‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 81 sur 197 · I. In · texte numérisé non relu

I. In

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Au nottl de la Ligne principale, était celle dont la me du Coq Lombard formait la partie centrale. Elle fut coupée, au XYI' siècle , par l'agrandissement du collège , et au siècle suivant par l'établissement du monastère des dames de la Congrégation.

Enfin la dernière ligne se composait des mes de Long- |)ont et des Framboisiei^s. Elle reçut, dans la suite, pour prolongement la me de la Porte Ozanne , laquelle fut coupée, au XY' siècle, par rétablissement du couvent des Cordeliei-s.

Les historiens ne sont pas d'accord sur la grandeur de la ville de Soissons à l'époque de la domination romaine : Donna y , qui s'en est d'ailleurs peu occupé , l'a indiquée beaucoup trop grande ; Rousseau, l'abbé le Beuf , Lemoyne et Cabaret, l'ont tracée au contraire trop petite. Suivant eux , elle n'aurait eu que 300 mètres de long sur environ 150 de large. Us ont pris pour les murs de la ville, ceux' de la petite eiîé, construits sur la fin du IT» siècle pour renlenner les édifices religieux et les soustraire à la fureur des Barbares, dans le cas où quelques-unes de leurs bandes viendraient à pénétrer dans la ville. C'était , dans le fait , une citadelle placée presqu'aii centre de Soissons.

Le chanoine Cabaret et d'autres auteure , avant lui , ont donné une destination toute royale au château de Crise. « C'était la demeure des rois des Suessions qui avaient « une cour noml)reuse, et dont les courtisans habitaient les « châteaux d'Orcamp, de Coupaville, de Chevreux, etc., n situés dans le voisinage du château royal , lequel était

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« défendu, i>ai' devant, par la rivière de Ciise qui en faisait tt en même temps le plus bel ornement.

Cabaret qui a parlé de la découverte de ces deux aqueducs, pour en avoir été le témoin oculaire, croyait que la fontaine de Myim avait sa source dans le revei*s occidental de la colline de St-Jean , désigné sous le nom de Butte des feignes en Prém/ontré, Mais le sommet de cette butte se trouvant plus bas que la coupure faite pour l'encaissement de la route , il est évident que l'aquéduc devait venir de la montagne de Presles , élevée d'environ 80 mètres au-dessus de la colline de St-Jean.

Un auteur a dit tans jréflexioB, et d'autres l'onC répété de même, que le château d'Albâtre était à trois étages. Que l'anenal occiipaii le fNremîcr, ou rez-de<lMiu8Bée; que le second servait de lo^^ement à la 20" léfpon ; que le troisième était la demeure du gouverneur de la province; que les greniers renfermaient les magasins d'approvisioiinements, et qu'enfin les priewis impériales étaient placées dans les souterrains. Loger une légion romaine dans l'étage d'un château fort, conune on y logerait une compagnie d'infanterie, n'est-ce pas le comble de l'absurdité ?

No 12.

Parmi les matériaux provenant de la démolition , faite en 1827, de la vieille enceinte faisant face à la plaine du tiOrd, dont quelques portions poitaient le millésime de 1551, nous avons remarqué un certain nombre de gros moellons,

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peints sur une de leurs faces en gris arec des filets rouge» et noirs. Il y en avait quelques-uns dont la bce peinte était concave, ce qui semblait indiquer qu'îb provenaient des voûtes du monument découveit en cette même année 1 &51 . Les couleura en étaient bien conservées.

Cette pierre de 3 pieds de longueur sur 2 pieds 3 pouces de largeur et sur autant d'épaisseur, fut reléguée, après sa découverte, en 1682, dans un coin du jardin de l'Hôtel- Dieu, où elle resta oubliée jusqu'en 1775. Depuis cette époque elle a subi deux fractures, et son inscription n'est plus entière; mais elle avait été copiée par Rousseau et par Cabaret.

Nous nous sommes abstenus de rapporter les circonstances miraculeuses qui accompagnèrent le martyre des apôtres de Soissons, et leur inhumation prétendue dans la maison du bon Roger, parce que nous avons pensé que c'é* tait aux écrivains ecclésiastiques qu'il appartenait de traiter convenablement tout ce qui concerne les légendes et les traditions religieuses; nous ne nous sommes attachés qu'à la partie historique et morale des fisits.

Parmi les quatre-vingt-douze évéques qui ont occupé le le siège de ScMssons, il en est près d'une quarantaine qu'on ne cMinalt guère que de nom ou d'une manière très-incomplète.

