HISTOIRE DE LA VILLES
terre, ce fut M. de Montmagny qui, en 1637, leur donna, pour cette mesure,les terrains qui sont aujourd’hui la commune et le coteau Saint-Louis. D’après l’ordre signé à Paris en 1634, les Pères se regardaient bien et dûment propriétaires ; on le voit dans une pièce du 18 août 1636, par laquelle M. de Montmagny concède à Jacques Hertel deux terrains, l’un de 25 arpents, l’autre de 50 arpents (un morceau près du rivage de la basse-ville et le fief Hertel, dans la haute-ville, si nous ne nous trompons) en présence de François Marguerie, de Jean Godefroy et des PP. Jésuites, ‘tous possesseurs de terrains aux Trois-Rivières, et qui ont signé au contrat.”
Dans la rédaction de ce livre, nous tâchons de suivre assidûment l’ordre chronologique, c’est pourquoi nous donnerons autant que possible, dans l’espace du premier demi siècle après l'établissement du fort, des notes concernant les anciens habitants des Trois-Rivières, plaçant chaque individu à la date où uous voyons apparaître son nom pour la première fois en ce lieu.
Ceperidant, pour compléter la généalogie &e certaines familles, et pour suivre les événements, va" ‘tendrons que le récit nous ait amené au 18me siècie, auu d’y retrouver les personnages dans les positions qu’ils ont occupées respecti ement. L'un s’apercevra que cette méthode est la plus lucide, surtout en consultant la table des noms propres qui terminera notre travail.
Pour la première fois, nous rencontrons, le 20 décembre 1637, dans le registre des baptèmes le nom de Bertrand Laframboise, ! originaire, selon toute probabilité, comme François Fafard Laframboise, de H otot, évêché d’'Evreux, en Normandie. Sept années plus tard, Bertraud Fafard est encore aux Trois-Rivières. Sa femme y est mentionnée en 1645. Elle s'appelait Marie Sédillot, née en 1627, et devait être sœur ou parente de Louis Sédil!at venu avant cette époque de l’Ile de France, arche: de Paris, ancienne province comprise maintenc : pare dans les départements de Seine et Seine t-
ertrand Fafard dit Laframboise fut l'ancêtre de lu ? des familles les plus marquantes des Trois-Rivières. li était charpentier de métier, et possédait une terre au cap de la Madeleine.
1 L'Académie exige que les articles Le, La, Les, du, de, des, devant un nom propre d'homme, s'écrivent avec la minuscule (le Febvre, ia Framboise, du Plessis, de Lorme, de la Touche, des Ilets, des Marais) cependant nous croyons devoir nous conformer parfois à l'orthographe adoptée en Canada par chaque famille.
enceoco—
sr
La première cause inscrite dans le cahier des audiences jndiciaires des Trois-Rivières, en date du 19 juin 1655, est la curieuse affaire Crevier-Laframboise: Jeanne Enard, femme de Christophe Crevier, sieur de la Meslée, demanderesse, comparaît contre Marie Sédillac, femme de Bertrand Fafard dit Laframboise. défenderesse. Jeanne exige que Marie lui paye la moitié d’un veau qu’elle a gardé et nourri durant quelques semaines, sur la demande de ‘cette dernière, qui est la propriétaire de l'animal. Jugement: sera livrée à la mort du dit veau la proportion de viande que forme la moitié de l’amélioration qu’il a subie étant sous les soins de la Meslée,
Après la mort de Bertrand Fafard sieur de Laframboise, survenue en 1660, sa veuve épousa René Besnard dit Bourjoly. Elle avait eu de son premier mari cinq enfants inscrits aux Trois-Rivières :
10. Joseph, né en 1645. 20. Louis Fafard, né en 1649, prit le surnom de Longval, il devint marchand en ville. Sa femme était Marie Lucas, née vers 1655. De ce mariage naquirent: Joseph en 1673; Louis-Michel en 1675, lequel épousa, en 1717, Charlotte de Vieux-Pont et continua ja branche des Longval qui existe encore aux Trois-Rivières ; Alexis Fafard de Francheville, né en 1678, fut march:nd, procureur du Roi au siége des Trois-Rivières, et propriétaire de la seigneurie des forges Saint-Maurice. Sa femme était Marie-Anne Fournel, morte en 1722 ; Jacques né en 1680.
30 Etiennette, née en 1652, épousa à l’âge de 12 ans, 5 mois et 20 jours, Pierre Boivin.
4o Jean Fafard-Laframboise, né en 1656, marchand et bourgeois en ville, fit alliance avec Françoise le Marchand, laquelle mourut veuve en 1740. Leur fille, Françoise, épousa le baron de Joannès ; leur petit-fils, Jean-Baptiste Laframboise, a été substitut du procureurdu-Roi, Capitaine de milice, magistrat, etc., jusqu’après la conquête, et sa fille, Marie-Madeleine, épousa Jean Berranger, enseigne dans le détachement de la marine, en 1790,
0 Marie-Jeanne, née en 1659, et morte à l’âge de 15 ans.
L'autre famille des Fafard-Laframboise descend de François, fils de Jean Fafard et d'Anthonise le Verdier, de Hotot, près d'Evreux, en Normandie. IT avait épousé on 1656, aux Trois-Rivières, Marie, fille de Simon Richard et de Catherine Constancinella. François Fafard était né en 1631, et Marie Richard en 1634 ; ils vivaient encore à Batiscan en 1681. Enfants ; Jea”. 1657; François, 1660 ;
Joseph, 1662; Jeanne, 1664; Pierre, 1667 ; Louis, 1670 et Marie, 1673. Les deux ainés, Jean Fafard dit Maconce et François Fafard dit de Lorme, étaient interprètes au Détroit à l’époque de la foudation de cette place en 1700. François s'établit à Berthier et, en 1713, épousa aux Trois-Rivières, Jeanne Lemaître.
On a pu juger par les huit chapitres ci-dessus des commencements qu'a eu la ville des Trois Rivières. D'abord visité par Jacques Cartier, Le lieu où elle repose est ensuite fréquenté par la plupart des navigateurs et des traitants français qui parcourent le fleuve. Champlain conçoit. bientôt l’idée de le faire habiter. Les compagnies marchandes lui communiquent, pendant une trentaine d'années, toute la vie et l'importance qu’il était possible de donner en ce temps-là aux postes de la Nouvelle-France. Il est vrai que Québec tient le premier rang, à raison de sa position naturellement forte, mais l’île de Montréal est de beaucoup secondaire aux Trois- Rivières. Enfin, réalisant son ancien projet, Champlain y fait élever un fort, et les colons forment la bourgade qui deviendra ville et chef-lie, d’un gouvernement distinct portant le nom des Trois-Rivières.
La première période de cette histoire se termine ici. La suite va nous retracer les progrès de la ville et la marche de ses habitants qui établissent des familles dans les différentes paroisses environnantes, telles que le cap de la Madeleine, Champlain, Batiscan, Bécancour, Saint-Pierre, Nicolet, la baie du Febvre, Yamaska, la Pointe-du-lac, Yamachiche, la Rivière-du-Loup, Maskinongé et les Forges Saint-Maurice. La colonisation part de la ville, s'étend sur la rive nord du Saint-Laurent, en bas de l'embouchure du Saint-Maurice, traverse le fleuve, le remonte sur sa rive sud, et traverse de nouveau le fleuve pour rejoindre un autre courant qui est sorti de la ville en remontant la rive nord.