SUR LE TERRITOIRE DE SAINT VICTOR
de Paris, permit à Hippoiyte Feret, Curé, d'exposer en cette Reg^. Ep. Eglise une petite phiole de Peau ou manne qui coule des os de Saint Nicolas, apportée par Claude de la Croix, Prêtre du Séminaire, avec des certificats. Sept ans après il fut permis d'y exposer une autre relique plus remarquable, sçavoir : un ossement du Pcrm. du saint Evêque, patron de l'Eglise, long de deux pouces et large XDec i658, d'un, avec une attestation de Louise de Foix de Caudale, Abbesse de Ste Glossine de Metz, qui témoigne que cet ossement vient d'un autre qui est grand comme la main, et qui paroît être de l'humérus, « conservé dans une très-ancienne châsse de l'Abbaye, « avec un billet si ancien qu'il est difficile de le lire. »
Les sépultures les plus dignes d'attention dans cette Eglise, sont celles de Jean de Selve, premier Président du Parlement de Paris, décédé en 1529; de Messieurs d'Argenson, Bignon et Chauvelin. Le célèbre Abbé Bignon y est inhumé auprès de ses ancêtres. Entre les hommes d'une piété distinguée, Adrien Bourdoise, instituteur du Séminaire de Saint Nicolas, mort en i655. Parmi les fameux Artistes, Pierre le Brun, premier Peintre du Roi, qui mourut en 1690. •
Cette Cure ne se trouve point marquée dans le premier Pouillé de Paris écrit vers l'an 1220, parce qu'elle n'étoit pas encore érigée, mais elle est dans tous les suivans, où on lit que TEvêque de Paris y nomme de plein droit. J'ai déjà fait observer ci-devant que les Chanoines de Saint Victor ne se soucioient point d'avoir des Cures dans les villes.
L'étendue de cette Paroisse est d'une figure oblongue, qui comprend d'abord toute la rue des Bernardins, et retourne, en laissant la rivière de Seine à gauche, jusqu'au pont sur la Bievre au-delà de la porte S. Bernard, après avoir remonté la rue de Seine dont elle a les deux côtés, et les maisons qui sont au coin d'en haut à main gauche, sans rien avoir du Jardin Royal, elle reprend à la première maison qui fait le coin de la rue Copeau vis-à-vis la fontaine de Saint Victor, continue les deux côtés de la rue en rentrant dans Paris; puis elle remonte à la rue des F^ossez Saint Victor jusques et inclus le quarré entier de la rue de Bou- . langers, et jusqu'à la rue Clopin exclusivement. Ensuite elle renferme les deux côtés de la rue d'Arras, et la moitié de celle de Versailles qui lui est adossée. Après cette rue de Versailles, dont elle a le côté droit en descendant, elle laisse à la -Paroisse de Saint Etienne ce qui est à gauche dans la rue Saint Victor, et continue à droite jusqu'à l'Eglise Paroissiale.
La Porte Saint Bernard, le Château de la Tournelle et la moitié du Pont du même nom, sont aussi sur la même Paroisse.
L'Abbaye de Saint Victor, comprise dans l'étendue ci-dessus
marquée, ne se reconnoît point dépendre de cette Paroisse, puisque c'est elle qui lui a fourni le terrain, et qu'il y a une Paroisse particulière pour l'intérieur de la maison.
COLLEGE DES BERNARDINS. Le voisinage des Eglises Saint Victor et Sainte Geneviève qui, après la Cathédrale, ont occasionné en ces quartiers l'établissement de l'Université, est cause que sur le territoire de Saint Nicolas il y a eu des Collèges fondés d'assez bonne heure. La situation de celui de l'Abbaye de Clervaux a été déterminée par la Chapelle que Guillaume d'Auvergne, Evêque de Paris, mu de dévotion envers S. Bernard, avoit fait construire en son honneur un peu après l'an i23o, comme je Fai dit plus haut. Ce Collège a depuis été destiné pour tout l'Ordre de Cîteaux. On tient y avoir reçu, en 1 261, le crâne Da Saussay de S. Jean-Chrysostome, que le Pape Alexandre IV avoit envoyé Suppi. au Mari, à Clervaux. Il y avoit, en 1497, ^"^ Chapelle de S. Yves, qui ^'*"* étoit un titre.
COLLEGE DES BONS ENFANS. Quoiqu'en dise M. Piganiol, nous avons quelque chose à son sujet de plus ancien que l'an 1257. Il existoit en ce lieu des Boursiers de ce nom au moins dès l'an 1247. La Dame charitable dite Geneviève, déjà citée ci-dessus, marque dans son testament de cette année-là Bonis pueris X solidos, et pour preuve qu'elle n'entend point. par-là les Bons-Enfans de S. Honoré, c'est qu'un peu après elle met : Scolaribus S, Honorati V sol. Un endroit du Nécrologe de N. D. Addiem22Sept,^^ Paris parle de ce Collège ou Maison, comme située proche
la porte Saint Victor, entre les années 1264 et 1268. Je n'ai pas
trouvé pourquoi la Chapelle est sous le titre de S. Firmin,
/?<?^. E/^. 5 jVov. Evêque d'Amiens. Il y avoit en 1578 une Chapelle du titre
de N. D. qui fut permutée contre la Cure de Chaillot. On sç«^it que ce Collège a été uni à la Congrégation de la Mission en 1626, et qu'on y a établi un Séminaire.
COLLEGE DU CARDINAL LE MOINE, fondé en i3o3. Il s'est distingué 'pendant plusieurs siècles par ses usages singuliers. Sa Chapelle est réputée Paroisse pour le Collège, sous le . titre de S. Jean l'Evangéliste. Personne n'a observé jusqu'ici que cette Cure a été autrefois en patronage laïque ; qu'un Gentil- Reg. Ep, homme nommé Richard de Saint Merry, Seigneur de Garcheville et de la Grange Menassier en Brie, y présenta en 1485. Mais en i556, cette présentation fut disputée à Eustache de Rueil, son G«/.Ep./itt/iw. successeur. Aux sçavans illustres qui ont étudié en ce Collège Labb, vers le règne de François I , il faut ajouter Amyot , Evêque ^' \^Tô^^^' d'Auxerre, qui y apprit le Grec, sous Jean Evagre.
LE COLLEGE D'ARRAS, fondé en i332, est situé dans la rue d'Arras, Il a été nouvellement rebâti.