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Chapitre fait hommage à l'Evêque de Paris pour son Doyenné

L'Eglise de Saint Thomas qui a subsisté jusqu'environ l'an 1740, étoit la même qui avoit été construite du tems des premiers fondateurs, dans un goût gothique, en forme de longue Chapelle, mais un peu trop large; ce qui fit que la voûte ayant manqué le i5 Octobre 1739, il y eut plusieurs Chanoines écrasés sous les ruines. Elle a depuis été rebâtie des libéralités du Roi, et orientée vers le couchant, contre l'ancien usage.

On remarquoit dans l'ancienne Eglise le tombeau de Melin de Saint-Gelais, Bibliothéquaire du Roi, appelle l'Ovide françois au XVI siècle. Il y avoit eu aussi une Chapelle de S. Sebastien, Reg. Ep. dont j'ai vu une permutation du 25 Février 1483.

Cosme Guymier, célèbre Jurisconsulte, étoit Chanoine de Saint ibid. rg Jm/. Thomas du Louvre, lorsqu'il fut fait Curé de Saint Eustache

en 1497.

La nouvelle Eglise a été dédiée sous l'invocation de S. Louis en 1744, par M. de Vintimille, Archevêque de Paris, le jour même de Saint Louis; et les Chanoines de Saint Nicolas du Louvre y ont été réunis.

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C'est dans la même Eglise que repose M. le Cardinal de Fleury.

Le Clergé de cette Eglise, composé de ces deux Chapitres et de celui de S. Maur qui y a aussi été réuni, fit le 3o Août 1750 la translation des châsses et reliquaires provenans |de l'Abbaye de S- Maur, de la Chapelle de l'Archevêché en la même Eglise de Saint Louis; depuis lequel tems la châsse de S. Babolein, premier Abbé des Fossés, est exposée au fond de cette Eglise avec un autre.

SAINT HONORE est la troisième Eglise Collégiale fondée sur le territoire de Saint Germain l'Auxerrois. Elle a commencé par une simple Chapelle, qu'un nommé Renold Cherey et Sybille sa femme firent bâtir en l'honneur de Saint Honoré, Evêque d'Amiens, sur le chemin voisin des murs de Paris qui conduisoit à Clichy. Outre les neuf arpens qu'ils donnèrent, ils en acquirent encore d'autres du Prieur de Saint Denis de la Chartre; en sorte qu'il y eut un terrain suffisant pour le cimetière de cette Chapelle et pour la maison du Chapelain. Les premiers projets furent de l'an 1204 et de i2o5. Dés cette dernière année, le Chapitre de Saint Germain donnant son agrément, et certifiant de celui du Curé de la Paroisse, voulut que le Chapelain de la future Chapelle prêtât serment de n'y faire aucunes fonctions Curiales, sinon de l'agrément du Curé, et d'annoncer aux quatre bonnes Fêtes et à celle de Saint Germain, que tous ceux qui viennent à sa Chapelle, doivent aller ces jours-là reconnoître leur mère Eglise de Saint Germain. Dès l'an 1209, cette Chapelle est désignée sous le nom d'Eglise de Saint Honoré. En effet, le dessein étoit déjà pris par les fondateurs d'y mettre des Chanoines : et bien plus, ceux qui vouloient fonder leurs Prébendes en devinrent Chanoines; ce qui en fit monter le nombre jusqu'à plus de vingt au bout de cinquante ans. Renold et sa femme avoient nommé aux premières, et après eux la nomination avoit été faite par le Chapitre de Saint Germain; mais en 1257, l'Evêque Renaud de Corbeil réduisant les Prébendes à douze, se réserva la nomination alternative avec le même Chapitre : ce qui depuis fut changé, en attribuant à l'Evêque la nomination des Prébendes du côté droit, et au Chapitre de Saint Germain celles des Prébendes du côté gauche.

