L\ VILLE EST MISE EN INTERDIT
Ije seigneur de Chimai, iils du comte Raoul, étant à la chasse du côté de Bucy, se prit de querelle avec un chanoine de la cathédrale , et le fit
saisir par les gens de sa suite. Le cbapitre porta plainte de rio|iure faite à 1 un de ses membres; mais n'ayant pas obtenu la réparation qu'il désirait, il excommunia le fils du comte et ceux qui l'accompagnaient, lors de l'arrestation du chanoine. La noblesse, irritée de cet acte de yich lence, ayant pris parti pour le seigneur, ks cha-* noines prouoncèrrat Tintercfit sur la ville, <rf)li-
gèrent toutes les églises, même ceUe de l'abbaye de
Notre-Dame à cesser l'office, et s'adressèrent au pape, qui ordonna» la publication de l'excommunication lancée contre le seigneur de Chimai. Celuici fit attaquer, par ses gens, les terres du chapitre qui fiirent mises au- pillage. Le roi, à la prière des chanoines , ordonna à ses baillis de réprimer ces désordres, d'où il s'en suivit une petite guerre dans le Soissonnais, entre les officiers royaux et les adh^érents du comte de Chimai. Mais sur l'intervention de l'archevêque de Rheims, prince du sang royal, il fut fait un accommodement, et les églises furent rouvertes à la population soissonnaise, qui s'était vue privée des secours de la religion, pendant plusieurs mois, pour une querelle qui lui était tout à fait étrangère < L'année suivante,
elle eut encore à subir la même rigueur, parce que les gens du roi avaient saisi les biens de TEglise.
Le seigneur de Chimai succéda , en 1 936, au au comte Raoul, son pë^e, sous le nom de Jean II. Ce comte de Soissons vécut presque toujours auprès du roi saint Louis, dont il partagea la bonne et la mauvaise fortune. Il fîit fait prisonnier avec lui en Egypte à la suite du désastre de la Mas* soure, où périt Tévêque de Soissons, Gui de Château-Porcien. Ce prélat, Tun des plus vaillants hommes de Tarmée, voyant les chrétiens battre en retraite sur Damiette, se précipita seul au mi<lieu des ennemis, où il reçut la palme du martyre, préférant la mort à la honte de fiiir devant les In* fidMes. Le comte Jean n mourut la même année que saint Louis (1270), pendant l'expédition de Tunis, et fut inhumé à Longpont. Son (ils Jean m, et ses successeurs Jean IV, Jean Y, et Hugues firent tous, sans exception, leur résidence à Chimai, et n'habitèrent qu'accidentellement le château de Villeneuve.
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