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VILLIERS-LA-GARENNE

Comme il n'y a que cinq ou six Villiers dans* le Diocèse de Paris, ils ont chacun leur surnom. Celui-ci est appelle Villiersla-Garenne, à cause que son territoire s'étend sur la Garenne qui est au rivage droit de la Seine, à la partie septentrionale du Bois de Rouvret, dit aujourd'hui de Boulogne. Clichy qui est contigu à ce Villiers du côté du Nord, est pareillement surnommé La Garenne pour la même raison. Il faut se souvenir que Villiers, en latin Villare, est un nom générique qui signifioit presque la même chose que Villa. Il avoit coutume d'être donné à une portion de terrain auprès de laquelle étoit un chef-lieu dont il étoit une dépendance. Ainsi Clichy, étant le nom d'un Château Royal sur le bord de la Seine dès la première race de nos Rois, le lieu où demeuroient les serfs, et ensuite les paysans qui y cultivoient ce qu'il y avoit à cultiver et qui servoient les Princes à la chasse, ou qui vaquoient à la pêche, s'appelloit le Villier, Villare. Comme il y a deux Villiers nommés dans les partages des biens de l'Abbaye de Saint Denis de l'an 832 et de l'an 862, et que l'un des deux étoit celui qui est voisin de Belloy, et qu'on appelle aujourd'hui Villiers-le-Sec, il résulte que l'autre est celui-ci, d'autant plus que la même Abbaye en possède encore

I. Je dois dire que M. Soubret, Curé, attentif à aider les Antiquaires en ce qu'il découvre, m^a fourni plusieurs traits historiques sur sa Paroisse.

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la Seigneurie. Probablement elle lui avoit été donnée par Charles Martel avec celle de Clîchy, dont elle faisoit partie. Ce Monastère, par la suite des tems, aliéna la terre de Clichy-la-Garenne, et il se réserva celle de Villiers.

Ce village est à une lieue et un peu plus du milieu de Paris ; son territoire borde le rivage droit de la Seine, depuis les environs de l'Abbaye de Long-champ, compris le Château de Madrid, jusques proche Courcelle. Toute cette longeur est de la Paroisse de Villiers. La plaine des Sablons est un terrain inculte de cette Paroisse ; il ne laisse pas que d'y avoir de bonnes terres proche le canton où l'Eglise est bâtie. Ce canton étoit autrefois plus peuplé qu'il n'est, mais depuis qu'il y a eu un bac établi à Neuilly, hameau de cette Paroisse, et ensuite un pont qui est devenu le grand passage pour Saint-Germain en Laye, Poissy, etc., aussi-bien que pour la Normandie, le lieu de Villiers a été abandonné peu à peu, et il s'est fait des établissemens d'abord de blanchisseurs, puis de tous les arts et métiers à ce hameau de Neuilly, de sorte qu'à la réserve d'un seul feu, qui est resté à Villiers avec trois maisons Bourgeoises, et quelques Bergeries, le reste de la Paroisse formant le nombre de sept à huit cens Communians, se trouve être à Neuilly. Selon le dénombrement de l'Election de Paris de l'an 1709, il n'y avoit alors en toute la Paroisse de Villiers-la-Garenne que vingt feux. Le Dictionnaire Universel de la France y comptoit 345 habitans. Le nouveau dénombrement qui a paru en 1745, assure qu'il y a en tout 76 feux.

