‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 118 sur 136 · MORT DE LOUIS L* AVEUGLE · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS L* AVEUGLE

L'empereur Louis l'Aveugle mourut à Vienne en 928 , ne laissant de son mariage avec Égine ou Adélaïde , fille d'Édouard roi d'Angleterre , qu'un fils nommé Charles Constantin.

CHARTES DE LOUIS i/AVEUGLE.

Les chartes de Louis l'Aveugle sont fort nombreuses. Je ne donnerai l'analyse que de celles qui présentent quelqu'intérêt sous les rapports historiques.

Les chartes de Louis , avant son élévation à l'empire, rappellent toujours l'année de l'Incarnation. Elles commencent ordinairement par ces mots : In nomine sanctœ et individuœ Trinitatis, Ludovicus , divina ordinante Providentiel , ou gratin Dei\ ou divina repropitiante clementia , Rex.

Mais à partir de l'époque à laquelle il parvint «à l'empire, la plupart de ses chartes sont datées du

jour où il fut couronné par le pape. Le nombre des indictions y est porté, mais il arrive souvent que ces indictions ne sont point en rapport avec les années du règne de Louis, soit comme ro/, soit comme empereur; ce qui jette de l'incertitude sur les véritables dates.

Les indictions commencent généralement, dans l'occident, le 24 septembre. Ainsi elles comprennent deux parties de deux années différentes. Dans le cas où une indiction n'offrirait qu'une différence d'un an s il est clair que la date devrait être reportée à la fin de l'année qui concorde avec le calendrier, on au commencement de l'année suivante. Mais, dans quelques chartes de l'empereur Louis , la différence est de plus d'un an. D'un autre côté, il est possible que dans la province Viennoise, l'année ne commençât que le premier mars, ce qui ajoute encore à l'incertitude.

Les chartes de l'empereur Louis débutent assez généralement par ces mots : In nomine Dei œterni et Salvatoris nostri Jesu Christi , ou In nomine Domininostri Jesu Christi , ou In nomine summi œterni et Salvatoris nostri Jesu Christi , ou In unitate venerandœ Trinitatis.

Louis P Avcugleeut pour archi chanceliers Bernoin, Hainfroi et Alexandre, archevêques de Vienne. Quelques diplômes sont signés par Arnoulf , chancelier ou notaire de l'empereur.

Bernoin avait pour notaire Warimald , Arnoulf

etTheudo. Rainfroi employait Arnoulf; et les notaires d'Alexandre étaient Warnerius , Ubold et Helia.

Je donne les chartes de Louis l'Aveugle par ordre de dates.

La première contient différentes concessions à l'église de Lyon, sur la demande de l'archevêque de cette ville, et à la recommandation de sa mère Ermengarde.

ft Scilicet in pago Lugdunensi , immunitatem « Villae urbanae, juxta civitatem »

« In pago Viennensi, villamTurnonem etliviam, « et luconnacum cum integritatibus suis »

Cette charte n'est qu'une confirmation de celle que l'église de Lyon avait obtenue en 885 de l'empereur Charles le Gros. Elle prouve que la commune de Villeurbanne près de Lyon existait déjà à cette époque.

La confirmation de Louis se termine ainsi :

« DataXVkal. aprilis , anno dominicae Incar- « nationis 892, et eodem Christo propitio , régit nante domino nostro Ludovico anno secundo in « Burgundia seu Provincia, indictione X.

« Actum Ludguni civitate in Dei nomine féliciter. « Amen.» {Âpud Baluzium miscell . lib. 2, p. i53.J

Cette charte est du 18 mars 892, la seconde année du règne de Louis j ce qui établit que, tant qu'il fut roi, il datait les années de son règne du jour de son élection par le concile de Valence. On voit aussi que Louis prenait le titre de roi de Bout -

gogne ou de Provence. Il ne voulait pas renoncer à la qualification de roi de Bourgogne, quoique Rodolphe se fût déclaré indépendant ; mais il n'osait pas non plus la prendre exclusivement, de là la conjonction seu d'où se tire la conséquence que s'il n'était pas roi de Bourgogne , il était roi de Provence.

La seconde est du 10 août 894 , la quatrième année du règne de Louis. Elle confirme l'église de Grenoble dans ses immunités , privilèges et possessions, sur la demande d'Isaac, évêque de Grenoble et de la reine Ermengarde. Le roi Louis maintient entre autres la donation faite par Boson de l'église de Saint-Donat , à l'église de Grenoble.