Parmi ceux dont la vie et les actions ont été mises au jour , il y en a plusieurs qui occupent une belle place dans

de TEglise ou dans celle du royaume ; mais ce serait sortir de notre sujet de parler de ces prélats , quand leurs actions ne se rattachent point, au moins indirectement, à l'histoire de la Tille.

Les historiens qui ont parlé d'une église de St-Yictor se sont appuyés principalement sur un passage du testament de St-Remy, évéque de Rheims, où il est fait mention d'un legs en faveur de l'église de S^Fietor, prèi de la perte de Saititmi, Mais cette porte de Soissons ne devait-elle pas être plutôt à Rheims qu'à Soissons ?

No 17.

Quelques auteurs ont avancé que la bataille se donna dans la plaine d'Epagny, traversée par la chaussée romaine venant de Yennand à Soissons , parce que les Francs avaient dû prendre le chemin le plus court pour se porter des bords de l'Escaut sur Soissons. Mais ce n'est qu'une conjecture, et rien n'indique quelle route prirent les Francs, ni à quelle distance de la ville les deux armées se rencontrèrent.

Dormay appelle cette porte la porte aux Asnee ; mais Cabaret, pour le réfuter, cite le passage suivant de l'ancien ordinaire de la cathédrale : j4d portem Oxatmam, fU êUUio in qua eanlaia antipkona Hoxanna, etc. Il convient cepcoklant qu'il existait une charte de l'année 1350, dans laquelle cette porte était nommée porta Minwrum et Beatm Marim; mais il prétend que c'est par suite d\me erreur du rédacteur qui

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.fut trompé par la cojifionnaiice des deux, uéms : OttmM et aux AsnM,

Ce tableau qui représente l'enceinte extérieure, bâtie vers 889, par Tordre du roi Ëudesf, a donc été fait très-postérieurement à la reconstruction de l'abbaye, par Charlemagne. et Louis, le Débonnaire, et il donne cependant «ne vue du château royal de Croicy , qui n'aurait été, d'après cette autorité, qu'un édifice fort mesquin. Sous tous le^rap- |»ort3, ce tableau ne mérite aucune confiance.

Cette prison, destinée sans doute à l'eui'ermer les moines et les sujets de l'abbaye qui avaient encouru la disgrâce du seigneur-abbé , est placée sous une grande terrasse , bien qu'elle soit au niveau du sol. Elle reçoit le jour par une petite ouverture tournée vers le txcMti , au travers d'un mur de 4 pieds d'épaisseur ^^ Dans le mur de gauche est un petit enfoncement en forme de niche, au bas duquel est un siège eu pierre, percé d'un trou rond de plusieurs pouces de dia-' mètre , destiné aux besoins de la nftture. C'est au-^lessus de cette espèce de niche que se trouve l'inscription en question , qui parait avoir été gravée dans la pien-e avec la pointe d'un couteau. Quoique plusieurs mots soient effacés, nous sommes cependant parvenus à en reconnaître les traces an moyen de deux lumières placées à l'opposé l'une de l'autre.

C'était , dit-on , un usage anciennement trèi»-coumiijU) à Soissons , de dire aux cnfauLs, pour les retenir au logis :

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Prendê garde à la béU Bara, eUe est dans la rue avec se$ cornes.

Ce dicton populaire et le uoin de la porte fiara n'auraient-ils pas servi de canevas à Rousseau Desfontaines pour rhistoire de ce prétendu comte Béralde , dont il a fait un grand amateur de chasse, qui entretenait, clans son château de la tour des Comtes, une ménagerie d*animaux sauvages, et un cerf apprivoisé qu'il laissait aller libre par la ville. C'était la bétc Bara.

Mais comme l'existence de ce comte Béralde nous parait évidemment d'invention moderne , ne pourrait-on pas , pour contenter les amateurs de vieilles traditions locales , attribuer, et avec quelque apparence de raison , celle de la bête Bara^ à Tévéque de Soissons, Béralde, qui vivait dans la première moitié du XP siècle, était le seigneur suzerain du comte, et avait, comme la plupart des évéques de son temps, un ti*ainde grand seigneur? Cette origine serait, tout ensemble, assez relevée et même assez antique pour que la béte Bara n'eut rien à perdre de sa célébrité.