L'Eglise de Villiers-la-Garenne est sous l'invocation de Saint Martin, Evêque de Tours. Il y a lieu de croire que la Paroisse est un démembrement de celle de Clichy. On ignore en quel tems elle fut érigée, mais seulement on sçait qu'elle l'étoit en 12 17, comme on le verra un peu plus bas. L'édifice de cette Eglise de Villiers tel qu'il se voit, quoique déjà réparé et soutenu par une tour neuve, n'a que deux cens ans d'antiquité. Il est fort simple et assez bas. On lit sur le mur septentrional de la nef l'inscription suivante :

Mil V cent XLIX le XXII jour du mois d'Avril en V honneur de Dieu et de la Glorieuse Vierge Marie et de Mons. S. Martin fut dédiée cette présente Eglise de Villiers-la^ Garenne par Révérend Père en Dieu Messire Charles Boucher Evesque de Me garance (de Megare) Abbé de saint Magloire à Paris à la supplication de Messire François Suzanne Prestre Vicaire pour lorSy et de Claude Aubry et Nicolas Coste Marguilliers en ce même temps. Ledit Suzanne veilla la nuit que cette Eglise fut dédiée. Et sera la Dédicace festée le deuxième

jour de May» Tout cela s'accorde avec le Registre de TArchevêché, qui ajoute que cet Evêque y bénit cinq autels.

La boiserie du grand autel avec le tableau des disciples d'Emmatis, a été donnée par le Duc de Bavière, père de 1 Empereur défunt, parce que dans le tems qu'il étoit retiré en France, il demeura sur cette Paroisse. Il étoit logé dans la maison de M. Moreau, père de M. de Sechelles.

Dans la Chapelle à côté du chœur vers le septentrion, est la tombe de M. Pierre Moreau, Secrétaire du Roi, décédé en sa maison de Villiers le 5 Mai 1725.

Au cimetière, derrière le grand autel, entre le mur du sanctuaire et la Croix, repose dans un cercueil de plomb Damoiselle Marie-Therese le Petit de Vernot de Chausseraye, laquelle décéda le 24 Mars ijSS, âgée de 69 ans, dans une maison dépendante Reg. mortuaire ^u Château de Madrid, aux funérailles de laquelle assistèrent une de Villiers. infinité de personnes de la Cour. Elle avoit demandé de n'être pas inhumée dans l'Eglise. Elle fut enterrée le 26 du même mois en présence de M. Louis-Henri d'Andigné, Docteur de Sorbonne, de Charles Ricard, Ecuyer, Sieur de la Chevalleraye, Concierge du Château de Madrid ^

Le Pouillé de Paris rédigé au XIII siècle, met l'Eglise de

Vilers au rang de celles qui sont à la pleine collation de l'Evêque

dans l'Archiprêtré de Paris. Les Pouillés manuscrits du XV siècle

et du XVI siècle, ceux qui furent imprimés en 1626 et 1648,

marquent la même chose. On lit seulement dans celui du sieur

Pouillé Pelletier, qui est de l'an 1692, à l'article du Chapitre de Saint

de J. le Pciiet. Honoré, que la Cure de Villers près le RouUe dépend de cette

'^ °* Collégiale. En effet, les Chanoines de Saint Honoré y présentent.

La Caille l'a aussi marqué de même dans ses Environs de Paris de

l'an 1722. Je ne connois rien qui soit relatif à cela, sinon un

Reg. Ep. Paris. NoTA écrit en i532, par lequel on marque que cette Cure avoit été

i532. unie à la mense du Chapitre Saint Honoré, avant le tems de

l'Episcopat de Louis de Beaumont.

I. Je proiite de cette occasion pour marquer ici ce que j^ai pu apprendre de plus sur cette défunte. C'étoit une Demoiselle de condition de la Province de Bretagne. Madame-Mcre du Duc d'Orléans, Régent, Tavoit prise comme Demoiselle d^honneur à Page de 18 ou 19 ans. Cette Duchesse étant toujours à la Cour avec Louis KIV, et menant par tout avec elle Mademoiselle Chausseraye, le Roy avoit goûté son esprit, et avec raison, puisque c^etoit un esprit supérieur, ensorte quMl eut en elle une extrême confiance, et il lui donna pour sa vie le corps de logis du Château de Madrid où elle est décédée, et qui depuis a été occupé par Mademoiselle de Charollois. Après la mort de Louis XIV, elle eut Tentiere confiance de M. le Duc d^Orleans, Régent. Elle avoit aussi de grandes liaisons avec M. le Cardinal de Noailles. Elle passa les dix dernières années de sa vie dans la piété. M. Esnault, Curé de Saint Jean en Grève, Passista à la mort, et elle décéda entre les bras de PAbbé d'Andigné. Elle avoit donné presque tout son bien aux pauvres.

ad calcem.