Cette Eglise fut un peu augmentée en 1570, c'est-à-dire, tant devant le clocher que derrière, et néanmoins elle est encore trop petite pour la célébration de l'Office Divin avec la majesté convenable à une Collégiale la plus riche de Paris. Ceux qui ont fait construire la Tour ou clocher vers l'an i3oo, ont apparemment espéré qu'on bâtiroit par la suite une Eglise qui y seroit propor- 7^^. Ep, tionnée. J'ai trouvé qu'en 1424 le Chapitre prit un petit terrain rue s. Honoré, dans la Justice de l'Evêque, faisant le coin de la rue des Petits-

56 DES TROIS COLLEGIALES

champs, pour employer au portail, moyennant seize sols de rente. Du Breul parle de la châsse où il y a des reliques de Saint Honoré, comme si tout son corps y étoît; ce qui est très-faux.

Sybille la fondatrice y a été inhumée : et depuis elle Simon Morrier, grand partisan des Anglois sous le règne de Charles VII, et enfin de nos jours le Cardinal Dubois, dans la première Chapelle que l'on trouve en entrant à droite.

Le Fouillé Parisien d'environ l'an 1450 ne marque que quatre

Canonicats à Saint Honoré, dont le plus fort est de 22 livres, mais

avec une Communauté qui avoit 56 livres de rente. Le Grand Car-

Chart.hîaj.Ep, tulaire de l'Evêque de Paris apprend qu'il y eut en cette Eglise

Fol. 68. avant l'an i3o6 une Chapelle du titre de S. Louis, fondée par

Philippe de Viry, Chantre.

Dans plusieurs Villes du Royaume, les plus anciens Collèges

ont eu le surnom des Bons En/ans: celle de Paris en a eu deux

ainsi surnommés. Le plus ancien des deux est celui qui a donné

son nom à la rue proche Saint Honoré, laquelle, en montant à

Sauvai, droite, étoit bordée par le cimetière de cette Eglise. Sauvai avoit

T. i, p. 117. vu quelques titres qui en attribuoient la fondation à Etienne Berot

et à Renold Cherey nommé ci-dessus. Le premier étoit peut-être

Gaii. Chr. parent de cet Etienne Berout qui fut élu Doyen de Saint Germain

T. vu, col. 25 8, ygi-s Tan i23o. Du Breul est mal fondé à dire après Corrozet, que

Geoffroy Cueur, fils du fameux Jacques Cueur, argentier de

Charles VII, en est le fondateur, parce qu'il est inhumé dans la

Chapelle. Etienne Berot et Ade sa femme y établirent treize pauvres

Ecoliers, dont le Proviseur devoit être le Chanoine de Saint Honoré

pourvu de la Prébende qu'ils fondèrent en 1208. L'Evêque de Paris

conferoit ces bourses. J'en ai vu des provisions des années 1474

Rer.Ep. et 1484. L'Evêque Jacques du Chatelier avoit uni en 1432 ce

2Mar.2oFebr. QoUege et sa Chapelle au Chapitre de Saint Honoré, qui se disoit

u .14 4' £^j.^ pauvre : mais sur la représentation faite par l'Université, que

Tab.Ep.inSptr. les Chauoiues avoient celé qu'il y avoit yn Chapelain fondé et érigé,

inv.foi. 140. TEvêque cassa cette union en 1434, et le Collège continua comme

il étoit. Jacques Colin, qui est mort abbé de S. Ambroise de

Bourges, en avoit été Principal. La Chapelle de ce Collège n'a

point été établie sous le titre de S. Clair, mais sous celui de la

Reg. Ep. sainte Vierge. S. Clair en est aujourd'hui regardé comme le Patron,

29 Oct, 1486. à cause d'une Confrérie qui y fut établie en i486, et que l'Evêque

// Nov. i5oo, permit de publier. Cette Chapelle étoit le titre d'une Chapellenie

dont il étoit coUateur; sa fête s'y faisoit le 18 Juillet et 5 novembre,

/ et 29 Mars suivant les comptes du Collège de i532. Enfin, ce Collège qui avoit

j6o2, ^jé négligé pendant les guerres, fut uni en 1602, aussi-bien que la

Chapelle, au Chapitre de Saint Honoré. Du Breul dit néanmoins

que ce Chapitre l'a voit acheté des propriétaires en 1609 ou i6io.

DE l'ancien territoire DE SAINT GERMAIN l'aUXERROIS 5j

Mais il pouvoit avoir été mal informé. Le Chapitre rétablit deux Professeurs en 1611 ; mais cela n'eut point de suite. Le Collège a été détruit, et il ne reste que la Chapelle.

