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LA CHAPELLE PRÈS PARIS

Nous avons dans le Diocèse de Paris plusieurs Paroisses, que l'on se contente de nommer simplement La Chapelle, lorsqu'on est dans le lieu même ou dans le voisinage, et lorsqu'il n'y a point de méprise à craindre, telles sont: la Chapelle Gautier au Doyenné de Champeaux, la Chapelle Milon dans celui de Châteaufort, et la Chapelle dont il s'agit, qui est au bout du faubourg Saint Laurent et dans l'Archiprêtré de la Magdelene.

Son nom primitif n'étoit pas la Chapelle Saint Denis, mais la Chapelle Sainte Geneviève. Elle est indiquée sous ce titre dans le Pouillé de Paris du XIII siècle, Capella S, Genovefœ. De même dans l'acte d'affranchissement accordé aux habitans l'an 1229, par Odon, Abbé de Saint Denis. Dans des Indulgences de 1897 et 1446, elle est appellée Ecclesia S, Genovefœ Capellœ S. Dionjrsii prope Parisios. Dans le Pouillé du XV et du XVI siècle, il y a simplement Curatus Capellœ S, Genovefœ. Je ne voi pas qu'on puisse entendre d'un autre lieu que de celui-ci, ce que j'ai lu dans un censier de l'Evêché de Paris d'environ 3oo ans. Il Tab. Ep. y est fait mention de trois arpens de vigne situés entre Mont-

Foiic Regnaud, martre et la Chapelle Ostran, aboutissans au chemin du Val laronneux, tenant à Pierre de Dormans. Mais je n'ai rien trouvé qui apprît l'origine de ce surnom d'Ostran.

En conséquence de ce que je viens de marquer plus haut, il faut dire que l'Abbé Chastelain n'a pas conjecturé heureusement,

Martyroi. univ. quand il a cru que ce village avoit toujours été appelle La Cha-

Bimestre pelle de Saint Denis, que ce Saint avoit été Patron de l'Eglise,

anv. p. 7. ^^ ^^^ ^^ ^^ seroit que depuis peu qu'on auroît pris Ste Geneviève

pour Patrone, parce qu'on croyoit que c'étoit là l'Eglise que cette

Sainte auroit fait construire en l'honneur de cet Apôtre de Paris

et de ses compagnons.

Hist-deTAbbay. La proposition qu'a avancé le Père Felibîen est plus vraisem-

dc s. Denis, blable, sçavoir, que comme la sépulture de ces Saints étoit à

l'endroit où est la ville de S. Denis, cette Sainte avoit choisi un

hospice au lieu où est le village de la Chapelle, d'où elle venoit

Vita s. Genov. avec les Vierges de sa compagnie la nuit du Samedi au Dimanche, pour célébrer les Vigiles au tombeau de ces Martyrs, mais sans prétendre que ces pieuses filles s'exposassent durant la nuit à un si long trajet, et en supposant que l'Eglise de Saint Denis où

elles se rendoient étoit dan$ la Cité de Paris où elles faisoient leur demeure, il faut peut-être se contenter de dire que Sainte Geneviève avoit eu à moitié du chemin de Paris à Catuliacum une retraite qu'elle auroit donnée à l'Eglise des mêmes Martyrs, située dès-lors au même lieu où elle est. Au moins il est certain que le Monastère de Saint Denis en France possède cette Terre de tems immémorial, et que ce ne peut être que parce que les Religieux en sont Seigneurs, qu'au lieu de continuer à distinguer ce lieu de La Chapelle d'avec les autres de même nom, par le nom du Saint Patron de la Paroisse, on s'est accoutumé dans l'usage •

à dire La Chapelle Saint Denis^ ce qui a fait que ce Saint a commencé à être regardé comme l'un des Titulaires avec Sainte Geneviève. A la Villeneuve S. Denis en Brie (village ainsi surnommé à cause qu'il appartient à l'Abbaye Saint Denis, et pour le distinguer de Villeneuve-le-Comte qui est voisin), Ste Christine en est la Patrone et non S. Denis.

L'Eglise Paroissiale de la Chapelle a un chœur qui paroît avoir été bâti au XIII siècle; la nef n'est pas d'un tems si reculé, mais cependant ancien, comme il se voit par l'inscription du nom des Dreûe, famille* du lieu, gravée à un pilier en lettres capitales gothiques, d'environ l'an 1400. Le couronnement de la porte de cette Eglise, où sont représentés en relief quelques faits de la vie de Sainte Geneviève, semble être aussi un ouvrage du XIII ou XIV siècle. L'époque de la construction de l'Eglise s'accorde avec ce qu'on lit au Gallia Christiana, sçavoir qu'en l'an 1 204, Eudes Gaii. Chr. de Sully, Evêque de Paris, approuva la donation de quelques ^- ^^^' ^^'- *^arpens de terre pour le Presbytère (apparemment le chœur) de la Chapelle que l'on vouloit construire près de Paris. L'anniversaire de la Dédicace s'y célèbre un Dimanche du mois de Juin ; on ignore l'année qu'elle a été faite. Je n'y ai vu aucune ancienne inscription outre ce qui est au pilier ci-dessus, que celle de la fondation du Vent Creator avant la Messe des quatre Grandes- Fêtes, par Nicolas Moreau, Huissier, moyennant un revenu sur la maison des Trois-pavillons. Elle est sans date, mais l'écriture gothique dénote environ 200 ans. Cette Eglise avoit été tellement ruinée par les guerres de la Religion, vers la fin du XVI siècle, qu'on fut obligé, en iSgS, d'aliéner des fonds de la Fabrique pour la réparer, sçavoir quelques arpens de terre. L'inventaire des titres Tab. Ep. nouvellement rédigés assure cependant qu'il en reste une cloche de l'an i5i2, qui est la grosse. Un M. Leschassier a fait bâtir la sacristie, en 1644.

On vit subsister, il y a cent ans, durant plusieurs années, dans la même Eglise, une dévotion particulière envers S. Jérôme. Cinq ou six Prêtres, fort dévoués à ce Saint Docteur, venoient y célébrer

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