DE L ANCIEN TERRITOIRE DE SAINT GERMAIN L AUXERROIS
tout le côté gauche jusqu'à la rue de la Lingerie où nous avons commencé.
L'HOSPITAL DE S. EUSTACHE a été érigé selon Sauvai Siuvai. en i32o ou environ, par Philippe de Magni au coin de la rue ^' ^» p* ^^' Quiquetonne pour toute sorte de personnes. On lit ailleurs, qu'en l'an i5oo, une somme léguée par la veuve Nicolas Feret, fut employée à le rebâtir à neuf, et il est dit situé au même coin rue Reg, Pari. Montorguëil. Le Parlement le destina en i535 à mettre ceux qui -^^ ^^^* '^^^* étoient atteints de diverses maladies, entre autres du mal Saint ibid., s Mars. Mein et du mal S. Fiacre. Je n'ai rien trouvé de plus sur cet Hôpital.
SAINT JACQUES DE L'HOPITAL a été bâti sur un terrain qui étoit de la Paroisse de Saint Eustache, un peu plus de cent ans après l'érection de cette Cure, c'est-à-dire vers l'an i322 : mais avant qu'il fût bâti, les confrères Pèlerins de S. Jacques avoient déjà tenu leur confrérie soit à Saint Eustache, soit aux Quinze-vingt. J'ai peu de choses à ajouter à ce qui est très-am{^lement traité par M. Piganiol, lequel a fait remarquer les oppositions que le Chapitre de Saint Germain et le Curé de Saint Eustache formèrent à cet établissement. J'ai trouvé de plus dans le Trésor des Chartes du Roi, que Philippe de Valois y fonda l'an i329 une Chapellenie de 25 livres de rente. J'ai aussi lu que pour être admis dans le nombre des confrères, si quelque incommodité empêchoit qu'on allât à S. Jacques en Galice, il fut réglé en i384 qu'il suffiroit de donnera l'Hôpital une somme égale à celle que le voyage auroit coûté. J'ai aussi trouvé que dès l'an i343 quelques rédacteurs d'actes qualifièrent de Chanoines ceux qui célébroient l'Office dans cette Eglise. Quant à l'usage de ce Clergé de représenter sur son sceau Charlemagne avec S. Jacques, il vient de ce que ceux qui le composoient, ont entendu de leur Eglise ce qui'se lit dans le faux Turpin, sçavoir, que cet Empereur avoit bâti entre Paris et Montmartre une Eglise du titre de Saint Jacques. Mais ils se sont trompés, s'ils ont crû que cela devoit s'entendre de Saint Jacques de l'Hôpital ; car quoique le fait ne soit pas plus véritable à l'égard de Saint Jacques de la Boucherie, ceux qui ont fabriqué l'Histoire de Turpin n'ont pu avoir en vue que cette Eglise de la Boucherie, puisque on a des exemplaires de cette Histoire fabuleuse écrits dés le treizième siècle, auquel l'Eglise de Saint Jacques de l'Hôpital n'étoit pas encore bâtie. Ce qu'il y a aussi de particulier à l'Eglise de cet Hôpital, est qu'on y admit aussi au XV et XVI siècles les confrères de deux autres célèbres pèlerinages, sçavoir, de celui de Actes de Confr. S. Claude en Franche-Comté, et de celui de S. Nicolas de Varen- >43o et 1554. geville, connu autrement sous le nom de S. Nicolas en Lorraine. ^'**-^^»"^^"'-
La bâtisse et la distribution de cette Eglise est fort irreguliere, quoique l'édifice soit bien orienté. On y voit des Fonts baptismaux.
