BIS
Il datait les années de son règne du jour de son élection :
Dui5octob. 879 au i5 oct. 880, i n année,
Dui5octob. 880 au i5 oct. 881, 2 e année.
Du i5 octob. 881 au i5 oct. 882 , 3 e année.
Dui5octob. 882 au i5 oct. 885, 4 e année.
Du i5octob. 883 au i5 oct. 884, 5 e année.
Dui5octob. 884 au i5 oct. 885, 6* année.
Dui5octob. 885 au i5 oct. 886, 7 e année.
Dui5octob. 886 au 11 jan. 887, 8 e année.
La première ebarte contient, sur la demande de Geilo , abbé du monastère de Tournus , une concession , en faveur de ce monastère , de plusieurs immeubles situés dans le comté de Genève; elle est datée ainsi qu'il suit :
« Data VI iduum novemb. indictione XII, anno « primo regni Bosonis gloriosissimi régis.
« Actum Lugduno civitate in Dei nomine felici- « ter. »
Cette ebarte est du 8 novembre 879. Elle est datée de Lyon. On la trouve apud Chiffletum* in probat., adffist. abb. Trenorciensis, p.
La seconde , qui est à la même date , confirme l'église d'Autun dans la possession de toutes ses propriétés. Elle fut accordée sur la demande d'Adalgaire , évêque d'Autun.
Ex Chartulario ecclesiœ Auguste- dinensf.
Apud Baluzium in append. ad capitul. col.
La troisième, accordée sur la demande du comte Siwaldus , donne l'abbaye de Saint-Martin au monastère de Charlieu , dédié à saint Étienne , et situé dans le comté de Mâcon.
<c Datum IV nonas decembris , indictione XII , « anno primo regni domini Bosonis. »
DE BOURGOGNE. a3o,
ce Actum Karolico monasterio in Dei nomine feli- « citer. »
Cette charte est du 2 décembre 879, et se trouve apud Baluzium , etc., col. i5o6.
Ces trois chartes sont antérieures au siège de Vienne, et prouvent combien Boson avait à cœur de s'attacher les gens d'église des comtés de Mâcon et d'Autun, dont il venait de s'emparer. J'ignore où se trouvait le monastère de Saint-Charles, dans lequel Boson signa la troisième charte.
La quatrième, accordée sur la demande d'Otram, archevêque de Vienne , ordonne que l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne sera rétablie sous la juridiction de ce prélat, dont elle avait été soustraite depuis peu de temps.
Le siège de Vienne était commencé depuis six mois. L'abbaye de Saint-André-le-Bas était hors des murs de la ville. Il est à présumer que Carloman s'en étant emparé voulut punir l'archevêque de Vienne en la soustrayant à sa juridiction.
L'archevêque , à tout événement , se pourvut d'un diplôme dans l'objet d'empêcher la prescription de ses droits. L'acte qui les constate est daté comme il suit :
« Datum XV cal. februarii , indictione XIV , « anno secundo regni domini Bosonis.
a Actum Tauriacovilla in Dei nomine féliciter. »
Cette charte est du 18 janvier 881. Charvet (page 237) annonce que, d'après le cartulaire de
2/{o SECOND ROYAUME
l'église de Vienne , Tauriacum dépendait de l'abbaye de Saint-Prin , village à une lieue et demie au midi de Vienne. Alors, et à cette époque , Boson ne s'était autant rapproché de sa capitale que pour chercher à y faire pénétrer des secours.
On trouve cette charte in tabuL eccl. S. Mauritii Vienn^ fol, i3, et apud Baluzium , etc., coll. n° i5oj.
La cinquième , accordée à la demande de Pévêque de la Maurienne , lui concède le château d'Armariol « ubi sit pnesulis requies , ubi secunda « sedes, ubi tempore belli tuta defensio, ubi libro- « rum thesaurorumque munimen inexpugnabile ». Ces expressions donnent une haute idée de la force du château d'Armariol et des richesses qu'il renfermait.
La charte contient ces expressions : « Ego quippe « Boso , procurante divina gratia , Burgundiorum « Ausonorumque rex , una cum Ermengarde uxo- « re, pariter in aula Viennae urbis siti , anno rcgni « octavo. » Cette charte , qu'on trouve apud Martenium, tom. i. amp. collect. col. 221, n'est pas autrement datée que de la huitième année du règne de Boson. Ainsi elle est postérieure au i5 octobre 886, et antérieure au 11 janvier 887.
Elle prouve qu'à cette époque Boson prenait le titre de roi de Bourgogne et d Italie. Cette dernière qualification est un peu ambitieuse, si l'on considère que Boson ne possédait en Italie que le
DE BOURGOGNE. a/fl
duché de Pavie ; mais quant à celle de roi de Bourgogne , elle est parfaitement exacte et incontestable. Au reste , il serait encore possible qu'à travers les déchirements dont l'Italie était alors le théâtre, Boson eût profité d'un événement favorable pour se faire accorder, soit par le pape, soit par l'empereur, le titre de roi d'Italie. Les chroniqueurs de celte époque sont si concis et si peu exacts qu'une nomination de cette importance aurait pu facilement leur échapper , d'autant mieux qu'elle n'aurait été suivie d'aucune prise de possession , par suite de la mort de Boson.
Cette charte établit encore jusqu'à la dernière évidence que Boson et sa cour résidaient à Vienne. Aussi je ne suis point surpris que quelques auteurs en aient fait un roi de Vienne , puisque c'était dans cette ville qu'il avait été couronné , qu'il y fesait sa résidence habituelle, qu'il y avait son hôtel des monnaies, qu'il y mourut et y fut enterré ; mais je n'ai jamais pu comprendre comment et pourquoi quelques-uns en ont fait un roi d'Arles. La dénomination de roi de Provence est tout aussi imparfaite , car la Provence ne représente qu'une partie des états sur lesquels régnait Boson. Qu'on relise l'histoire du premier royaume de Bourgogne , et l'on verra que le royaume de Boson avait la même étendue que celui de Gondemart. D'ailleurs , et jusqu'alors , la désignation de cette vaste partie de la France , qui très souvent forma un état séparé ,
se trouve toujours sous le nom générique de royaume de Bourgogne.
La sixième et dernière charte ne porte point de date; elle est tirée ex chartulario Arelatensi, Elle est accordée sur la demande de Rostaing % archevêque d'Arles , à la juridiction duquel elle soumet le monastère de Cruas , situé sur les bords du Rhône , dans le Vivarais. « Cum monachis ibi- « dem Deo militantibus... Cuncti insuper monachi ce a modo ibidem Deo militaturi. »
Ces expressions annoncent qu'à cette époque les moines de Cruas portaient les armes , ce qui était plus commun parmi les ordres religieux qu'on ne le croit généralement. Plus tard le monastère de Cruas fut transféré à Moiran.
DE BOURGOGNE. zfô