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PAROISSE DE PIERRE-FITTE

qu'il soit nécessaire de dire qu'on en a fabriqué ainsi dans le village dont il s'agit, il suffit pour avoir donné le nom au canton et ensuite au village, qu'il y ait eu en ce lieu quelque grande statue, ou quelque colomne en forme de borne ou de Dieu-Terme, qui ait été formée de plâtre ou de plusieurs compositions *.

Malgré le ridicule de l'expression Petra /rixa, c'est celle que

l'auteur du Fouillé de Paris a employée vers le commencement du

Hist.de Xlll siècle pour désigner la Cure de Pierre-fitte. Dès l'an 1243,

Momtmor. ^^ tj^^e de l'Abbaye de Saint Denis qui concerne Montmagny,

prcuv. ptge . j^j ^y^j^ donné le nom de Petra fricta.

Ce village est à une bonne demie lieue de la ville de Saint Denis, et ainsi à deux lieues et demie de Paris. Sa situation est sur une petite pente qui regarde le levant et le midi. Une partie considérable du territoire est en vignes. Le grand passage pour une partie de la haute Normandie, pour le Beauvoisis et la Picardie y produit quelque consommation. Les Religieux de Saint Denis en sont Seigneurs et sont qualifiés tels dans le procès-verbal de la Coutume de Paris de l'an i58o. On y comptoit io5 feux lors du dénombrement de l'Election de Paris, en 1709 et c'est à peu près encore le même nombre. Le Dictionnaire Universel fait l'évaluation de cela à 428 habitans.

L'Eglise de ce village n'a rien de fort apparent. Le chœur est bâti en pierre et voûté assez récemment. Elle est sous le titre de S. Gervais et S. Protais. La Dédicace fut faite l'an 1599 par TEvêque de Grasse, au mois de Juin, suivant la permission de l'Evêque de Paris accordée le 8 du même mois. Le Registre de TEvêché rappelle Pierre ; il n'est fait nulle mention de lui dans le Gallia Christiana. Celui qui écrivit le Pouillé de Paris au XIII siècle, copia apparemment un Pouillé antérieur à l'an 1218, puisqu'il y marque la Cure de Pierre-fitte parmi celles que

Hist. s. Denis. l'Evêque donnoit de plein droit. Dom Felibîen observe que le p 320. patronage de cette Eglise avoit été accordé en 12 18 à l'Abbé de Saint Denis par un règlement d'arbitres entre l'Evêque de Paris et lui. Les Pouillés de 1626 et 1648, aussi-bien que celui de Le Pelletier, marquent unanimement que la présentation de la Cure ibid., p, 439. appartient à l'Abbé de Saint Denis. Autrefois les Religieux venoient en procession dans cette Eglise aux Fêtes de Pâques ou

Reg. Arch. Par. de Pentecôte. 11 fut permis en 1640 au Curé de ce lieu de prendre 3. Aug. une partie inutile du cimetière pour s'en faire un jardin, à condition qu'on y passeroît en procession le jour de la Dédicace. L'un des plus anciens titres où Pierre-fitte soit nommé après

I. Je conserve un Oeus Terminus composé ainsi de sablon coagulé et couvert d*un enduit de plâtre ou de terre blanche durcie. Il a été trouvé dans les vignes au couchant d*Auxerre, à un quart de lieue de la Ville.

ceux du IX siècle, est la charte de Suger, Abbé de Saint Denis, Hist. s, DenU. où il est fait mention du revenu en froment que TAbbé avoit. ^*''*^- p- '°'*- Elle est de Tan 1 140.

En ii86„ Maurice de Sully donna des lettres qui constatoient que Guillaume Bateste et Marguerite, sa femme, avoient vendu Chart. s. Dion. aux Moines de Saint Denis une redevance de deniers et de poules ^^f- p- ^^'' qu'ils avoient au village de Pierre-fitte. Cent ans après, le Cenier Hist.deS.Denîs de la même Abbaye y fit des acquisitions. Le Fouillé de cette **'*" **^*» maison, imprimé en 1648, avec celui du Diocèse, observe que ^' le Religieux revêtu de cet office de Cenier jouit des dixmes de ce pouiiié 1648, lieu et, à la page 144 du même volume, il est marqué qu'il y avoit p- *^'* à Pierre-fitte une maladerie de fondation Royale, qui avoit encore alors quatre-vingt livres de revenu.

Il est fait mention de Pierre-Stte dans les cahiers de la Prévôté de Sauvai. Paris, rédigés pendant que les Anglois y étoient les maîtres entre T. m, p. 324. 1420 et 1430. La maison, cour et colombier, etc., sis en ce lieu, qui appartenoient à Regnault Freron, lequel s'étoit retiré à cause de son attachement au Roi Charles VII, furent données par le Roi d'Angleterre à Jean-Gilles, l'un de ceux qui avoient procuré l'entrée dans Paris aux gens du Duc de Bourgogne. Le bois de ibid. Richebourg situé au même village, et qui appartenoit à Simon Davy, Chevalier, duquel une partie étoit tenue en fief du Seigneur de Montmorency, fut aussi donné alors par le même Roi d'Angleterre à Girard Desquay, Ecuyer, pour une partie de récompense de sa terre de Normandie.

Dans le Gallia Christiana on rend par Pierre-fitte d'auprès de oaii. Chr. Paris, le lieu dit Petre fictum où étoit le Roi Carloman en 881 t.vi,coL 188. et où il donna un diplôme concernant l'Abbaye de S. Polycarpe, au Diocèse de Narbonne. Mais j'aime mieux douter avec Dom Michel Germain, qu'il faille entendre ce Pierre-fitte dans les Diplômes qui sont datés de Petre fictunij d'autant que selon le Dictionnaire Universel, il y a en France douze autres Pierre-fitte, dont l'un est dans le Diocèse de Narbonne.

Ce village donna naissance dans le siècle dernier à un homme j^dex funereut mémorable. C'est Jacques Petit, premier Chirurgien de l'Hôtel- Chirurg.Par, Dieu de Paris. Il y vint au monde vers l'an 161 1. Etant entrée ^^^^'iH'^ l'Hôtel-Dieu à l'âge de treize ans, il ne cessa d'y travailler à la cure des malades jusqu'à l'âge de 97 ans et, quoique fort connu dans le monde par son extrême habileté, il préféra l'utilité des pauvres à son propre avantage, et ne voulut jamais cesser de rendre ses services à cette maison, tant que ses forces le lui permirent. Il mourut le 22 Août 1708.

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