‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 186 sur 210 · EPINAY-LEZ-SAINT DENIS · texte numérisé non relu

EPINAY-LEZ-SAINT DENIS

Il y a dans chacun des trois Archidiaconnés de Paris un lieu dit Ëpinay : mais celui-ci est le plus célèbre, et il est connu depuis un plus grand nombre de siècles. Selon le terme latin Spinogeluntj Spinogelus ou Spinoilum, employé dans les actes et dans les Historiens, il auroit dû être appelle Epineuil, ou au moins Epi. neil : mais l'usage a prévalu pour Epinay. Toujours il est certain que ce nom n'a été donné à ces lieux que par rapport à la quantité de buissons qui en couvroient le terrain primitivement.

Le premier écrivain qui fait mention d'Epinay-lez-Saint Denis, est Fredegaire, auteur du VII siècle. Il dit que le Roi Dagobert étant à Epinay sur la Seine, Spinogelum, y fut atteint du flux de ventre, que de-là on le transporta à Saint Denis, où il mourut peu de jours après. Cet historien, presque contemporain de ce Prince, est plus croyable que l'anonyme auteur du Gesta Francorum, qui écrit que ce fut à Epinay même que Dagobert mourut. Aussi nos anciens Historiens se conforment-ils plutôt au récit du premier qu'à celui du second.

Les modernes ont inféré du texte du même Fredegaire que nos Dtpiom. Mabui. Rois avoient un Palais dans ce lieu d'Epinay, ou au moins que ^^t. Gaii. c'étoit une Terre de Fisc. " ^' ^^''

Après Fredegaire, dont l'antiquité est presque de mille ans, deux monumens du IX siècle font mention d'Epinay sur Seine. Le

HTST. DB PARIS. — T. I. 38

594 PAROISSE d'ePINAY-LEZ-SAINT DENIS

Hist. Mirac. premier est l'Histoire des miracles de S. Eugène de Dueil qui n'a

s.Eugen.Afart. pgs encore été imprimée et dont je parle ci-après à l'article de

s. Dion, in Bm. Dueil ; on y lit la guérison d'un Chevalier Tourangeau qui étoit

Carmei. Disc, au service de Frédegise, Abbé de Saint Martin, lequel se trouvant

Parts. proche Epinay, Spinogilus, étoit tombé de dessus son cheval et

s'étoit blessé mortellement. Le second est la confirmation du

Dipiom. Mabiii. partage des biens de l'Abbaye de Saint Denis faite l'an 862, dans

p. 535, lequel acte les Religieux sont déclarés donner à l'Abbé Louis un

clos de vigne situé à Epinay et Gassenville (dit depuis Saint Léger)

pour avoir dans leur part Beaune en Gatinois.

Epinay est situé sur le rivage droit de la Seine, à une lieue ou environ de la ville de Saint Denis et à trois petites lieues de Paris. Toute cette Paroisse est dans la plaine et est cultivée de différentes façons. On y comptoit en 1709 le nombre de io5 feux, suivant le dénombrement de l'Election, et en 1726 le nombre des habitans montoit à 482, selon le Dictionnaire Universel du Royaume. Un dénombrement imprimé en 1745 n'y marque plus que 96 feux. C'est le grand passage pour Pontoise, Rouen, etc. Il y a quelques écarts dont je parlerai ci-après.

L'ancienne Eglise de cette Paroisse menaçant ruine, fut abattue dans les années dernières. Elle a été depuis rebâtie entièrement à neuf et toute de pierres de taille, par M. le Duc de Bourbon, Prince de Condé, et la Dédicace en fut faite le Dimanche de Quasimodo, 21 Avril 1743, par l'Evêque de Bethlehem. On lit dans l'Histoire de l'Abbaye de Saint Denis, que l'ancienne Eglise avoit Fciibien, p. 480. été pillée avec le village en l'an 1649. On y reconnoît trois Saints

