‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 179 sur 210 · STAINS · texte numérisé non relu

STAINS

ET SAINT LEGER DE GASSENVILLE ou WASSENVILLE

aujourd'hui détruit

Ce Village éloigné de deux lieues et demie de Paris, paroît d'abord avoir tiré son nom de Tétang ou des étangs qui étoient au bas de la colline sur laquelle il est situé. En latin il est communément appelle Stagnum ou Stagna^ de même que dans le pays de Rouergue, Stain porte le même nom Stagnum et si les étangs du lieu dont je parle ont été depuis changés en marais ou prairies, les vestiges au moins d'une des chaussées sont encore subsistans. Quelques titres néanmoins du XIII siècle portent de Setenis et

Tab. Ep. Paris, ^on pas de Stagnis et en 1420, le Greffier de 4'Officialité de

Paris rendit le nom de Stains par SextaniiSy quoique ces mots latins paroissent avoir été fabriqués sur le mot François qui quelquefois a été écrit Setains en deux syllabes. Si le mot Setains a quelque fondement dans le celtique, Torigine tirée de Stagnum deviendra la moins sûre, d'autant que ce n'est que dans le Pouillé du XV siècle et dans des provisions du même temps que l'on trouve de Stanno ou de Stannis.

Nous avons dans l'exemple de cette Paroisse de quoi confirmer ce qui est arrivé souvent à la campagne, sçavoir : que les lieux originairement subordonnés succèdent à l'Eglise-Mere, qu'un hameau est érigé en Paroisse, et que le lieu où étoit l'Eglise Paroissiale se trouve anéanti ou réuni à un autre territoire. Ainsi en a-t-il été de Stains qui jusqu'au XIII siècle n'étoit qu'un hameau dépendant de la Paroisse de Saint Léger de Gassenville, laquelle étoit située au Nord-Est de la ville de Saint Denis, au-delà de la rivière de Crould et des étangs qui étoient sur son cours.

Cette Paroisse de Saint Léger est mentionnée dans le dénom-

Chart.s Dion, brement que Matthieu le Bel donna en 11 25 à l'Abbaye de Saint BibL Reg, Denis, des fiefs qu'il tenoit de ce Monastère. Il y est marqué que les héritiers d'un nommé Gozelin tenoient par succession toute la dixme et l'aitre de Saint Léger de Gassenvilla, Ainsi il ne faut point chercher ailleurs le lieu dit Vasconis-villa du partage des biens de l'Abbaye fait en l'an 832 et que l'auteur du premier Sœc nu 1^^^^ ^^^ Miracles de S. Denis qualifioit au IX siècle de village

Bened.Part.iï, \o\i\Ti du Monastere, j^rojcima Cœnobii villa. Dom Mabillon a P' 347' avoué que ce lieu lui étoit inconnu.

Henri, Abbé de Saint Denis, ayant pourvu à ce qui étoit

nécessaire pour rétablissement d^une nouvelle Eglise à Stains, fit démembrer ce lieu de Saint Léger en I2i3 par l'Evêque de Paris et il s'en retint la nomination. Depuis ce temps la Paroisse de Saint Léger alla toujours en diminuant, jusqu'à ce que son territoire a été réuni à l'Eglise de Saint Remi-lez-Saint Denis et à celle de Saint Michel située près de l'Abbaye.

Stains est un pays de bleds, de vignes et de prairies. Le dénombrement de l'Election y a compté 266 feux il y a quarante ans. Le Dictionnaire Universel y a marqué 769 habitans. Ce nombre est diminué.

L'édifice de l'Eglise qui est sous le titre de la Sainte Vierge ne m'a paru avoir que 200 ans ou environ d'antiquité. Eustache du Bellay, Evêque de Paris, la dédia le 10 Juin i56o, et y bénit trois autels : il fixa l'anniversaire de la Dédicace au Dimanche après la S. Barnabe. Il eut été à souhaiter, pour rendre cette Eglise plus régulière, que les deux aîles ne fussent point si resserrées qu'elles le sont. Outre la Fête de Notre-Dame qu'on y reconnoît comme la principale, il y a celle de Sainte Gemme qui s'y célèbre le lendemain de l'Assomption, comme d'une seconde Patrone. C'est une Sainte fort inconnue, et sur laquelle Boiiand, les Bollandistes n'ont sçu que dire. Il y a des Eglises, des ActaSanetor. Chapelles, des Confréries de son nom. On la croit Vierge et ^ ""' ^' '^' Martyre du Diocèse de Saintes : mais on lui a fabriqué une légende qui n'est nullement recevable. Des Ecrivains Espagnols remplis de fables, la revendiquent.

Autrefois l'Abbaye de Saint Denis alloit en Procession en cette Hist. s. Denis, Eglise aux Fêtes de Pâques et de Pentecôte. p- 439-

Le Bréviaire de Paris marque au 10 Juillet qu'on y conserve la tête de S. Martial, l'un des sept fils de Sainte Félicité, apportée de Rome.

11 y a eu autrefois à Stains une Léproserie mentionnée dans l'acte de visite qui en fut faite en i35i : elle étoit pour les habitans de Saint Léger, de Stains et de Garges.

Pour ce qui regarde les Seigneurs, j'ai seulement trouvé qu'en l'an 1480, par lettres du mois de Novembre, aux forges près Bannières Chinon, le Roy Louis XI fit don à Jacques de Saint Benoist, <iûChâteiet. son Chambellan, Capitaine de la Cité d'Arras, de la Haute-Justice ^'*^* ^' ^*'^' ^^®de Staings dépendant de Gonnesse, ordonnant que cette Justice ressortira au Châtelet de Paris.

En i5i2, Jean Ruzé, Général des Finances, époux de Marie Mem.de Brinon, dont il ne laissa point de postérité, eut cette terre par ^» Chambre des échange faite avec le Roy de trois muids, trois minées d'avoine, o™p^"qu'il avoit droit de prendre chacun an sur la recette ordinaire de Paris. L'année suivante, il demanda à Louis XII l'établisse-

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