REMARQUES SUR LE CONCILE DE MANTAILLE
Les archevêques et évêques ne décidèrent point si la nouvelle royauté improvisée au profil de Boson serait à l'avenir héréditaire ou élective ; mais la suite prouva que les pères du concile entendaient trop hien leurs intérêts pour renoncer au droit d'élection , au moyen duquel le souverain restait a leur discrétion.
2l8 SECOND ROYAUME
Quelques auteurs ont pensé* que Boson, qui, pendant les premières années de son règne, ne prenait que le titre de roi, visait à la souveraineté de la France entière. Ils se sont appuyés sur la phrase du décret du concile qui semble reconnaître l'incapacité des enfants de Louis le Bègue. D'autres sont allés plus loin et ont cru que le nouveau roi avait aussi en vue la dignité impériale.
Nous verrons par la suite jusqu'à quel point ces opinions sont fondées; mais rien ne prouve qu'à l'époque où Bosonfnt nommé roi d'un état composé de la Provence , du Dauphiné , du Vivarais , du Lyonnais , de la Bresse , du Bugey , de la Franche- Comté, de la Savoie, et d'une partie de la Suisse, il ait affiché des prétentions plus élevées. Il eût indubitablement déchaîné contre lui d'autres ambitions auxquelles il aurait difficilement résisté. C'était bien assez d'avoir mécontenté au delà de toute expression son frère Richard le Justicier , duc de Bourgogne , à qui il avait enlevé les comtés de Mâcon et d'Autan; car il est bon d'expliquer que le duché de Bourgogne ne doit point être confondu avec le royaume de ce nom. Ce duché s'étendait de la rive droite de la Saône , au dessus de Lyon , jusqu'aux portes de Paris.
Quelques historiens ne donnent à Boson que la qualification de roi de Provence; d'autres la restreignent au titre de roi de tienne , ou de roi d'Arles. Bientôt le lecteur sera convaincu que nous
DE BOURGOGNE. îtIO,
avons rétabli son véritable titre en le qualifiant de roi de Bourgogne , car il posséda les mêmes états qui avaient formé le premier royaume de Bourgogne.