SAINT NICOLAS du Louvre est la quatrième Eglise Collégiale formée sur le territoire de la Paroisse de S. Germain. Ce n'étoit dans son origine qu'un petit Collège fondé par Robert de Dreux, frère du Roi Louis VII pour de pauvres étudians, en même tems qu'il fonda le Chapitre et l'Eglise de Saint Thomas: de sorte même qu'ils n'avoient qu'un même enclos. Mais à peine y avoit-il trente ans qu'ils vivoient ensemble, qu'il fallut en venir à une séparation. Ils étoient distingués sous le nom de saint Nicolas dès l'an 12 17; car ce fut alors qu'ils obtinrent de Pierre, Evêque de Paris, la permission d'avoir une Chapelle et un cimetière, sauf le droit du Curé de Saint Germain. Ils avoient choisi pour leur patron saint Nicolas, Evêque de Myre, suivant l'ancienne dévotion des Ecoliers envers ce Saint. Et quoiqu'en 1228 cette maison fût encore désignée sous le nom d'Hôpital de S. Thomas de Ltipara, mst.Ecci. Par. on l'appella par la suite l'Hôpital des pauvres Ecoliers de S. Ni- T,iiyp.3t5. colas, expression qui ne sonnoit pas plus mal alors que celle des pauvres Maîtres de Sorbonne du tems de S. Louis. Cet Hôpital ou Collège étoit composé d'un Maître ou Proviseur, d'un Chapelain, un Clerc et quinze écoliers, qui étoient nommés par l'Evêque de Paris. Il s'est conservé un accord de l'an 1284 touchant une CA^r/. mi«. Kp. maison, où ils sont nommés tous. Si c'est cet acte qui a fait croire •^°^' '^^' que S. Yves avoit demeuré dans ce collège, faisant ses études, à cause qu'on y lit dans ce dénombrement Yvo BritOf cette preuve est fort foible ; parce qu'il est constant par la chronologie de la vie de ce Saint, qu'il finit en 1277 sa dixième année d'étude à Paris. Ainsi cet Yvo Brito de l'an 1284 est un autre Yves que le Saint. On conserve à la fin du petit Cartulaire de l'Evêque de Paris les statuts de ce Collège écrits en caractère du XV siècle. Selon ces statuts, le Proviseur devoît donner à chaque écolier par jour trois sols pour sa pitance, et les écoliers étoient tenus de ne parler qu'en latin dans la maison. Il y avoit alors chez eux une Chapellenie fondée des biens de Jean de Anneville Talmelier de Paris, à la Tab. Ep, nomination de l'Evêque.

Depuis que les Collèges furent multipliés de l'autre côté de la rivière, les deux Collèges de la Paroisse de Saint Germain l'Auxerrois qui étoient du nombre des plus anciens, furent peu à peu négligés, et tombèrent dans l'oubli, de même que les anciennes Eglises de Paris, qui y avoient subsisté proche S. Germain. On a vu ci-dessus que le Collège des Bons Enfans de Saint Honoré avoit duré jusqu'à l'an 161 1, celui des Ecoliers de Saint 'NicolsiS AYOÎt Reg. Ep. 2 Fet. été changé en un Chapitre dés l'an 1541. Le Cardinal Jean du

Bellay, Evéque de Paris, y établit alors un Prévôt et dix Chanoines. Les prébendes sont à la nomination de l'Ordinaire, excepté une à laquelle nomme une famille dite des Gallichers, parce qu'elle a été fondée par Martial Gallicher, Chanoine et Archidiacre de Brie en l'Eglise de Meaux. Elleavoit été un peu différente des autres, mais elle leur fut égalée le i6 Avril 1599. On voit encore sur pied la Chapelle de S. Nicolas telle qu'elle avoit été bâtie vers l'an 1218 ; mais les Canonicats ont été réunis en 1744 à ceux de S. Thomas, et tous les Chanoines ensemble font l'Office dans la nouvelle église de S. Louis du Louvre.

l'un des plus notables DÉMEMBREMENS DE SAINT GERMAIN

l'auxerrois.