LA JUSSIENNE. Une Chapelle presque aussi ancienne et située sur cette Paroisse, est celle que le peuple appelle la Jussienne, au lieu de sainte Marie Egyptienne, à ce que Ton prétend. Du Breul et ceux qui le copient ont crû, à cause que les Augustins ont d'abord demeuré en ce quartier-là, dont une des rues a conservé le nom, que la Jussienne avoit été leur Chapelle, ce qui n'est nullement fondé; car la charte de 1290 qu'il produit n'en Tab.Ep. dit rien. Ce que j'en ai découvert de certain, est qu'en 1374 on i«S;>»r.f//m;>. p^ppgjjQj^ gjj^pjçjj^gjjj 1j^ Qjjg^pgjlç jg l'Egyptienne; que dès-lors
cette Chapelle avoit deux Chapelains qui constituèrent à l'Evêque de Paris une rente annuelle pour l'amortissement qu'il leur avoit accordé de plusieurs rentes, dont il y en avoit d'assises sur une maison de sa censive joignant cette Chapelle. Dans un acte de 1438 cette Chapelle est ainsi désignée : L'Eglise de VEgiptienne de Blois. En 148 1, de cette Chapelle dépendoient des jardins auxquels touchoit une maison de la rue Montmartre. En iSjo, on disoit la rue de l'Egyptienne, autrement Coq-Heron. L'Auteur du Pouillé de Paris rédigé vers 1450 a conçu ainsi l'article de cette Chapelle: Capella Sanctœ Egyptianœ in Parochia Sancti Eustachii, ubi duœ esse debent Capellanice, quarum una Capituli Turonensis et alia Parisiensis : et confeci litteras unius ad collationem Domini pleno jure. Dans des Ecritures de l'Evêque d'environ 1470 contre le^ installations Archidiaconales, se lit cet article: Il y a deux Chapelles en la Chapelle de l'Egyptienne que possèdent d présent Messires Jehan Niceron et Girard de Herbay qui jamais ne furent installe:^ par l'Archidiacre.
De tout ce que je viens de dire, on pourroit présumer que cette Chapelle a été un lieu de clôture pour une femme de la Ville Voyez Pasquier, de Blois dans le XIV siècle, où ces sortes de recluses étoient L.iv,ch.cxix. connues à Paris, comme je l'ai dit plus haut, laquelle femme se seroit d'abord mêlée du métier des Egyptiens ou Bohémiens, et auroit voulu en faire pénitence; ou bien parce que ces sortes d'Egyptiens ou devins se disoient condamnés par pénitence à des pèlerinages, ç'auroit été une espèce de pénitente qui auroit fait de ces sortes de pèlerinages par mortification, et se seroit enfin renfermée proche cette Chapelle pour y finir ses jours en pénitence, comme Ste Marie Egyptienne qu'on lui auroit donné pour modèle. On peut aussi inférer, de ce que l'un des deux Chapelains de cette Chapelle de l'Egyptienne de Blois étoit à la nomination du Chapitre de Tours, et l'autre à celle de celui de Paris, que deux Chanoines de ces Eglises ou bien un
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particulier qui étoit Chanoine dans les deux, Tauroit dotée, ou fait bâtir.
Au-dessus de PAutel de cette Chapelle, à la vitre qui est vers le midi, est représenté S. Christophe, à celle du Septentrion, S. Nicolas. Au reste des vitrages, tant à droite qu'à gauche, est peinte la vie de Ste Marie Egyptienne, d'un travail d'environ le tems de François I, et au bas de toutes est un chiffre des Marchands. Au vitrage qui suit celui de S. Christophe se lit que les Drapiers Gouverneurs de ce lieu ont reparé cette Chapelle. Les douze Apôtres sont en relief proche les douze croix de la Dédicace, laquelle suivant une inscription gothique, qui se voit au dehors du côté de la grande rue, a été faite le Dimanche après la Toussaint, l'année y a été omise ; mais l'écriture a au moins 200 ans. On lit sur Taigle de cuivre qui est au chœur, qu'elle a été donnée en iSSg, par Jean Gayus. Le Clergé de Saint Eustache y vient faire l'Office le jour de la Fête.
HOPITAL DES VEUVES. Catherine du Homme, épouse de Guillaume Barthelemi, Maître des Requêtes, dont elle n'eut pas d'enfans, ordonna par son testament du 27 Mars 1497, 4^'^^ seroit fondé un Hôpital pour huit pauvres femmes veuves et anciennes filles de quarante ans dans la rue de Gamelles, dite depuis Grenelle. Sa sœur et héritière, Jeanne du Homme, épousa Henri Rousselin dont ils eurent Jeanne Rousselin qui fut mariée à Michel le Pileur lesquels firent bâtir cet Hôpital, et firent mettre sur la porte les noms de Catherine du Homme et de G. Barthelemi, son mari. Ce Michel le Pileur fonda à Saint Jacques de la Boucherie un Salut pour la veille de l'Annonciation, où doivent se trouver les femmes veuves de cet Hôpital. Jean le Pileur son fils aîné. Avocat au Parlement, fut fait, par accord de famille du premier Juillet i528, seul nominateur du même Hôpital. Nicolas le Pileur y légua par son testament treize livres de rente. Messieurs le Pileur ont encore la nomination de ces veuves. Depuis peu d'années le sieur Bauvin Marchand a fait abattre cette Maison qu'il avoit acquise par échange d'une autre.