Cette Paroisse ne s'étendoit autrefois pas moins du côté de Paris que du côté de Long-champ, puisque la place où est bâtie l'Eglise du Roulle en étoit. Lorsqu'il fut question de bâtir une Chapelle proche la Léproserie du Roulle, il fut besoin du consentement du Curé de Villiers. Pierre, Evêque de Paris, marqua dans ses Lettres de l'an 12 17, que ce seroit sauf le droit Paroissial du Curé de Saint Martin de Villiers, que le Chapelain ne recevroit en sa Chapelle aucun des Paroissiens aux Fêtes annuelles, non plus qu'aucun droit Curial. Il étoit même tenu de jurer la fidélité dans l'observation du règlement au Curé de Villiers, et de lui payer par an dix sols parisis. Enfin, cette Chapelle du Roulle est devenue elle-même Paroissiale, il y a environ cinquante ans, par un démembrement fait de Villiers et de Clichy.

Il n'y a rien à remarquer sur les Seigneurs de Villiers-la- Garenne, dès-lors qu'il est constant que depuis mille ans, ou environ, cette Terre a toujours appartenu à l'Abbaye de Saint Denis. Depuis que la Mense Abbatiale a été accordée aux Dames de Saint Cyr, cette Terre et ses dépendances leur appartient. Recueil En 1738, le premier Octobre, fut donné un Arrêt du Parlement, <*'Ordonn. en où est mentionnée la Prieure et Communauté de Saint Cyr, ^u châteiet de comme Dames de la Prévôté du Port de Neuilly, Villiers-la- P»ri8 1740. Garenne et le Roulle. Mais à l'égard de Villiers, il faut entendre p" ^ P"",^"^

^ ' Commissaire

qu'elles n'en sont Dames qu'en partie, puisque dans l'acte de p. 301. l'érection de la Paroisse du Roule qui est de l'an 1697, il y com- voyez le Rouie, paroît deux personnes qui se disent Seigneurs de Villiers.

On assure que dans quelques anciens titres il est fait mention d'une rue des Orfèvres sur le territoire de Villiers-la-Garenne. Cela ne signifie point que cette rue fût habitée par des Orfèvres, mais seulement que les Officiers de la Monnoye de Paris y avoient du bien, comme ils en ont encore au Roulle, qui est un détachement de cette Paroisse. On y a trouvé, en 1744, plusieurs pièces d'or.

Le Roi Philippe de Valois faisant une fondation à l'Abbaye de Saint Denis en 1341, assit le revenu sur les biens situés à Villers- Doublet la-Garenne, à Neuilly et au Roulle, qui avoient été à Pierre H»»^- s. Denis, Lou vain, Chevalier, et qui lui venoient de Raoul Louvain, son p-9 4père. Chevalier, qui en avoit fait l'acquisition.

NULLY ou Neuilly, aujourd'hui hameau considérable de la Paroisse de Villiers-la-Garenne, et éloigné d'un bon quart de lieue de l'Eglise Paroissiale, a commencé par un Port situé visà-vis les chemins qui conduisent à Nanterre, à Besons et autres lieux. Un titre de l'Abbaye de Saint Denis daté de 1222, l'appelle Portum de Lulliaco. Un autre acte du même Monastère, et de ^*^'"'- 5- ^'«ii.