Cette grande Paroisse est l'un des démembremens les plus considérables qui ayent été faits de celle de Saint Germain Lib.in. l'Auxerrois, mais non pas le premier, quoique du Breul l'ait cru. Ce ne fut d'abord qu'une simple Chapelle du titre de Sainte Agnès, bâtie vers l'an 1200, sans qu'on sache par qui. Comme il s'y fit des offrandes, il s'y éleva quelques années après une difficulté entre Gautier, Curé de Saint Germain, et le Doyen du

Hist.Par.Prob. Chapitre; les arbitres déclarèrent en 1216, que le Doyen avoit T. I, p. 97' le même droit dans la Chapelle de Sainte Agnès que dans l'Eglise de Saint Germain. C'est là le premier acte qui regarde l'origine de la Paroisse de Saint Eustache.

Chart. Lipriac. Dès l'an 1223, au lieu de Chapelle de Sainte Agnès, elle étoit

qualifiée Ecclesia Sancti Eustachii : ce qui fait juger qu'on l'avoit

rebâtie et qu'on y avôit apporté quelques reliques de la châsse de

S. Eustache, le Martyr de Rome, qui étoit depuis environ cent ans

Vie à l'Abbaye de Saint Denis. Ceci est beaucoup plus vraisemblable

de S. Eustache, qyg ^^ q^g quelques-uns ont pensé, qu'il y avoit eu depuis plu- ' sieurs siècles en ce lieu, une Chapelle du nom de S. Eustase,

Abbé de Luxeu ; l'auteur de cette idée n'a pu en apporter aucunes preuves, et il paroît n'avoir été fondé que sur ce que dans les manuscrits françois des XIII, XIV et XV siècles, cette Eglise est appellée Saint Witasse ou Saint Vitase : mais c'étoit dès le XIII siècle la manière de rendre en langage vulgaire le nom latin EustachiuSy suivant qu'on l'apprend par des poésies de ce temslà, composées sur le martyre de ce Saint. Ce fut toujours depuis

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ce même temps le nom latin Sancti Eustachii, qui fut d'usage, notamment dans une transaction de H. Doyen de Saint Germain sur la nomination du Prêtre ou Curé de cette Eglise, et des deux Chapelles que Guillaume Point-l'asne, Bourgeois de Paris, venoît d'y fonder, et sur celle des autres Bénéfices qui pourroient y être fondés par la suite. Cet acte qui est de l'an 1228, et qui accordoit Hist.Ecci. Par. à Saint Germain la nomination alternative avec ces Bénéfices, T.ii,p,3t3. dénote clairement que Saint Eustache étoit dés lors une Eglise Paroissiale assez grande pour avoir des Chapelles. Il y eut en 1254 un nouvel accord entre Guillaume, Curé de cette Paroisse, et le Doyen de Saint Germain, fait par Renaud de Corbeil, Evêque de Paris, en conséquence duquel il se trouve qu'en i3o3 le caii. christ. Chapitre recevoit certains revenus de l'Eglise de Saint Eustache : ^- ^^'' Jean de Vaux en est dit Recteur en i3o5, et en même tems Pro- ^ ''^^ viseur des Ecoliers de Sorbonne. Il l'étoit encore en iSog. On chartui. Sort, a marqué dans le Gallia Christiana le serment que quelques-uns f^^- ^•^^* de ses successeurs prêtèrent au Chapitre de Saint Germain : Sça- chartui. voir Richard de Besoncelle en i333, Pierre de MaroUes en i352, ""'"• ^p- ^^^' Jacques Petit en 1384. On lit dans les Registres du Parlement, qu'il fut mis en prison par le Prévôt de Paris en 1403 et en 1404, Gaii. chr, au sujet des faussetés donj on l'accusoit. Jean ChufTart en 1448, *^^'' ^^'''*'^et Pierre de Braban en 1462. Après Jean Lotiet, cette Cure fut possédée par Martin Ruzé en 1496, et après son décès l'année suivante, par le célèbre Jurisconsulte Cosme Guymier. En iSio, Gaii.chr. le Chapitre de Saint Germain nomma à cette Cure Jean Baluet, T.vn,coi.267. parent du Cardinal de ce nom. Il portoit en i525 cette qualité avec celle de Protonotaire, Jean le Cocf, Curé en 1 539, traita avec le même Chapitre sur la somme que son bénéfice lui devoit. Etant décédé en ï568, le Pape Pie V pourvut de cette Cure René Benoit, dont j'ai vu le Visa accordé le 26 de Novembre par le Reg. Ep. Chapitre de Paris, Sede vacante. C'est ce Curé qui a fait représenter au grand Portail de la nouvelle Eglise S. René son patron, et qui a ordonné le chant qu'on y chante le 12 Novembre, jour de sa Fête, chant qui étoit bon pour ces tems-là. On dit qu'il l'avoît tiré d'Angers. Ce Théologien est connu par des ouvrages imprimés, et par son zélé contre le parti de la Ligue. On a commencé en 1753 à travailler à un nouveau portail. On lit dans les Mémoires de M'. Bruys in-12 à Paris, i/Si, que M'. Cospean, Borbonitna, mort Evêque de Lisieux, manqua d'être Ciiré de Saint Eustache, p- ^^^ *^ *97mais comme il étoit de Mons en Hainaut, il ne plut point à Henri IV, qui ne vouloit pas qu'un étranger eût la première Cure de sa bonne Ville de Paris. L'Auteur continue ainsi : On dit ici en proverbe commun^ que personne ne peut être Curé de Saint Eustache s'il n'est fou, M. Tonnelier d'aujourd'hui est nean-

