‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 95 sur 197 · RECONSTRUCTION DU PONT · texte numérisé non relu

RECONSTRUCTION DU PONT

Le pont sur T Aisne fut reconstruit en 1265, tel qu'il existe aujourd'hui, à l'exception toutefois de la grande arche, dont la voûte en ogive fat remplacée, au siècle dernier, par un arc de cercle surbaisse, pour faciliter le passage des bateaux haut chargés. Cette reconstruction du pont qui avait été bâti 440 ans auparavant, fat-elle totale ou seulement partielle? on l'ignore, ainsi que les motifs qui y donnèrent lieu .

La dépense fut, dit-on, supportée par les habitants de la ville et parles corporations religieuses; mais rien ne le prouve, et il est même permis d'en douter, d'après la grandeur de l'ouvrage. Il est plus vraisemblable que le pont fat construit aux frais de la province , au moyen de tailles levées sur le peuple, et de sommes imposées , à titre de dons, aux seigneurs et aux communautés. Le comte de Soissons dut y contribuer pour une

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somme considërable, en sa qoalitë de seigneur tir yerain de F Aisne , sur la navigation de laquelle il perceyait on droit, et,. en outre, parce qu'il possédait un moulin place sous la troisième arche du pont. Ce moulin qu'il tenait en fief de révéchë, ainsi qu'on le voit dans une charte de Tannée 1915, a subsisté jusque vers le milieu du XYII* siècle.

La reconstruction du pont dut entraîner nécessairement celle du châtelet, qui en défendait le passage. Celle-ci se fit sans doute aux dépens des habitants, parce que cet édifice serrait tout ensemble de fermeture à la yiUe et de maison de la commune; bien que les bourgeois payassent au comte une redevance annuelle à titre de loyer. Au devant de ce châtelet se trouvait une petite place où l'on exécutait les criminels, et où était placé le pilori.

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AGCOHDS EUTRE Lk COlfRUME ET LR CHAI^ITRE.

A la suite d'un démêlé assez vîf entre la commune et le chapitre de la cathédrale, il y eut un traité dont voici les principales dispositions :

« Les officiers du chapitre pourront arrêter les malfaiteurs dans l'étendue de leur juricfiction.

« Les magistrats pourront arrêter quiconque aura tué ou blessé quelqu'un sur la terre du chstpitre , mais ils devront remettre le coupable aux officiers du chapitre s'ils le réclament.

« SSl les magistrats arrêtaient sur la terre du chapitre quelqu'un coupable de crime ou de délit envers la commune, ils devraient d'abord le livrer au chapitre qui en exigerait Tamende, après quoi il serait rendu aux magistrats qui en tireraient, à leur tour, l'amende due pour son méfait.

« Les magistrats ne pourront lever de tailles dans les quartiers soumis à la juridiction du chapitre, que celles autorisées par les chartes et ordon-

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nances de Low VI, dt Leois YII et de Philippe- Auguste.

c< Dans le cas oà ils défendraieiit la rente du toi d'Auxerre à Soissons , cette prohibition ne pourrait s'étendre sur la terre du chapitre. »

Quek}ues années après cet accord, Tappariteur de ^archidiacre fut battu^ en plein jour, dans TexOTrice de ses fonctions. Les bourgeois, ao heu de lui porter secours et de sai^ le coupable, comiue ils]deyaient le faire,, d'après les règlements en vigueur, le laissèrent maltraiter. Le chapitre fit un procès à la commune, et par un arrêt rendu au parlement de la Pentecôte 1371 , le maire et les j.urés furent condamnés à 40 livres d'amende (environ ;i60 francs).

Les magistrats avaient toujours été dans l'usage de faire la visite du pain dans tous les quartiers de la ville et les faubourgs indistinctement, bien que les évéques eussent prétendu , à diverses reprises, que cette visite ne devait pas être faite par eux dans les quartiers soumis à la juridiction de Tévêché. Mais l'évéque Mîlon de Bazoches se refusa formellement à ce que cet usage, qu'il regardait comme une usurpation sur ses droits, fût

contimié plus longtemps. H s*en saiTÎt un procès. Les magistrats obtinrent d'abord un arrêt qui déclarait qu'ils jouissaient du droit de visite; un autre arrêt était nécessaire pour décider si ce droit leiur appartenait; mais il fiit convenu, sur l'arbitrage du grand bailli de Yermandois, que la visite du pain serait fidte dans le quartier où i'évêque avait des officiers pour rendre la justice, par deux commissaires nomm^, l'un par le prélat, l'autre par les magistrats , et que dans le cas oà ces deux commissaires ne se trouveraient pas d'accoràj il en serait nommé un troisième par Tévêque et les magistrats conjointement. Il fiit stipulé, en outre, que ces commissaires distribueraient aux pauvres tout le pain qu'ils saisiraient chei; les boulangers pour défaut de poids ou pour mauvaise qualité. Cette convention, conclue en 1375, fut ensuite adoptée par le chapitre de la cathédrale , et reçut son application dans l'étendue de sa juridiction.

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