ASSEMBLÉE DE COMPIÉGNE ET SES SUITES
Les archevêques et autres prélats qui avaient . suivi les armées se réunirent avec les principaux seigneurs, dans la grande salle du château de Compiègne , où Louis le Débonnaire fut introduit. Son air consterné , l'aveu de ses fautes avec des expressions peu dignes de son haut rang, lui firent
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perdre le peu de considération qu'on avait encore pour lui.
Cependant Lothaire n'osa pas demander l'abdication de son père; il la désirait vivement , mais il voulait qu'elle parût volontaire. Il plaça auprès ' de Louis le Débonnaire quelques moines avec la mission secrète de le dégoûter des grandeurs dé ce monde , et de lui inspirer le désir de se retirer dans un monastère ; mais il arriva que ces moines s'intéressèrent à l'empereur et cherchèrent à lui donner du courage. Leur conduite ne fut pas toutà-fait exempte d'ambition personnelle , car ils exigèrent des conditions sur la nature desquelles les historiens gardent le silence. Quoi qu'il en soit, ils eurent l'adresse de gagner du temps , et ils en profitèrent pour faire comprendre à Pépin et à Louis le Germanique , qu'au lieu d'un père bon et tendre, ils ne trouveraient qu'un maître absolu dans leur frère Lothaire , dès que celui-ci aurait obtenu la couronne impériale , sans partage. Peu à peu ces insinuations produisirent leur effet, et un beau jour Pépin et Louis le Germanique se prononcèrent en faveur de leur père. Leurs partisans étaient les plus nombreux. D'un autre côté , Lothaire fut pris au dépourvu , et force à lui fut de céder.
Louis le Débonnaire , tout en lui pardonnant , le déclara déchu de l'association à l'empire , et ne lui conserva que le titre de roi d'Italie où il lui
SOUS LES ROIS FRANCS. iGj
ordonna de retourner. Quant à Pépin et à Louis le Germanique , l'empereur augmenta leurs royaumes de quelques provinces.
NOUVELLES RESTITUTIONS A i/ÉGLISE DE VIENNE.
Il paraît qu'une des conditions imposées à Louis le Débonnaire par les moines qui l'avaient si bien servi fut qu'il ne témoignerait aucune mauvaise humeur aux prélats qui s'étaient prononcés pour ses enfants; effectivement il ne pouvait ignorer que Baruard , archevêque de Vienne , était entièrement dévoué à Lothaire. Cependant , par une charte datée d'Aix-la-Chapelle , le 5 des nones de mars , indiction 9 , l'an 18 de son règne , c'est-àdire le 3 mars 85 1 , il rendit à l'église de Vienne le monastère de Saint- André- le-Bas , fondé par le duc Ancemond , et qui, depuis Charles Martel, appartenait au fisc.
Par une autre charte du même jour , il rendit à l'église de Vienne le bourg dÉpaône , si célèbre par la tenue du concile de 517, présidé par saint Avite. Ce bourg avait été cédé par Charles Martel à un comte d'Albon , un de ses /idoles : aussi est-il dit dans la charte que cette restitution est faite ( à Barnard , archevêque de Vienne , du consentement et à la prière du très illustre comte Abbon, ou d'Albon , qui était , sans doute , un des descendants de celui qui vivait sous Charles Martel.