(4 Ecclesia sanctae Mariae seu sancti Donati con- « fessoris — est autem ipsa ecclesia sita in comi- « tatu Viennensi, in vico Jovinziaco.

« Datum III idus augusti anno Incarnationis « dominicœ 894, indictione XII , anno Christo « propitio regni Ludovici régis IV. » ( Apud Baluzium miscelL lib. i^p. i56.)

Voyez, sur le bourg de Saint-Donat* nommé auparavant vicus Jovcnciacus ou Jovencieu , les Mémoires sur la ville de Romans , par M. Dochier, page 10.

La troisième a rapport à la donation de Monis- Irol à l'église d'Apt, sur la demande du comte Teutbert.

« Actum ad hoc praeceptum anno Incarnationis

a dominiez 896 , indictio XIV , apud Carpetra- « tensium monasteriurn , anno sexto régnante Lu- « dovico glorioso rege. » ( Ex archivis ecclesiœ Aptensis.)

La quatrième est une promesse de protection au monastère de Saint- Theudère (Saint-Chef), sur la demande de l'Archevêque de Vienne Bernoin , et à la recommandation de la reine Ermengarde. Elle est du commencement de 897, si l'on compare l'année de l'Incarnation avec l'indiction.

« Actum est hoc praeceptum apud Lugdunum , « anno Incarnationis dominicae 896,indictione XV, « anno VI, régnante Ludovico serenissinx) rege. » {Apud Àcherium , tom. II, spicil. p. 162.)

La cinquième est une donation à un prêtre nommé Rigmond, de plusieurs propriétés situées dans le canton d'Avignon ; elle est accordée sur la demande de Rostaingt , archevêque d'Arles.

« Actum est hoc praeceptum apud Avenionem « Castrum, anno incarnationis Domini 898, indicée tione I, anno VIII, régnante Ludovico glorioso « rege féliciter. »

J'ai rétabli anno VI H, comme le conseillent les bénédictins ( Recueil des Historiens des Gaules , tome 9, page 680) ; car le texte porte anno VII.

Au reste ces cinq chartes établissent suffisamment que le roi Louis les datait, ainsi que je l'ai expliqué , de l'époque de son élection par le concile de Valence, qui se tint en 890.

La sixième est une donation à Aymon , sur la demande du comte Hugue, fils du comte Richard, d'une propriété située dans le comté de Lyon, joignant le comté de Mâcon.

« Actum est hoc praeceptum apud Viennam a civitatem , anno Incarnationis dominicae 900 , a indictio II, anno primo régnante gloriosissimo « rege Ludovico. » (Ex Chartulario Cluniacensi.)

La différence de Pindiction avec l'année de l'Incarnation vient d'une des causes que j'ai indiquées : effectivement si l'année commençait le 24 du mois de septembre , il est clair que jusqu'au premier janvier suivant , on se trouvait encore dans la deuxième indiction. Je ne relèverai plus ces différences , quand elles ne seront que d'une unité entre l'indiction et l'année de l'Incarnation.

Ce qu'il y a de plus remarquable , c'est que Louis date cette charte de la première année de son règne , quoiqu'elle soit de l'an 900. Il faut se rappeler que Louis s'était rendu en Italie \ ce qui veutdire en Lombardie t dansl année 899, et qu'il en avait été reconnu roi, lorsqu'il fut investi par les troupes de Bérenger , et forcé de repasser les Alpes. Louis n'avait point renoncé à ses prétentions sur l'Italie , et voilà pourquoi sans doute , en l'an 900, il datait de la première année de son règne, en fesant allusion à son royaume d'Italie.

La septième, sur la demande de l'archevêque de

DK BOURGOGNE. 269

Vienne Rainfroi , archichancelier du sacré palais , et de l'illustre comte Hugue, accorde diverses propriétés au vicomte Bérillon.

« Datum Viennae civitati , anno domiuicae In- « carnationis 902, anno et jam imperii domini « nostri Ludovici Augusli. » (Tab, EccL Vien. fol. 78.)

Cette charte donne au comte Hugue la qualification de nosterque propinquus , qu'on retrouve dans toutes les chartes ou il est question de ce comte. On y voit aussi que l'archevêque de Vienne était archichancelier du sacré palais, et sacri palatii nostri notariorum summus.

