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DE LA VILLE ET FAUBOURGS S/VINT DENIS

Ce n'est point mon intention de parler ici des Chapelles qui sont situées dans T Eglise Abbatiale ; la fondation de la plupart n'ayant rien de curieux ni d'intéressant. Ce que j'ai dit ci-dessus touchant les différens corps saints que l'on y conserve, emporte avec soi l'érection d'une Chapelle sous le titre de chacun de ces Saints et c'est ce qu'il y a de principal à remarquer. Le Rolle des Décimes n'en nomme qu'une de celles-là, qui est celle de S. Cucufat. Les autres sont S. Lazare, S. Louis, S. Martin, S. Nicolas du Pas, S. Pierre et S. Paul.

Mais je ne puis omettre de dire un mot de la Chapelle de S. CLEMENT qui étoit située dans le Couvent, proche l'ancien dortoir. On ne l'a connue que depuis le XIII siècle. Si elle existoit auparavant, il n'y en a rien d'écrit. Elle pouvoit avoir été bâtie en même tems que celle de S. Paul, qui subsistoit au moins dès le règne du Roi Robert, et toutes les deux l'auroient été aux dépens de l'Abbaye, lorsque l'opinion de FAréopagitisme de S. Denis de Paris et de sa mission par S. Clément parurent suffisamment établies. C'étoit même alors comme deux mémoriaux qui parloient pour ce sentiment et qui dévoient le transmettre à la postérité.

S. Louis qui ne manquoit jamais, lorsqu'il étoit à Paris, de se Peiib. rendre à l'Abbaye de Saint Denis pour la Fête du 9 Octobre, étoit Hisi.deS.Denis. dans l'usage de faire commencer par ses Chapelains, dans cette vie françoUe de Chapelle de S. Clément, l'Office des Matines ou Nocturnes de s. Louis, par S. Denis, pendant que les Chanoines de S. Paul les chantoient ^boiÎ^^Vau"' dans la grande Eglise et, après que ces Chanoines avoient fini, il alloit processionnellement avec ces mêmes Chapelains et ses Clercs les achever dans le chevet de l'Eglise. On lit encore touchant cette Chapelle, que Robert II du nom. Abbé de Saint Denis, y fut enterré en i363. Elle a été abattue vers l'an i633, voy. aussi quelque tems après que la Réforme de Saint Maur eut été intro- iHist.dc duite dans l'Abbaye. Elle avoit près de douze toises de longueur ^**"'"^'^ \

^•^ *^ ^ 1 an 1393, p. 333.

sur quatre et demie de largeur.

HI3T. DE PARIS. — T. I. 3a

LA CHAPELLE DE S. QUENTIN étoit située dans la campagne au sortir de S. Denis à main gauche du chemin qui conduit à Paris et, dans les siècles où Taggrandissement de la Paroisse de Saint Marcel formoit une espèce de faubourg de ce côté-là, Plan elle étoit censée en être et Jamais elle ne s'étoit trouvée enfermée de M. Caron j^j^g \ç^ murs. Le champ dans lequel elle étoit s'appelle encore

Hroc Fiscal

de Saint Denis. ^^ Champ de S. Quentin, La première mention que l'on trouve

de cette Chapelle est dans la vie de Ste Aure, Abbesse à Paris, au VII siècle. On y lit que lorsqu'elle quitta la supériorité, elle se renferma dans une cellule proche l'oratoire de S. Quentin. Cette Chapelle pouvoit avoir été bâtie en ce lieu en l'honneur de ce saint Martyr, en mémoire de ce qu'il étoit venu dans les Gaules à peu près dans le même tems que S. Denis et peut-être que Ste Geneviève l'avoit fait construire. Au moins il est constant que cette Chapelle de S. Quentin située sur le territoire de l'ancien Catolacum étoit plus ancienne de plusieurs siècles que celle de S. Clément bâtie dans l'intérieur de l'Abbaye. Ceux qui suppléèrent autrefois, suivant leur connoissance, à certains monumens perdus du tems des guerres, ne crurent point qu'on pût Voyez regarder comme une marque de nouveauté qu'ils y fissent men-

duBrcui,p. 85i. tion de l'Eglise de S. Quentin, persuadés apparemment dès-lors

Edit. i63q. 1 ' ^' * e

de son antiquité.

Depuis ces deux fragmens historiques, il ne paroît plus rien sur Chart. s, Dion. !& Chapelle de S. Quentin, sinon que par la suite du tems elle inBibi.Regia, donna SOU nom à un fief qui fut appelle Feodus S. Quintint, ^' duquel fief l'Abbaye de S. Denis fit l'acquisition en I225.

Dans le Pouillé Parisien du XV siècle, la Chapelle S. Quentin

près S. Denis est dite être à la nomination de l'Evêque de Paris.

Aussi en trouve-t-on une nomination de l'an 1466, par l'Evêque

i?tf^. £>. Parii. Guillaume Chartier, puis par" Louis de Beaumont, en l'an 1472

le 10 Novembre. Un compte de l'Ordinaire de Paris, de l'an i532,

Sanvai. fait aussi mention de cette Chapelle, comme située devant la Ville

T. m, p. 6i5. Saint Denis et dans le lieu où l'on exposoit les suppliciez; elle

étoit aussi accompagnée d'un cimetière. On en défit la converture

Feiib. p. 4i5. en iSôj, de crainte que les Calvinistes ne s'en fissent une retraite.

