COUVENT DES CORDELIERS
Vers 1228, les disciples de saint François, munis de la permission de Tévéque et du chapitre, vinrent établir à Soîssons un couvent de leur ordre. Mais le chapitre avait imposé à la non* velle communauté l'obligation de se soumettre à l'interdit toutes les fois qu'il le prononcerait. Mesure extrême dont il usait assez largement, quelquefois malgré son évêque, quand il croyait
ses intëréts temporels compronns : alors les églises étaient fermées ; plas de prières, plus de sacrements, plus de culte enfin! Et tout ce désordre pour soutenir, le plus souvent, des droits et des privilèges si opposés à la charité des premiers siècles de TÉglise.
Le couvent des Cordeliers fiit bâti en dehors de la porte St-André, sur une partie de l'emplacement de l'ancien château de Crise, daus la juridiction seigneuriale de Tévêque. C'était un établissement peu étendu, convenable à des religieux qui avaient fait vœu de pauvreté, et qui vivaient au jour le jour sur la charité publique. En 1383, il fut agrandi au moyen d'une maison donnée par le comte de Soissons, Enguerrand de Coucy . Détruit lors du siège de la ville, en 1414, on voulut le rebâtir dans la rue du Mouton, siur l'emplacement de l'ancienne synagogue des Juifs. On espérait, sans doute, que la sainteté des disciples de saint François purifierait un sol longtemps souillé par les enfants d'Israël. Mais ce pieux projet ne put recevoir son exécution. Cet emplacement se trouva trop petit pour y établir convenablement un monastère avec tous ses accessoires. Déjà les