' BtbL Reg.

deux ans après, appelle ce lieu Lugniacum, Il y est parlé d'héri- p. 265 et 464,

tages situés apud Curvam-viam et Asnerias et in censu Portas de

Lugniaco. Avant qu'il eût été arrêté que le Port et la Seigneurie

de ce lieu seroit dans le lot de l'Abbé de Saint Denis, ces biens

Fouillé appartenoient au Chantre de l'Abbaye. Le monument qui indique

de Pans 1648. ^^ f^j^^ ajoute qu'on avoit dit anciennement Port de Lunjr, mais

le changement de la lettre L en celle de N, qui n'est pas rare dans notre langue, s'étoit déjà fait sentir dans ce mot en i3i6. Il est écrit Neuilly dans un Arrêt du Parlement de cette année-là, donné entre Adam de Meulant, Panetier du Roi, et Jean Arrode, Reg, Pari. Bourgeois de Paris, au sujet d'une maison sise en ce lieu, et dans

26 Apr. j37o. QQyj^j^ quj suivirent durant le même siècle. Aussi l'un des con-

SpiciL in fol. tinuateurs de Nangis, parlant des lieux voisins de Paris, où les

T. m p. 107, Anglois mirent le feu en 1346, dit-il que c'étoit vers Saint Germain en Laye usque ad Portum de Nulljr.

L'un des endroits des Registres du Parlement ci-dessus cités contient les plaintes que les Religieux de Saint Denis firent, de ce que le Prévôt de Paris avoit pris et amené à Paris leur batteau du Port de Nully, dont ils retiroient chaque semaine cent sols, et leur Fermier autant. La raison qu'avoit eu le Prévôt de faire remonter à Paris le batteau des Moines, étoit la rupture du grand Pont (qui est de Beaulce), ce qui pourroit dénoter le Pont de Sevré. Il ajouta pour s'excuser, qu'il restoit encore un Bac à

Ordon. VII vol. Nully. Ce qu'on lit au septième volume des Ordonnances, fait

p. 5a9. voir qu'en i383, il n'y avoit pas de Pont en ce lieu. Les grandes

chroniques de Saint Denis font pareillement mention du lieu dont

nous parlons. On y lit qu'en Tan i373, aux mois de Janvier et

Février, les eaux furent si grandes, qu'on alloit en batteau depuis

la Porte Saint Antoine jusqu'au Roulle et au Port de Nuilly.

Au reste, en quelque état que fût ce Port, le Roi François I y

Tables logea en i5i8. Il y donna le 29 Mars, avant Pâques, un Edit

de Blanchard, touchant le Bailly de Touraine. Il n'y avoit encore qu'un Bac en ce même lieu, en 1606; mais ce qui arriva cette année-là détermina à y construire un Pont. Voici comment Du Breul, auteur du tems, raconte la chose :

Du Breul « Le Vendredi 9 Juin 1606, sur les cinq heures du soir, le Roy

Antiq. de Paris, « Henri IV revenant de Saint Germain en Laye, et voulant passer . p- 974. ^ jj^ rivière au Port de Neuilly ; comme Sa Majesté qui étoit en « carosse entroit dans le bac, n'ayant voulu descendre à cause de « la pluye, les deux derniers chevaux tirant trop à côté, tombèrent « dans l'eau, et de leur poids emportèrent le carosse, où étoient a avec le Roi et la Reine, Monseigneur de Montpcnsier, Mgr le Duc « de Vendosme et Madame la Princesse de Conty. Les premiers a et les plus prompts au secours, furent Messieurs de l'Isle-Rouhet 0 et de Chastaigneraye, qui préférans avec ceux qui les suivirent,

« le salut de leur Prince au leur propre, se jetterent dans l'eau, « sans avoir loisir d'ôter ni leurs manteaux ni leurs épées... Ils « accoururent donc à l'endroit où ils avoient vu le Roi, lequel « retiré de son danger.... se remit dans l'eau pour aider à retirer a la Reine et M. de Vendosme... Le Roy voulant obvier à de tels a malheurs, fit depuis bâtir un Pont en ce lieu, lequel il qualifia « de son nom, ordonnant qu'il seroit appelle le Pont-Henri. » Ce qui toutefois n'a pas été suivi. On croit qu'une fleur de lys placée sur la porte d'une maison, sur le bord de la Seine, à Neuilly même, est une marque d'honneur que le Roi accorda au batelier qui aida le plus à retirer le Roi, etc.

