‹ Histoire de la ville de Trois-Rivières et de ses environs [microforme]Chapitre 13 sur 28 · RE · texte numérisé non relu

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naîtrontpar ce discours qu’ils ne sont pas si massifs qu’on les pourrait dépeindre.” !

Faute d’avoir sous la main 1es ressources nécessaires pour élever un fort aux Trois-Rivières et le garder, on se contenta de s'installer à Sainte-Croix, sur une petite île qui commande le passage du rapide Richelieu, où il devait être plus aisé de se rendre, et qui servirait uniquemeni à protéger la traite aux époques de la descente des flottilles. Par ce moyen, les Sauvages du haut du fleuve étaient tenus éloignés des Anglais qui montaient jusqu'aux environs de Quéhec. Le poste des Trois-Rivières n'offrait pas assez de sécurité contre les incursions des Troquois, il était trop avancé dans le pays pour pouvoir être secouru facilement, et tout à faitprivé de moyens de défense. Quelques forts et cent cinquante hommes armés à la légère, dit Champlain, auraient suffi pour réduire l’orgueil des [roquois ; malgré les instances du fondateur de Québec, la France se contenta d'envoyer quelques soldats.

Les Sauvages des Trois-Rivières n’aimaient pas à abandonner le lieu de leur ancien rendez-vous pour se rendre au nouveau fort Sainte-Croix ; mais il sy décidèrent après des hésitations. ?

Le 29 mai, arriva à Québec la chaloupe des Trois- Rivières qui portait la facture de toutes les marchandises de traite du sieur Emery de Caen, déposées dans la barque restée aux Trois-Rivières et 170 castors.

On avait annoncé l’arrivée prochaine d’une flottiile huronne. Pour encourager les Sauvages à descendre jusqu’à Sainte-Croix, et les protéger contre les Iroquois qui rôdaient toujours, une chaloupe équipée et bien armée fut envoyée avec ordre de se rendre à l'entrée de la rivière des Prairies et d’y attendre les canots. Trois jours après, un canot arriva avec de tristes nouvelles : le mardi, 31 mai, les voyageurs ayañt mis pied à terre en amont des Trois-Rivières pour se délasser, furent aperçus par une troupe de vingt-huit iroquois cachés dans un bois. Au moment où ils se rembarquaient sur leur chaioupe, les [roquois fondirent sur eux en décochant une volée de flèches ; eux Français furent tués et scalpés et quatre autres blessés grièvement. l’équipage rebroussa chemin, se rendit à Sainte-Croix et de là transporta les biessés à Québec. L'un de ces derniers nommé Robert

1 Relation de 1633, pp. 27, 28.

2 Xerland, p. 259-260.

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Mellon, était en plus grand danger que les autres ; il avait reçu six coups de flèches et mourut bientôt après.

Cent cinquante canots hurons, portant sept ou huit cents hommes, descendirent quelques jours après sans être inquiétés. !

Champlain avait à cœur la prospérité de sa colonie, dont il voyait les besoins et les ressources naturelles ; il était homme à ne rien négliger pour l’asseoir solidement et surtout la mettre à l'abri des ravages des lroquois. Les postes au-dessus de Québec n'étaient plus tenables, il fallait bâtir des forts pour placer les magasins et les employés de la traite en sureté, et pour secourir les flottilles alliées qui descendaient des Hurcus, de l’Ottawa et de la rivière des Trois-Rivières. Les Sauvages qui se rendaient alors au fleuve par cette dernière rivière étaient dès Montagnais, qui atteignaient le lac Saint-Jean en remontant le Saguenay et descendaient avec leur chasse au magasin des Trois-Rivières. Des nations de l’ouest y abordaient aussi en communiquant par les rivières qui vienuent se décharger dans le Saint-Maurice, pour éviter les dangers qui se présentaient sur le Saint-Laurent. Le lac Saint-Pierre étaitun champ d’embuscades où les Iroquois allaient et venaient en maitres, ils y pénétraient par la rivière Sorel qui portait, à cause de cela, le nom de rivière des Iroquois. Ildevenait presque impossiblede remonter ou de descendre lefleuve sans tomber dans leurs pièges. L’endroit le plus rapproché du lac et le plus commode de toute la contrée environnante était le poste des Trois-Rivières, tant pour les avantages de la traite, que par la facilité qu’il donnait aux missionnaires de pénétrer dans l’intérieur du pays, vers la baie d'Hudson ; Champlain résolut d'y élever un fort. ?

1 Mercure de France, tome 19, p. 818-821. Fertand, Hist., p. 261.

? Ferland. Hist. du Canada, p. 270. Notes sur les registres de Notre- Dame de Québec, p. 35.

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