‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 102 sur 136 · FILS · texte numérisé non relu

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Lorsque le roi Boson mourut, son fils Louis devait avoir au plus dix ans, car Boson avait épousé Ermengarde en 876; celle-ci avait à redouter l'esprit inquiet et remuant des grands de son royaume, qui paraissaient peu disposes à se laisser gouverner par une femme , pendant plusieurs années. Mais Ermengarde n'était point une femme ordinaire : elle avait fait preuve d'adresse et de prudence lorsqu'il s'était agi d« placer la couronne royale sur la tête de son mari , et le courage et la fermeté qu'elle avait montrés pendant le siège de Vienne , ne s'étaient jamais démentis.

Peu de temps après la mort de Boson , elle se rendit avec son fils auprès de l'empereur Charles le Gros. Elle sut si bien disposer ce prince en sa fa-

veur , qu'il consentit à ce que le jeune Louis conservât les états de son père. L'enfant lui-même plut tellement à l'empereur que Charles se décida â l'adopter. (Annalium Fuldensium continuatio , et ex Chrotùco Hermani Contracti.)

Mais cette protection toute puissante devait bientôt manquer a Ermengarde et à son fils : un traité honteux que Charles le Gros signa avec les Normands lui fit perdre l'amour et l'estime de ses peuples. Le bâtard Arnoul , duc de Carinthie, se révolta contre lui. Abandonné de tout le monde, l'empereur fut obligé de se contenter de quelques terres qu'Arnoul lui céda en Allemagne , où il mourut le i/y janvier 888, après avoir vécu quelque temps en simple particulier.

Ermengarde avait eu le talent de se réconcilier avec son beau-frère Richard le Justicier; elle avait envoyé en même temps à Rome , auprès du pape Étienne V, Bernoin , alors archevêque de Vienne , qui lui était tout aussi dévoué qu'Otram , son prédécesseur.

Il fut chargé de représenter au souverain pontife qu'au milieu des déchirements* qu'entraînait en France la mort de l'empereur Charles le Gros, le royaume de Boson jouissait seul d'une paix profonde ;

Qu'ici les églises étaient protégées et enrichies, tandis que partout ailleurs elles étaient pillées et

saccagées ;

DE BOURGOGNE. ïfô

Que cet état de choses était dû à la bonne administration de Boson , dont la mémoire était chère à tous ses sujets , et que le seul moyen de maintenir dans une aussi heureuse situation cette partie essentielle des Gaules , était d'assurer la couronne au fils de Boson.

Ces raisons déterminèrent le pape à remettre à l'archevêque Bernoin des lettres de recommandation pour les autres prélats du royaume de Bourgogne. (Conc. antiq. Gall. t. 3. p. 52g.)

Pendant que Bernoin négociait heureusement à Rome , Ermengarde disposait avec autant de bonheur les grands du royaume à reconnaître son fils.

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