Ce Pont, que Du Breul qualifie de beau et excellent pont, ne dura pas trente-cinq ans. On voit par les Registres du Parlement Reg. du du 26 Janvier i638, qu'il étoit déjà tombé. La Cour pe'rmit alors Conseil du Pari. d'y mettre des bacs et des batteaux, et elle en régla les droits. Lorsqu'il eut été réparé quelques mois après, le Roi Louis XIII fit Registre en don de la jouissance de ce Pont pour l'espace de trente ans, à la ^•''^- ^* ^ ^" Demoiselle de Hautefort. Le 2 Septembre 1667, on enregistra en Parlement les Lettres accordées par Louis XIV à Dame Marie de Reg. du Pari. Hautefort, Duchesse de Schomberg, portant prorogation de la jouissance des Ponts de Neuilly et Courbevoie, pour quarante années, à commencer en 1671, suivant les Lettres à elle accordées trente ans auparavant, à condition de faire rebâtir ces Ponts. Et si par guerre ou par désordre ces Ponts venoient à être rompus, il fut dit qu'ils seroient réparés aux dépens du Roi. Il fut aussi spécifié, que les droits seroient reçus au profit de cette Dame, sans qu'il pût être fait aucune taxe ou retranchement au Conseil du Roi, et même il y eut permission accordée de construire des moulins sur ces Ponts. Enfin, l'an 171 1, le 26 Août, il y eut enregistrement de Lettres patentes en faveur de Louis-Charles de Hautefort, ibîd. Marquis de Surville, portant prorogation à lui et à ses successeurs, pendant quarante ans, de la jouissance du Pont de Neuilly, à condition qu'il feroit rétablirce Pont et la chaussée qui est entredeux et qu'il payeroit à la Communauté de Saint Cyr représentant Saint Denis, la somme de trois mille livres par an, et autres conditions.

En i554, il existoit un lieu dit le Vivier de la Mairie du Port Tab, s.EUg. de Neuilly, situé dans la censive d'Etienne des Friches, à cause Pari». de son fief qui avoit appartenu aux Mathurins.

On voit à Neuilly, sur le bord de la Seine, une Chapelle du titre de S. Jean-Baptiste, bâtie depuis environ cent ans. Elle sert en quelque manière de Paroisse aux habitans dans les mauvais tems, et elle est desservie par le Vicaire de Villiers. Mais il n'y a ni tabernacle ni fonts-baptismaux.

M. le Comte d^Argenson, Ministre de la guerre, fait bâtir à Neuilly une très-belle maison.

Ce fut dans ce hameau de Neuilly que Sebastien Vaillant fut

Vie de attiré en 1692, par un Chirurgien qui y résidoit, et il y exerça la

M Vaillant en Chirurgie. Il venoit assiduement de ce lieu aux leçons que M. de

Botanicon Par. Tournefort donnoit à Paris, et s'en retournoit le même jour. On

sçait qu'il devint depuis Directeur du Jardin Royal des Plantes.

