SAINT MARTIN DE L'ETREE
Quoiqu'il soit très-vraisemblable que les premiers habitans de l'ancien Catolacum ont été placés sur la chaussée Romaine dite Strata, on ignore le temps de l'établissement de cette Paroisse. Elle peut avoir existé dès le V siècle, ainsi que j'ai dit cy-dessus, et par la suite avoir été desservie quelque temps, dans l'Eglise de Saint Denis de l'Etrée, qui est au moins de la fin du VIII siècle,
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et dans laquelle il y avoit alors un Prêtre. Peut-être n'est-ce que depuis qu'il y eut une Communauté de Moines établie en cette Eglise de Saint Denis de l'Etrée à la place du Prêtre, que les Paroissiens eurent un autel particulier, dont la desserte fut accordée à un Religieux et l'autel érigé sous le titre de Saint Martin, ainsi qu'avoit été l'autel primitivement. Et comme le nombre des Paroissiens se trouva augmenté avec le temps, au lieu du simple autel de S. Martin, on bâtit une seconde Eglise sous son invocation, attenant à la petite Eglise de Saint Denis. Ce qui
Gaïua Chritt., en reste de connu, est qu'en l'an 1207 Eudes de Sully, Evêque T. vu. jg Paris, déclara qu'Henry Troon, Abbé de S. Denis, avoit droit d'y présenter, et qu'en 121 1, Pierre de Nemours, aussi Evêque de Paris, reconnut la même chose. Le droit de cette nomination est spécifié dans le Pouillé Parisien du XV siècle, et dans les Registres du XVI. L'édifice de cette Eglise actuellement existant, est un gothique de deux à trois cens ans. Un livre de visites
Tab. Ep. Pari. Archidiaconales, de l'an 1472, m'a fourni une preuve du zélé qu'avoient les anciens habitans de cette Paroisse, pour se conformer au reste du Diocèse. S'étant apperçus que leur Gre:(y c'està-dire le Graduel de leur Eglise n'étoit pas à l'usage de Paris, les Marguilliers demandèrent permission de le vendre pour en
Reg. Ep. Pari*. QiyoïT un qui fût à Cet usage. J'ai lu qu'en 1546, le 9 Octobre,
l'Evêque de Megare avoit béni du consentement de l'Evêque de Paris, une portion de terre pour augmenter le cimetière de Saint Martin de l'Etrée. De nos jours, la Paroisse de la Magdelene de la Ville de Saint Denis a été réunie à celle de Saint Martin.
J'ai déjà insinué cy-dessus que l'Eglise de Saint Marcel, comprise aujourd'hui dans la Ville de Saint Denis, étoit la Paroisse d'un territoire qiii originairement n'avoit aucune relation avec l'Abbaye, parce que je croi cette Eglise antérieure au règne de Dagobcrt, quant à sa première fondation. Elle n'est point sous le titre de Saint Marcel, Evêque de Paris, mais sous celui de Saint Marcel, célèbre Martyr de Challon-sur-Saone, mort le 4 septembre de l'an 179 de J. C. Je persiste à dire comme cy-dessus, que ce lieu est celui où le pieux Roy Contran a eu une maison de campagne, dans le temps qu'il prétendoit son tiers dans Paris, et qu'il ne pouvoit pas y mettre le pied que de l'aveu de ses frères Sigebert, Roi d'Austrasie, et Chilperic, possesseurs des deux autres tiers. Il semble même, en conférant ce que Grégoire de
VILLE ET PAROISSES DE SAINT DENIS SlJ
Tours dit dans son Histoire, lib, IV cap, xliv aut l, avec ce qu'il a écrit lib. I de Glor. Mart, cap. lxxii, sur les mouvemens du Roi Sigebert, que ce fut aux environs de l'Eglise de Saint Denis, où les soldats de Sigebert avoient commis quelque vol, que ce même Roi Sigebert fit passer la Seine à ses troupes Allemandes, du consentement de Contran, pour aller contre Chilperic, ce qui convient au territoire de la Paroisse de Saint Marcel. De plus, il n'y a qu'à lire la vie de Contran pour être informé de la grande dévotion qu'il portoit