lieu yrai* semblablemeut pendant le cours de cette même année (1 380), quand une armée anglaise!^ passant sous les murs de Soissoi^, brûla quelques maisons des faubourgs.

Cependant à cette époque régUse de St-Jacques, tout en conservant sa destination de paroisse pour le faubourg de Crise, fut renfermée dans Tenceinte de Tabbaye.

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