moins très-sage. Je dois ajouter ici que ses successeurs l'ont toujours aussi été.

J'ai vu un livre d'Heures manuscrites du XV siècle, où on lit dans le Calendrier au 6 Octobre Dédicace de S, Eustache; et dans un compte de l'Evêché de 1495, qu'alors les Marguilliers s'obligèrent de payer à l'Evêque quatre sols de cens annuel pour une place à eux nouvellement donnée joignant le clocher de l'Eglise devers la rue Montmartre, faisant l'encoignure du Pont-Alays, pour accroître leur Eglise.

Quant à l'édifice que l'on voit aujourd'hui, on l'a commencé par la construction de la nef sur un terrain profane. Tous les écrivains conviennent que la première pierre fut posée le 19 Août i532 par Jean de la Barre, Prévôt de Paris et Lieutenant General au Gouvernement de cette Ville; j'ai trouvé qu'en i537, à la demande d'André Guillard, Maître des Requêtes, Seigneur du Mortier, et Reg. Ep. Par. dcs MarguiUiers, l'Evêque de Paris permit d'employer au salaire 4. Mart. des ouvriers de la nouvelle Eglise les aumônes que faisoient les Paroissiens pour la permission d'user le Carême de beurre et !bid, 8 Febr, de lait: ce qui fut continué en 1 552 à la prière de Jean le Coq, Curé.

Il n'y avoit que quatre ans que la nouvelle Eglise étoit com-

ibid. mencée lorsque l'Evêque de Paris permit à Gui, Evêque de

-'JAf4r/. /3^<î. ^egare, d'y bénir les Autels de la Trinité, de S. Fiacre, de

S. Venice et de S, Nicolas. En 1549, le même Evêque inpartibus y fit la bénédiction de cinq autres Autels construits dans les ibid,, ig oct. accrues de l'Eglise et celle de cette augmentation de terrain.

Plusieurs écrivains, même parmi les modernes, ont qualifié de gothique le genre de structure que l'Architecte David y a employé, mais parmi les connoisseurs en genre gothique de bâtimens, on ne donne ce nom qu'à ces Eglises dont les cintres et toutes leurs subdivisions sont en pointe, comme à la Sainte Chapelle, de même qu'en matière d'écriture, le véritable gothique consiste dans ces lettres de livres d'Eglise toutes remplies de pointes, qui ont été fort d'usage depuis S. Louis jusques sous François I et ses trois premiers successeurs. Au reste, ce qu'on peut dire de l'Eglise de Saint Eustache, qui pour être très élevée n'en est pas plus claire, est qu'il ne faut pas prendre pour une belle production de l'art, cette grande élévation de colonnes et ce tas de moulures qu'on ne voit point ailleurs, ni cette prodigieuse longueur de pilastres et exhaussements des voûtes, qui sont toutes les parties vicieuses de l'architecture. Sauvai écrit que ce n'est qu'en 1624 que l'on a commencé à bâtir le chœur, et qu'il a été achevé en i633; d'autres disent en 1642. Ce furent le Chancelier Seguier et Claude de BuUion