à ce Martyr. Contran jouit de Paris par indivis avec ses frères, du temps que S. Cermain en étoit Evêque, lequel S. Cermain fut aussi porté à étendre dans son Diocèse le culte des Saints de la Province de Bourgogne, sa patrie. Le même Roy Contran lui survécut de dix-sept ans, et mourut en 593. Clotaire II, son neveu, eut pour fils Dagobert, à qui appartinrent sans doute les Maisons Royales situées sur le rivage droit de la Seine, telles que Clichy ou Saint Ouen, Caiolacum et Epinay. Mais, comme elles étoient si voisines les unes des autres, et que depuis Clovis II il n'est plus marqué que nos Rois eussent une Maison proche le Monastère jusqu'au règne de Charlemagne, il est à croire que ce fut dans cet intervalle que l'un de ces Princes se dépouilla d'une de ces maisons, donnant à l'Evêque de Paris la partie du village Catolacum, qui fut depuis appellée Saint-Marcel, du nom de l'Eglise qui y étoit. Ce sont les titres des siècles suivans et dont je vais donner l'analyse, qui m'engagent à penser ainsi ; j'ai même été jusqu'à conjecturer que ce seroit le Roy Clovis II qui en auroit fait présent à l'Evêque Saint Landry, lorsque pour favoriser rétablissement du Laus perennis fait à l'Abbaye par Dagobert, son père, et ôter aux Religieux toute inquiétude sur leurs fonds et sur les effets mobiliers de leur Eglise, ce Prélat leur accorda une charte d'Immunité, dont la teneur est contenue dans le diplôme de confirmation du même Clovis.
Mais si les Evêques de Paris possedoient dès le VII siècle la Terre de Saint Marcel de Catolacum, il y a apparence qu'ils la donnèrent peu de tems après en fief à quelque Comte ou grand Seigneur. Il est parlé dans le premier livre des Miracles de Saint Denis d'un Comte Bertrand, dont j'ai lieu de croire que le vrai nom étoit Bertcaud. Ce Comte, pour avoir causé du dommage par sctc.Bened. ///. ses bêtes de charge dans le pré de l'Abbaye voisin du pont de pane 11. Trecines, situé un peu au-delà de Saint Denis de l'Etrée, fut puni ^^' ^'^^' de Dieu de mort subite dans ce pré même, et il est ajouté que son corps ayant été accordé à sa famille fut inhumé dans l'Eglise de Saint Marcel, hors l'enceinte du Monastère. Ce fait raconté par un Religieux est du tems de Charlemagne. Il paroît que c'ètoit le
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voisinage du terrain appartenant à ce Comte qui Tavoit porté à
faire cette entreprise sur celui du Monastère, et qu^ainsi il avoit là
quelque fief ou Seigneurie. Cependant nos Rois jouissoient encore
de quelque revenu à Saint Marcel vers l'an looo. Ce fut environ
Constit. ce tems-là que le Roi Robert donna aux Clercs de Saint Paul du
Sugeriiapud Bourg de Saint Denis Furnum de Sancto Marcello^ c'est-à-dire le
T IV p"553. ^^^^^ ^^ Four bannal, qui étoit un Droit Seigneurial.
On trouve que sur la fin du même siècle la Terre de Saint Marcel
étoit possédée par un Seigneur de la Maison de Montmorency et
qu'il en avoit même l'Eglise à sa disposition, ce qui étoit une
suite des abus introduits sous Charles Martel ou pendant les
guerres des Normans. Bouchard de Montmorency s'étant déporté
entre les mains de Galon, Evêque de Paris, du droit d'y pourvoir,
ce Prélat, en 1 1 lo, en accorda la nomination au Prieur de Dueil,
Prcuv.de rHist. dépendant de l'Abbaye de Saint Florent de Saumur; ce qui semble
de Montmor. marquer qu'il ne cherchoit pas à faire plaisir à l'Abbé de Saint
^' Denis. Ce Monastère cependant avoit quelques serfs qui faisoient
Doublet. leur demeure à S. Marcel, et que Suger exempta, en ii25, d'une
certaine redevance, de même que ceux du Bourg de l'Abbaye.
