‹ Histoire de la ville de Trois-Rivières et de ses environs [microforme]Chapitre 12 sur 28 · HISTOIRE DFE LA VILLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DFE LA VILLE

pour couper les bras à ros ennemis. Tu sais que les Iroquois ont de grands bras; si je ne leur coupais, il y a longtemps que nous serions tous pris: j'envoye des présents aux nations qui leur sont voisines, afin qu’elles ne se joignent pas avec eux; ce n’est pas pour offenser es Français, mais pour nous conserver.

‘Tu dis que nous voulons aller à l'Anglais, je m’en vais dire à mes gens qu’on n’y aille point; je te promets que ni moi, ni ceux qui ont de l'esprit n’iront pas; que s’il y a quelque jeune homme qui fasse un saut jusque-là sans être vu je n’y saurais que faire, tu sais bien qu’on ne peut pas tenir la jeunesse. Je Le défendrai à tous ; si quelqu'un y va, il n’a point d'esprit: tu peux tout, mets des chaloupes aux avenues, et prends les castors de ceux qui iront.

“Tu nous dis que les Pères vivront parmi nous, et nous instruiront ; ce bonheur sera pour nosenfants, nous qui sommes déjà vieux, nous mourrons ignorants : Ce bien n'arrivera pas si tôt que nous voudrions.

Tu dis que nous prenions garde à ce que nous ferons, tu nous pinces au bras, et nous frémissons : puis après tu nous pinces au cœur, et toutle corps nous tremble. Nous ne voulons point aller aux Anglais ; leur capitaine a voula faire alliance avec moi, et me tenir pour son frère, et je n'ai pas voulu, je me suis retiré, disant qu’il était trop gran capitaine. Je me souvenais bien d'une parole que tu nous avais dite, que tu reviendrais. Je t’attendais toujours, tu as été véritable, tu le seras enco:e en nous venant voir en notre pays : je n’ai qu’une crainte, c’est qu’en ce commerce des Français avec nos gens, il n’y ait quelqu 1n de tué, et alors nous serions perdus: maïs tu sais que tout le monde n’est pas sage, les plus avisés se tiendront toujours dans leur devoir.”

‘€ Voilà à peu près la réponse de ce Sauvage qui étonna nos Fransais, lesquels m'ont témoigné qu'il relevait sa voix selon les sujets qu’il traitait, puis la rabaïssait avec tant d’'humilité et une posture ou action si soumise, ail gagnait l'affection de tous ceux qui le regarduient sans le comprendre.

‘ La conclusion fut que le sieur de Champlain leur dit : Quand cette grande maison sera faite, alors nos garçons € marieront à vos filles et nous ne serons plus qu’un peuple. ils se mirent à rire, répétant : Tu aous dis toujours quelque chose de gaiilard pour nous réjouir, si cela arrivait nous serions bien heureux. Ceux qui croient que les Sauvages ont un esprit de plomb ei de terre, cou-

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