‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 89 sur 136 · MORT DE CARLOMAN, ROI DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

MORT DE CARLOMAN, ROI DE BAVIÈRE

Carloman, roi de Bavière, mourut le 22 mars 880 , ne laissant qu'un enfant naturel nommé Arnoul.

Les frères de Carloman , Louis de Germanie et Charles le Gros avaient à sa succession des prétentions que , selon l'opinion publique , ils allaient faire valoir par la force des armes; mais ces princes traitèrent à l'amiable. La Bavière fut cédée à Louis le Germanique , qui , à son tour , abandonna à Charles le Gros

toutes ses prétentions à la couronne impériale , et promit de l'assister de sa puissance pour le maintenir dans la paisible possession de la Lombardie, dont il s était emparé sans attendre la mort de Carloman.

La Carinlhie forma le lot du bâtard Arnoul.

Ce fut au moment où il avait appris l'élévation de Boson au trône de Bourgogne , que Charles le Gros s'était porté rapidement en Lombardie, pour s'opposer aux projets que ce nouveau souverain pouvait avoir sur l'Italie.

Le pape , effrayé des succès de Charles le Gros , voulut entrer en arrangement avec lui. Il lui proposa même de venir à Rome recevoir la couronne impériale; mais la mort de Carloman retarda l'exécution de ce projet. Cependant, dans ses conférences avec le pape , Charles le Gros lui reprocha d'avoir facilité la nomination de Boson au détriment des successeurs de Charlemagne. Jean VIII se tint sur la négative la plus absolue , et ce fut dans cette circonstance qu'il écrivit à l'archevêque de Vienne , Otram , la lettre ci-après :

« Jusqu'ici nous vous avions mis au nombre des a bons et saints évêques; mais nous avons bien « changé de sentiment depuis que nous avons été a informé que vous fesiez toutes choses poulet troubler la paix de l'église et pour lui nuire. « Nous avons été étrangement surpris, lorsqu'on u nous a rapporté que vous étiez un des plus zélés

« partisans de Boson; que vous favorisiez de toutes « vos forces la tyrannie de cet usurpateur , et a l'opiniâtreté de ceux qui le soutiennent. Mais ce ce qui nous afflige le plus, c'est que vous avez tâché a de déshonorer l'Église romaine en publiant que ce vous étiez muni de son autorité pour l'exécution « de cet horrible attentat, chose absolument fausse « et que vous ne prouverez jamais. Ces démarches ce et ces suppositions conviennent-elles à un évê- « que , qui aurait dû au contraire se servir de « 1 autorité de l'Église romaine pour opposer un a mur d'airain à une semblable entreprise ! Nous « vous ordonnons donc , par le pouvoir que nous « avons reçu de Dieu et des saints apôtres, de ce vous présenter incessamment devant nous pour ce vous justifier de tous ces crimes, afin que nous ce puissions dorénavant vous regarder comme notre « frère. Que si vous refusez, ou même que vous ce différiez d'obéir, ce que nous ne croyons pas, ce sachez que vous serez interdit de toutes les a fonctions épiscopales , jusqu'à ce que vous ayez ce satisfait à nos ordres. » ( Conc. antiq. Gall. t. 3. pag, 3i6. )

Otram resta tranquillement à Vienne, et ne répondit point au pape , sur la prétendue colère duquel il ne pouvait se tromper.

ASSEMBLÉE DE GONDREYILLE.

Lçs seigneurs qui s'intéressaient à Louis et Carloman , fils de Louis le Bègue , les décidèrent à partager amiablement les états de leur père. Carloman, le cadet, eut dans sa part l'Aquitaine et le royaume de Bourgogne ; Louis , l'aîné , eut le surplus de la France , et prit le titre de roi de France et de Netistrie.

On ne songea point alors à Charles , fils de la reine Adélaïde , dont elle était enceinte quand Louis le Bègue mourut, et l'on ne fit aucun apanage à cet enfant , qui régna depuis sous le nom de Charles le Simple.

Louis et Carloman étaient convenus d'attaquer Boson ; mais comme leurs forces réunies ne leur parurent pas encore suffisantes , ils proposèrent à leurs cousins, Louis, roi de Germanie et de Bavière % et Charles le Gros , roi d'Allemagne et de Lombardie , de se réunir dans la maison royale de Gondreville, près de Toul, en Lorraine, pour délibérer sur leurs intérêts communs.

L'assemblée eut lieu au commencement de juin 880. Louis , roi de France et de Neustrie, Carloman, roi d'Aquitaine, et Charles le Gros, roi d'Allemagne et de Lombardie , revenu exprès d'Italie , s'y trouvèrent en personne. Louis , roi de Ger-

DE BOURGOGNE. 2!ï3

manie et de Bavière , qui était malade , se fit représenter par des députés.

Le point principal arrêté dans la réunion de Gondreville fut d'attaquer promptement Boson , usurpateur du royaume de Bourgogne.

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