Sept ans après, c'est-à-dire en 1 132, Matthieu de Montmorency étant à Dueil, donna à Gilduin, Abbé de Saint Victor de Paris, et Preuv.de rHist. à son Eglise, cent sols parisis de rente sur sa Terre de Saint Marcel, de Montmor. située près le Château de Saint Denis. Ses expressions sont remar- ^' ^^' quables : Habeo terrant quamdam quœ dicitur Sanctus Marcellus et est de feodo Parisiensis Episcopi, sita quidem juxta Castrum Beati Dionysii, Voilà une preuve positive de ce que j'ai avancé ci-dessus. Il y avoit aussi au XII siècle, dans le Bourg S. Marcel, des Ecoles particulières. Les Religieux de l'Abbaye voulurent, en ibid., p. 84. 12 18, empêcher qu'on n'y en tînt. Mais les Barons de Montmorency, Seigneurs du lieu, en prirent la défense, et soutinrent qu'il y en avoit toujours eu. Le voisinage faisoit alors que les Bestiaux Ibid. des Moines entroient sur la Terre de S. Marcel, comme il étoit arrivé quatre cens ans auparavant, dans le tems du Comte Bertrand ; cela causa des disputes qui finirent par un compromis. Le Cartulaire de l'Evêque de Paris, dont le commencement est d'environ le même tems, marque au 3« feuillet, que le grand Archidiacre de Paris tient de l'Evêque le cimetière de S. Marcel, proche Saint Denis ; je traduis le mot atrium par cimetière, et il y a preuve qu'il faut le traduire ainsi, ce qui signifieroit que le casuel des enterremens de cette Paroisse appartenoit alors à cet Archidiacre. Plus loin on y lit dans le détail du Pouillé, que la nomination à la Cure d'Aubervilliers appartient au Prêtre de Saint Marcel de Saint Denis. Ce dernier énoncé prouve qu'Aubervilliers avoit commencé par être une succursale de Saint Marcel, où le Curé
VILLE ET PAROISSES DE SAINT DENIS Sig
mettoit un Vicaire, et que lorsqu'on l'érigea en Cure, on lui conserva le droit d'y présenter. Cela marque la grande étendue dont avoit été primitivement la Paroisse de Saint Marcel ou de Catolacum, car outre cela Plsle Saint Denis y étoit aussi comprise. Jusqu'alors les Evêques de Paris accordèrent les amortissemens à ceux qui acqueroient dans leur fief de S. Marcel. Aussi fut-ce à l'Evêque Ranulfe que Garnier, Curé de S. Marcel, s'adressa en 1282, pour celui d'une rente sise sur une maison de ce fief.
La proximité dont le Bourg de Saint Marcel étoit du Bourg Saint Denis gênant beaucoup les Religieux, ils vinrent à bout, du tems de l'Abbé Regnaud, en 1294, d'avoir cette Terre par échange. Ils donnèrent pour cela à Matthieu de Montmorency un domaine à Dueil, la Terre de Mazieres \ l'étang neuf sous Montmorency, un pré et un moulin, sis à Ormesson, etc. Il y eut en 1402 un procès aux Enquêtes entre TEvêque de Paris et Jacques de Mont- Preuves de morency, sur ce que cette Terre de Saint Marcel, dont ses ancêtres Montmor.p.iss. avoient joui, étoit tenue en fief de l'Evéché de Paris, et chargée de lui rendre hommage. Tout le détail précédent m'a paru nécessaire pour détromper ceux qui s'imaginent que la ville de Saint Denis, aussi étendue qu'elle est aujourd'hui, a toujours appartenu à un seul et même Seigneur.