C'est pour la première fois qu'il est question du titre de vicomte, vice cornes, dont était revêtu Bérillon.

La huitième est du 1 1 novembre 902. Elle contient donation de l'abbaye d'Ambierle , dans le comté de Lyon , joignant le bourg de Roanne , à Bernard et Teutbert, sur la demande de Guillaume, duc et marquis.

« Data III idus novembris anno Domini 902 , a indictio V, anno II, imperante domino Ludovico a imperatore. »

« Actum Viennoe publiée in Dei féliciter amen. » {Ex Chartulario Cluniacensi.)

Les chroniques s'accordent toutes à attester que Louis eut les yeux crevés par ordre de Bérenger ; mais à quelle époque cet événement eut-il lieu ?

a;o second eoyaume

Le Chronique de Rcginon , qui fait suite aux Annales de Metz, dit que Louis fut aveuglé en 904. dans le mois d'août.

Celle de Sigebert annonce qu'il fut aveuglé en 9 o3.

Celle d'Albéric retarde cet événement jusqu'en 9i5.

Je n'ai pas hésité à adopter la Chronique estimée de Marianus Scotus, qui porte l'aveuglement de Louis à l'année 902 ; car il n'y a pas de doute que l'empereur était à Vienne au commencement de novembre de cette année , et comme nous allons trouver des chartes de 903 , 904 et 905 , datées de Vienne , de Lyon et d'Arles , j'ai considéré la prolongation du séjour de Louis dans son royaume de Provence , comme la preuve complète que depuis le mois d'août 902 , il n'était pas retourné en Italie.

On ne peut se figurer tous les soins qu'il faut pour ne pas s'égarer dans le dédale des chroniques du dixième siècle , qualifié plus particulièrement, et avec grande raison , de siècle d'ignorance.

La neuvième est la confirmation d'une donation faite en 898 au prêtre Rigemond ou Rigmond, sur la demande d'Arnoulf , chancelier. Ce prêtre est ainsi qualifié : Concecleremus.... nostro Jideli oratori Pdgemundi sacerdoti nomine. D'où l'on peut tirer la conséquence que Rigemond était le prédicateur de l'empereur Louis.

f< Actiini , apud Viennam , anno Domini 903 , « indictio VII anno III, imperanle Hludovico impe- « ratore, in Deinomine féliciter : amen. » (Recueil des Historiens des Gaules* tome 9, page 682.)

La dixième est une donation à A me lins, évêque d'Uzès , sur la demande du comte Teutbert et de Walo, d'un domaine nommé Fretus, dans le comté d'Avignon. Elle est du 17 septembre 903.

« Data XV cal. octobris , anno dominicae In- « carnatîonis 903, indictio VI, anno III, impe- « rante domno Hludovico imperatore.

a Actum Lugduno in Dei nomine féliciter :

amen. » (Recueil des Historiens Gaules, tom. 9, page 682).

La onzième est du 2 1 avril 904* Elle accorde, sur la demande de Rostaingt, archevêque d'Arles , et du comte Teutbert, des droits de pêche, saline, arrivage de bâtiments , et autres droits fiscaux , à l'abbé de Saint-Victor, de Marseille.

« Data XI kalendas maii anno Domini 904 s in- « dictione VII, anno IV, imperante domno nostro « Hludovico.

« Actum A relate féliciter: amen. » (Âpud Martenium , tom. 1, amp.collect. col, 262.)

La douzième est du 3 1 octobre 904. Elle fut accordée sur la demande de Rainfroi , archevêque de Vienne, et archichancelier du sacré palais. EUe maintient l'église de Vienne dans toutes ses possessions , immunités et privilèges.

« Datum Viennae civitate , anno Deo propitio « imperii IV domiili nostri Hludovici serenissimi « Augusti II scilicet kal. novembris, indictione u VII. » ( Apud Ba luzium , in Appen d. ad capitul . col. 1469- — Tab. eccl. Piennœ.fol. 76.)

La treizième est du 26 octobre 905, sur la demande de H ugue, très noble comte et son très cher parent, et de l'archevêque Rainfroi. Elle rétablit sous la direction de l'église de Vienne, la terre de Four et l'église de Saint-Nazaire.

