‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 184 sur 210 · PAROISSE DE VILLE-TANEUSE · texte numérisé non relu

PAROISSE DE VILLE-TANEUSE

une étymologîe à Ville-tanneuse, sans s'attacher à la ridicule origine de Villa scabiosa, qui est sans aucun fondement, quoique usitée quelquefois au XV siécie. On ne doit cependant pas conclure de ce que je viens de dire en dernier lieu, qu'il y ait eu des tanneurs ni une tannerie à la Ville-tanneuse, quoique dans le pays on se le soit imaginé à cause du nom ; il y a trop peu d'eau pour cela : mais on a pu y conserver le bois à fournir l'écorce, et il a pu y avoir des magazins de cette» écorce. Ce n'est au reste gueres que depuis deux cens ans que l'on dit et que l'on écrit Villetanneuse ; on disoit auparavant sans difficulté Ville-teigneuse ou Ville-taigneuse, mais depuis qu'on a perdu de vue la cause de la dénomination, on a retranché deux lettres.

Ce village est à deux lieues et demie de Paris, au couchant d'été de la ville de Saint Denis, à la distance de demie lieue : sa situation est dans une des extrémités de la plaine de Saint Denis, quoiqu'on monte insensiblement, pour aller du grand chemin à Villetanneuse. Il y a des terres, des vignes, quelques prés et quelques bois-taillis et haute futaye. Le nombre des feux n'alloit qu'à vingt-quatre, lorsqu'on imprima le dénombrement de l'Election de Paris en 1709. Je ne l'ai point trouvé dans celui du sieur Doisy de l'an 1745. Le Dictionnaire Universel y compte 159 habitans. Cette Paroisse ne consiste que dans une simple rue qui commence un peu au-delà du Château, et conduit à Montmagny. Autrefois il y avoit des maisons qui venoient jusqu'à l'Eglise, laquelle est contiguë au Château.

Cette Eglise n'a rien d'ancien dans sa structure : elle n'est aussi que comme une simple Chapelle couverte d'un lambris peint, disposé en forme de voûte, et elle est appuyée d'une petite tour. On y reconnoît pour patron S. Lifard, Prêtre de Meun au Diocèse d'Orléans, au VI siécie. Comme quelques-uns ont cru que ce Saint avoit aussi été Abbé, il est représenté en cette Eglise en Abbé vêtu de blanc, ayant un animal noir à ses pieds, qui est le serpent ou dragon dont il est parlé dans sa vie. Sa Fête s'y célèbre le 3 Juin, de même qu'à Orléans. Un Saint si peu connu à Paris n'a pu être donné pour patron à ce lieu, à moins qu'iln'y ait eu autrefois de ses reliques. Comme Galon, Evêque de Paris, avoit été l'un des deqx ou trois Prélats qui étant à Meun élevèrent le corps de ce Saint du tombeau au mois d'Octobre de l'an iio5, il peut en avoir apporté quelques fragmens qui furent conservés dans la Chapelle Episcopale de Paris, jusqu'à ce qu'un de ses successeurs s'en servît pour la Dédicace de l'Eglise de la Villetaneuse. 11 est vrai que l'on ne célèbre pas la Dédicace de celle qui subsiste aujourd'hui, laquelle apparemment n'a été simplement que bénite ; mais l'ancienne l'a du être. Il reste dans le chœur de

DU DOYENNÉ DE MONTMORENCY Sgl

cette nouvelle Eglise une tombe de la première, dont la forme plus étroite aux pieds qu'à la tête indique au moins la fin du XIII siècle. Elle contient une épitaphe en lettres capitales gothiques qui ne sont plus lisibles. La preuve que cette tombe a été remuée et tournée d'un bout à l'autre, est que le côté de la tête est le plus proche de l'autel. Il n'y a qu'une sépulture remarquable dans cette petite Eglise. C'est celle d'Antoine Foës, Auditeur des Comptes, décédé en 1743 à l'âge de 25 ans. Il est inhumé au côté gauche du chœur. Son épitaphe le dit fils d'Etienne Foës de Chevillon. Seigneur de la Mote-Brechain en Lorraine et de Villetaneuse, ancien Lieutenant de Roi en la Province de Metz.

On lit dans la vie de M. Bourdoise, Prêtre de Saint Nicolas du Chardonnet, qu'étant en 1625 chez M. Robert, Seigneur de vie de Ville-taneuse, et qui le fut depuis de Laî, on le pria de dire la M. Bourdoise, Grande-Messe et de faire le Prône le Dimanche premier jour ^" ^^^' de Juin. Ce pieux Prêtre prêcha avec l'onction qui lui étoit ordinaire, et disposa par ce moyen les Paroissiens à célébrer avec fruit la Fête de Saint Lifard, leur patron, qui devoit être le surlendemain.

La Cure de ce lieu n'est point marquée dans le Pouillé Parisien qui fut récrit avant le règne de S. Louis ; c'est ce qui portoit à croire qu'elle ne fut érigée que sous celui de Philippe le Hardi ou de Philippe le Bel. Mais j'ai appris par un acte de 12 17, que la présentation à cette Eglise et à celle de Pierre-fitte étoit contestée alors aux Abbés de Saint Denis par l'Evêque de Paris, ce qui suppose l'existence de la Cure. Garin, Evêque de Senlis, accorda chartuL les parties et la nomination resta à l'Abbé. Dans tous les autres »«»• ^p* P^r, Fouillés postérieurs que l'on connoît, sçavoir du XV et XVII sié- •^^'' '^'' cle, la nomination est dite appartenir à l'Abbé de Saint Denis ; ce qu'on lit de plus dans celui de l'an 1648, est que le Cenier Pouiiiéde 1648, de Saint Denis jouit des dixmes de cette Paroisse. J'ai trouvé foi. i3a. une déclaration des revenus de la Cure faite en 1463, qui nous fournit quelque détail du local. Il y est fait mention de la ruelle rab. Ep. Par. Saint Lieffart, la Croix Saint Lieffart, d'un lieu dit le Mont Syon »» SpiHt, proche les plâtres de Ville-teigneuse, aboutissant au chemin par où l'on va à l'Hôtel de Richebourg.

En 1546, Guillaume Isoré, Curé, passa un concordat ^"vtc n^^, ^p, Paris. Martial Richevillain, Prieur de Dueil, suivant lés Registres de /4 Sept, et l'Archevêché. ^ ^^''•

Le premier Seigneur de Ville-tanneuse fourni par les actes, est appelle Ricardus de Villa tineosa. Il est qualifié de témoin dans Preav. de iHist. une donation faite vers l'an 1 120 par Bouchard de Montmorency. deMommor. Le second est nommé Peirus de Ville-teigneuse, pareillement *** ^^* comme témoin dans une charte donnée par un autre Bouchard ibid., p. 57.

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