Rien de plus naturel qu'un gouverneur fasse augmenter les moyens de défense de la ville confiée à son courage et à sa iidéUté. Mais comment concevoir que le comte Béralde aurait pu donner une prouve de cette fidélité , et empêcher ses descendants de se maintenir, après lui, dans la possession de son gouvernement, en s'y fortifiant à l'avance ? Et cela, quand tous les ducs et les comtes en faisaient autant, sur toute la surface du royaume, dans le but bien connu et même avoué de rendre leura chai^ges héréditaires, à titre de domaines patrimoniaux ; en quoi ils ne réussirent que trop bien sous les règnes suivants. Il nous a semblé que la conséquence à tirer

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des motifs allégués par Rousseau , était tout le contraire dt celle qu'il indique.

Les fondations de cette tour, mises à découvert en 1829, ont fait voir que son diamètre , pris à l'extérieur, n'était que de 4 mètres 70 centimètres i tandis que les fondations du mur qui la reliait à l'enceinte de la yille n'avaient pas moins de trois mètres d'épaisseur. On reconnut , en méine temps, que toute la muraille , formant le côté oriental du saillant , avait été élevée dans le lit même du petit bras de l'Aisne.

La muraille, formant le côté occidental de ce saillant, flanquée de deux petites tours carrées de 4 mètres de largeur, n'avait guère qu'un mètre d'épaissem* , sans contreforts. Il est donc incontestable que sa construction remonte à une époque bien antérieure à 1551, où la vieille enceinte fut renforcée d'un rempart en terre et d*un lai^e fossé.

Le clianoine Cabaret peut être i^egaixlé, à juste titre, comme le coinpilateur, par excellence, de tout ce qui a été dit sur riûstoire de Soissons jusque vers 1780. C'est pourquoi ses Mémoires contiennent , à côté de renseignements précieux , un assez grand nombre de contradictions. Nous nous contenterons d*eu citer un exemple :

On trouve : l*' au chapitre intitulé j4lA}.aye wyaU de Sh^ Médardj le pass<ige suivant , reproduit en d'autres endroits desdits Mémoires : >« en 885 et 886, les Normands bf'âlèrenit

« ré|^8e de Sl*Médard, et les Hongrois, en 901 , roêèreni «n • entier le monastère et le palais de Clotaire.

2^ Au chapitre intitulé ÉvénemenU disert qyA ont iOmîté la ville de Soiuoni .' « Le palais de Clotaire subsistait tou- « jours dans l'enceinte du monastère de St-Médard , et ee m ne fkt que $oui la troiiième race de noe roit qu'il fut totale- « ment abandonné aux religieux de cette abbaye.

3® £t plus loin : •• Charleuiagne et Louis le Débonnaire « rayaient si supérieurement embelli (le monastère de St- M Médard) qu* avant lee ravage» deê Calvmiitee, en 1567, on •« y yoyait encore les restes de la chambre dorée qu'ils y M occupaient durant leur séjour. »

Cette dernière circonstance qui dément formellement la destruction de l'abbaye par les Normands et par les Hongrois , a pour elle l'autorité de Berlette , le plus ancien des historiens de Smssons , qui TÎvait en 1562 , et qui pouvait avoir vu, par conséqueitt , la chaambre dorée de Gharlemagne.

Hugues*Capet possédait , à son avènement au trône , le domaine de Braisne qui avait été donné à son père par le roi Raoul, au même moment, où cet heureux compétiteur de Charles III permettait à l'évéque de Soissons d'ériger son diocèse en fief. Mais le puissant duc de France ne voulant pas devenir le vassal du prélat , Braisne fut alors distrait de la province , et c'est fiourquoi son seigneui* ne figurait pas parmi ceux qui assistaient à l'entrée solemielle de révêqur. Il en fut de même pour le domaine de Château-Thierry que possédait le fameux Herbert, comte de Yermandois.

Quoiqu'il en soit , Hugues-Capet donna la seigneurie de Braisne à un seigneur de Baudement. Cette concession futelle Ir prix du suffrage de ce seigneur? c'est ce qu'on ignore.

474 HiSToiaK

No 27. .

LeS'Fois Louis IV et Lothaire avaient eu la posteflsbn du domaine de Goucy , bien qu'il appartint à FarcheTéque de Aheims, lequel prétendait, du moins, le tenir de CIotîsv A la chute de la dynastie carlovingienne, ce domaine, coi^ sidéré comme propriété de la couronne, fîit abandonné, par le nouyeau roi , aux seigneurs qui avaient concouru à son élévation , et nous croyons que ce fut à cette occasion qu'il passa dans la lamiUe de Févéque de Soissons , Gui d'Amiens.