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qui fournirent pour cela des sommes très-considérables. On ne

conserva de l'ancienne Eglise qui n'étoit pas de moitié si longue

ni si large, qu'une partie de pilastre de la tour qui supportoit

une pyramide de pierre semblable à celle de la tour de Saint suppi. de

Germain l'Auxcrrois. Ce reste se voit encore proche la porte <*^ ^reui, p. 55.

par laquelle on entre dans cette Eglise en venant de la Halle,

et il sert à supporter l'horloge; l'escalier est, dit-on, encore de

cet ancien tems. On apperçoit aussi quelques restes de cet ancien

bâtiment dans la Sacristie. La nouvelle Eglise fut consacrée le

26 du mois d'avril lôSj, par M. de Gondi, Archevêque de Paris. Reg, Archiep.

Ce qu'on y possède des reliques de Sainte Agnès vient de l'Abbaye du Breliil-Bénoît située au Diocèse d'Evreux, et en fut tiré avec la permission du Pape Paul III. La translation à Saint Eustache fut faite le 18 avril i545, par Charles Boucher, Evêque caiL Chr. de Megare. t. vji,coLS26.

Il fut permis en 1664, d'exposer en cette Eglise une relique de Rtg. Arch, Par. S. Reine, Vierge et Martyre, que la Reine avoît obtenue de l'Ab- 4 Febr. baye de Flavigny en Bourgogne. La Confrérie du nom de cette Sainte avoit été approuvée dès le 11 Septembre 1604. La même année 1664, à la prière de Pierre Martin, Curé de Saint Eustache, /^,v/. l'Archevêque ou l'un de ses Vicaires fit la vérification d'un os de la tête et du métacarpe de S. Amadour Confesseur [S. Amatoris) apporté de la Roquemadour, avec un certificat de l'Evêque de Cahors. Quelques-uns croyoient encore alors que c'étoit le Zachée jtid., 20 Aug. de l'Evangile, ainsi que témoigne l'acte du 20 août. Le Curé auroit'il eu envie alors d'ériger une confrérie sous le nom de ce Saint? Avant ces reliques on y en avoit reçu une de S. Eustache envoyée par le Cardinal d'Est et par le Chapitre de Saint Eustache de Rome, vers l'an 1622. L'Eglise de Saint Eustache a été l'une de celles qui ont conservé le plus long tems le louable usage de chanter l'Office Nocturne durant la nuit. On lit dans la vie de Madame de Maisons, imprimée in-4' 1657, qu'elle se levoit tous les jours à minuit, et qu'elle alloit ensuite à Matines à S. Eustache, sa Paroisse, où elles se chantoient à deux heures du matin aux Fêtes solennelles.

Les Chapelains qui chantent l'Office en cette Paroisse ont un habit qui sert à les distinguer de tous les autres des Eglises de Paris.

Voici les Chapelles de cette Eglise dont l'érection ou la nomination est venue à ma connoissance. Dans l'ancien édifice du XIII siècle, fut fondée une Chapellenie à l'autel de S. André par Guillaume Point-Lasne, Pungens-asinum, riche Bourgeois de Paris, ainsi que j'ai dit ci-dessus: mais dès l'an 1229, Guillaume, Evêque de Paris, divisa cette Chapellenie en deux Portions, du

consentement du Fondateur. Ces Chapelains avoient droit de Justice basse, et les amendes jusqu'à soixante sols en trois rues au-delà de la Porte du Comte d'Arras, hors des murs de Paris, et dans le quartier de S. Eustache. Ils tenoient cela en foi et hommage de TEvêque. Outre que j'ai vu de ces hommages, l'un rendu en 1275, l'autre en i5io, à Blois où étoit l'Evêque de Paris, Etienne Poncher, le 26 Janvier, ces Chapelains furent maintenus contre le "Procureur du Roi par Arrêt du parlement donné le i3 Avril i33i. Ils avoient donc un Maire pour connoître des hôtes dans les rues de leur Justice. En 1 543 les commissaires députés par François I pour faire bâtir dans les places vacantes de Paris, afin d'embellir cette Ville, ayant fait bail à plusieurs personnes des Hôtels d'Artois et de Bourgogne, sans la charge de cens et rentes dûs aux Chapelains de Point-Lasne, ces Chapelains intentèrent un procès dont je n'ai pas trouvé la suite. La célébrité de leur Chapelle y avoit occasionné l'établissement d'une Confrérie de S. André. Elle étoity dit l'Auteur du Journal de Paris sous Charles VI, au Moustier Saint Huitasse en 141 8, au mois de Juing, Les Prêtres et autres avoient un chapeau de roses à la teste. Sauvai, T. III. p. 94, rapporte un Arrest du Parlement de l'an 141 6, où les grands droits de ces Chapelains sont énoncés. Aussi dans le Pouillé Parisien écrit vers l'an 1450^ ces Chapellenies sont-elles qualifiées Optimœ Capellaniœ,