En parlant de la demande du comte Hugue et de l'archevêque Rainfroi, l'empereur s'exprime ainsi :

« Unde serenitatem nostram suppliciter expe- « tierunt quatinus ob amorem Christi, neenon et a pro levamine et memoria genitorum nostrorum te quorum corpora in eadem matre ecclesia fore « noscuntnr humata

« Datum Viennae urbi VII kal. novembris anno « imperii V, domni nostri Hludovici serenissimi « Augusti, in Dei nomine féliciter. Amen, » {Apud Baluzium, in Append. ad capitul. col, i47 r )*

Cette charte prouve qu'à l'époque du 26 octobre go5 , la reine Ermengarde était morte , et qu'elle devait être enterrée, comme l'avait été son mari Boson , dans l'église de Saint-Maurice ; ce qui fut exécuté, ainsi que le prouvent des chartes postérieures.

Cette charte et celle qui la précède , sont mal à propos portées aux pages 4*5 et 416 du 8 e volume

du Recueil des Historiens des Gaules, comme accordées en 858 et 859 par l'empereur Louis , fils de Lothaire.

Charvet, dans son Histoire de la sainte Eglise de tienne (pages 245 et 246), n'est point tombé dans cette erreur d'autant plus facile à éviter que le nom de l'archevêque, à la sollicitation duquel les chartes avaient été délivrées, ne pouvait donner lieu à aucune équivoque ; mais il commet lui-même un,e faute en portant à l'année 906 la date de la dernière charte qui est réellement de 905. Dom Bouquet avait raison de ne pas admettre que Lothaire et Ermengarde , père et mère de Louis , qui régnait en 858 et 859 , eussent été enterrés à Vienne , et avec un peu plus de soins et de recherches, il aurait vu qu'il s'agissait de Boson et & Ermengarde, père et mère de Louis l'aveugle.

Au reste , et en négligeant même une autre charte du 8 des ides de juin 903 , rappelée dans Charvet , page 242 , il devient évident que Louis n'avait point quitté son royaume depuis le n novembre 902 , puisqu'on a de lui des chartes de 903 , de 904 et de 905 toutes datées , comme nous en avons déjà fait la remarque , de Vienne , de Lyon, d'Arles, etc., tandis qu'on n'en connaît aucune de l'année 901 ni du commencement de 902 , époque à laquelle tous les historiens conviennent que Louis était en Italie. Nous avons donc raison de persister dans l'opinion que Louis fut aveuglé

vers le mois d'août 902, et que depuis lors il ne retourna plus en Italie.

La quatorzième est du 19 octobre 907. Elle ordonne , sur la demande du comte Teutbert , la restitution dune île sur le Rhône, à Rémigius, évoque d'Avignon.

« Datum XIV cal. novemb. anno VII regni « Ludovici piissimi Augusti, indict. XI.

« Actum Vienna publiée inDei nomine féliciter. « Amen. »(/» Instrum. ad tom. 1 Galliœ Christianœ novœ edit. p. i32).

La quinzième est une concession faite le 16 mai 909, à Rémigius, évêque d'Avignon, villœBitorritœ , dans le comté d'Avignon , sur la demande du comte Hugue, son très cher parent, et du comte Teutbert.

« Datum XVII cal. junii , indict. XIV, anno IX « regni domni Ludovici piissimi imperatoris.

ce Actum Viennœ féliciter. Amen. » (Àpud Nouguierum in ffist. Ecclesiœ Âvenion. , pag. 3i).

La seizième est du 4 avril 912. Elle renferme la donation de plusieurs églises à Fulchérius, évêque d'Avignon , sur la demande des comtes Hugue et Boson , ses très chers parents , et de Rostaingt , archevêque d'Arles.

Le Boson dont il est ici question était le frère du comte Hugue , et conséquemment fils de Théobald, comte d'Arles. Berthe, fille de Lothaire II,

DE BOURGOGNE. 'IjS

roi de Lorraine , était la mère des deux frères. Après la mort de Théobald , elle épousa Adalbert , • duc de Toscane , de qui elle eut un fils nommé Gui , qui fut marquis de Toscane , et qui épousa la fameuse Marozia. Ce fut ce Gui qui en 926 attira son frère Hugue en Italie. Il mourut vers 932. Hugue ne craignit pas de se marier a sa veuve , quoiqu'elle fût sa belle-sœur , et alors il créa marquis de Toscane son frère Boson.

