‹ Histoire de la ville de Trois-Rivières et de ses environs [microforme]Chapitre 6 sur 28 · RES · texte numérisé non relu

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terrassiers qui les ont mis au jour, indiquent à n’en pas douter qu’ils appartenaient à la race huronneiroquoise. ls doivent donc avoir été enfermés là avant le commencement de la guerre entre les races algonquines et iroquoises, ce qui est conforme au Mémoire de Nicolas Perrot, puisqu'il dit positivement : “ Le pays des Iroquois était autrefois le Montréal et les Trois-Rivières.” Les rares sépultures d’où l’on a exhumé des couteaux de fer ou des débris d’ustensiles provenant des arts européens, ont dû avoir été faites dans l’espace des quarante années qui précédèrent la fondation du fort des Trois- Rivières, c’est-à-dire, après l’arrivée des premiers trafquants français. Dans certains endroits de la haute-ville, les particuliers qui pratiquent des excavations rencontrent çà et là des sépultures indiennes ; il est à désirer que l’on ne se montre pas indifférent à cet égard, et que de semblables trouvailles soient portées à la connaissance des personnes susceptibles d’en tirer des éclaircissements pour l’histoire du pays.

Bien des années avant l'apparition des commerçants français, les Algonquins se considéraient comme les propriétaires du site actuel de la ville et, pour y résister aux attaques des Iroquois, ils avaient bâti un fort en palissades sur le tertre que nous appelons le Platon. Les Iroquois, offusqués de cette manifestation de résistance, l’'emportèrent d'assaut et le rasèrent à fleur de sol.

Ce qui est remarquable, c'est l'espèce de fausse bravoure dont les Algonquins firent parade, par un reste d'habitude de leurs anciennes conquêtes. Ils savaient de combien de ruses et de piéges leurs ennemis disposaient, ce qui ne les empêchait point de commettre journellement les imprudences les plus grossières. Cependant, ils ne leur en cédaient point pour l’habileté et le courage ; mais il leur manquait la tenacité et la persisiance dans la poursuite de ces guerres cruelles. !

L'épisode suivant est un tableau fidèle des combats des Sauvages.

La nation de l’roquet était de la race algonquine, mais elle faisait la guerre aux Algonquins des Trois- Rivières, de même que certaines tribus de la race iroquoise s’alliaient aux ennemis des Iroquois. Les Hurons (et les Iroquois probablement) appelaient les

1 Lafiteau, Mœurs des Sauvages Amériquaïns, (4 volumes, Paris, 1724,) vol. 1er, p.91, 101-2, 173, 196. Ferland, Histoire du Canada, vol. 1*, p.148. Faillon, Histoire de la Colonie Française, vol, 1e, p.

gens de l’Iroquet Onnontchataronons. ! Après leur défaite, ceux-ci furent adoptés par la nation algonquine, sans perdre leur principal chef nommé Iroquet.

Un jour qu'un grand nombre de guerriers de cette tribu se présentaient en force devant les Trois-Rivières, les: Algonquins s’avisèrent, pour les détruire, d'employer un stratagème qui leur réussit. Le gros des Algonquins se cacha dans les bois qui bordaient la rivière ÿécancour, à quelques centaines de pas de son embouchure, et quelques canots restèrent seuls sur le fleuve, occupés apparemment à pêcher. Ce qui avait été prévu arriva, les Iroquois se lancèrent sur les pêcheurs isolés, qui prirent la fuite vers la rivière, en poussant des cris de désespoir. Derrière eux arriva toute la flotille iroquoise, sans se douter du danger vers lequel elle courait et croyant tenir une proie facile. L'’embuscade avait été si bien préparée que presque tous les coups eurentde l'effet, dès que les Iroquets furent à portée du trait. Une seconde décharge eut le même résultat, puis le tomahak assomma ceux qui avaient échappé aux flèches. Charlevoix dit qu’il n’en survécut pas un seul, car les Algonquins ne voulurent faire aucun prisonnier. Le grand nombre de cadavres qui restèrent dans le lit de la rivière et sur ses bords, infesta l’eau à tel point qu’elle er. prit le nom de rivière Puañnte. Cela se passait vers 1560, ? autant qu'il est possible de s’en assurer. La nation de l’Iroquet ne se releva jamais de cet échec. *

Les Relations des Jésuites, (1646, p. 34, et 1642, p. 38), disent que la nation algonquine des Onontchataronons, ou de l’Iroquet, a occupé l’île de Montréal et les terres qui sont vers Chambly et la ville de Saint-Jean. ‘ Voilà, dit un de ces Sauvages, où il y avait des bourgades trèspeuplées. Les Hurons, qui pour lors étaient nos ennemis, ont chassé nos ancêtres de cette contrée ; les uns se retirèrent vers le pays des Abénaquis (au Nouveau-Brunswick aujourd’hui) d’autres allèrent trouver les [roquois, et une partie se rendit aux Hurons mêmes et s’unit à eux.”

De la relation de Jacques Cartier et des récits des sauvages, l’on peut inférer qu'un parti de Hurons, après avoir chassé les Onnontchataronons, était resté avec quelques-uns de ces derniers dans l’île de Montréal, et y avait établi la bourgade que les Français trouvèrent au

1 Relation de 1646, ch. vu.

2 Histoire des Abénaquis (publiée à Sorel en 1866, par M. l'abbé J.

À. Maurault,) p. 284.

3 Journal du Père Charlevoix. Vol. I, p. 162-4.

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pied de la montagne en 1535 ; plus tard, les Hurons, harcelés par les anciens possesseurs de l’île et peut-être par les Agniers, auraient été forcés de se replier sur le gros de la nation. (Ferland, vol. I, p. 47.)

es Algonquins remportèrent une série de succès. A la fin du seizième siècle, les Iroquois étaient détruits ou à peu près, ‘‘ il n’en paraissait presque plus sur la terre,” mais ‘ ce peu qui en restait, comme un germe généreux. poussa tellement en peu d'années qu’il réduisit réciproquement le$ Algonquins aux mêmes termes que lui,” :

1 Relation de 1660, p. 6.

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