Après ces jChapelles presque aussi anciennes que la première fondation de l'Eglise de Saint Eustache, c'est la place de faire mention d'une autre dont on ignore le titre, et qui fut fondée en i33i parle Roi Philippe de Valois qui s'en retint la nomination : c'est tout ce que j'en ai appris par un ancien Registre du trésor des Chartes. Littera 3i.

Chartui., Les autres Chapellenies les plus remarquables sont i"" Celle

min, Ep. Par, qui est titrée de S. Jacques et de S. Anne. Elle fut fondée en 1342 •^^ ' ^ '' par les exécuteurs du testament de Marie la Pâticiere, Bourgeoise, Hist. Ecci. Par. qui achetèrent pour la doter une rente sur la boëte Royale de la T. II. p. 643. Marée. En 1443, Charles de Montmorency, Seigneur de Bobigni, Autog. in Arch. Y présenta. 2° La Chapellenie de S. Jean-Baptiste fondée en i382 Episcop, par Jean de Fontenay, bourgeois, de 20 liv. de rente, sur plusieurs maisons de la Censive Episcopale. 3* Celle de S. Léonard qui est mentionnée dans un titre de l'an i336. On y joignoit aussi S. Lié en 148 1, selon un acte rapporté dans Sauvai, T. III. p. 441. Louis d'Orléans, frère du Roi Charles VI, est dit avoir bâti une chapelle à S. Eustache et y avoir fondé des Messes par son Testament du 19 Septembre 1403. Il y en a une autre dont la nomination est dite dans des titres depuis deux cens ans appartenir

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à MM. Nicolal, Seigneurs de Goussainville ; mais il y a de la

diversité sur le nom du Saint dont elle est titrée. On trouve

encore mention d'une Chapelle de S. Radegonde ; mais un titre Aimaa. Spir.

moins commun est celui de S. Lucrèce, Vierge et Martyre d'Es- *^ ^**^'

pagne, porté par une de ces Chapelles. J'ai indiqué un. peu plus

haut l'Autel de S. Venice, Patrone des Lingeres des Halles que Martyr. Bimest.

l'Abbé Chastelain a fait voir être un nom factice. '^ ^■"^•

On voit dans le trésor des Chartes, Registre 164, une permission que Charles VI donna aux porteurs de bled, d'établir à Saint Eustache une Confrérie de Notre-Dame et de S. Louis.

L'une des plus anciennes Confréries de cette Eglise après celles de S. André et de S. Louis, est celle de la Magdelene dont il est Sauvai. T. m, fait mention dans Sauvai à l'an 1423, et dans plusieurs titres p-^og, 3io. postérieurs.

Sur la fin du même siècle il y eut [deux permissions données par l'Evêque de Paris, d'établir encore d'autres Confréries à Saint Eustache ou sur le territoire. Par la première du 3i Mars

1495, il est accordé à quelques Bourgeois de cette Paroisse d'en Reg. Ep. Par, ériger une en l'honneur de S. Geneviève dans la Chapelle de Nanterre de Paris pour parvenir à pouvoir la rebâtir : on ignore

en quel endroit de la Paroisse elle étoit. Par la seconde de l'an

1496, il est loisible à M. le premier Président d'établir une autre ibid. Confrérie en l'honneur de S. Roch dans une Chapelle de S. Eustache, et de la faire annoncer dans les Paroisses de Saint Germain