« Datum II nonas aprilis, indict. XIV, anno XII « impcrante Hludovico piissimo imperatore. r>(Ad Instrum, ad tom. 1, Galliœ Christ, novœ edit. p. i38. )

A dater de 912 jusqu'en 920, on ne connaît pas de chartes de Louis ; ce qui , au premier coup d'oeil, paraît favorable au système de ceux qui pensent que cet empereur fut aveuglé seulement en 915. Cette année fut effectivement celle du couronnement de Bérenger comme empereur , et Albéric a pu croire que cette cérémonie avait suivi immédiatement la voie de fait commise sur Louis ; mais on sait que Bérenger eut à lutter pendant long-temps contre d'autres petits tyrans qui ravageaient l'Italie ; et , d'un autre côté, comment pourrait-on supposer que l'empereur Louis eût abandonné depuis 902 jusqu'en 912 le séjour de Pavie, dont il avait fait la capitale de son empire , lui qui tenait tant à son titre d'empereur , pour venir habiter Vienne , ancienne capitale de son royaume de Provence?

il nous reste à présent à prouver que l erripereur Louis a vécu jusqu'en 928 , et cette preuve ressortira des chartes qu'il nous reste à examiner.

La dix-septième est du i er février 920. Elle contient confirmation des donations faites à l'église d'Arles par Je roi Boson , sur la demande de Manassès , alors archevêque d'Arles , que l'empereur Louis qualifie de son cher parent : noster charissimus propinquus.

« Dalum est hoc prœceptum Viennae kal. fe- « bruarii, anno XXdomni nostri Lodoïci Augusti , « in Christi nomine féliciter. Amen.»(//i Instrum. ad tom. 1, Galliœ christ, novœ edit. p. 94.)

La dijo- huitième ordonnera restitution de l'abbaye de Saint-Ruf à l'église d'Avignon , sur la demande du comte Boson, son parent, et de Fulchérius, éveque d'Avignon.

a Datum est hoc praeceplum Vienna? publiée a anno 920, XV kaL septembris, anno etiamXVIl m imperii domni Ludovici Augusti, indictione VIII, a in Christi nomine féliciter. Amen. » (In Instr. ad tom. 1, Galliœ christ, novœ edit. p. 159.)

Cette charte présente, quant aux dates, des difficultés presque insurmontables, car il faudrait que le règne de Louis ne commençât qu'a 903.

Mais toutes les autres chartes ne laissent point d'équivoque. Leurs dates concordent avec Tannée 900 , première année du règne de Louis comme empereur.

La dix-neuvième est du 6 janvier 923. Elle contient une donation à Ingelbert et à Noma sa femme, d'une campagne nommée Tadernacus , dans [le comté de Vienne.

« Actum Viennœ publiée anno XXIII, VIII idus « januarii, imperante Ludovico imperatore Au- « gusto. » {Ex Chartulario Cluniacensï).

La vingtième est de 924. Elle contient une donation à Bonnet d'une campagne nommée Curtilis, sur la demande de Warin et de Bérenger, fils d'Albuin et d'Aymon.

« Actum \ iennœ publiée anno ab Incarnatione a Domni noslri Jesu Christi924, anno XXIII im- « perii Ludovici serenissimi Augusti.» (Ex Chartulario C luniacensi ) .

La vingt -unième est datée du 27 novembre927. Elle contient, sur la demande de son fils Charles- Constantin , la donation d une terre à l'église de Saint-Maurice.

« In eadem sancta matre ecclesia ubi lumulala « habentur patris vel matris meœ ossa.

« Datum est hoc praeceptum Viennœ, Y kalend.

(c decembris , anno XXVII imperii domni nostri c< Hludovici Augusti, in Christi nomine. Amen. » (Tab. EccL Vien. f° 77).

La vingt-deuxième et dernière, également accordée à la demande de son fils Charles- Constantin, le 25 décembre 927 , contient la restitution de la terre de Serczin, à l'église de Saint-Maurice.

a Ob amorem Christi ac genitoris nostri vel <c genitricis nostrœ quorum corpora celeberrimo « cultu in eadem matre ecclesia praenoscuntur a humata. » (Tab. Eccl. Vien. f* 77.)

Ces deux chartes prouvent jusqu'à la dernière évidence que la reine Ermengarde avait été enterrée dans l'église métropolitaine de Saint-Maurice.