Il y a encore sur cette Paroisse, rue du gros Chenet, une autre Maison de veuves fondée par une famille différente.
Il n'y a que deux Couvents sur cette Paroisse, LES AUGUS- TINS dits Petits Peres^ établis vers 1623, sur une partie du Fief de la Grange Bataillere; et les FILLES DE S. THOMAS D'AQUIN, rue neuve S. Augustin, où elles se fixèrent vers Tan i652. Le célèbre LuUi est inhumé dans le premier de ces Couvents.
Il faut y ajouter la Communauté de Filles de S. Agnès, commencée en 1678. Ces Filles ne font point de vœux.
SAINT JOSEPH est une Chapelle située dans la rue Montmartre : elle appartient à Saint Eustache, en vertu du don du Chancelier Seguier pour le cimetière que cette Paroisse avoit rue du Bouloir derrière son Hôtel, et en conséquence on y a transféré le cimetière. On commença à jetter les fondemens de cette Chapelle l'an 1640. Etienne Tonnelier, Curé de Saint Eustache, bénit la première pierre qui fut mise le 14 Juillet par Pierre Seguier, Chancelier de France, premier Marguillier. C'est dans le cimetière voisin qu'a été inhumé Molière avec la permission de M. de Harlay, Archevêque, l'an 1673, et en 169 5, Jean la Fontaine, célèbre Poëte : S. Joseph n'est point une Aide de Saint Eustache ; et il n'y a ni saint Ciboire ni Fonts Baptismaux.
AuXHI siècle, vers le règne de S. Louis et encore après, les environs de Saint Eustache étoient assez peu peuplés pour qu'il fût facile aux Princes et Seigneurs d'y avoir des Hôtels spacieux et accompagnés de jardins : ce qui n'étoit point si aisé dans le quartier de l'Université à cause des Collèges qu'on y bâtissoit alors. De là l'Hôtel dit le Séjour du Roy, qui ne servoit cependant qu'à faire séjourner les chevaux du Roy; l'Hôtel des Comtes de Flandre, celui de Nesle, depuis dit celui de Behagne ou Bohême,
Gtoss. Gang, et celui des Comtes d'Artois. Le souvenir de celui du Roy est voc(f Scjornum conservé dans le nom de la rue du Jour, ainsi appellée au lieu de
la rue du Séjour. S'il étoit encore besoin de réfuter Duchêne qui a pris l'Hôtel de Nesle bâti à l'endroit où est le Collège Mazarin pour celui-ci, il n'y auroit qu'à produire l'acte par lequel Jean, Seigneur de Nesle, reconnoît au mois de Décembre i23o, que c'est par grâce qu'on lui a permis d'avoir un Oratoire dans sa maison Chartui, Maj. sise in Parochia Sancti Eustachit, voulant qu'après sa mort sa
Ep.foi. i5, gjjg g^ gQj^ épouse ses successeurs n'en jouissent point, mais qu'elle soit démolie ; et que durant sa vie s'il s'y fait des oblations elles appartiennent au Doyen de Saint Germain et au Prêtre de Saint Eustache. La Reine Blanche, mère de S. Louis, logea depuis dans cet Hôtel; au siècle suivant il appartint à Jean, Roy de Bohême. Charles VI le donna depuis à Louis, Duc d'Orléans, mais au bout de cent ans un autre Duc d'Orléans en donna une partie à la nouvelle Communauté des Filles Pénitentes qui eurent le reste d'un Chambellan du Roy Louis XH. Leur maison fut offerte aux religieux de S. Magloire lorsque la Reine prit leur Monastère pour y placer ces Filles ; mais ils la refusèrent. Ainsi la Reine Catherine de Medicis fit tout démolir, et construire un Hôtel où elle logea, et qui ne fut appelle l'Hôtel de Soissons que depuis 1604, [lors] que Charles de Bourbon, Comte de Soissons, Tacheta. Tout en a été abbattu en 1749: et alors on y a vu à découvert en plusieurs endroits les restes des fondemens des
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anciens murs de Paris, et ceux de la belle Chapelle de la Reine, qui avoit été assez grande pour qu'on y fit quelques Sacres d'Evêques *. On lit qu'en iSgg, Jean du Bec, Evêque de S. Malo, y fut sacré le 14 Mars, et le 6 Juin suivant Arnoul de Bellievre, Archevêque de Lyon. Reg. Ep. Par,