Depuis que les Abbés de Saint Denis eurent eu par échange le Feiib. territoire de Saint Marcel, il fut réglé que les habitans de cette "***• ^* ^f"*'- Paroisse seroient tenus de donner à chaque nouvel Abbé un cheval ^' ,3^ harnaché. Il est aussi bon d'observer que l'Evêque de Paris conserva toujours le fief de Ste Croix, et il y fut maintenu en i3i8 Re^. oUm par le Parlement en son droit de Justice. Dans l'ordre que Foulques roFetr, de Chanac, Evêque, donna en 1 346 à ses Sergens, d'assigner ses Tab. Ep. Part*, vassaux pour aller à la guerre où le Roi devoit être, il leur mar- inFeodts. quoit d'ajourner spécialement Jean de Chauvenieres, Chevalier, et Pierre Godefroy, pour le fief de Ste Croix. Bien plus, en i533, l'Evêque prétendoit avoir encore à Saint Denis six fiefs, lesquels avoient été tenus par Pierre Godefroy, Galois d'Aunoy à cause de Jeanne la Thierse, femme de Jean Ferrand, Dame de Douville, et /wj. par Philippe de Moulins, Evêque de Noyon.
L'Eglise de Saint Marcel est la plus belle des Eglises Paroissiales renfermées aujourd'hui dans l'enceinte de la ville de Saint Denis; c'est un édifice construit, à ce qu'il paroît, au XIII siècle, assez vaste, mais sans beaucoup d'ornemens de sculpture. On s'est dispensé, par exemple, de4'embellir de galleries par le dedans, quoique ce fût assez l'usage de ces tems-là. On y voit dans le côté gauche, une inscription en lettres gothiques, qui nous apprend
I. Felibien dit des biens situés à Groslay et à 3. 3rice. Pag. 238,
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que la Dédicace en fut faite en 145 1, le niardi de la Pentecôte, par Guillaume Chartier, Evêque de Paris. J'ai déjà dit plus haut, que cette Eglise a été long-tems entre les mains des laïques Seigneurs de la Terre; que ce ne fut qu'en 11 10, qu'ayant été remise à l'Evêque de Paris, coUateur naturel, ce Prélat la donna aux Moines du Prieuré de Dueil; le Pouillé Parisien du XIII siècle marque en conséquence qu'elle est à la nomination du Prieur de ce lieu, ce qui a été suivi par celui du XV siècle et par les autres, cgistrc Cette Cure étoit en 1384 comprise dans le petit nombre de celles
de visit. de la q^j payoient à l'Evêque, pour le droit de visite et de procuration, la somme de dix livres dix sols, ce qui étoit alors considérable; les autres pgyoient moins. Aussi est-il spécifié dans le Pouillé du XV siècle, que son ancien revenu étoit de cent livres. Dans le même siècle, le droit dû à l'Evêque est déclaré decem francorum cum denario. On ne trouve gueres d'Eglises avant celle-là, à l'occasion de laquelle le terme Curatus ait été employé pour signifier le Preuv. derHist. Prêtre du lieu. Il est fait mention dans un Cartulaire de l'Abbaye
deMontmor. j^ g^j^^ Denis, à l'an 1248, d'un nommé Robert Presbyter Curatus Ecclesice beati Marcelli de Sancto Dionysio^ Confesseur et exécuteur testamentaire de Matthieu de Montmorency. Les Pouillés de Paris parlent de deux Chapelles d'un revenu considérable situées dans cette Eglise, l'une à l'autel de N. D. et l'autre à l'autel de S. Pierre, Duœ bonce Capellœ ; ce sont les termes du Pouillé manuscrit du XV siècle et de l'imprimé de l'an 1626. Elles sont à la nomination de l'Archevêque. La dernière est dite dotée de 24 livres, par Robert Potier. Le Pouillé de 1648 dît, pages 59 et 60, qu'outre ces deux Chapelles, il y en a deux autres du titre de S. Pierre.