En effet, Enguerrand 1**^ , seigneur de Goucy , mort en 1106, était fik de Dreux, seigneur de Boves, place alors très-forte dans le voisinage d'Amiens , et Dreux était fib d'Alberic, seigneur de Goucy, lequel vivait en 1059. Or, oomme cet Enguerrand devint possesseur, par droit de succession, du cOHté d'Amiens, dont les seigneurs étaient également de la maison de Boves , ne parait-il pas très-vraisemblable qu'Alberic de Goucy devait être le neveu ou le petit-neveu de l'évéque de Soissons, Gui d'Amiens.

Philippe- Auguste devenu possesseur, par un échange de domaines, de la châtellenie de Pierrefonds, fit un arrangement avec l'ovéque de Soissons, suivant lequel le nouveau seigneur de Pierrefonds était exempté de tout hommage et obéissance envers l'évéque suzerain , et celui-ci était dispensé du gîte qu'il devait à son vassal pendant trois jours dans son château de Septmonts.

Dormay n'a fait aucune mention de ce comte Gésildebert, et le silence de cet historien laborieux est une pré^

DE SUISSONS. 475

soiiipCieQ d'un grand poids contre l'exitlence de ce pendnliage. Il est d'aiUeuis à remarquer que le* auteurs qui en ont parlé, disent qu'il vivait en 979, et qu'il avait piis part à la révolte des seigneurs en 930. Un laps de 59 ans nous semble bien long , mais sans vouloir contester sur les probabilités de la longévité de ce prétendu comte , nous croyons que Topinion de ces auteurs doit être rejetée sans la moindre hésitation , attendu qu'on ne trouve dans Flodoard, historien de cette révolte des seigneurs, et des événements qui la suivirent, qu'un seul Gésildebeft , lequel était comte des Lorrains, et non de Soissons. De plus, comment expliquer qu'on ait omis de parler de ce comte de Soissons à l'occasion du si^ de 948, l'un des événements remarquables de l'époque.

Il est dit, dans l'Art de vérifier les dates, que Gui tenait le comté de Soissons du chef de sa femme, et le Mémorial historique du département de l'Aisne, prétend que le comté héréditaire fut érigé en faveur de Gui en 969. D'un autre côté, le comte Renaud, fils de ce Gui, perdit la vie accidentellement en 1057, c'est-à-dire quatre-vingt-huit ans plus tard. Or, il nous parait peu probable que la vie de ces deux comtes eût pu remplir une telle période ; car le pre^ mier aurait été déjà marié , en 969 , et rien ne prouve que le second fût dans un âge fort avancé lorsqu'il mourut en 1057, puisque la fille qu'il laissa, fut mariée l'année suivante, eut beaucoup d'enfants, et vivait encore en 1114. Il n'est pas vraisemblable que Gui, Renaud et Alaïs, sa fille , auraient vécu, à eux trois, au delà de cent soixante années.

Le Mémorial historique rie l'Aisne fait mention de lettres patentes du roi Charles V, du 3 février 1367, par lesquelles

476 HISTOIRK 0£ SOISSQMS.

Im kAikmU du bourg ^Aifm H d» oAAImni de S^Midard, fui fbrwuUetU etuemble une commune dUîineie, furent afifrandiU des appeaux firÎToles et Tolages, au moyen d'une redevance annuelle de deux sob par feu.

Cabaret rapporte, couune une preuve de la juridiction de la commune de Soiasons sur la plaine de Grouy, une ancienne coutume qui obligeait les boucbers de la ville à faire ime chasse à cheval dans cette plaine le mardi gras pour l'amusement du peuple. Mais cette coutume , si touteCoîs elle existait déjà au temps de la commune y ne devait-elle pas plutôt son origine à l'abbé de St-Médard , seigneur du faubourg St^Yaast et de toute la plaine environnante, qui l'aurait imposée aux bouchers de la ville en leur accordant la permission de vendre leur marchandise dans le faubourg?

Le village de Villeneuve doit son origine , comme la pln*part des Yilleneuves qu'on trouve en §prand nombre en France , à l'asile donné par le seigneur aux serfs des autres seigneuries; mais plus particulièrement des seigneuries cléricales, dans lesquelles la condition civile était presque toujours plus misérable. La seigneurie de Villeneuve était sur la paroisse de St-Germain , la sixième de Soissons , et se trouvait, par conséquent, dans la circonscription territoriale de cette ville.

TABLE DES MATIEBES. 477

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