Il y auroit peut-être bien d'autres remarques à faire sur le quartier de Saint Eustache, pour perfectionner ce que Sauvai et d'autres ont écrit touchant l'origine des rues qu'on y voit, ou du moins pour les rassurer dans leurs doutes. Je ne vois pas par exemple que Sauvai ait eu raison de ne pas dire constamment que la rue Coquilliere a eu son nom de Pierre Coquillier, et d'en douter comme il fait, T. II. p. 190. Ce Bourgeois de Paris est tu. rue. connu par une date plus ancienne que l'an 1292. Lui et Geneviève ^°*'' """"• ^'• sa femme avoient assigné à l'Evêque de Paris dès l'an 1269, une Chart. mîn. Ep. rente de 70 sols pour le terrain qu'ils tenoient de lui. Son nom ^^r, foi. 124, fut aussi donné à une porte de la Ville qui étoit voisine : je la trouve nommée la Porte aU Coquillier en 1339; mais en 1397 on l'appelloit aussi la Porte de Flandre à cause de l'Hôtel de ce nom, Sent, du et elle faisoit alors le coin de la rue de Gamelles dite aujourd'hui ^•^"y Episcop. de Grenelle. .Robert, Comte de Flandres, époux d'Ioland de ' *^ ' ^^' Nevers, voulant augmenter les dépendances de son Hôtel, dont le principal avoit appartenu à Coquillier, avoit pris encore de l'Evêque de Paris sur la fin du XIII siècle, le manoir que les chart.maj.Ep. Augustins venoient de quitter, et dans lequel ce Prélat étoit rentré •^°'- ^^• par faute de payement.
C'est proche cette même rue Coquilliere, qu'a été faite presque de nos jours une découverte remarquable. Comme M. Berrier, Secrétaire du Conseil d'Etat, faisoit travailler dans le jardin de sa Sauvai, maison située en cette rue, vers l'an 1684, on trouva dans une '^' '» p- ^^• tour de l'enceinte de Paris faite sous Philippe-Auguste, à deux toises de profondeur, parmi les graviers, une tête de femme de bronze, creuse, fort bien faite, un peu plus grosse que le naturel, avec une tour crenellée figurée au-dessus de la même tête et de même matière. Après avoir été conservée dans la Bibliothèque de M. l'Abbé Berrier, son fils, elle a passé ensuite à M. le Duc de Valentinois, d'où en 175 1 elle est revenue au Roy. La même année l'Académie des Inscriptions et Belles lettres à laquelle elle a été présentée au mois de Juin, a trouvé que cette tête avoit une
I. Ces mêmes fondemens ont été encore mieux exposés au jour du mois d^octobre 1733 par les tranchées qu^on y a faites : ce qui dénote que les murs et les tours de Paris de la clôture de 1 2 1 1 n*ont pas été si près de l'Eglise de S. Honoré que les cartes de M. la Mare les marquent. Guillaume le Breton, auteur du tems, fait entendre au commencement du Vlll livre de son Poëmc sur Philippe-Auguste, que la ville de Caén et celle de Paris étoient alors d'une égale grandeur.
parfaite ressemblance avec celle de Faustine la mère, femme de l'Empereur Antonin Pie, de laquelle on a une médaille où elle est représentée avec une tour sur la tête, de même que Cybele, et avec cette inscription : MATRI MAGNiE.
Vers le milieu du mois d'Août de la même année, des maçons ont découvert en terre à dix-huit pieds de profondeur derrière la maison occupée par M. le Riche, Trésorier des Invalides, rue Vivîenne, plusieurs morceaux considérables de marbre blanc avec des bas reliefs dessus, dont deux représentent des repas (et l'un paroît être de Gaulois-Romains qui mangent une hure). Le plus considérable est une urne quarrée qui avoit contenu les cendres d'une fille, dont l'épitaphe sur la face de devant est en ces termes :
AMPUDIiE
AMANDiE