PAROISSE DE LA CHAPELLE SAINT DENIS
Reg. Arch. Par. V Office en son honneur, deux fois par an, du consentement
ioOcL/657. d'André du Saussay, Vicaire Général, sçavoir le 3o Septembre et le 9 Mai, jour de sa Translation. Leur zélé pour le culte de ce Saint alla jusqu'à obtenir un os de son corps que l'Abbesse du Pré-lez-Douai, Ordre de Cîteaux, fit tirer de la Table d'autel du chœur de cette Abbaye. L'Archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, leur permit de l'exposer dans l'Eglise de la Chapelle Saint Denis et, par lettres du 10 Octobre lôS/, il accorda quarante jours d'Indulgence à ceux qui la venereroient pour la première fois seulement. Maintenant il ne reste aucun vestige ni de la Fête ni de la Relique. Je serois porté à croire cependant que la Relique n'est pas perdue, mais qu'elle n'est autre que le fragment de Aimanach Tun des pouces de ce Saint, que Ton conserve à présent chez
SpiritueidcPar. les Maturins de Paris.
L'auteur de la Notice des villages de la Banlieue de Paris, imprimée chez la Caille en 1722, veut, comme les habitans, que S. Denis soit le Saint Patron de la Chapelle, et n'y met Ste Geneviève qu'en second. Mais on doit juger par ce que j'ai dit ci-dessus, qu'il se trompe, et ceux qui le croyent après lui. Réellement et de fait S. Denis n'y a pas plus été reconnu autrefois pour premier Patron, qu'à la Villeneuve-Saint-Denis, au même Diocèse de Paris. Il ajoute que la Cure est à la nomination du Prieur- Vicaire de Saint Denis. Le Pouillé du XIII siècle dit qu'elle étoit à celle de l'Abbé de Saint Denis; ce qui avoit été suivi par les autres, jusqu'à l'extinction du titre Abbatial.
L'auteur anonyme de la Notice ci-dessus, parlant du Temporel de ce lieu, dit qu'il est de la Chatellenie de Saint Denis et de Saint Maur. Il veut dire sans doute, quant à Saint Maur, que l'Archevêque de Paris, comme Prieur de Saint Eloy, membre de l'Abbaye de Saint Maur des Fossez, a quelques droits dans la partie de la Chapelle qui est située à la Villette.
Cette Paroisse de la Chapelle s'étend fort peu du côté de Paris, et la Paroisse de Saint Laurent en approche d'assez près, puisqu'en venant de Paris, les premières maisons, à gauche, en sont jusqu'à la première rue, et celles à droite, jusqu'à l'angle que forme le chemin non pavé qui conduit à la porte Saint Martin. Les habitans Notice de firent, au commencement du règne de Louis XV, quelques efforts
u Caille, p. 127. pour comprendre dans le roUe des Tailles les maisons qui sont
entre la dernière Barrière ou bornes de Paris et le gros de leur village. Toutes les procédures furent cassées par Arrest du Conseil d'Etat du 25 Juin 1718 et la Paroisse.de la Chapelle restreinte dans ses anciennes limites. En 1709, on y comptoit i36 feux, suivant le dénombrement de l'Election. Le Dictionnaire Universel de la France y marque 748 habitans, et selon le dernier dénombre-
DE Lk BANLIEUE DE PARIS 46 1
ment, il y a maintenant i65 feux. Ce nombre de feux et d^habitans
sont, en y comprenant la rue du village de la Villette, à commencer
au coin de Ste Perrine où finit celle de Saint Laurent, et continuant
du même côté jusqu'au bout, qui est ce que les anciens titres
appellent la Villette S. Denis. Le tout ensemble fournit 600 com-
munians. Il y avoit un vignoble du tems de Philippe-Auguste,
vers l'an 1200. Ce fut alors que Dreux, Connétable de France, qui Chartui.
y possédoit des vignes, en donna cinq arpens à l'Abbaye de Livry, i-^vriac/oi. /.
dans le tems qu'elle commença à se former. Les biens qu'y avoit
Pierre de Dormans, en i368, étoient en la censivedu Commendeur
de Saint Denis. On apprend par des comptes de la Prévôté loyeot. des
de Paris, que les Mallet, famille estimée par Charles VI, avoient ^"* ^^ *■ ^**"p*
des héritages à la Chapelle Saint Denis, et que Jean de Dormans, Sauvai.
l'un de leurs héritiers, en jouit sous le règne de Charles VII, '''• ^^^' p- ^*°-
Jeanne de Dormans en 1433, puis Jean Girard, qui avoit épousé invent.
une Dame de Dormans, celle apparemment que je viens de ^® ^* Chapelle.
nommer.
Mais les endroits les plus importans de notre Histoire où il est fait mention de la Chapelle, sont la continuation de la Chronique de Nangis. Il y est dit qu'en l'an i358, pendant que le Roi de Navarre étoit à l'Abbaye de Saint Denis, ses gens et les Anglois sortis de Paris, se répandant par la campagne, y brûlèrent Contin, Nangn. entr'autres lieux Capellam juxta Sanctum La\arum, et Burgum SpûUeg, S. Laurentii de Parisius et horreum de Landeto. Voilà le Grenier '" •'° * de rindit qui subit le même sort. Il n'est pas loin de la Chapelle, et peut-être étoit-il sur son territoire; 'c'étoit le Grenier de cette fameuse foire appellée Indict, puis l'Endit, qui se tenoit autrefois entre la Chapelle et la ville de Saint Denis. Il est spécifié dans des comptes du Domaine, de Tan 1438, que durant la tenue de cette Sauvai, Foire, au mois de Juin, il y avoit des Sergens commis par le t. m, p. 336. Prévôt de Paris, à la garde de la Chapelle Saint Denis, pendant douze jours, et qu'on leur donnoit taxe.
Les Mémoires que l'on a sur l'arrivée de l'Empereur Charles IV, à Paris, l'an 1377, portent que ce fut à la Chapelle que le Roi Charles V, son neveu, alla au-devant de lui, et que là se fit la première entrevue. C'étoit au mois de Janvier. On comptoit à Rome 1378. L'Empereur avoit passé par Louvres en venant, et y avoit couché.
Le Moine de Saint Denis qui a vécu sous Charles VI, écrit en la vie de ce Prince, que la Chapelle fut un lieu où le parti d'Orléans eut une forte garnison durant l'hiver de l'année 141 1, Hist.de que pendant le grand froid cette garnison fut toujours en action Chari. vi, par avec ceux de Paris, qui jour et nuit la venoient harceler, tantôt ^^ ^1^^^^^^' avec des machines de guerre, et tantôt dressant des partis, ce qui