‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 20 sur 136 · PARTAGE DU ROYAUME DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

PARTAGE DU ROYAUME DE BOURGOGNE

Aucun auteur ancien n'indique les bases du partage du royaume des Bourguignons. Tous se contentent de dire qu'il fut effectué entre les trois rois francs ; quelques-uns ajoutent qu'il se fît un nouveau partage des terres et des esclaves. Les immeubles qui formèrent les domaines de la couronne furent exempts de tributs. Le clergé obtint la même faveur pour les fonds qui lui appartenaient.

Il fut décidé , par une stipulation particulière , que les Bourguignons ne paieraient que les mêmes impôts auxquels ils avaient été assujettis jusqu'alors ; ainsi la ville de Vienne conserva le privilège de n'être soumise à aucune conttibution , à la charge

de s'imposer, comme par le passé , pour ses propres besoins.

Chorier , historien du Dauphiné , pense que la ville de Vienne fit partie du lot de Childebert , et il fonde son opinion sur ce que saint Julien, évêque de Vienne , assista au concile d'Orléans, convoqué par Cliildebert. Le fait paraît être exact, mais la conséquence n'est pas juste ; car il faut remarquer que le concile d'Orléans se tint en 533. Il est très vrai que Cliildebert et Clutaire venaient de s'emparer à cette époque d'une grande partie de la Bourgogne ; mais Gondemart se remit en possession de la totalité de son royaume , dans cette même année, et ce ne fut qu'en 534 Cliildebert et Clotaire , assistés des forces de Théodebcrt , leur neveu , se rendirent tout-à-fait maîtres des états de Gondemart , et les partagèrent entre eux. Or, il est inutile de dire que ce partage ne put pas être basé sur l'invasion de 532, à laquelle Thèodebert> ou plutôt son père Thierri n'avait pris aucune part. Enfin il est constant que le concile est de 533, et que le partage n'est que de 534-

Il y eut un autre concile à Orléans , en 549, ^ ans lequel Childebert et sa femme Ultrogothe confirmèrent l'établissement de l'hôpital de Lyon. Des évêques de toutes les parties des Gaules, et notamment celui de Vienne , se rendirent à ce concile ; mais les historiens font remarquer avec raison que les signatures des évêques au bas des procès-ver-

baux ne peuvent , en aucune manière , indiquer l'étendue du royaume dans lequel le concile se tenait.

Lorsque les Francs s'emparèrent du royaume de Bourgogne , il comprenait quatorze évêcbés , savoir : Vienne, Grenoble, Valence, Die, Viviers, Lyon, Mâcon, Langres, Chalons- sur-Saône, Nevers, Besançon , Avenche, Vindisch et Belley. Genève appartenait aux Ostrogoths, et Avignon aux Visigolhs.

Vienne tomba dans le lot de Clotaire, c'est ce que nous établirons plus particulièrement. En l'état nous nous contentons d'expliquer que la dénomination de royaume de Bourgogne ne s'éteignit point au moment de sa conquête par les Francs. On voit au contraire dans Grégoire de Tours et son continuateur, que ce royaume, tel qu'il existait sous les enfants de Gondebaud, fut long- temps distingué du surplus de la France. Mais Clotaire , Gontran, Childebert , et les autres rois francs qui leur succédèrent avec le titre de rois de Bourgogne , ne fixèrent jamais leur séjour dans Vienne , et bientôt cette ville ne conserva que quelques vestiges de son ancienne puissance. Par exemple, son sénat survécut à la dynastie de Gondebaud ,et l'on trouve encore des preuves de l'existence de cette grande institution, au commencement du septième siècle.

Le père Daniel , dans sa carte de la division de la France en plusieurs royaumes , laquelle se trouve dans la préface de son Histoire de France, désigne Clodomir comme le premier roi franc qui ait régné

sur la Bourgogne. Clotaire i er est indiqué comme le second.

Quant à Clodomir , il est très vrai qu'il fit une irruption dans la Bourgogne en 524, et qu'il y fut tue non loin de Vienne ; niais rien ne prouve qu'il ait régné sur ce pays, qui resta encore dix ans sous la domination de Gondemart.

Nous n'hésitons point à nous ranger de l'avis du père Daniel sur Clotaire. Nous soutenons seulement qu'il est le premier roi franc qui ait régné sur nos contrées.

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