‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 12 sur 210 · EGLISE SAINTE OPPORTUNE · texte numérisé non relu

EGLISE SAINTE OPPORTUNE

latins sur ce point chronologique, est tombé conséquemmènt en beaucoup d^aùtres anachronismes, ne se connoissant pas mieux en genre de bâtisse d'Eglise qu'en style d'histoire ancienne ; et ce qu'il y a de fâcheux, est que ceux qui ont écrit depuis sur les Eglises de Paris, l'ont cru sur sa parole, et l'ont copié. Il prétend que la nef de l'Eglise de Sainte Opportune qu'on voit aujourd'hui, est celle de l'Eglise que l'Evêque Hildebrand a voit construite vers l'an 754, et que le Chœur qui avoit subsisté jusqu'en 11 54 fut alors rebâti, et tourné un peu plus vers l'orient. Il n'y a [rien] de vrai en cela, sinon que le Chœur de l'Eglise actuelle de cette Sainte est en effet tourné plus directement vers l'orient que la nef, mais tout ce qui compose cette Eglise, et le grand portail même, n'est que du XIII et XIV siècle, comme on peut en juger par sa ressemblance avec d'autres édifices connus pour être de ces tempslà. La tour est encore plus nouvelle, et c'est un point sur lequel il ne s'est point trompé.

Sans trop m'arrêter à ce qu'on a débité touchant la Chapelle de N. D. du Bois, il est constant que l'antiquité de la dévotion des Parisiens envers S. Opportune suppose qu'on possédoit quelquesunes de ses Reliques dans le lieu où est l'Eglise de son nom ; et le Père du Bois reconnoît que cette Eglise avoit été dès lors

Hist. Ecci, Par, in terra S. Germani Autissiodorensis, Il y a apparence que ce fut

T/,p.5i4' à raison de cette situation du Clergé de S. Opportune sur le

territoire de Saint Germain, que l'Evêque de Paris, Imbert,

accorda aux Chanoines de S. Germain, vers l'an io3o, la nomina*

tion aux Prébendes de cette même Eglise de Sainte Opportune :

Gaii.chr. Cette concession fut confirmée par l'Evêque Galon en 1108, et

T.vii,coi.2fi6. par Maurice de Sully aussi Evêque de Paris, en 11 92: l'Annate de ces Prébendes étoit même due au Chapitre de Saint Germain,

ibid., col. 255. suivant une charte de l'an 1 190. Je ne détaillerai point ici les

changemens qui arrivèrent depuis, et qui donnèrent occasion à un traité entre les deux Eglises de l'an 1225, Guillaume de Varzy étant Doyen de Saint Germain.

L'érection de la Cure de Sainte Opportune étoit alors assez récente, ce qui est sans doute la cause que cette Cure n'est point spécifiée dans le Poûillé du XIII siècle. Le service en a toujours été fait à une Chapelle particulière, qui depuis l'an i683 est au côté méridional de la nef.

J'ai trouvé dans les Registres des Chartres du Roy la confir- Reg.38. mation qui fut faite en i3io du don de seize liv. de rente, dont pièce . /. Jeanne la Fouacière avoit doté à Sainte Opportune une Chapelle du titre de la S. Vierge, S. Louis et S. Nicaise.

Les Reliques les plus considérables de cette Eglise sont celles de S. Opportune, et principalement une côte. On ne dit point

EGLISE SAINT LEUPROY 4?

d'où étoit venu à l'Abbaye de Cluny l'ossement d'un bras que

Jean du Pin, Abbé de ce Monastère, donna à cette Eglise de

.Paris sous le Roi Charles V, peut-être l'avoit-on tiré du Prieuré

de Moucy-le-Neuf ci-dessus mentionné, qui est de l'Ordre de

Cluny. Gosset a fait graver dans sa Vie de S. Opportune la Page 409.

figure du Croissant, qui renferme la côte de cette Sainte, et

qu'on applique à la gorge des Malades. Il parle aussi des reliques

de S. Marcou et de S. Herbland que l'on y conserve. Il nous Page 3g.

apprend enfin que l'on y honore Saint Godegrand, Evêque de

Séez, frère de S. Opportune, au commencement de Septembre;

le nom de ce Saint étoit anciennement dans le calendrier du

Diocèse de Paris au 3 de ce mois. M. Piganiol n^a pas oublié

que le Chapitre de cette Eglise a fourni trois écrivains de nos

jours, sçavoir: Mrs Macé, Richard et Mallemant.

J'ai lu dans un Registre de l'Evêché qu'en 1473, une femme Rfg> Ep. Par appelée Philippe du Rochier étoit recluse proche l'Eglise de •'"''^ ''^^•^* Sainte Opportune.

Cette Paroisse n'est composée que de trente à quarante maisons, comprises dans les rues de la Tableterie et des Fourreurs, sçavoir, en y entrant par la rue S. Denis, les deux tiers des maisons qui sont à main droite dçins ces deux rues, et qui sont les plus voisines de l'Eglise Sainte Opportune; de plus toutes les maisons du Cloître 'et place de la même Eglise, celles de la rue de l'Eguillerie, celles du coin de la rue de S. Denis avec d'autres adjacentes excepté les trois dernières. Enfin celles de la rue Courtalon, et celle qui fait l'autre coin de la rue S. Denis.

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