Mais ce qu'il y a le plus digne de remarque en cette Eglise, est qu'elle a été dépositaire de temps immémorial des corps de deux Saints : l'un est appelle en latin S. Betesus, en françois S. Bets, et l'on y cèlébroit sa fête le 22 Avril. La tradition porte qu'il étoit maçon de sa profession et habitant du lieu. L'Abbé Chastelain le place dans son Martyrologe Universel au 22 Avril, après Ste Opportune ; ce qui fait voir qu'il le croyoit mort au plutôt dans le VIII siècle. L'autre corps est celui d'un saint Vital. L'acte de la translation de ce saint corps, faite d'une très-ancienne châsse dans une autre, l'an i525, par François de Poncher, Evêque de Paris, est ainsi conçu : Die Dominica X Decembris, dit le Registre de cette einnéc-lkj Dominus Episcopus Parisiensis corpus beatissimi Vitalis in quadam capsa antiquissima in Ecclesia S, Marcelli existens extraxit, et in alia à se benedicta transtulit. Depuis ce tems-là, le même corps de S. Vital a été transporté dans une nouvelle châsse transparente, et la châsse de i525 est passée dans la
sacristie de Saint Denis de TEtrée. La Note que TAbbé Ghastélain a préparé pour le 22 Avril, dans son second bimestre qui est resté à imprimer, consiste à dire <t que S. Betz a été maçon ; que sa « chassé est au grand autel de Saint Marcel, la principale des « Paroisses de Saint Denis ; que sa figure est dans une Chapelle « de la même Eglise, et que l'Abbaye n'honore pas ce Saint, « à cause de la concurrence de l'Invention de Saint Denis. » En 1725, le 12 Mai, le Curé de cette Paroisse obtint permission de donner au Chapitre de Saint Paul la châsse de bois de ce S. Betz, Confesseur, avec tous les ossemens qui étoient renfermés, Regtst.Archiep. en échange d'une relique de S. Marcel, le Martyr de Challon, qui Paris. se trouvoit conservée par ce Chapitre, sçavoir une demie vertèbre du dos. Et par la même occasion, M. le Cardinal de Noàilles permit à la Fabrique de Saint Marcel d'assigner six livres de rente annuelle à cette Collégiale, à la charge qu'on y célébreroit le 22 Avril l'Office de S. Betz, et qu'à l'égard de la relique de S. Marcel qui seroit reçue en l'Eglise de son nom, on y en célébreroit dans cette Paroisse la Translation le cinquième Dimanche après Pâques. Les Maçons qui honoroient S. Betz comme leur patron, tant que son corps fut à Saint Marcel, avoient intention de continuer leur Confrérie à Saint Denis de l'Etrée, mais cela n'a pas eu lieu. Pour ce qui est de S. Vital, c'est un de ces Saints dont les corps ont été retirés des Prieurés que l'Abbaye de Saint Denis avoit au VIII siècle du côté de l'Allemagne, et qui pouvoient avoir été conservés auparavant dans cette Abbaye, tels que ceux de S. Hippolyte, S. Cucufat, S. Hilare ; car alors les Abbés faisoient porter aux Prieurés ce que bon leur sembloit de^ reliques de l'Abbaye et les faisoient retirer de même quand ils jugeoient à propos. Le corps de S. Vital étoit encore en l'an jy^ Testament. dans le sixième des Prieurés qu'avoit l'Abbaye de ces côtés-là, F^^radi Abb. et qui étoit située sur une rivière appelle Nettra en latin. Il peut Feiib. avoir été rapporté de ce Prieuré à l'Abbaye, comme l'ont été les Hi*t. s. Denis, trois autres ci-dessus nommés et il n'est pas impossible que les ""^"»p- Religieux l'eussent donné avec son ancienne châsse à l'Eglise Paroissiale de Saint Marcel, après l'an 1294, lorsqu'ils furent devenus Seigneurs de la Paroisse. Il n'est qualifié Martyr dans aucun endroit, et l'on ne voit pas sur quel fondement le Clergé de Saint Marcel l'honore le 28 Avril en cette qualité, pendant qu'il est sûr que le corps de S. Vital, martyrisé à Ravenne en ce jour, est encore conservé à Ravenne. Il y a infiniment plus d'apparence que ce saint Vital est le saint Prêtre d'Auxerre de ce nom, duquel la plus grande partie du corps avoit été obtenue avec celui de S. Pèlerin pour enrichir l'Abbaye de Saint Denis et que l'Abbé Fulrad l'ayant fait porter dans le Prieuré nommé ci-dessus, il en
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fut depuis rapporté à Saint Denis. Ce Saint est appelle Vital dans les plus anciens Martyrologes au 21 Mai. On a depuis abrégé son nom à Auxerre en celui de Val. Le Martyrologe de TAbbé Chastelain marque au 27 Novembre que S. Eusice ou Ysis, Abbé de Celles en Berri, est honoré particulièrement à Saint Marcel de la ville Saint Denis.