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SÉMINAIRE DE S' -NICOLAS

Le chapitre de la cathédrale ayant la collation d'un assez grand nombre de bénéfices, il était naturel qu'il eût toujours à sa disposition des sujets dévoués. Le principe féodal était, pour le moins, aussi profondément enraciné dans le clergé que dans la noblesse. Chaque corporation avait son collège ou séminaire, où elle faisait élever, à sa manière et dans son esprit, la jeunesse qui devait lui succéder.

Le séminaire du chapitre était placé dans les bâtiments du cloître qu'un évéque de Laon, Enguerrand de Coucy, avait fait reconstruire à ses frais, après l'incendie de 948. Soit que le local ne pût plus suffire à tous les clercs, dont le nombre augmentait avec les richesses de la corpo-

ration, soit qu'on eût seulement l'intention d'avoir une école secondaire, un petit séminaire, dont les sujets pourraient entrer dans toutes les parties de l'ordre ecclésiastique, une succursale fiit jugée nécessaire. Un chanoine, nommé Fermontier, fit donation, en 1 â1 i, de trois maisons situées vis* à-vis de la porte, dite du Cloître. Le» doyen du chapitre en donna une autre, et ces quatre mai* sons furent disposées pour loger soixante clercs.

Cette école, dont la direction était confiée à un procureur pour l'administration des revenus, et à un maître, un sous-maître et un bachelier pour la partie de l'enseignement, n'était, en réalité, qu'une dépendance du séminaire du chapitre , bien qu'il fût appelé le Collège des pauvres Clercs, mais ce nom était destiné, sans doute, à lui attirer les offirandes des personnes pieuses. Placé dans la juridiction de la commune, qui eut le tort de le souffrir, ce collège devint, un siècle plus tard, la cause d'un procès ruineux popr les bourgeois.

Le seigneur de Coucy, Enguerrand m, s'étant attiré les censures de l'Église, fonda, par esprit de pénitence, volontaire ou forcée, une chapellis à

l'usage des pauvres clercs. Cette chapelle, dëdiëe à saint Nicolas, reçut le nom de St-Nicolas des pauvres Clercs. Enguerrànd fiit inhumé sous le maître-autel, suivant Tusage assez généralement observé pour les fondateurs d'églises, et sa femme, Marie de Montmirail, fonda un chapelain. En reconstruisant, en 1737, le mur contre lequel Tautel était adossé, on découvrit la tombe en pierre dure de ce seigneur ; ses ossements étaient encore dans un état parfait de conservation.

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