Patrons, qui sont S. Georges, S. Medard et S. Silvain, Confesseur du Berry, dont la Fête est le 22 de Septembre. Cette Paroisse est appellée 5]pi/2o/2Z/m dans le Pouillé Parisien du XI H siècle, et la Cure est dite à la pleine collation de l'Evêque. Les Pouillés manuscrits du XV et XVI siècles et les imprimés de 1626 et 1648 marquent la même chose, de sorte que le Pelletier est le seul qui dans le sien de l'an 1692 ait écrit qu'elle est à la nomination de l'Abbé de Saint Germain des Prez. Dans les anciennes provisions Reg. Ep. Paris, ^ctte Cure est appellée Cura S, Medardi de Spinolio supra Sequa- 6 Oct. i5o7, nam, et quelquefois Sanctorum Medardi et Gildardi, C'est ce qui 'ôfI^ '5^' ^^ ^^^^ conjecturer que S. Georges et S. Silvain ne sont que des patrons secondaires et dont le culte, peut-être avec quelques reliques, aura été transféré en l'Eglise Paroissiale, lorsque les Chapelles du territoire où on les honoroit auront été détruites par les guerres. A l'égard de S. Georges, il a pu être titulaire de la Chapelle du Château que MM. de Montmorency y auront eu. Pour ce qui est de S. Silvain de Levroux, en Berry, je pense que la Chapelle aujourd'hui appellée Saint Marc a été sous son

DU DOYENNÉ DE MONTMORENCY SgS

invocation. Dans plusieurs Diocèses il est patron de quelques anciennes Chapelles d'Hôpitaux ou Léproseries, et il l'aura été de celle qui étoit sur le bord du grand chemin entre la Briche et Epinay, jusqu'à ce que son culte aura été transporté dans l'Eglise de Saint Medard, lors des incursions des Anglois qui brûloient ou détruisoient les Chapelles situées dans les champs. Après les guerres elle aura été rebâtie, et comme elle servit à la station de la Procession du 25 Avril, jour de Saint Marc, on lui en aura donné le nom, ainsi qu'il est arrivé à plusieurs autres. On parla de la détruire en 1649, pour la rebâtir ailleurs, à cause qu'elle servoit Reg. Archiep. de retraite aux voleurs. Louis Girard, Maître des Requêtes, Pro- f^^'^'\ cureur Général de la Chambre des Comptes, avoit même offert de le faire à ses dépens; le Curé et une partie des habitans furent d'avis qu'on la joignît à la Paroisse, disant qu'elle en avoit servi avant que la Paroisse fût bâtie. Le sentiment qui prévalut, fut qu'on la rebâtiroit à l'entrée d'Epinay, à la Croix boUissée, et l'Archevêque le permit ; cependant cela ne fut pas effectué. Elle subsiste assez près du moulin de Coquenart.

La Terre d'Epinay étoit possédée dès le commencement du XII siècle par les Seigneurs de Montmorency. Hervé de Montmorency, fondant à Dueil un Prieuré pour des Moines de Saint Florent de Saumur, fit vers l'an iii5 quelque distraction de cette Hist. de Montm. Terre, en leur donnant à Epinay un bien exempt de toute charge, Preuves, p. 35. ou une espèce de Terre de franc-aleu. Cent ans après, Guy de Montmorency, dit de Laval, eut de son père la Seigneurie d'Epineul sur Seine et de l'Isle Saint Denis, qu'il donna en dot à Jeanne, ibid., p. 538. sa sœur, l'an i23i. Bouchard de Montmorency assignant une somme de quatre mille livres par un article de son testament de l'an 1237 en faveur de différentes Eglises et Hôpitaux, voulut que ibid., p. 98. si le revenu de son Parc de Taverny ne suffisoit pas pour cela, on en prît aussi sur le lieu appelle Nemus Radulfi, qui étoit Bois Raoul, qu'on nomme aujourd'hui Bois Raut, proche Epinay, du côté du couchant. En 1262, Philippe de Puiseux, Ecuyer, fils de chart. s. Dion. Jean de Puiseux, Chevalier, avoit un manoir ou maison à Epinay, ^»'''- ^'«'• avec des vignes et le droit de deux pêcheries dans la rivière; mais p- '-^ 'il tenoit le tout de l'Abbaye de Saint Denis. Je remets à en parler ci-après.

En 141 6, Jeanne de Paillart possédoit cette Terre. Elle assit, preuv. cette année-là, à Nicolas de Baye, Greffier du Parlement, uAe rente d«Montmor. sur son droit de Travers et péage des batteaux. Elle avoit épousé ^' Gui de Gourle, Chevalier. La même fit en 141 5 hommage k Tab. Ep. Paris. Philippe de Melun, Dame de Montmorency et d'Escotien, de toute la haute Justice en toute la Ville et terrouer d*Espigneul et (ÏEspignollet. Jean Choart, Lieutenant Civil de ia Prévôté de

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