Les bénédictins, dans leur Recueil des Historiens des Gaules , tome IX, page 663 , parlent d'une charte de la reine Ermengarde , jugeant une contestation entre un de ses vassaux et l'abbé du monastère de Grigni. Ils pensent que la date de cette charte portée , selon eux , par erreur à l'an 898, est de l'année ç)o5, qui correspond à la huitième indiction , également rappelée dans la charte. J'ai partagé l'opinion des bénédictins, attendu que la charte de la reine Ermengarde annonce que la chose en litige (cella Balma) avait été acquise par les moines de Grigni, suivant un diplôme du roi Rodolphe, et que ce diplôme est du 10 décembre 903, indiction VI. Ainsi . et de toute nécessité , la charte de la reine Ermengarde est postérieure à ce diplôme , et l'on ne saurait rapprocher cette date au delà de 905 , puisque l'empereur Louis, dans sa charte du 26 octobre de ladite année , dit que le corps de sa mère devait être enterré dans l'église métropolitaine de Vienne.

Toutes les chartes et diplômes que nous venons d'analyser établissent que la ville de Vienne fut

habituellement la résidence de l'empereur Louis l'Aveugle depuis son retour d'Italie.

CHARTES , DIPLOMES ET DONATIONS REMARQUABLES SOUS LE RÈGNE DE LOUIS L'AVEUGLE.

i° Donation à l'église de Saint-Maurice d'une vigne, par Dominique et sa femme Eltrude. L'acte est daté ainsi qu'il suit : Anno III vocato atque electo a magnat is principibus regionis hujus Ludovico rege. Ainsi elle est de l'an 8g3. (Tab. Eccl. Fiennœ , f° 66.)

2° De 893 à 912 , il existe une foule de donations à l'église de Saint-Maurice, datées du règne de Louis; on peut faire la remarque que beaucoup de ces donations renferment des imprécations contre ceux qui se permettraient d'en violer les dispositions.

3° Donation en l'an 912 à l'église de Saint- Maurice d'une mense située sur le territoire d'Estresscin, près de Vienne, ayant pour confins une terre de la même église , une terre du domaine de l'empereur Louis, le Rhône et un chemin public. Le donateur était Guigue, qui s'intitula comte, par la grâce de Dieu. On croit que c'est de ce Guigue que sont issus les Dauphins du Viennois; on voit qu'à cette époque l'autorité de Louis l'Aveugle

était bien affaiblie. Cette charte est datée comme il suit :

« Actum Viennae publiée, die dominico in « mense augusti, in anno XII quo domnns Ludo- « viens est imperator. » (Tab. Eccl. Fiennœ.

Charvet, dans son Histoire de la sainte église de Vienne , fait la remarque que c'est la première donation qu'il ait vue dans laquelle le donateur ait exigé qu'il fût dit des messes annuellement pour le repos de son ame et de celles de ses parents. Jusque là on n'avait demandé que des prières.

4° Charte de Huguc, comte et marquis, le m urne que l'empereur Louis appelait son proche parent y par laquelle il rétablit sous la direction de l'église de Vienne, le monastère de Saint-Pierre, hors des portes dcViennc dont il jouissait in prœstariam (espèce d'inféodation à charge de redevances) . Il ajouta à ce monastère l'église de Saint-Marcel , qui lui appartenait au même titre. La charte n'est pas datée; mais comme la restitution est faite à la prière de l'archevêque Alexandre , on peut la porter à l'an 924. Elle contient la mention que le monastère de Saint-Pierre et l'église de Saint-Marcel étaient alors en ruine.

Hugue signa la charte en présence de Hilde , sa seconde femme (quœ manu tangendo firmavit ) qui la confirma en la touchant avec la main.

Cette charte, que nous a conservée Honoré Bou-

DE BOURGOGNE. 5*8l

che {Histoire de Provence , tome i er , page g35), se termine par cette imprécation contre celui qui en contrarierait les dispositions :

« Ejusque corpus cxanime asinorum accipiat « sepulturam, et ipse aeternarum flammarum « incendiis miserabilitcr torqneatur. »

Il paraît qu'il y avait une voirie particulière poulies ânes.

5° Et enfin Charvet (page a5i) parle d'une donation faite à l'église de Saint-Maurice , de deux petits domaines situés à Chuzelle, laquelle serait du 7 des calendes de septembre , la vingt-huitième année de l'empire de Louis, c'est-à-dire, du 26 août 928. Elle prouve qu'à cette époque Louis l'Aveugle vivait encore.

î82 SECOND ROYAUME

Page 1