et de Saint Sauveur. Cette époque de 1496 convient mieux à l'établissement de cette Confrérie de S. Roch, que celle de l'an i3oo que l'on marque dans les affiches annuelles de cette Confrérie, puisque S. Roch n'est mort qu'en 1327. Il est parlé de plusieurs autres Confréries de cette Eglise dans le Code des Curez, à l'occasion des difficultés qui s'étoient élevées pour le pas entre les t, il, p. 534. Confrères. M. François-Robert Secousse, Curé, consentant que chacune eût le pas à la Fête de son titre, le Parlement ordonna le 4 Août 1708, qu'à chacune de ces Fêtes il n'assistera à l'Eglise que la Confrérie du titre dont est la Fête. La Confrérie de Notre- Dame de Bon Secours pour le soulagement des Pauvres honteux a été autorisée par Lettres Patentes données au mois d'Avril 1662.

Cette Eglise est terminée à l'orient par une Chapelle souterraine (et néanmoins moderne] du titre de S. Agnès. Les charniers qui y sont contigus ont été commencés en 1647.

La Communauté des Prêtres doit ses commencemens à M. Pierre Martin, Curé. En 1674 il iit acquisition d'une maison sise rue Montmartre presque vis-à-vis son Presbytère, pour y loger une partie des Prêtres de la Paroisse; et il déclara que M. Jérôme du Four Aligret, Conseiller au Parlement de Paris, lui avoit donné

vingt mille livres, pour payer une partie du prix de cette maison. M. Crozat le cadet a donné depuis, sçavoir par contrat du 25 Janvier 1735, la somme de six mille vingt livres de rente pour contribuer à la nourriture d'une partie de ces Prêtres.

L'Eglise de Saint Eustache est le lieu de la Sépulture de plusieurs illustres familles, entre autres de MM. Colbert et d'Armenonville.

Plusieurs Ecrivains célèbres y sont pareillement inhumés, tels que Voiture, Vaugelas, Furetiere, le Poëte Benserade. Je ne parle pas de du Haillan, ni de tous les sçavans décédés à la Bibliothèque du Roi qui est située sur cette Paroisse.

A mesure qu'il a été besoin de bâtir dans l'intérieur de Paris, on en éloigna les cimetières, celui de la Paroisse de Saint Eustache a voit été entre la rue du Bouloir et celle des Petits- Reg. Ep, Champs. Il fut permis en i56o de l'aliéner, et l'on trouve qu'en a/ OcL i56o, gg-gj jj avoit été vendu à Jean Crocheri, bourgeois : cela fut lti4Aug.%25, ^P?^^^^^^^^ ^®"^ succez, puisqu'il fut besoin en 1625, d'une

seconde permission pour cette aliénation. Il a été depuis transporté à S. Joseph, chapelle moderne.

Pour avoir une idée de l'étendue et circuit de la Paroisse de Saint Eustache, il faut d'abord sçavoir que la rue de la Lingerie des deux côtés en est, puis de la rue aux Fers le côté gauche ou septentrional, de là y comprendre le côté gauche de la rue S. Denis jusqu'à la maison qui a pour enseigne la Sellette rouge, située entre la rue Mauconseil et la rue du Petit Lion. De là le terrain pénétre dans le derrière de cette maison et d'autres qui sont plus loin, traverse le milieu de la rue Françoise, puis passe à travers la Comédie Italienne, et vient jusqu'au Cul-de-sac de la Bouteille. En tout cela ce qui est à gauche est de Saint Eustache. De ce Cul-de-sac, en montant la rue de Montorguëil, la rue des Petits-Carreaux, et suivant la rue des Poissonnières, tout ce qui est à gauche en est pareillement.

Hors la barrière, cette Paroisse a le côté gauche de la rue d'Enfer, de la rue Goguenard et de celle de S. Lazare anciennement dite des Porcherons.

Revenant vers la Ville, elle a encore le côté gauche de la rue dite Chaussée de Gaillon, d'où elle entre dans la rue de Louis le Grand, et pénétre à travers de tous les jardins des grandes maisons de la rue neuve S. Augustin, en tirant une ligne qui vient aboutir à l'endroit où étoit située la porte Richelieu.

A cet endroit elle a les deux côtés de la rue Richelieu, mais ensuite à commencer à trois maisons avant qu'on soit vis-à-vis le Cul-de-sac Menard, elle n'a plus que le côté gauche de cette rue, jusqu'à la rue S. Honoré, et depuis le coin de la rue S. Honoré

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