Mais en i573, l'Evêque de Paris ordonna à Nicolas Ellein, qui en

étoit Chapelain, de la réparer, d'employer à cela les matériaux du

Reg.Ep.Par. logis voisin qui étoit en ruine, et de la mettre en tel état que

28 Jan. rssj.lQ^ voleurs ne puissent s'y retirer. Elle subsîstoit en iSgS tou-

Reg. Ep. Par. jours extra muros S. Dionj^sii, Dans l'acte de collation faite par

6 jui. l'Archevêque, le 4 Janvier 1625, à Jean Ellain, Clerc Parisien,

Bachelier en Médecine, elle est dite avoir été détruite par les

dernières guerres et on ajoute que la desserte s'en faisoit alors à

Saint Marcel. On la trouve dans les Pouillez de 1626 et 1648.

L'auteur du livre de TAntiquîté des Villes sous le nom de Duchêne, dit qu'on voyoit de son temps proche S. Denis les ruines de l'ancien hermitage de Saint Quentin. Cette Chapelle est encore actuellement au roUe des Décimes. Dans des provisions de l'an 1688 elle est dite située en l'Eglise de Saint Marcel à Saint Denis.

LA CHAPELLE SAINT NICOLAS que les titres disent être située proche Saint Denis, in vico Secanœ ou Sequanœ, paroît devoir son origine à la dévotion de quelques commerçans sur la Seine. Le Fouillé Parisien du XV siècle qui est le premier par lequel elle soit connue, assure qu'elle est à la nomination de l'Abbé de Saint Denis et à la collation de l'Evêque de Paris. Dans quelques provisions du XVI siècle cette même Chapelle de vico Sequanœj est en même temps appellée de Asninis ou bien de Alnis, mais plus souvent de Asinis, et quelquefois avec cette explication seu de Asineto extra muros S, Dipnysii, ou avec celle-ci : infra metas Parochiœ Sancti Martini de Strata. Je doute que dans le Rolle imprimé pour les Décimes (page 6^)^ on ait été exact lorsqu'on a fait deux Chapelles de celle-ci, dont on appelle la première Saint Nicolas des Aunes, avec une attribution de quelque revenu et la seconde, Saint Nicolas de la rue de Seine près VAbbaye Saint Denis dont on ne connoît point de revenu. Dans des provisions de l'an lôSg, la Chapelle de Saint Nicolas de Asinis est dite nunc solo adcequata. Au reste le nom de vicus Se- Doublet p. 419 quanœ venoit de ce qu'il conduisoit à la rivière, sur le bord de laquelle étoit une belle et grande maison dite la Maison de Seine, qui fut ruinée dans le temps des troubles.

COMMUNAUTES

LES CORDELIERS furent les premiers qui se présentèrent à S. Denis sous le nom de Frères Mineurs pour y être reçus. L'Abbé Odon Clément les admit en effet l'an i23i, et les Bénédictins les placèrent derrière l'Eglise de Saint Pierre, peu loin de l'Eglise Abbatiale, en leur donnant permission d'y bâtir une Chapelle. On ne trouve point quelles furent les suites de cette réception, Quoiqu'il en soit, il n'y a point aujourd'hui de Cordeliers à Saint Denis. Il ne faut point confondre avec eux les Recollets qui suivent.

LES RECOLLETS ont été reçus à Saint Denis en 1604, et placez sur la Paroisse de Saint Marcel assez prez de la Porte de

532 HISTOIRE DE l'eGLISE, MONASTERE,

Paris. Leur Eglise fut dédiée en 1610 spus le titre de TAssomption par le Cardinal de Sourdis.

LES CARMELITES furent fondées en 1625 par le Comte de Brienne de la Ville-aux-Clercs. Les premières vinrent d'Amiens. Leur Couvent est en entrant à Saint Denis, par la Porte de Paris, à main droite.

LES URSU LINES tirées du Couvent de Paris faubourg Saint Jacques, furent établies à Saint Denis au mois d'Août 1628. Cette Communauté est au quartier de S. Marcel, vers le couchant.

LES ANNONCIADES BLEUES furent fondées en cette Ville l'an 1629 par M. de Versigny, Président en la Cour des Aydes. Leur Eglise est ornée d'un beau Dôme du dessein d'Avilers, Architecte du Roi. Le Couvent est en entrant dans la Ville par la porte de Paris à main gauche. Il est marqué sur un marbre au frontispice de l'Eglise qu'elle a été bâtie en partie aux frais de Philippe Despont, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, et dédiée le 10 Juillet 17 12 par M. Humbert Ancelin, ancien Evêque de Tulle.

LES RELIGIEUSES DE LA VISITATION sont une colonie de celles de la rue Saint Antoine de Paris. L'Archevêque de Paris permit en 1738 le 19 Septembre, l'établissement de ce quatrième Couvent de Filles et elles y vinrent l'année suivante. Elles sont dans la rue qui va de TAbbaye à .Saint Denis de l'Etrée, hors l'ancienne Ville de Saint Denis, à main gauche.

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