M. Chauveau, Curé de Villiers, voyant l'assistance à l'Office Divin fort négligée dans l'Eglise Paroissiale, et plusieurs autres inconvéniens à cause de l'éloignement des habitans, dont la partie la plus considérable est à Neuilly, où l'on compte huit cens âmes ou environ, a acheté dans ces derniers tems un terrain en ce lieu de Neuilly, pour y bâtir une nouvelle Eglise Paroissiale. La première pierre de l'édifice fut posée en 1749, le 27 Novembre, par Mademoiselle Louise-Anne de Bourbon Condé, Princesse du Sang, et la première pierre du chœur le fut le 26 Mai 1750, par M. Boucher, Conseiller de la Grand-Chambre du Parlement, en sa qualité de Chantre du Chapitre de Saint Honoré de Paris, gros Décimateur de Villiers, mais l'édifice est resté imparfait par la mort de Madame de Vougny, qui avoit promis pour le construire douze mille livres par an. Le Mémoire imprimé chez Simon, rue des Mathurins, d'où sont tirés ces faits, nous apprend que M. Fleuriau d'Armenonville, Garde des Sceaux, dans le tems qu'il occupoit le Château de Madrid, avoit formé le projet de construire à Neuilly l'Eglise Paroissiale de Villiers, et qu'il en avoit même désigné la place.

MADRID. Ce Château est situé sur la Paroisse de Villiers, à trois quarts de lieue de l'Eglise. L'origine de son nom est assez certaine, puisqu'il est sûr qu'il a été bâti par François I, sur le plan et modèle de celui de Madrid en Espagne. Dupleix, parlant de ce Château et de la Reine Marguerite, première femme d'Henri IV, dit : « Je la fus trouver à Madrid qu'elle faisoit a nommer Boulogne, du nom d'un Bourg prochain; la mé- « moire de Madrid en Espagne, où le Roi François, son ayeul, Remarq. « avoit été prisonnier, lui étant devenue odieuse. » Bassompierre du Maréchal de relevé ainsi cet endroit de Dupleix : « Cette maison, dit-il, s'ap- Bassomp. BUT ^ jj ^yy^^\ de Boulogne: mais les Courtisans du tems du Roi

Dupl. an i665. r . . , . ^. ' ... ^ .

« François, qui s'y retiroit souvent en particulier, pour témoigner a que delà on ne voyoit point le Roi, disoient qu'il étoit à « Madrid. » Aussi y a-t-il apparence que c'est de ce lieu, et non de Boulogne le village, que sont datés certains Diplômes de Charles IX, qui portent ces mots : Donné à Boulogne.

Dés les commencemens, il y avoit eu en ce Château une Chapelle qui n'étoit pas dotée. Louis XV, sur la démission du

Prieuré de S. Serein de la Celle au Diocèse de Troyes, faîte par M. Besnard de Rezay, y a uni ce Prieuré par Lettres du mois de Janvier 1724; ce qui a été confirmé par Lettres de M. le Cardinal de Noailles du mois de Juin suivant, qui nous apprennent qu'en même tems il y fut. établi un Chapelain secondaire pour le soulagement du Titulaire; que le Chapelain en titre est à la présentation du Capitaine du Château, aussi-bien que le second qui est pareillement au choix du même Capitaine et amovible ; que ni l'un ni l'autre ne peuvent faire aucunes fonctions dans cette Chapelle de S. Louis sans la permission de l'Archevêque. Cet établissement se fit du tems et du consentement d'Hervé Pinel, Curé de Villiers, qui déclara que ce seroit sans préjudice au droit et à la possession où il est de porter les Sacremens dans le Château ; que les deux Prêtres n'y feroient aucune fonction Curiale que de son consentement; que lui Curé continueroit d'aller en Procession à ce Château le lundi de Pâques et celui des Rogations, d'y donner la Communion à Pâques, et à l'égard des cendres, de les donner aux habitans du Château et des environs, ou de les envoyer au Chapelain pour les distribuer en la Chapelle. Selon le procès-verbal dressé alors, il y avoit environ cent Communians dans ce lieu.

La maison du lieu dit Bagatelle, celles de la Porte Maillot et de la Porte de Neuilly sont de la Paroisse de Villiers et même aussi le Château de Ternes, s'il en faut croire le mémoire imprimé au sujet de la future Eglise de Neuilly; car ci-dessus, page 429, en parlant de Clichy, je le lui ai attribué en partie, sur le rapport qui m'en a été fait.

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