‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 80 sur 197 · COMTES DE LA MAISON DE NESLE · texte numérisé non relu

COMTES DE LA MAISON DE NESLE

Le comte Renaud II , le dernier de la maison de Normandie , mourut en 1 1 46 , et fîit inhume dans nn caveau de Féglîse de l'abbaye de St-Lëger. iTes de Nesle, son cousin germain, prit possession du comté en vertu de la décision de l'assemblée de 1 1 41 . Ce comte accompagna Louis YII à la croisade ; fit des donations aux églises de St-Oépiu le Grand et de St-Léger, et mourut en 1177. U fut inhumé à côté de son prédécesseur.

Conon , son neveu , lui succéda ; mais il mourut au bout de quatre ans. Ce comte fit des donations aux églises et fiit inhumé à Tabbaye de Longpont. Il eut pour successeur Raoul, son firëre , qui Ait l'un des hommes les plus remarquables de son temps.

Raoul, à l'exemple des comtes de Soissons , ses prédécesseurs , protégea les Juifs. Tandis

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que Philippe-Auguste ordonnait leur expulsion , Raoul les maintenait à Soissons ; et ce fut sans doute pour appaiser les clameurs des gens d'Eglise qui demandaient avec instance l'exécution des ordres du roi , et en vue de ne leur laisser aucun doute sur la sincérité de ses sentiments religieux , qu'il fit bâtir , à ses frais , une église en l'honneur des s^ôtres de Soissons , et qu'il prit l'engagement de payer à l'abbaye de Notre-Dame une rente annuelle de six besans d'or , aussi longtemps que les Juifs habiteraient la ville. Cette rente , consentie en 1 1 90, au moment où le comte Raoul allait partir pour la croisade , était encore servie par ses descendants quatre-vingts ans après. L'église élevée par Raoul à'saint Crépin et à saint Crépinien , reçut le nom de Petit St-Crépin pour la distinguer de St-Crépin le Grand et de St-Crépin en Chaye. Elle avait son entrée principale sur la rue des Juifs , dans laquelle se trouvait la synagogue , et touchait ainsi à la juiverie que les gens dévots avaient en horreur. Mais cet emplacement n'avait point été pris au hasard , il appartenait à l'histoire des saints que le comte voulait honorer , et il était indiqué par la tradition com-

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me le prenoier saactuaire de Tëglise de Soissons. Ce lieu servit d'asile aux deux apôtres , lorsqu'ils cherchaient à échapper à la surveillance inquète des persécuteurs : ce fiit là qu'ils annoncèrent leur mission sainte aux Soissonnais, et répandirent parmi feux les premiers rayons de la lumière évangëliqoe.

L'historien de la maison de Nesle dit , en parlant du comte Raoul , qu'il mérita les surnoms de bon , par sa bienfaisance ; de vaillant, par ses Êdts d'armes à la croisade où il àccompa^a Philippe-Auguste , et de savant, par ses poésies ; car il cultiva les lettres avec succès , et iiit l'ami et l'émule du célèbre Thibaut de Champagne. On conserve encore quelques-unes de ses poésies erotiques. Raoul fot marié trois fois : la première avec Alix de Dreux , nièce de Louis VII ; la seconde avec Yolande de Joinville , et la troisième avec Adèle de Grand-Pré, dame de Ham. Un de ses fils passa en Palestine , où il fonda la maison des comtes de Soissons d'ôutre-mer ; un autre eut ftn partage la terre de Cœuvres, qui fut alors érigée en vicomte. Ce comté, très-généreux envers les églises , mourut fort âgé , en 1236 , et fut

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inbnmé à l'abbaye de Longpont , où Tota voyait son tombeau avec cette épîtaphe :

Hic , Badulphe , jaces , cornes inclyte , lausque tuorum ; Te genus et probitas , te laudat gratia morum : Te Deua assumât , decus aique corona suonim ; erlt I et tequies , et yitai beata taoiiun* (1)

Cette abbaye avait reçu de Raoul un grand nombre de bienfaits et de donations , qui furent ratifiés en partie par Alix de Dreux, décédëe en 1214, et par ses deux filles , Gertrude et Aliëpor, issues toutes les deux de ce mariage; sa troisième femme, Adèle de Grand-Prë, ne montra pas moins de générosité en faveur de ce monastère.

Raoul fiit le dernier comte dç Soissons qui fit 9a résidence habituelle dans la vallée de l'Aisne. Jean , son fils aîné , ayant épousé la riche héritière de Chimai , prit , du vivant de son père , le titre de seigneur de Chimai , et ce titre devint ce-

(i) là lUoal ta reposes, comte illostre , rbonnenr des tient;

Aussi distingaé par u ludssance, que par ta probité et la doacenr

[ de tes mœars :

Que Diea daigne t*adopter, toi l*omement et la gloire de ses élas; C'est alors qoe ta troaveras le repos et la béaUtode réservés à ceax

[ de ta raoa.

ki des fk aines des GOflles deSoissons. Les descendants de Raodl préKrèrcBt le s^onr dn comte de Qmnai , dont les dcMnines âaâcnt beaucoup plus considérables que ceux do comté de Soissmis, et on les CMporations rr^jensrs^ d'miToisnage engeant et inconoMde , ébncnt beanconp mmDs nonduicnses. A Qnmai, le comte tenait le prendcr rang; à Scnssons, il ne Tenait qo*après réTéqne.

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