CONCILES
Vers la fin du XI* siècle, Soissons vit deux conciles se réunir dans ses murs : l'un en 1078, et l'autre en 1092; le premier, à l'occasion d'un différent assez grave qui s'éleva entre l'archevêque de Rheims et l'évêque de Soissons: mais Tafifaire la plus remarquable à laquelle procéda ce
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condle, fui la dépositiao d'uii abbé de St-Médard, nommé Ponce ; cette déposition, d'après un pri- YÎlége accordé par le pape Grégoire le Grand aux religieux de cette abbaye, ne pouvait être effectuée que par le concours de trois archevêques, assistés de leurs sufiragants. De là il semble résulter que ce concile était plbs qu'un simple concile provincial.
La déposition de cet abbé fut motivée sur le reproche que ses moines lui faisaient d'user, avec beaucoup trop d'ostentation de ses droits honorifiques et seigneuriaux, de dissiper les biens de la copimunauté à donner des repas somptueux, ainsi qu'à entretenir une suite brillante et un grand nombre de gens armés à sa solde. Il fallait que le mal eût été véritablement porté à l'excès pour attirer sur ce dignitaire toute la sévérité du concile, pmsque le défaut dont on le punissait, lui était comnran avec lé plus grand nombre des prélats et des abbés de ce temps. On les voyait en effet rivaliser* de (àste et d'orgueil avec les seigneurs bïcs, et le plus souvent l'emporter sur eux.
Dans le second concile furent discutées et condamnées les opinions d'un prêtre de Compiègne. nommé Roscelin, sur le dogme de la sainte IViriité.
SOÏSSONS A DEUX ÉVÊQUES
L^année qui suivit le premier des deux conciles dont il vient d'être fait mention, et sous le règne de Philippe I^, l'église de Soissons fut troublée par un événement jusqu'alors iuoui dans les fastes de l'Église Gallicane. Nous avons vu que la nomination des évéques qui, dans l'origine, appartenait collectivement au peuple et au clergé, avait passé, avec le temps, dans le^ mains du clergé seul. Mais ce droit avait été rendu à peu près il*^ lusoire, par l'obligation de ne choisir, en premier lieu, pour évéques, que des personnes agréables au souverain, et plus tard, de nommer les sujets désignés, soit par le roi lui-même, soit par des hommes assez puissants pour n'être point reiusés. On se rappelle que le premier exemple d'un choix imposé a^x électeurs fut donné par Ebroïn, maire du palais.
Sous les successeurs de Gharlemagne, la nominatiou des évéques tomba presqu'exclusivement
entre leêBMâDsdu chapitre de la calhëdrale qui, soÎTaiit les circonstances, l'exerçait arec plus ou moins de liberté. Les choses étaient à peu pris dans cette situation <piand le siège épiscopal vint à vaquer, en 1079, par la mort de Thibaut de Plerrefonds. Le roi Phifippe I*' y nonuna, de sa propre autorité et sans élection canonique, UrsicMi, frère de son maître d'hôtel. Ursion se rendit de suite à Soissons et prit possession de Tévéché; mais le pape, c'était Grégoire VU, n'en fut pas plus tôt informé qu'il envoya l'ordre à son légat de convoquer sur-le-champ un concile pour déposer Ursion, et de faire procéder à l'élection d'un autre évéque, selon les règles ordonnées par l'Erse. Ce concile se tint à Meaui ; un grand nombre d'ecclésiastiques de Soissons s'y étaient rendus, et tous réunirent leurs suffrages sur le moine Amoul de Tabbaye de St-Médard. Après avoir refusé d'abord l'honneur qu'on lui faisait , ce religieux fut obligé d'accepter sous peine d'être frappé d'anathème par le légat, qui le sacra évéque de Soissons, au milieu du concile. Le siège épiscopal eut donc deux titulaires : l'un, nommé illégalement, soutenu par le roi, et comp-
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taot au3 nombre de ses partisans le cente^GoM Imme et br comtesse ÂlaS^; Tantre^ élu canoni^ qneniesty ayant pour loi' la pks grande partie do dergë* Amonl patit deMeanx pour venir pretih* dre possession de son siège; mais le frère d'IJr^ sienv le maître d'hôtel da roii» ^ porta à sa rttfcontre amc une troupe de soldats^ et le' mamça de le tuer s^il allait plus avant. Lé'prëlat, mëprisant cette menace, poussa son cheval pour passer outre,, mais les soldats lui barrèrent si bien le chemin; sans lùî faire pourtant- le moindre mal, qu'il fut contraint de tourner bride, et de se diriger vers le château d*Oulchy, o^ il alla demander aedle au comte de Brie qui le reçut avec empressement. Entouré de la portion dû clergé de Soissons, qu'il avait ëlu, il eiefça^ dans ce château, les fonctions épiscopalès, pendairf que son compëti'teur les remplissait tranquilleftient à Soiss^ns ; mais renonçant bientôt à une dignité qu'il n'avait acceptée qu'à regret, il partit pour Altembourg, et y fonda une abbaye de rdrdre de St-Benoît, dans laquelle il termina sa vie'en 1087.
Ursion resta possesseur de l'évêché qu'il conserva jusqu'à sa mort, survenue en 1089» SS Tin-
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flexible Grégoire YII parut cëder dans cette circonstance, c'est parce qu'il se trouvait alors fortement engage dans une querelk arec l'empereur d'Allemagne au sujet des investitures. Le clergé sut très^mauvais gré au comte de Soissons, et surtout à la comtesse Alaïs, d'avoir pris parti pour Uirsion, et c'est peut*^tre à cela.qu'il conviendrait d'attribuer l'animosité de l'abbé Guibert contre cette femme qu'il a représentée sous les couleuDS les plus noires.
Le comte Guillaume^ dont la vie nous est à peu près inconnue, mourut en 1099, laissant trois fils et quatre filles. Ses trois fils furent Jean, son succesi^eur à la possession du. comté; Renaud, qui fit partie de la première croisade, d'où il ne revint jamais ; et Manassès, qui fut évéqne de Soissona depuis 1 1 03 jusqu'en 1 1 08, épo,que de sa mort. Le comte Guillaume et la comtesse Alaïs étaient comptés au nombre des bienfaiteurs de l'abbaye^ de St-Jiean des Yigpes.
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