‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 125 sur 136 · ANDRE E SANCTI PRO MERITURUS OPES · texte numérisé non relu

ANDRE E SANCTI PRO MERITURUS OPES

IS REX CONRADUS MONACHOS STABILÏVIT IBIDEM ,

CORPORE Ç)t// FERTUR DUDUM TUMULATUS IBIDEM.

3l8 SECOND ROYAUME

Tous les mots que j'ai indiqués par des lettres italiques sont tronqués. Les érudits pourront s'en assurer par \e fac simile de cette épitaphe que je donne à Ja fin de ce volume.

Je crois que quelques substitutions de mots ont été faites avec bonheur et rendent clairement le sens de l'épitaphe ; mais il y a eu une véritable infidélité dans la copie du dernier vers. Cette observation ne s'applique pas au mot qui , lequel a pu être employé aussi bien que ceux que ou quod ; mais il est indubitable que l'inscription ne porte point dudum. On lit ludu; on pourrait lire ludum. Dans mon opinion, que je n'émets cependant qu'en hésitant , on devrait lire luctu ; mais je défie qu'on trouve dudum.

Tumulatur a élé remplacé par tumulatus. C'était une conséquence forcée de l'invention du mot dudum.

La traduction des premiers vers de cette épitaphe présente peu de difficultés:

a Vous qui portez des habits somptueux, et qui et accumulez sans cesse des richesses dont vous ne a profiterez pas , apprenez que vous avez besoin « de peu de choses après votre mort. Un linceul t< et une pierre vous suffisent. Ci-git Conrad qui « posséda tant de villes et de châteaux. Il est ren- « fermé dans cet étroit tombeau »

En adopant la leçon de Samuel Guichenon, je continuerais ainsi qu'il suit :

DE BOURGOGNE. 3lO,

« Serviteur de Dieu au fond de J'ame , ce prince « était habituellement vêtu magnifiquement, mais « sous ses habits était un cilice (vestis aspera).

Si au contraire , je m'en rapporte au texte , et que je lise sulitus erat pour solitus erat, je traduis ainsi, sans m'occuper de la mesure du vers.

« Serviteur de Dieu au fond de l ame, ce prince ce était ordinairement plus que modeste dans ses ce vêtements, et souvent il portait des habits gros - « siers »

La suite jusqu'au dernier vers s'exprime ainsi :

ce Pour mériter les faveurs de saint André, il ce employa son or et ses pierreries à réparer cette a église, dans laquelle il repose. Ce roi Conrad ce maintint (ou rétablit) les moines dans ce lieu ! . . . «

Si, dans le dernier vers , il convient de lire ludum ( car ludu n'est pas latin) , je supposerais la préposition per sous entendue, et je continuerais ainsi la traduction :

ce Et c'est dans ce même lieu que , par une este pèce de hasard , son corps a été porté et enterré.

S'il m'était démontré que le mot luctu doit être employé au lieu de celui de ludum, je dirais alors :

ce Et c'est dans ce même lieu que son corps, ce apporté au milieu du deuil (avec une pompe ce funèbre), a été enterré. »

Quoi qu'il en soit , l'épi taphe entière me semble rédigée au temps présent , et ne point rappeler

3aO SECOND ROYAUME

une mort ancienne , ce qui cependant serait la conséquence de l'emploi du mot dudum.

Je conviens que la rencontre des verbes fertur et tutnulatur offre quelque chose de tout -à-fait inusité ; mais il faut se rappeler combien la latinité du dixième siècle était mauvaise. L'épitaphe de Conrad en offre plus d'une preuve , et c'est pour cela que des auteurs, qui n'étaient pas sans mérite, ont cru pouvoir y faire des changements.

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