‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 44 sur 136 · CONTRE LEUR PERE · texte numérisé non relu

CONTRE LEUR PERE

Le nouveau partage de l'empire déplut singulièrement à Lothaire , ainsi que son père s'y était

iG.f CHRONIQUE DE VIENNE

attendu. Son mécontentement fut partagé par le comte Hugues, son beau-père, et plusieurs des principaux seigneurs.

Les abbés de Corbie et de Saint-Denis , les arcbevêques de Lyon, d'Amiens, et surtout celui de Vienne , embrassèrent le parti des princes , et furent imités par d'autres prélats dont la puissance donnait beaucoup de crédit à la faction.

Pendant ce temps , Lotbairc eut l'adresse de mettre dans ses intérêts ses frères Pépin et Louis le Germanique , en leur insinuant que tôt ou tard leurs propres royaumes serviraient à accroître l'apanage de Charles le Chauve , leur frère consanguin.

Celte conjuration des enfants contre leur père fut conduite avec beaucoup de mystère , et l'on n'attendait qu'une occasion pour frapper un coup décisif.

Les Bretons se soulevèrent en 83o. Louis le Débonnaire se mit à la tête d'une armée pour les faire rentrer dans l'obéissance ; mais des intelligences avaient été pratiquées avec les principaux chefs , et un jour l'armée refusa d'avancer , sous le prétexte que le mauvais temps avait rendu les chemins impraticables.

Cependant Lothairc et Pépin avaient secrètement levé des troupes et suivaient l'armée. Louis le Germanique , des intentions duquel son père commençait a se défier, et qui était pour ainsi dire gardé à vue , parvint à s'échapper et à rejoin-

SOUS LES ROIS FRANCS. l65

dre ses frères. Dès lors la défection se mit dans l'armée de Louis le Débonnaire. Cet infortuné monarque , prévoyant le sort qui l'attendait , se décida à envoyer l'impératrice Judith à Laon , et à tenter le sort des armes avec le peu de troupes qui lui étaient restées fidèles ; mais Pépin ayant envoyé un détachement devant Laon , le gouverneur en ouvrit les portes et lui livra Judith; conduite devant Pépin , celui-ci lui donna à entendre que le seul moyen d'éviter la mort était de prendre le voile , de conseiller à l'empereur de meltre bas les armes, de se faire couper les cheveux , et de passer le reste de ses jours dans un monastère.

Louis le Débonnaire consentit a ce que sa femme prît le voile , et cette cérémonie se fit à Poitiers , dans le monastère de Sainte-Radegondc ; mais il voulut, sur le surplus, consulter les seigneurs et les évêques , ce que Pépin n'osa pas refuser.

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